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POZ n°62 PDF Imprimer Envoyer
Écrit par L'équipe de rédaction   
Mercredi, 13 Octobre 2010 13:13

SOMMAIRE


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ÉDITO


 

« N'oublions pas le vieil adage policier : "Cherche à qui le crime profite". »
Dupont, Tintin au pays de l'or noir, par Hergé.

Il y a six mois presque jour pour jour (comme le dirait un journaliste scrupuleux ne craignant pas le ridicule), l'avion transportant une délégation de Polonais se rendant en Russie s'écrasait, faisant presque cent morts, dont le Président et pas mal de gens occupant des fonctions importantes en Pologne. Cet événement fut retentissant et a illico mis en alerte les sens du zététicien que je suis. Puis le temps a passé, on a un peu oublié l'affaire.

L'occasion de voir comme je vieillis. Il y a quelques années, je me serais emparé goulûment de ce fait divers pour montrer la confondante nullité des futurologues de tout poil, aucun n'ayant prévu la catastrophe. J'en aurais déduit que si tous les praticiens d'une discipline sont incapables de faire quoi que ce soit de leur discipline, c'est que la discipline elle-même n'existe pas et ne subsiste que par malentendus. J'aurais peut-être, au passage, tapé sur les astrologues célèbres se piquant d'astrologie mondiale, telle l'inévitable Élizabeth Teissier (qui à l'heure où j'écris ces lignes pose sur son site le saisissant diagnostic « Pas de hasard : N. Sarkozy et E. Woerth (presque) jumeaux cosmiques », je te laisse savourer le « (presque) »). Et je t'en aurais immédiatement pondu un édito bien senti.

Rien de tel ici. Je n'écrirai pas une ligne sur l'astrologie dans cet éditorial. Je ne suis même pas allé voir les sites web des futurologues pour savoir ce qu'ils disaient de l'incident. Je n'y ai même pas pensé tout de suite lorsque j'ai appris la nouvelle. Non, ce que je me suis dit, c'est plutôt « Tiens, ça va donner du grain à moudre aux complotistes de tout poil ».

Et ma prédiction était exacte !  Dès l'annonce de l'événement, ce fut un déchaînement de théories expliquant pourquoi il fallait dézinguer cet avion. Qu'un Tupolev s'écrase aussi facilement, qu'une erreur humaine survienne avec tant de personnes importantes à bord étant évidemment deux hypothèses à exclure, il ne restait plus qu'à chercher qui et pourquoi.

Six mois après, rien n'est résolu. Fais une rapide recherche de ton côté, ami lecteur, tu trouveras du lourd. Pour le qui, il y a plein d'idées qui viennent tout de suite. Les services secrets russes ou étasuniens bien sûr, dans la grande tradition de la guerre froide. Ça te laisse de glace ? Les services secrets israéliens ? Tu restes maussade ?  Alors je ne sais pas, moi, les Iraniens, les Chinois, les Ougandais ? Les Islandais, qui ont juste après fait cracher leur volcan pour contrarier l'enquête et recouvrir de poussière les indices ? Al Quaeda, peut-être ? Le Vatican, pourquoi pas ?

Ou alors tu penses qu'il faudrait d'abord savoir le pourquoi ; le mobile sera la clé. Comme les soutes de l'avion étaient vides, ce serait un mobile de cale d'air (d'accord, c'est un peu téléphoné, comme mobile).  Qui était réellement visé par cet attentat ? Le Président, parce qu'il était non-aligné (ce seraient alors des services secrets dans le coup), parce qu'il n'a pas vacciné contre le H1N1 (les industries pharmaceutiques), parce qu'il était pro-USA (voir l'Union Européenne), parce qu'il s'appelait Lech (voir son jumeau Miroslav) ? Ou alors le président de la Banque centrale de Pologne, pour des histoires de magouilles financières ? Ou alors plein de gens à la fois, pour garder un secret qui allait être dévoilé ? Mais peut-être que les Illuminati sont dans le coup, ou l'ordre du prieuré de Sion, voire les Templiers ? Ou une société plus secrète encore ?

Et si c'était plus bête, genre le mari jaloux de l'hôtesse de l'air, l'héritier impatient du vieux général de brigade ? Tu vois, tu n'y crois pas. C'est donc nécessairement plus tordu. Je te propose une explication : c'est Lech Kaczynski qui a préparé cet accident ; il n'est pas mort, c'est son jumeau Miroslav qui était dans l'avion ; il avait découvert que celui-ci lui avait piqué son doudou quand ils étaient petits et voulait se venger.

En tout cas, les sociologues du complotisme avaient là une expérience grandeur nature pour étudier les réactions du public à ce genre d'annonce. Mais alors... et si c'étaient eux qui avaient organisé l'événement pour faire un bon papier ? Publish or perish, la recherche en est là aujourd'hui. Un peu trop gros, peut-être ?

Voilà pourquoi je te parle de ça maintenant : j'ai eu une explication en lisant le Canard Enchaîné du 29 septembre. Un entrefilet y dit « Depuis que l'un des jumeaux est mort en avion et que l'autre a été battu aux élections, les Polonais se réveillent » de l'emprise du clergé catholique. On peut donc enfin en déduire que l'attentat est dû aux ennemis de l'Église catholique : laïcards et athées de tout poil, voire les méchants islamistes, toujours fidèles au poste de bouquet mystère, je veux dire de bouc émissaire.

Toujours pas convaincu ? Reste une dernière explication, que tu seras seul à connaître, ami lecteur. Regarde le nombre de k et de z dans le nom de famille de ton éditorialiste préféré et conclus toi-même. Un nom polonais comme ça, ça ne peut pas être un hasard. Hé oui, c'est bien moi qui ai commandité cet attentat. Pourquoi ? Pour avoir un sujet d'édito, pardi.

 

Stanislas Antczak
Éditorialiste sans scrupules

 


LES NOUVELLES DE L'OZ


 

L'illusion passée à la loupe

Mercredi 6 Octobre 2010, l'Observatoire zététique était invité à participer au colloque pluridisciplinaire « L'illusion passée à la loupe ». Organisé par le Centre d'initiation à l'enseignement supérieur (CIES) de Grenoble, ce colloque a réuni pendant trois jours, une trentaine de chercheurs de toutes les disciplines. Qu'ils cherchent à construire l'illusion pour mieux enchanter le monde ou à la dissiper pour se rapprocher d'une « vérité », les intervenants ont partagé leur rapport à cette notion, qui permet d'interroger aussi bien le physicien expérimentateur que l'homme de théâtre.

À la fin de la première journée, Florent Martin est intervenu pour une présentation qu'il avait intitulée « Comment faire prendre des vessies pour des lanternes ». Durant près d'une heure trente, il a soumis son public à une série d'illusions toutes plus impressionnantes les unes que les autres. Utilisées dans différents contextes, elles n'ont cependant pas toutes les mêmes buts et ne s'avèrent pas toutes aussi dangereuses. Alors que Uri Geller utilisait des tours de magie pour faire croire à ses dons de psychokinèse (déplacement d'objets par la force de la pensée) ou de télépathie, Sathya Sai Baba s'en sert pour embrigader ses adeptes (apparition de cendres sacrées ou d'œufs dorés).

Après avoir diffusé une vidéo du passage de l'hypnotiseur Franck Syx dans l'émission « Incroyable talent » où il prétend hypnotiser la présentatrice pour la mettre en catalepsie entre deux tréteaux, Florent a reproduit le phénomène avec deux membres du public sans les hypnotiser, pour démontrer qu'il n'y avait là rien d'extraordinaire.

 

 

Il a ensuite décortiqué le fameux test musculaire pratiqué en démonstration de l'efficacité du bracelet Power Balance, afin d'expliquer l'illusion scientifique qu'il met en œuvre. Enfin, il a terminé par une impressionnante opération à mains nues telle que les pratiquent les guérisseurs philippins. Son cobaye n'est pas près de l'oublier.

 

 

Sa conclusion a été une mise en garde : les illusions étant par définition une perception déformée d'un (ou plusieurs) sens, elles restent difficiles à identifier surtout lorsqu'elles sont séduisantes et nous font rêver.

La veille du colloque Florent était l'invité du Cap'Info sur Télégrenoble. Interviewé au sujet de ce colloque, il a présenté les activités de l'Observatoire zététique. Vous pouvez retrouver cette émission dans notre page « Articles de Presse ».


L'OZ déplace l'équateur à Grenoble durant la Fête de la science

Pour la 6e année, l'Observatoire zététique participe à la Fête de la Science. Du 21 au 24 octobre 2010, nous animerons avec les moniteurs du CIES de Grenoble un stand au cœur du Village des Sciences, qui sera installé Place de Verdun à Grenoble (voir l'Agenda).

Au fil des ans, notre matériel pédagogique s'est bien étoffé et nos animations sont maintenant rodées. Cette année, nos visiteurs pourront donc encore découvrir leur signe du zodiaque (astronomique), tester leur esprit critique avec nos ardoises, ou expérimenter l'influence de la lune sur les naissances. Mais nous nous efforçons aussi chaque année de surprendre notre public avec des nouveautés. Après les impressionnantes catalepsies sans hypnose, cette année, nous déplaçons l'équateur jusqu'à Grenoble ! Nous le ferons en effet passer au milieu de notre stand. De la même manière que l'on nous en fait la démonstration à l'équateur, tout le monde pourra ainsi observer le vortex formé par l'eau lors de la vidange d'un évier tourner dans un sens ou dans l'autre de chaque côté de notre stand.

L'année dernière, près de 10 000 personnes ont visité le Village des Sciences de Grenoble.

 

Nouveautés sur le site de l'OZ

La revue de presse de l'OZ a été mise à jour après nos différentes interventions médiatiques. Dans notre page "Articles de presse", vous retrouverez :

  • le reportage d'Envoyé spécial au sujet de la voyance, diffusée sur France 2 le 2 septembre ;
  • le reportage sur les guérisseurs et magnétiseurs diffusée sur TF1 le 15 septembre (expérience avec un radiesthésiste) ;
  • le reportage sur le bracelet à hologramme diffusé dans Le magazine de la santé sur France 5 le 14 septembre ;
  • le reportage sur les guérisseurs et magnétiseurs, diffusé sur LCI, initialement tourné par TF1 et dans lequel on peut apercevoir plusieurs membres de l'Observatoire zététique déroulant un protocole expérimental avec un sourcier ;
  • l'interview de Florent Martin sur Télégrenoble, le 5 octobre.

 


ACTUALITÉS
Les actus du « paranormal »


 

Les prix Ignobel

Créés en 1991 par Marc Abrahams, rédacteur en chef du Jounal of Irreproductible Results (Journal des résultats impossibles à reproduire), les prix IgNobel sont décernés chaque année à des scientifiques dont les recherches « ne peuvent pas ou ne devraient jamais être reproduites ». La 20e cérémonie de récompenses s'est déroulée le 30 septembre dernier dans le prestigieux Sanders Theater de l'Université d'Harvard aux États-Unis. Dans une ambiance très festive, le palmarès 2010 a récompensé des travaux toujours rigoureux dans leur forme mais parfois surprenants dans leurs applications. Ainsi, le prix IgNobel de médecine a été remis à Simon Rietveld and Ilja van Beest des universités d'Amsterdam et de Tilburg aux Pays-Bas pour avoir montré que les montagnes russes peuvent contribuer à soigner l'asthme. Une équipe néozélandaise a reçu le prix IgNobel de physique pour avoir démontré avec un essai normalisé que l'on avait moins de chance de tomber sur un sentier verglacé en portant des chaussettes par-dessus ses chaussures. Le prix IgNobel de la paix a été attribué à Richard Stephens, John Atkins et Andrew Kingston pour avoir confirmé que le juron lors d'un choc ou une chute permet de diminuer la sensation de douleur. Enfin, Libiao Zhang, Min Tan, Guangjian Zhu, Jianping Ye, Tiyu Hong, Shanyi Zhou, Shuyi Zhang et Gareth Jones ont reçu collectivement le prix IgNobel de biologie en démontrant pour la première fois la pratique de la fellation chez les chauves-souris.

Le palmarès complet et les vidéos de la cérémonie sont disponibles sur le site improbable.com.

 

Disparition du physicien Georges Charpak

Le physicien, prix Nobel de physique, Georges Charpak est mort le 29 septembre 2010. Membre d'honneur du Laboratoire de zététique de l'Université de Nice-Sophia Antipolis, il a toujours soutenu la démarche zététique qu'il estimait une véritable œuvre de salubrité publique. Nous relayons ici une partie du communiqué publié par le Laboratoire de zététique et l'équipe des éditions Book-e-Book qui explique l'implication de Georges Charpak dans la zététique, aux côtés d'Henri Broch.

« Georges Charpak après avoir lu, vers la fin 1992 ou début 1993, le livre de Henri Broch Au Cœur de l'Extra-Ordinaire a adressé un fort sympathique courrier à l'auteur en le félicitant d'avoir écrit un tel ouvrage. Un contact était créé qui allait se poursuivre sans faiblir au cours des années. En 1994, Henri Broch faisait parvenir à son collègue physicien quelques nouveaux résultats chiffrés de sondages sur les niveaux de croyance aux phénomènes "paranormaux" dans la population française et, devant ces données assez "sidérantes", Georges Charpak décida qu'il fallait si possible faire quelque chose et qu'il était réellement important d'aborder ce thème. Un travail en commun commença alors à prendre forme…

Ce qui était prévu en fait à l'origine pour être une mallette pédagogique (présentant très concrètement des expériences portant sur plusieurs phénomènes "mystérieux" ou "extraordinaires") destinée au milieu éducatif se transforma au fil du temps (vu le prix trop élevé de produits prévus à l'origine pour être inclus dans cette mallette) en un livre avec des "expériences" de la vie de tous les jours… Devenez sorciers, devenez savants de Georges Charpak et Henri Broch, publié aux éditions Odile Jacob en 2002, fut un succès éditorial sans précédent (...). Best-seller en France, et traduit depuis en 12 langues, cet ouvrage fit connaître la Zététique à un large public et on ne peut que souhaiter que l'action pour le partage du savoir et des connaissances ainsi engagée porte ses fruits. »

 



En Bref


Le Poltergeist tchèque


À Strašice (prononcer Strachitsé) quelques vingt kilomètres de Plzeň (Pilsen), la famille Mráčeks rapporte depuis l'année dernière des phénomènes étranges advenus dans leur maison : prises de courant, serviettes, rideaux et même le ruban de la police auraient pris feu spontanément. Fenêtres, thermomètres et ampoules du cellier auraient soudainement explosé et ce, jusqu’à soixante fois par jour, d’après les dires des propriétaires. L’eau de l’aquarium se serait mise soudainement en ébullition, cramant du même coup une pauvre tortue. Même les professionnels du ČEZ, le service électrique, disent avoir vu des formes apparaître même après que la maison eut été déconnectée du réseau. Les rumeurs vont bon train, alimentées par le fait qu'à Strašice, nous serions à 7 kilomètres au sud du site de lancement de missiles de défense abandonné des américains. Hypothèse de Jitka Lenková, porte-parole du Klub psychotroniky a UFO (Psychotronics et UFO Club) : il s'agit d'un poltergeist. Nous allons enquêter.

 


 

Le Bazar du Bizarre

 

L'IRM révèle tout

Alors qu'elle souffre d'un cancer de la bouche depuis plusieurs mois, Tammie Cohrs a eu la surprise de voir apparaître le visage de Jésus sur les clichés de sa dernière IRM. Avec cette apparition, Tammie est aujourd'hui persuadée qu'elle va guérir de son cancer : « Je garde ça dans un coin de ma tête. Il est aussi avec nous quand les choses deviennent dures et difficiles. » C'est tout le mal que nous lui souhaitons même si certains d'entre nous ont, eux, reconnu Patrick Dewaere dans cette pareidolie (voir notre poster - pdf 2,5 Mo). (Source : CNN via Zigonet)

 

Une question sur Dieu ? Adressez-vous à un athée...

Une équipe de chercheurs indépendants du Pew Forum on Religion and Public Life a réalisé une enquête par téléphone auprès de plus de 3400 citoyens américains. Le but était d'évaluer leurs connaissances des religions à travers 32 questions. Les résultats révèlent que ce sont les athées et les agnostiques qui obtiennent les meilleures notes ! Ces résultats ne surprennent pas Dave Silverman, président des Athées Américains, organisation qui défend les droits des non-croyants : « J'ai souvent entendu que les Athées connaissaient mieux les religions que les religieux. L'athéisme est une conséquence de cette connaissance, pas un manque de connaissance. Personnellement, j'ai donné une Bible à ma fille. C'est comme ça qu'on fabrique des athées. »

 

Il n'y aura pas d'ambassadrice de l'ONU auprès des extraterrestres

Le 27 septembre dernier, le Sunday Times avait annoncé la nomination prochaine de l'astrophysicienne Mazlan Othman comme ambassadrice officielle de l'Humanité auprès des extraterrestres. La nouvelle s'est rapidement propagée dans tous les médias. Elle a été tout aussi rapidement démentie par l'UNOOSA, le Bureau des affaire spatiales de l'ONU, que dirige Mazlan Othman (voir la dépêche AFP). Un emballement médiatique qui montre une fois de plus que les journalistes publient trop souvent leurs infos sans les vérifier... Remontez à la source, on vous dit !

 

Mémoire d'exorciste

Le père Gabriele Amorth, exorciste en chef du Vatican, vient de publier ses confessions (Éditions Michel Lafon). À 85 ans, l’homme a beaucoup de choses surprenantes à raconter. Par exemple, concernant les possédés qui vomiraient des objets : « J’ai vu en les touchant avec la main que ces objets se matérialisent à la minute où ils sortaient de la bouche. De sorte que si l’on avait fait passer une radio au patient avant leur matérialisation, les rayons X n’auraient rien montré. » Sauf qu'on ne leur a pas fait passer de radio... Et concernant la lévitation ? « Ça m’est arrivé une fois. Une seule. (...) Il recevait l’exorcisme assis et je ne faisais pas attention à lui, tant ma prière m’absorbait. Mais les autres m’ont prévenu : “Regardez, il s’élève!” Il lévitait à une hauteur de trente ou quarante centimètres. » Et les enfants possédés ? « Les cas d’enfants possédés ne sont pas rares (...) Imaginez un petit de deux ans qui refuse absolument de franchir le seuil de l’église, ne supporte pas la vue d’un prêtre, envoie promener toutes les images sacrées de la maison, entre dans des crises de fureur au cours desquelles ses forces décuplent… » Tant que sa tête ne tourne pas à 360°, n'appelez pas d'exorciste ! (Source : 20 minutes.fr)



LEÇON DE CHOZ :
L'infini de Hawking et le zéro de l'épistémologie


 

En zététique, on s'intéresse à la connaissance scientifique, pas à la foi, qui relève de l'intimité de chacun. Qu'un chercheur croie en un dieu ou pas, peu importe ! Tant que ce dieu n'entre pas dans des scénarios explicatifs, chacun balaye son chat à midi devant sa porte, chacun est libre de trouver l'inspiration même pour ses travaux dans les options métaphysiques ou artistiques qu'il choisit.

Demander à un chercheur s'il croit en un dieu est donc une question qui n'a pas de sens. Si on me la pose lors d'une soirée ou entre amis, je DOIS répondre en mon nom propre, car répondre sur Dieu en tant que chercheur reviendrait à demander le sens de la vie à un géographe, le pourquoi du comment à un garagiste. Parler de dieu en tant que scientifique est comme émettre un jugement sur la technique de Van Gogh en tant que fromager, ou donner son expertise sur le camembert quand on est peintre : une sorte d'escroquerie intellectuelle, que les médias aiment souvent orchestrer car on est assuré en glissant Dieu de-ci de-là, de faire de l'audience. Par contre, on est certain au passage de décérébrer les gens : si la frontière entre les « scénarios de foi » (créationnisme, fine-tuning, intelligent design, etc.) et les théories est cassée, il va être impossible d'endiguer les croyances diverses qui ne manqueront pas de se déverser dans le frêle esquif de la connaissance.

C'est pour cela que j'en veux à L'Express, à Ciel & Espace, à Le Point, à Sciences & Avenir, qui pour s'assurer de confortables ventes, n'hésitent pas à faire dans le racoleur et sabotent les quelques rares concepts d'épistémologie que le public a difficilement construit comme rempart à l'imposture. Il y a une crétinisation des masses, avec des couvertures comme celles-ci.

 

 

Il y a un véritable risque de ramollissement cérébral à présenter les frères Bogdanov comme des experts (cf. JT de France 2 du 11 juin 2010).

On frise même le mauvais goût avec le dernier cas en date, le cas Hawking. Grand savant que ce Stephen Hawking, c'est évident, même s'il semble moins connu pour ses théories que pour son handicap. Que ce soit de son fait ou non, vous remarquerez qu'il est toujours présenté comme titulaire de la chaire de Newton, comme si c'était le fait d'être assis sur le trône qui vous conférait du génie. J'ai déjà écrit ailleurs que là où un personnage m'énerve, c'est quand (de son fait ou non) on construit sa légende en direct : ainsi, alors que son choix de bosser sur la physique fondamentale est venu très tôt, on raconte désormais dans les chaumières que sa vocation lui est venue de son handicap, comme un défi de l'esprit transcendant le corps, etc.  Il présentait lui-même sa quête d'une équation ultime comme un défi à Dieu – Hawking défendant des idées déistes jusqu'alors, et Dieu semble-t-il le lui rendait bien : Fabrice Neyret nous racontait en février dernier comment l'enthousiasme fut grand de repérer dans les images de Cobe les initiales S.H. Stephen Hawking.

Seulement, cette fois, Hawking n'est pas gentil avec Dieu. Il paraît que dans son dernier livre The grand design, il a écrit une phrase sur le sujet : « Dieu n'a pas créé l'univers », titrent The Times et Le Monde du 3 septembre. L'Express renchérit : Pour Stephen Hawking, Dieu n'a finalement pas créé l'univers.

 

D'un, l'avis d'un scientifique sur Dieu est anecdotique.

De deux, il y a mélange scénario – théorie. Le sous-titre du livre ? « Nouvelles réponses sur les questions ultimes de la vie ».

De trois, il s'agit d'une phrase unique, pratiquement à l'avant-dernière page, et tirée d'un bouquin.

De quatre, il s'agit d'une phrase mal traduite. La phrase réelle est : « Il n'est pas nécessaire d'invoquer Dieu (...). L'Univers peut et s'est créé lui-même à partir de rien. La création spontanée est la raison pour laquelle il y a quelque chose plutôt que rien, la raison pour laquelle l'Univers existe et nous existons. » ("Because there is a law such as gravity, the universe can and will create itself from nothing. Spontaneous creation is the reason there is something rather than nothing, why the universe exists, why we exist."). En gros, pas grand chose de plus que Pierre Simon de Laplace répondant à Bonaparte il y a deux siècles, parlant de Dieu « Sire, je n'ai pas eu besoin de cette hypothèse ».

De cinq, et c'est peut être le plus atroce, il semble que l'état de santé de Hawking ne lui permette plus réellement d'écrire, depuis quelque temps. On espère que le livre n'a pas été confectionné, à l'instar de l'affaire Rom Houben, par les méthodes désolantes de la Communication Facilitée (cf. POZ  58).

 

Qu'en tirer ? Tout d'abord je rejoins l'analyse de Sylvestre Huet dans Libération (Hawking versus Dieu, 16 septembre 2010) : on est en plein dérapage intellectuel, et pour reprendre les termes d'Étienne Klein, on frise « le degré 0 de l'épistémologie ». Ça fait plaisir à lire, quand même.

Je fais une hypothèse : sachant que Dieu est une sauce qui s'accommode avec tout, et que Hawking, quoi qu'il écrive, est une poule aux œufs d'or, est-il plausible ou probable que la maison d'édition ait instrumentalisé le personnage et créé artificiellement du scoop ? Fabriquer de la fausse connaissance à des fins marketing, ça devrait porter un nom, et j'hésite entre publicisation mensongère et délit intellectuel.

 

Richard Monvoisin

 


BILLET :
Chronique vaccinale : sur la dangerosité des vaccins


 

La peur des effets secondaires est l'une des raisons principales qui motivent les gens à ne pas se vacciner. Il soulève la question de savoir quel risque nous encourons lors d’une vaccination.

 

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Lors de la campagne controversée de la vaccination contre la grippe A, une journaliste sur France 3 dont j'ai oublié le nom demande à un scientifique s’il n’y a aucun risque à se faire vacciner. Le scientifique donne la seule réponse hélas scientifiquement juste : il est impossible d’exclure un risque à 100%.

Et dès lors, que se passe-t-il dans notre tête ? Nous tombons dans cette erreur qu'une facette proverbiale de Henri Broch décrit ainsi : la non-impossibilité n'est pas un argument d'existence. Cela signifie que ce n'est pas parce que nous ne pouvons pas démontrer qu'il n'existe pas de fantômes que nous devons inférer leur existence. Pareil pour les risques : S'il est impossible de garantir l'absence de risque à 100%, alors on a tendance à croire que c'est risqué. Pourtant, à bien y réfléchir, tous nos actes de la vie quotidienne sont risqués : risque d'incendie, de coulée de boue, d'accident de voiture ou de robot ménager. Bref, nous vivons relativement bien au milieu d'une forêt de risques minimes. Mais revenons aux vaccins.

Chaque vaccin, comme tout médicament (sauf exception notoire de l'homéopathie) a une notice qui liste les effets secondaires (allergie, choc anaphylactique, accident neurologique aigus, encéphalopathies aiguës, dermatite généralisée, douleur articulaire..). Certains de ces effets sont rares, d’autres très rares. Sur les notices des vaccins (voir cet exemple), cette rareté se traduit de façon statistique :

  • Rare signifie que le risque advient 1 fois sur 1000 à 1 fois sur 10 000
  • Très rare : moins d’1 fois sur 10 000

Prenons l’exemple d’un vaccin à effet secondaire très rare : s'il est administré à 6 millions de personnes, cela nous fera 6 millions / 10000, soit 600 cas atteints d'effets secondaires et statistiquement attendus. Il suffit alors pour qui veut retourner l'opinion d'aller chercher ces 600 personnes et les faire témoigner : on aura une sorte de tri séléctif idéologique des données, puisqu'on aura trié selon notre opinion. Ces 600 personnes peuvent également se plaindre sur le Net, et offrir une représentativité des effets secondaires bien plus forte qu'elle n'est en réalité.

Cela fait penser à ce médium qui disait à la télé se concentrer sur votre écran et faire exploser une ampoule chez vous. Bien sûr, une ampoule qui claque chez nous est un phénomène relativement rare, mais l'est-il toujours si plusieurs millions de téléspectateurs regardent à ce moment-là, qui plus est avec deux ou trois ampoules allumées dans leur salon ? On se retrouve à peu de frais avec un standard totalement engorgé de gens qui ont vu le « don » du médium chez eux, et viennent en témoigner, etc.

La communication des données est un vrai problème. Les différents courants anti-vaccins d’un côté, secondés par les médias, dans le cas de la grippe A H1N1, sautent sur les premiers cas graves, même s’ils sont statistiquement incontournables. De l’autre côté, l’AFSSAPS a des réticences à communiquer correctement sur le sujet, pensant que la population s'effrayerait d'un rien – sans comprendre que c'est certainement cette communication désastreuse qui alimente elle-même les doutes, en une prophétie quasi-auto-réalisatrice. On a déjà vu ça ailleurs, du nuage de Tchernobyl à la gestion étatique US du 11 septembre 2001 ou à la commission Warren.

Plus que la rareté des effets secondaires, le paramètre primordial à regarder est le ratio bénéfice/risque. Lorsque le ratio est supérieur à 1 pour un individu, il vaut mieux l'encourager à se faire vacciner. Si le ratio est faible, on peut se poser la question et c’est ainsi que parfois des vaccins sont retirés du marché. Mais l'esprit humain a beaucoup de mal avec les risques infimes : « Lorsque (l)es probabilités sont faibles (1 sur 10000 et moins), elles sont en moyenne perçues comme 10 à 15 fois supérieures par l'homme ordinaire ! » écrivent Géhin et Bronner. Comme l'écrivait la dame de lettres Julie de Lespinasse, « je crois ce que je crains ».

Mais plusieurs problèmes vont alors se poser : ce qui est valable pour moi l'est-il pour un autre, qui appartient à une catégorie plus à risque ? Dans ce cas, comment faire une politique globale ? Et dans quelle mesure mon choix influe sur celui des autres ? Parlons-en dans une prochaine chronique.

 

Éric Bévillard (et Richard Monvoisin)

 

Références :

[1] Bronner & Géhin, L'inquiétant principe de précaution, PUF, 2010 p 56.

[2] Prelec, The proability weighting funtion, Econometrica, n°47, pp 313-327.

 


CULTURE ET ZÉTÉTIQUE



Chronique Zétético-musicale : Tears for fears, Cri Primal, Cocorosie & Castaneda

Tout d'abord, je ne résiste pas à partager avec vous cette découverte : l'origine du nom du groupe Tears for fears ! Mais si, rappelez-vous, sowing the seeds of love ! La source est la même que pour la chanson Mother, de John Lennon.

Je vous raconte : Roland Orzabal, le leader du groupe, a donné ce nom en écho au psychothérapeute d'obédience freudienne Arthur Janov et à sa célèbre pseudo-théorie du Cri primal, où il convient pour « renaître » de crier Maman ! (jamais Papa d'ailleurs) et après ça va mieux. Janov, c'est la version doucereuse (mais onéreuse, voir ici à Genève) d'une gamme de techniques régressives, consistant à remonter le fil de sa vie jusqu'à la naissance, en mimant la naissance... Oui moi aussi, ça me fait penser très vite aux techniques de Faux Souvenirs Induits*, mais ce n'est pas le seul risque : la gamme s'étale de la piscine ou de la respiration forcée comme dans le Rebirth jusqu'aux techniques de contention de l'Attachment Therapy, sous des coussins et des matelas (meurtre involontaire par étouffement de la petite Candace Newmaker par sa mère adoptive Mme Watkins, sous des coussins, en 2000) ou derrière des barreaux (dix des onze enfants Gravelle étaient enfermés dans une cage en 2003).

Brrr, allez, changeons-nous les idées.

C'est l'histoire de Bianca, dite Coco, et Sierra dite Rosie Casady, deux petites filles états-uniennes, nées d'une mère artiste et d'un père chamaniste membre de l'Église des Amérindiens, ou religion des Native Americans. Je ne sais pas si ce culte représente réellement tous les natives, mais fait notable, c'est l'un des seuls à posséder une autorisation de consommation d'hallucinotropes, en l'occurrence le fameux cactus peyotl, vous savez, qui fut l'une des deux mamelles auxquelles Carlos Castañeda prétendit s'abreuver dans L'herbe du diable et la petite fumée, découvrant ainsi la profondeur de l'enseignement d'un indien Yaqui, Juan Matus. Castaneda qui, avec deux autres bouquins dont on sait désormais qu'ils sont presque à la culture Yaqui ce que le 3e œil de Lobsang Rampa est au Tibet (voir pour cela les recherches en anthropologie résumées dans Carlos Castañeda and New Age anthropology, article du regretté Martin Gardner dans le Skeptical Inquirer), a obtenu (Castañeda, pas Rampa) un doctorat 1973 à la fac de Los Angeles, mais dans une ville qui s'appelle Les Anges, rien ne surprend, et nous, en France on a bien Élisabeth Teissier et les frères Bogdanov docteurs trente ans après, mais la différence est qu'après la mort – ou du moins la transformation – de Castaneda en 1998, son enseignement est parti en trip new age inquiétant appelé Tensegrity, Bogdanov Bros. et Mme Teissier n'ont pas encore créé de mouvement spirituel à saveur religieuse. Mais vous me faites parler, revenons à Coco & Rosie.

Les écoles Steiner, entre démarches pédagogiques très libres et stimulantes et contenus anthroposophiques à saveur pseudo-scientifique parfois navrant, jouent probablement un rôle dans leur éducation, et voici les deux petites filles devenues ados, partant à l'aventure dans le grand monde.
Coco, chanteuse d'opéra, loue une piaule vers Montmartre dans les années 2000, qu'incruste la sister trois ans plus tard. Et ensemble elles découvrent l'acoustique de... leur salle de bain. À la manière d'une Michelle Shocked qui enregistrait ses premiers titres sur le bord de la route avec les grillons en toile de fond (The Texas Campfire Tapes), Coco et Rosie bricolent pour le plaisir La maison de mon rêve, leur premier album, qui ne tombera pas dans l'oreille d'un aveugle. Voix d'opéra, harpe, guitare de Sierra, miaulements blues et jouets pour enfants (sic !) pour Bianca, tout cela fait un fond sonore tout à fait délirant. Quant aux paroles, quelques trouvailles :

Dans Terrible angels :

If every angel's terrible
Then why do you welcome them (…)
Oh every angel's terrible
Said Freud and Rilke all the same
Rimbaud never paid them no mind
But Jimmi Morrison had his elevators

Leur 3e titre (Jesus loves me) est digne d'une confrérie libre-penseuse :

Jesus loves me, But not my wife
Not my nigger friends, Or their nigger lives
But jesus loves me That's for sure
'Cause the bible tells me so
Read your bible good and well
Don't forget about that apple spell
Don't fall in the wishing well
Wishing for heaven and gettin' hell
Wash behind your eras don't smell
Cover them freckles don't ask don't tell
Kiss your papa but not too long
Hold his hands Don't do no wrong

Depuis 2004, les soeurs ont pas mal tourné, et se sont fait de valeureux amis aux atmosphères très spéciales, des délires mystiques de Devendra Banhardt aux incroyables mélopées transgenres d'Anthony Hegarty et son groupe The Johnsons. Seul regret : qu'elles aient vendu certaines de leurs musiques pour d'atroces spots publicitaires. Que voulez-vous, si l'âme n'a pas de poids, elle a souvent un prix.

 

Richard Monvoisin

 

* Faux souvenirs induits, sombre sujet sur lesquels notre amie Brigitte Axelrad vient approcher une salvatrice « chandelle » : Les ravages des faux souvenirs ou la mémoire manipulée (éditions Book-e-book)

 

 


 

En librairie

Curieuses histoires de la science
Quand les chercheurs se trompent
Jean Baudet
Éditions Jourdan Le Clercq
232 pages - 19,90 euros

 

Jean Baudet est philosophe et docteur en sciences de l'Université de Paris VI. Dans ce livre, il revient sur les « erreurs » les plus connues de l'histoire des sciences qu'il raconte comme de véritables enquêtes policières. Les rayons N de René Blondlot, l'affaire de la mémoire de l'eau ou la fusion froide rappellent ainsi - si besoin était - que même les scientifiques peuvent se tromper et même parfois mentir. Son éditeur de préciser que ces histoires montrent « surtout ce qu'est la science : une lente montée vers le vrai, ou plus exactement vers le vérifiable. Parce que la science peut se tromper, et parce qu'elle peut reconnaître ses erreurs, la science reste fiable. Il fallait sans doute le rappeler, à l'heure où reviennent les discours de ceux " qui ne se trompent jamais ". ».

 

 


 

En ligne

Il y a une quinzaine d'années maintenant, Normand Baillargeon, professeur au département des sciences de l'éducation de l'Université du Québec à Montréal, a consacré un large article à Henri Broch et la Zététique suite à la visite qu'il avait rendu à ce dernier à la Faculté des Sciences de Nice. Son article avait été publié dans le journal Le Devoir (Montréal) en septembre 1995.

À la demande du laboratoire de zététique de l'Université de Nice-Sophia Antipolis, la Direction du journal Le Devoir a autorisé la reproduction de cet article sur le site de l'université. Vous le trouverez donc dans la partie « Documentation », thème « Présentation de la Zététique », ou directement à l'adresse suivante : www.unice.fr/zetetique/articles/N_Baillargeon_H_Broch.html

 


AGENDA


 

Conférence

Le prochain « The Amazing meeting » (TAM) aura lieu le week-end des 16 et 17 octobre 2010 à Londres. Organisé par la James Randi Educational Foundation, le TAM est le rendez-vous des sceptiques mondiaux. Comme à chaque fois, de nombreux conférenciers de renommée internationale sont attendus, parmi lesquels Richard Dawkins, Susan Blackmore ou Richard Wiseman.

On regrettera malheureusement le prix de £208, encore trop élevé pour ouvrir véritablement cet événement à un public plus large que les sceptiques déjà convaincus (et riches !).

The Amazing meeting 2010
Samedi 16 et dimanche 17 octobre 2010
The Hilton London Metropole Hotel,
225 Edgware Road London W2 1JU
Pour en savoir plus : www.tamlondon.org

 

Fête de la science

L'édition 2010 de la Fête de la science aura lieu en France du 21 au 24 octobre  Cette année encore, l'Observatoire zététique sera présent à Grenoble au Village des Sciences qui sera installé dans l'ancien musée de peinture de Grenoble, place de Verdun. Durant quatre jours, des doctorants-moniteurs du CIES animeront un stand aux côtés des membres de l'OZ dans le but d'aiguiser l'esprit critique des visiteurs. Venez découvrir votre véritable signe du zodiaque, vérifier avec nous si la lune a réellement une influence sur les naissances, tester la catalepsie sans hypnose, tester votre perspicacité, remettre en question vos idées reçues. On vous réserve encore bien des surprises.

Fête de la science
Du jeudi 21 au dimanche 24 octobre 2010
Ancien Musée de peinture de Grenoble
Place de Verdun 38000 Grenoble
Pour en savoir plus : www.ccsti-grenoble.org

 

Le vendredi 22 octobre à 11h, Raoul Robert, mathématicien à l'institut Fourier de Grenoble donnera une conférence sur « Le mythe de l'effet papillon ». Cette métaphore qui exprime la sensibilité aux conditions initiales a été imaginée par le météorologue Edward Lorentz en 1972 dans un colloque scientifique où il posait la question : « le battement d'ailes d'un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? ». Depuis, cette idée est souvent reprise dans les médias et notamment la presse de vulgarisation scientifique bien qu'elle soit en général très mal comprise du grand public.

Cette conférence aura lieu dans l'espace de conférence du Village des sciences de Grenoble, place de Verdun.

Le mythe de l'effet papillon
Vendredi 22 octobre 2010 à 11h
Village des sciences
Ancien Musée de peinture de Grenoble
Place de Verdun 38000 Grenoble

 

Le samedi 23 octobre, à 17h, Denis Caroti, de l'Association Marseille zététique donne une conférence intitulée « Zététique : esprit critique es-tu là ? » dans l'auditorium de la Bibliothèque municipale de l'Alcazar. En présentant la zététique, comme une l'étude rationnelle des phénomènes réputés « paranormaux », Denis mettra en exergue qu'avec la boîte à outils qu'elle fournit, cette méthodologie est une véritable école d'auto-défense intellectuelle, aussi bien sur l'extraordinaire ou les pseudo-sciences que sur le traitement médiatique des faits.

Zététique : esprit critique, es-tu là ?
Samedi 23 octobre 2010 à 17h
Auditorium de la Bibliothèque municipale de l'Alcazar
58 cours Belsunce
130001 Marseille

 

Durant la Fête de la science, l'Association Marseille Zététique animera également un stand au cœur du Village des sciences de Marseille, du 22 au 24 octobre 2010. Le public pourra se confronter au montage d'un protocole expérimental visant à tester une prétention paranormale et découvrir de nombreux posters sur les outils du scepticisme. Le vendredi, à 14h, sur le stand « Curiosités » , les animateurs zététiciens feront également une présentation de la zététique et proposeront une initiation ludique aux statistiques avec le jeu : la planète Oyar.

Du 22 au 24 octobre 2010 de 10h à 18h
Village des sciences
Cours Honoré d'Estienne d'Orves
13001 Marseille

 


DIVERTISSEMENT


 

Illusion de vacances



C'est Denis, de l'association Marseille Zététique, qui m'a fait découvrir cette illusion d'optique surprenante. Que voyez-vous sur cette photo ? Un paysage des plus bucoliques, qui nous donnent des envies d'évasion à la montagne, pour une sieste ou un pique-nique au bord du lac ?

Alors, prenez quelques secondes pour vous imaginer au bord de l'eau...

Que penserez-vous de cette photo lorsque vous saurez que ce lac n'est pas un lac, mais un... mur ? Vous ne me croyez pas ? L'information mettra peut-être quelques secondes à imprégner votre cerveau... Regardez l'image à nouveau.

Étonnant, non ?

 


 

Cette newsletter a été préparée par Stanislas Antczak, Éric Bévillard, Géraldine Fabre, Florent Martin, Fabien Millioz et Richard Monvoisin.

Content ? Pas content ? Écrivez-nous.

Retrouvez toutes nos publications sur le site de l'observatoire zététique : www.zetetique.fr

Mise à jour le Samedi, 20 Novembre 2010 20:00