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POZ n°37 Imprimer Envoyer
Dimanche, 13 Juillet 2008 14:13

 


SOMMAIRE


 


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ÉDITO


 

Ami lecteur, je te fais une confidence, je suis un mauvais sujet. J'étais un enfant presque normal, mais victime de mon parcours scolaire, je suis devenu un sale rationaliste borné. À mes débuts dans le paranormal et la zététique, j'estimais de mon devoir de casser du voyant et de l'astrologue. Virtuellement, bien sûr, hein, je ne faisais pas des virées avec des battes de base-ball pour tabasser les gens dans la rue sous prétexte qu'ils avaient un pendentif à signe astrologique, je ne mettais pas le feu aux bistrots parce que des gens y regardaient leur marc de café.

J'ai peu à peu compris que ma virulence ne servait à rien et qu'une autre attitude était plus appropriée. Cela m'a amené à la zététique et à son Observatoire. Snif, émotion, j'étais jeune à l'époque, tout ça. Là, mes centres d'intérêt se sont diversifiés, ce qui a causé de fait ma relative désaffection pour l'astrologie. On vieillit, on change, tu sais ce que c'est, mon brave ami lecteur. Il est vrai qu'à l'Observatoire zététique, on ne s'occupe pas énormément d'astrologie classique, qui est pourtant un emblème de ce à quoi s'opposent traditionnellement les groupements sceptiques. Peut-être est-ce par désintérêt, peut-être par lassitude.

Il me faut pourtant le reconnaître aujourd'hui, les astres ont toujours raison. Ce n'est pas moi qui l'invente, mais l'une des plus célèbres astrologues de notre temps : Élizabeth Teissier. Dans sa chronique parue le mercredi 18 juin dans l'hebdomadaire suisse L'Illustré, elle prédisait la victoire de l'équipe de France de footbal à l'Euro 2008, sous prétexte que son sélectionneur, Raymond Domenech, connaissait une période astralement favorable. « Ce Verseau ascendant Vierge vit un moment unique dans sa vie », a écrit l'astrologue, qui s'est dite « éblouie » par le ciel de Raymond Domenech en ce moment.

La veille de cette parution, l'équipe de France de football était déjà éliminée de ladite compétition... Ce bide a été amplement commenté par la presse ; jusqu'à L'Illustré lui-même qui propose, à l'heure où ces lignes sont écrites, sur la page d'accueil de son site, une vidéo dont le titre est « Raymond Domenech, plus fort qu'Élizabeth Teissier », ce qui ne manque pas d'humour autodérisoire.

Élizabeth Teissier, elle, ne rit pas. Elle rappelle sur son site que ce sont les astres qui ont raison : « Le rarissime influx de Pluton sur le ciel de R. DOMENECH m'a soufflé une corrélation hâtive », concède-t-elle, mais elle « persiste et signe », ledit Verseau traverse une période faste. De quoi sera-t-elle faite ? Élizabeth Teissier ne se prononce pas, évoque le mariage de l'heureux Verseau, donne rendez-vous en novembre. Elle rappelle que l'astrologie « n'est pas voyance mais INTERPRETATION de SYMBOLES planétaires » (les lettres capitales sont d'origine).

Et la médiatique astrologue de conclure par une plainte : « pourquoi ne parle-t-on JAMAIS de mes réussites prévisionnelles ? ». C'est vrai, pourquoi ? Un élément de réponse se trouve peut-être dans une autre citation d'Élizabeth Teissier, issue du « Supplément voyance » du magazine Cosmopolitan que je garde précieusement depuis novembre 2001 (tu verrais ma bibliothèque, ami lecteur, le nombre de saletés que j'y conserve !) : « J'ai parfois l'impression de revivre le procès de Galilée, transposé au XXIe siècle, entre tenants d'une science rétrograde et défenseurs de la science de demain. Je me sens forte, car le temps joue pour moi. Victor Hugo disait : rien n'arrête une idée dont le temps est venu. »

En bref, rendez-vous demain, ami lecteur, l'avenir donnera raison aux astres et à leurs prophètes. On a déjà attendu plusieurs milliers d'années, de voir le triomphe de l'astrologie, tu peux bien attendre jusqu'à novembre, mince à la fin.

Je ne peux terminer cet éditorial sans te prier de m'excuser, ami lecteur, si malgré moi sont revenus à la surface mes vieux travers de rationaliste borné. L'ironie que tu as pu percevoir est hélas bien réelle, mais bon, hein, personne n'est parfait. Si tu insistes, je propose de ce pas ma démission de l'Observatoire zététique pour manquement à la courtoisie de rigueur.

Tant que j'ai encore la possibilité de te haranguer par mon biais habituel, je te souhaite, ami lecteur, des astres cléments pour cet été.

Stanislas Antczak
éditorialiste de l'espace


LES NOUVELLES DE L’OZ


 

Les zététiciens se mettent au vert
La troisième édition d’Ultimate Z, l’Université d’été de l’Observatoire zététique, s’est déroulée dans la Drôme provençale, du 4 au 6 juillet 2008. 13 (brrr !) zététiciens de l’OZ et du Cercle zététique Languedoc-Roussillon s’y étaient donnés rendez-vous pour 48h de zététique.

Les quelques invités qui nous avaient rejoints dès le vendredi soir semblaient un peu inquiets, ne sachant pas trop à quoi s’attendre. Le programme des festivités commençait en effet par une « soirée mystère » où Florent Martin et Richard Monvoisin nous ont servi plusieurs vidéos arrosées de liqueur de poire. En entendant les ténors de l’OZ chanter l’hymne national soviétique « francisé », l’un d’eux (dont je préserve l’anonymat) s’est tourné vers moi et m’a dit avec un sourire : « je me demandais si vous étiez une secte… maintenant, je sais ! ».
Heureusement, il est possible de parler de choses sérieuses en s’amusant et cette vidéo qui au premier abord peut sembler d’un goût douteux est en fait une parfaite illustration du phénomène de pareidolie auditive et donc du principe zététique « Nos sens peuvent nous tromper ». En entendant cet hymne, quelqu’un qui ne parle pas le russe aura tendance à rapprocher les sonorités qu’il identifie, de mots qu’il connaît dans sa propre langue. Si l'on nous donne la « grille » à appliquer, ici, les paroles « francisées » en sous-titres, il devient difficile de s’en détacher et il nous semble que la chorale russe les chante réellement.
Le ton était donné pour le week-end.

 

Comme chaque année, le programme était chargé et il nous a été difficile de nous y tenir.
Samedi matin, Éric Déguillaume nous a parlé de la zététique appliquée à l’ufologie. Retraçant son parcours personnel, il nous a expliqué les raisons qui l’ont conduit jusqu’à l’Observatoire zététique, du fait de son intérêt pour les ovnis. Sa réflexion dans ce domaine l’a amené à proposer une nouvelle définition de ce que l’on doit ou devrait entendre aujourd’hui derrière l’acronyme OVNI (Objet volant non identifié) qui est en soi un triple effet paillasson : il ne s’agit pas toujours d’ « objets », ils ne sont pas toujours « volants », et ne sont « non identifiés » que par le témoin qui en parle comme tel… Voici la définition qu’il nous a soumise et que nous avons longuement discutée : « Perception alléguée et rapportée d'un phénomène aérien volant, paraissant voler ou susceptible de le faire, dont la nature n'a pu être identifiée par le témoin, ou dont l'identification donnée sort du cadre des connaissances scientifiques actuelles. » Après cela, Éric a décrit en détail la méthodologie d’enquête utilisée en ufologie, basée essentiellement sur l’étude et le recoupement de témoignages. Il a fini sur la difficulté de cette discipline et l’humilité de ses conclusions en rappelant, si besoin était, que le résidu de cas inexpliqués n’est pas une preuve de l’existence d’extraterrestres.

De l’ufologie à la psychologie, le saut a été franchi par Françoise Mariotti qui nous a présenté le concept psychologique de « résilience », que peu d’entre nous connaissaient. Depuis la libération d’Ingrid Bétancourt, cette notion est réapparue dans les médias, comme explication possible de la résistance de l’ex-otage. Étudiée par Emmy Werner qui a suivi pendant trente ans des enfants hawaïens à risque psychopathologique, la résilience désigne les processus psychologiques par lesquels, après un traumatisme, une personne arrive à s’en sortir et à « vivre avec ». En France, l’éthologue et psychiatre Boris Cyrulnik a développé et largement vulgarisé ce concept, en utilisant les exemples des survivants des camps de concentration, des enfants des orphelinats roumains et des enfants des rues boliviens. Mais, pour Françoise, la résilience ne doit pas être assimilée à un trait de la personnalité : il n’y aurait pas de « personnes résilientes » mais des personnes faisant preuve de résilience dans certaines situations. Elle a également insisté sur le processus inhérent à la notion de résilience, considérant donc qu’il était un peu tôt pour affirmer qu’Ingrid Bétancourt faisait preuve de résilience.
Après la pause déjeuner, ce fut au tour de Nicolas Gaillard de prendre la parole. Il passionna son auditoire en décortiquant le syndrome de Stendhal, un mal étrange survenant lors de la contemplation d’œuvres d’art, telles que la statue de David à Florence. Il a rédigé pour cette newsletter un article résumant son analyse (à lire plus loin).

Les présentations se sont enchaînées toutes plus intéressantes les unes que les autres, mais elles furent également entrecoupées de pauses divertissantes comme le (maintenant mythique) « concours de mauvaise foi », organisé par le vainqueur 2007, Stanislas Antczak.
S’opposant dans des duels, les participants devaient défendre en utilisant le plus d’arguments rhétoriques de mauvaise foi possibles des thèses pseudo-scientifiques, sous l’œil attentif d’un jury évaluant leurs prestations. Cette année, pour ne désavantager aucun candidat, les deux thèses n’étaient plus contradictoires mais comparables (« Il faut dormir la tête au nord/ il faut dormir la tête au sud »). Les candidats avaient également plusieurs figures imposées et disposaient de quelques minutes de préparation. Un jury (pas vraiment) impartial attribuait une note technique et une note artistique. Françoise prit son rôle de membre du jury très à cœur : « forte de mon autorité, j’ai attribué les meilleures notes aux concurrents pourvus des plus beaux yeux, des plus beaux caleçons, et à la compagne du président du CZLR montpelliérain dont je redoute les représailles habituelles en latin et grec et surtout les blagues sexistes. ».
Dès la première manche, Odile se montra particulièrement brillante, battant à plate couture les deux poids lourds de son groupe, Nico Vivant et Florent. La finale fut cependant très ozienne, opposant Richard à Éric Bévillard. Mais la thématique politique des thèses à défendre lors de cet ultime duel rattrapa Richard qui ne put s’empêcher de contrer les arguments pourris d’Éric, avec sa raison plutôt que sa mauvaise foi… Le gagnant du concours 2008 fut donc sans appel Éric.

 

La suite du programme tint ses promesses. Malgré l’heure tardive de sa présentation, Élie Nicolas nous a tous captivés en nous racontant l’histoire du procès de Galilée. Nous replongeant dans le contexte historique et scientifique de l’époque, il a déconstruit le mythe. Galilée ne fut pas condamné pour avoir soutenu contre l’Église que la Terre tournait sur elle-même comme beaucoup le croient, mais pour avoir défendu sans preuve et continuer à enseigner, malgré une précédente condamnation, le système de Copernic. Des étoiles de la Drôme à celles de Rome, on s’y croyait… Le comble, c'est que finalement dans cette histoire, c'est l'Église qui défendait la démarche scientifique et Galilée qui affirmait sans preuve. Une idée reçue de plus qui s’envole… « je ne pleurerai plus chaque soir en repensant à son procès, au « e pur si muove » (et pourtant, elle tourne) murmuré d'une voix lasse d'incompris... puisqu'il se prélassait au palais Farnèse alors qu'il aurait dû griller sur son bûcher. », assure Françoise.
Après cela, Anaïs Goffre nous a rapidement présenté le livre de Michel Dubec, Le plaisir de tuer (Seuil, 2007). Ce psychiatre, psychanalyste et expert auprès de la cour de cassation, a étudié le cas de tueurs et violeurs en série afin de comprendre le « sens » de leurs crimes. Dans cet ouvrage, il justifie les violences faites aux femmes, en particulier les viols, en s'appuyant sur des arguments psychanalytiques pour affirmer que la sexualité masculine est naturellement violente. Une citation : « Pour parler sans détour, dans la sexualité masculine, il existe un intérêt à obtenir la défaveur de sa partenaire, pas seulement ses faveurs ; à faire crier la femme, peu importe la nature de ses cris. L’acte de pénétrer est en lui-même agressif. Si un homme est trop respectueux d’une femme, il ne bande pas. » (page 213). N’ayant pas eu le temps de pousser très loin son analyse, Anaïs a promis de nous en dire plus dans une prochaine réunion mensuelle. Elle nous a juste donné de quoi frémir pour nous tenir en haleine jusque là…

 

 

À l’heure de la messe, dimanche matin, nous avons encore eu droit à deux excellents exposés. Jean Brissonnet, spécialiste des pseudo-médecines et du placebo, est revenu sur cet « effet placebo » dont tout le monde parle mais sur lequel on sait finalement peu de choses, si bien que, suite à une étude publiée en 2001, on s’est même mis à douter de son existence. Cette polémique récente a relancé les études et grâce à elle, aujourd’hui, on en sait un peu plus sur l’effet placebo. On sait notamment qu’il est inutile d’avoir recours à un placebo (substance sans effet thérapeutique utilisée pour tester par comparaison l'efficacité d'un médicament) pour induire un effet placebo (effet bénéfique sur l'état de santé du patient qui n'est pas dû à l'action d'un médicament). Il est finalement plus rigoureux de parler d’« effets non spécifiques » dus à la prise en charge du patient, l'écoute, sa confiance dans le traitement, etc.. Mais on sait surtout que la meilleure façon d’induire cet effet placebo est de l’associer à un traitement réellement efficace.
Pour finir, Fabrice Neyret a présenté les mécanismes de publication scientifique. Quels sont les différents types de publications ? Comment sont-elles sélectionnées ? validées ? vérifiées ? À quels indices peut-on se fier pour se faire un avis ? Sur ces questions, Fabrice nous a apporté des précisions qui permettent de nuancer le « scientifiquement prouvé », souvent affiché comme un gage de rigueur. Il a illustré son exposé avec diverses controverses célèbres comme l'affaire Sokal, les théories biologiques de Lyssenko, la mémoire de l'eau ou encore la fusion froide.

Le week-end s’est terminé de façon très ludique par une version zététique de « Questions pour un Zampion », Stan reconverti en Julien Lepers. Buzzant avec des langues de belles-mères, nous nous sommes tous battus avec acharnement pour passer le premier tour, mais ils ne furent que trois élus pour la deuxième manche : Richard, Nico V. et Éric D. Au « quatre à la suite », Éric D. et Nico V. éliminèrent Richard. Puis dans un face à face final très disputé, Éric D. remporta une victoire méritée (12 à 11) sur Nico V., trouvant avant lui la dernière réponse : la résilience !

 

Après ce week-end, je n’ai que des mercis à formuler : merci d’abord à Nico V. et ses parents pour leur hospitalité, merci à Stan pour l’organisation parfaite du planning et des jeux, merci à tous les intervenants pour leurs présentations fort enrichissantes, merci à Gilles Debunne pour « la question qui gratte » et la pina colada et merci à tous pour l’ambiance et les discussions.
Rendez-vous en 2009.


Le prochain symposium de l’ECSO aura lieu à Grenoble

Les organisations sceptiques européennes membres de l’ECSO (European Council of Skeptical Organisations) se réunissent tous les deux ans lors d’un symposium. Cette année, il est organisé à Grenoble par l’Observatoire zététique et se déroulera du samedi 20 et dimanche 21 septembre 2008. Le programme de ces journées comporte essentiellement des conférences publiques en anglais et une réunion de l'ECSO, le samedi soir, qui sera suivie d'un dîner.
Pour participer à ce symposium, il suffit de s’inscrire gratuitement sur ecso.zetetique.fr


Gloire au vidéoprojecteur
Le projet était discuté depuis des années, il est maintenant réalisé. Grâce aux cotisations de ses membres (seule source de revenus de l’association), l’Observatoire zététique vient d’acquérir un vidéoprojecteur OPTOMA-DX609 tout neuf. Instrument indispensable lors de nos interventions publiques, il nous avait fallu plus d’une fois ruser pour réussir à en emprunter un. Dorénavant, cet équipement est à la disposition de tous les membres pour leurs interventions publiques, lors de conférences ou de réunions zététiques ; il suffit pour cela de le demander au Conseil d’administration de l'OZ.
L’Ultimate Z a été l’occasion d’une inauguration en règle par notre président, Stanislas Antczak. Mais après ce baptême intensif, notre vidéoprojecteur ne devrait pas reprendre du service avant la prochaine réunion de l'OZ, le 15 septembre 2008.


Le vendredi 13 porte malheur
Il faut bien le reconnaître, nous avons connu quelques problèmes « techniques » le mois dernier pour la publication de notre newsletter de juin. Pour la première fois depuis, bien longtemps, la newsletter de l’OZ n’a pas été postée à 13h13 et sa version pdf, la POZ, n’était pas en ligne au moment de l’envoi… La rédaction met pourtant un point d’honneur à respecter ces deux engagements moraux, car nous savons avec quelle fébrilité certains de nos abonnés attendent ce mail mensuel.
En plus, notre seule excuse est que tout cela est dû au... vendredi 13. C’est en effet ce jour-là que deux membres de la rédaction avaient décidé de se marier… L’un était responsable de l’envoi, l’autre du pdf. Mais occupés à prendre des photos à l'heure fatidique, ils ont tout simplement oublié 1) de poster la newsletter et 2) de mettre le pdf en ligne. D’autres membres de l’OZ suppléèrent à leur manquement quelques minutes et quelques jours plus tard. Cependant, nous présentons nos plus plates excuses à tous nos abonnés. Et maintenant que les deux irresponsables sont mariés, c’est promis, cela ne se reproduira pas… avant la prochaine fois.

Géraldine Fabre


ACTUALITÉS
Les actus du « paranormal »


 

Marketing viral et esprit critique
Dans notre précédente newsletter, nous vous parlions de ces vidéos largement diffusées sur Internet présentant la transformation en pop-corn de quelques grains de maïs sous l’effet des ondes de quatre téléphones portables. Nous avions placé cette information dans notre rubrique « Divertissement », plusieurs indices nous laissant penser qu’il s’agissait en fait d’une vidéo truquée. Pour se convaincre de l’impossibilité du phénomène allégué, il suffisait de refaire l’expérience.
Aujourd’hui, on sait que ces vidéos sont les spots publicitaires d’une société (Cardo systems) qui vend des oreillettes Bluetooth. Il s’agit donc bien de marketing viral comme l’ont avoué Cardo systems et le concepteur de la campagne : « Pour nous, c'est un succès incroyable. Nous ne pensions pas réussir un tel buzz. Et pour notre client Cardo, c'est également une réussite intégrale : pour pas très cher, la vidéo a touché énormément de monde ».
C’est le principe même du marketing viral : cible pour le produit, le consommateur est également utilisé comme principal vecteur (gratuit) de la communication. Grâce à Internet, l’« information » peut rapidement se propager. L’ennui, c’est que le publicitaire instrumente ici l’inquiétude sur la nocivité des ondes des téléphones portables et propage de fausses rumeurs sur leurs dangers. Si des millions d’internautes ont vu les premières vidéos, combien auront su le fin mot de l’histoire ?
La preuve est faite qu'en matière de marketing viral, certains publicitaires n’hésiteront pas à utiliser nos peurs à leur profit pour vendre les produits de leurs clients et sans se soucier des dégâts collatéraux. Raison de plus pour rester vigilants et prendre l’habitude de vérifier une information avant de la diffuser.
L’ironie de l’histoire, c’est que la fréquence des ondes émises par un téléphone portable (900 MHz) ne correspond pas à celle des fours à micro-ondes (2,4 GHz), contrairement aux oreillettes Bluetooth de Cardo systems qui, elles, émettent dans la bande des 2,4 GHz. Une information qui pourrait faire frémir le public. Mais pour ne pas entretenir ou déplacer la psychose, il convient de préciser les puissances à l'œuvre :
- un four à micro-onde émet 1000 Watt pour chauffer l'eau des aliments,
- un téléphone portable n'émet qu’à peine 0,1 Watt (soit 10 000 fois moins) lors d'une communication urbaine, et au maximum 2 Watt lorsqu'il capte mal.
- une oreillette Bluetooth n'émet que 0,001 Watt, soit 1 million de fois moins qu'un four.
Argument rationnel qui semble malheureusement ne pas peser lourd dans le débat... Mais bon, de toute façon, aujourd’hui, il faut se méfier même des bananes…

Florent Martin


Retour sur la vague d’ovnis de l’île d’Yeu
Tout avait commencé le 3 mai dernier : alors en week-end à l’île d’Yeu (Vendée) Thibaut Chantegret, un employé de banque dijonnais de 34 ans, avait vu avec son père plusieurs « boules lumineuses ». Intrigués, ils avaient rapporté leur observation aux autorités. Tant le Geipan, service officiel chargé de l’étude des ovnis, que la presse, avaient pris au sérieux le récit de ces deux témoins, par ailleurs pilotes d’avion de tourisme. Une qualité qui n’immunise en rien contre les erreurs de perception, mais qui a sans doute largement contribué à la diffusion de l’affaire dans les médias, les pilotes étant souvent considérés – à tort – comme des témoins « qualifiés » imperméables aux défauts cognitifs de l’être humain moyen. Ainsi, l’affaire fut rapportée le 8 mai par le grand quotidien régional Ouest France, ou encore à la radio sur France Info ou RTL, avant d’être mentionnée dans les journaux télévisés les jours suivants.
Pendant que le Geipan et les associations ufologiques locales menaient l’enquête, d’autres témoignages furent ensuite rapportés, soit remontant au 3 mai, soit liés à des incidents distincts. À tel point qu’on put parler de « vague » d’observations en Vendée et en Bretagne : un schéma qui se retrouve régulièrement dans l’histoire du phénomène ovni. Son corollaire médiatique, pour sa part, atteignit son sommet le 22 juin avec un reportage consacré à l’affaire dans le magazine télévisé de TF1 Sept à huit.
C’est un article du Figaro en date du 24 juin qui y mit un terme. On put y lire le récit d’un certain Martin Herbert qui, alerté par le battage médiatique autour de l’affaire, avait décidé de fournir son propre récit. Le 3 mai, cet architecte parisien fêtait à l’île d’Yeu l’anniversaire de sa femme, et avait lancé à partir de 22 heures une série de « lanternes thaïlandaises », faites de papier, qui s’élèvent grâce l’air chaud qu’elles contiennent, sur le même principe que les montgolfières. Largement utilisées en Asie orientale, ces objets festifs font actuellement l’objet d’un engouement grandissant en Occident, ayant d’ailleurs causé plusieurs observations d’ovni (comme celle discutée l’été dernier sur le paranormal-fr.net). Le nombre de lanternes lancées par M. Herbert ainsi que leur trajectoire, correspondent à ceux des « boules » décrites par M. Chantegret, et ce dernier a d’ailleurs accepté cette explication, s’en faisant l’écho sur plusieurs forums ufologiques (un résumé de l’affaire, avec de nombreuses références, se trouve sur ufo-logic.xooit.com).
Ainsi résolue, l’affaire de l’île d’Yeu nous rappelle deux faits récurrents en ufologie. Elle montre que personne, pas même un pilote d’avion, n’est immunisé contre les illusions perceptives ou cognitives : le récit de Thibaut Chantegret, qui décrivait des « accélérations fulgurantes » pour des objets en réalité poussés par le vent, en est révélateur. Pour mémoire, une telle impression peut être donnée par la variation d’intensité lumineuse de la lanterne : faiblissant, celle-ci donnera l’impression de s’éloigner très rapidement de l’observateur, ce dernier voyant sa taille apparente diminuer comme si elle partait dans la direction opposée. Evidemment, l’impossibilité d’évaluer correctement la distance d’un objet inconnu, surtout la nuit (l’observation a été réalisée vers 22 heures), ne fait qu’aggraver le problème.
L’autre constante est d’ordre sociologique : quelles que puissent être les explications prosaïques des autres cas rapportés à la suite de celui du 3 mai 2008, on peut légitimement se demander si ceux-ci auraient existé sans le battage médiatique ayant entouré le témoignage initial. Un phénomène de « contagion » typique des vagues d’observations d’ovnis (flaps pour les anglophones) comme celles de 1947-1952 aux États-Unis, de 1954 en Europe occidentale ou de 1980-1981 en France : après qu’une affaire initiale a été médiatisée, un certain nombre de personnes scrutent le ciel en s’attendant plus ou moins à y voir quelque chose d’insolite, rapportant alors comme ovni des phénomènes souvent banals auxquels elles n’auraient sans doute pas porté attention en temps ordinaire.

Éric Déguillaume


Au moins trois des douze crânes de cristal sont des faux
À la fin du XIXe siècle, douze étranges crânes de cristal apparaissaient sur le marché des antiquités. On leur attribuait alors une origine aztèque ou maya, qui fut cependant très controversée du fait de la précision de ces sculptures, nécessitant des outils et des technologies qui étaient inconnues à l’époque. Une légende (exploitée dans le dernier Indiana Jones) dote ces crânes de pouvoirs extraordinaires, notamment lorsqu’ils sont réunis.
Récemment, trois de ces douze crânes qui appartiennent à des musées ont fait l’objet de nouvelles analyses. Une étude à paraître dans le Journal of Archaeological Science révèle que les crânes de cristal conservés au British Museum à Londres et de la Smithsonian Institution à Washington ne sont pas pré-colombiens mais bien plus récents. À l’aide d’analyses diverses, les scientifiques ont conclu que ces crânes avaient été taillés et polis par des outils datant de l'ère industrielle. Un examen du crâne de Londres en microscopie électronique a montré que du diamant et du corindon avaient été appliqués avec des outils en fer et en acier pour lisser sa surface. Sur le crâne de la Smithsonian Institution, de légères traces de meules, outils qui n’existaient pas en Amérique latine avant l’arrivée des Européens, ont été observées et du carbure de silicone utilisé dans les abrasifs modernes a été décelé dans une petite cavité. Quant au crâne du Quai Branly, exposé au musée des Arts premiers, il présente également des traces d’abrasion et de polissage effectuées avec des outils modernes. Ces trois crânes auraient donc été confectionnés peu de temps avant d'être mis en vente, à la fin du XIXe siècle.

Pour en savoir plus : Margaret Sax, Jane M. Walsh, Ian C. Freestone, Andrew H. Rankin and Nigel D. Meeks (2008). The origins of two purportedly pre-Columbian Mexican crystal skulls, Journal of Archaeological Science, in press.

Géraldine Fabre



Le bazar du bizarre

Lors des vacances d’été, il parait que les lectures favorites des estivants sur la plage sont les magazines dits « people ». Pour ceux qui aiment lire les potins des stars au soleil, en voici une petite sélection.

Georges Clooney a un regard de tueur
George Clooney tiendra le rôle principal d’un film intitulé Men who stare at goats. L’acteur américain incarnera un personnage doté de pouvoirs surnaturels qui fera partie d’une équipe capable de « tuer une chèvre rien qu’en la fixant dans les yeux ». Ce bataillon très spécial sera également capable de défier les lois de la physique ou encore de passer à travers les murs. Pas vraiment de la science fiction car le scénario est inspiré du livre, paru en 2004, de Jon Ronson, journaliste qui enquêta sur les utilisations militaires de capacités paranormales.

Faites vos jeux
Vous gagnerez une console de jeu si vous arrivez à prédire la date de la mort de Britney Spears et un iPod si vous misez sur celle d’Amy Winehouse. Mais si comme de nombreux internautes, vous êtes choqués par ces paris, vous pouvez aussi signer la pétition pour la fermeture de ces sites. J’ai cherché mais il n’existe rien de semblable pour Michel Galabru…

Rencontre du troisième type
Depuis quelques mois, Robbie Williams est passionné par les extraterrestres, au point de mettre sa carrière artistique entre parenthèses pour se consacrer à l’ufologie à plein temps. À la recherche de preuves de l’existence d’extraterrestres, Robbie se documente, enquête, interviewe des témoins, observe le ciel et … attend. De mauvaises langues rapportent que, resté trop longtemps sous le feu des projecteurs, il serait maintenant complètement illuminé. Son documentaire radiophonique Journey to the other side, réalisé avec le journaliste Jon Ronson (encore lui ?!) a été diffusé sur la BBC en mai dernier.

Kristin confond psychothérapie et astrologie
L'actrice Kristin Scott Thomas a trouvé une surprenante solution pour se débarrasser de ses démons : l'astrologie. Elle raconte qu’un astrologue a changé sa vie, en une heure et pour 268 dollars. « C'était la meilleure chose qui me soit arrivée. Ça m'a fait tellement de bien. Vous payez quelqu'un qui vous accorde toute son attention, et vous en sortez en pensant d'une façon très positive : Génial ! Tout va marcher, et je vais avoir beaucoup d'argent. Mes enfants vont être très heureux et l'un de mes fils sera président ! » Attention à la rechute !

Mireille Darc réécrit son histoire
Après avoir été mise en contact avec sa mère décédée depuis 13 ans, par l’intermédiaire d’une médium, Mireille Darc aurait découvert que son vrai père était un marin mort depuis 1945. Elle raconte l’ « aveu » de sa mère depuis l’au-delà, dans son livre Mon père. Cette histoire lui aurait donné envie à présent d’étudier les NDE, Near Death Experience.


PsychOZ
La statue qui rend fou ou Le syndrome de Stendhal


 

La scène se passe à Florence, dans la Galerie de l’académie, devant une statue massive de Michel-Ange.
Plus de 4 mètres de haut pour 6 tonnes de marbre blanc, elle représente David après sa victoire sur Goliath et s’offre à la vue depuis 500 ans.
Un touriste la contemple depuis un certains temps, il est ébahi devant sa splendeur, sa perfection.
Soudain son cœur accélère, ses muscles se tétanisent, un vertige le saisit, il finit par s’évanouir et s’écroule à terre devant des touristes affolés.

Cet étrange mal, provoqué par la contemplation du monumental David frappe chaque année de nombreuses personnes en visite à Florence. Les symptômes sont nombreux et inquiétants : vertiges, suffocation, tachycardie, hallucinations, perte du sentiment d’identité et du sens de l’orientation, violentes douleurs à la poitrine, évanouissements, amnésie.
Quel est ce mal étrange ? Comment expliquer qu’une œuvre d’art puisse, par sa splendeur et sa magnificence, pétrifier des touristes au point de les frapper physiquement ?
Depuis les années 80, de nombreuses personnes frappées de confusion mentale en rapport avec des visites culturelles dans la ville sont conduites au service psychiatrique de l’hôpital Santa Maria Nuova de Florence. Graziella Magherini est psychiatre dans ce service et s’intéresse à ce mal étrange. C’est elle qui va durant une dizaine d’années recueillir, étudier les différents témoignages et mener des recherches sur l’étiologie mystérieuse de ce mal, contre lequel les Florentins semblent immunisés.

Le syndrome de Stendhal
Graziella Magherini présente les résultats de son travail en 1989, dans un ouvrage intitulé Sindrome di Stendhal (le syndrome de Stendhal). Elle y définit un syndrome psychosomatique déclenché par l’exposition à des œuvres d’art.
La référence à Stendhal s’explique par le parallèle avec sa propre expérience décrite dans Rome, Naples et Florence en 1854 à la page 207 : « J'étais arrivé à ce point d'émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les Beaux Arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j'avais un battement de cœur, [...] la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber. »

Pour Graziella Magherini , la statue de David et plus largement, les œuvres d'art de Florence sont dotées d'un pouvoir singulier sur les sens, par leur beauté extrême et le décalage avec le contexte esthétique de la renaissance et le monde contemporain. Leur contemplation provoquerait des crises d'anxiété, c’est à dire un sentiment d'appréhension, de tension, de malaise, voire de terreur face à un objet de nature indéterminée, ici la surcharge d’œuvres grandioses.
Graziella Magherini poursuit la description des troubles : ces troubles psychosomatiques utilisent toutes les représentations habituelles : lipothymies (pertes de connaissance brèves), tachycardie (accélération du rythme cardiaque), bouffées vasomotrices… Ce sont parfois des manifestations digestives, des crampes d’estomac accompagnées d’angoisse, voire des troubles neurologiques, des épisodes confusionnels, une impression de ne plus se sentir.
Le syndrome de Stendhal, ou Syndrome de Florence son autre dénomination, s’apparente plus largement au Syndrome de Jérusalem. Ce dernier ne se rapporte pas aux œuvres d'art, mais à l’intensité de la spiritualité ressentie lors d’un pèlerinage dans la ville sainte.

Si l’on avait déjà remarqué l'étendue des divers symptômes associés au syndrome de Stendhal (une bonne vingtaine !) on ne sera pas étonné de la teneur de l’explication de son origine : ses pathologies gravitent autour du concept de « schizo-affectivité », qui constitue le creuset essentiel, la clé d’accès à la compréhension du phénomène à travers les processus psycho-réactifs, explique Graziella Magherini. Membre de l’école Freudienne, elle est psychanalyste et sa grille de lecture du syndrome est donc largement influencée par les théories psycho-dynamiques.

Le tourisme de l’âme
Graziella Magherini explique que, comme Freud pour Rome ou chez Stendhal, les voyages sont d’abord une quête du Moi. Le but n’est pas seulement la contemplation d’œuvres d’art, mais, à cette occasion, de vivre un moment d’expansion, de découverte de soi… C’est pourquoi les objets d’art sont aussi des objets transitionnels au travers desquels se révèlent de nouveaux fragments de la personnalité.
L’intégration de ces nouvelles parties inconnues de soi implique une restructuration de tout le champ de la personnalité. De ce choc pourrait naître un malaise, un sentiment d’étrangeté, pouvant aller jusqu’à l’évanouissement. Confronté à l’apparition d’un objet mythique, relevant d’une existence conceptuelle, tout ce qui avait été gardé à l’intérieur, tout ce qui avait jusque là fait partie d’un patrimoine très personnel de pensées et d’obsessions, commencerait alors à prendre forme hors de l’esprit, à acquérir quelque réalité. Le passé, en pénétrant dans le présent, produirait un mélange d’attraction et d’inquiétude, une nostalgie, au sens d’une douleur du retour : le retour du refoulé.
D’après Graziella Magherini, les causes de ce trouble sont une personnalité impressionnable, le stress du voyage et de la rencontre avec une ville comme Florence, hantée par les fantômes des géants de la Renaissance.
Dans tous les cas, des histoires personnelles complexes et conflictuelles sont en cause, liées à la biographie de chacun, à l’histoire infantile, aux travestissements de la mémoire, aux fantasmes qui ressurgissent, aux angoisses et aux défenses qui se manifestent dans ces circonstances spécifiques, rompant les digues d’un Moi incapable de « tenir le choc » face au surcroît de travail qu’on attend de lui.

Tourisme vs Tout risques
Tout autant que Stendhal, Graziella Magherini fait preuve d’un romantisme exacerbé. Cependant, son discours n'a pas la même vocation que Stendhal. Elle construit en effet une description clinique, puis sa théorisation dans le champ de la psychiatrie. Loin de récits romantiques, c'est de psychopathologie qu'il est question. Des questions, nous pourrions justement en poser de nombreuses sur le contexte de ce fameux syndrome. Peut-être trouverions nous des explications plus fécondes au lyrisme de l’auteur.
Entre autres pistes :
Graziella Magherini a mené ses recherches sur à peine plus de 200 personnes entre 1980 et 2000, soit vingt années (106 « cas » au moment où elle publie son ouvrage en 1989). Une ressource importante de la ville de Florence est le tourisme, on compte en moyenne 10 millions de nuitées par an à Florence et 1 million d’entrées juste pour la Galerie de l’Académie où est exposée la statue de David. Le ratio nombre de cas/touristes est un peu léger pour définir un syndrome psychopathologique d’envergure, voire pour affirmer un lien réel entre les crises et son hypothèse.
Rappelons-nous que les symptômes sont nombreux et disparates. Or, un syndrome se définit comme l’ensemble des signes cliniques et des symptômes d’une maladie singulière. Un amas de différents symptômes ne peut constituer à rebours une maladie.
Graziella Magherini va jusqu'à avouer que la gravité et la nature des symptômes varient beaucoup (et toujours sur 106 « cas »).

Ensuite, Florence est également connue pour offrir un nombre impressionnant de musées (une cinquantaine) et des collections d’œuvres d’art considérables. Le principal mode de visite de cette ville est organisé autour des musées et de courses effrénées pour voir un maximum de choses en un minimum de temps, via en général des Tour-operators. Ces périples, véritables parcours du combattant, soumettent les organismes à un rythme effréné. La fatigue joue alors un rôle important dans l’état de santé des nombreux touristes, facteur sans doute plus déterminant qu’autre chose. Comment alors respecter ce moment de latence indispensable à l’intégration, à la restructuration du Moi ? répond Graziella Magherini à cet aspect.

Il aurait été intéressant d’avoir des données d’autres villes comportant des grands musées. Mais surtout, il aurait été pertinent de pouvoir comparer avec l’ensemble des cas d’hospitalisations de touristes à Florence. On peut alors s’attendre à ce que David déclenche plus de gastro-entérites ou d’éruptions d’herpès que de troubles mentaux. Pangloss* pointe son nez ?

Je me risque à dire que le Syndrome de Stendhal n’existerait pas sans le raisonnement à rebours de Graziella Magherini, validant son hypothèse pré-conçue, voire pré-conceptuelle. Ce syndrome est d'ailleurs si romantique qu'il a inspiré quelques films, dont le fameux La sindrome di Stendhal en 1996 de Dario Argento. Celui-ci se réfère directement aux descriptions de Graziella Magherini du syndrome pour servir une intrigue policière, malheureusement plate et usée. Cependant, la scène où Asia Argento est frappée du mal et embrasse un mérou après avoir contemplé la gorgone est assez cocasse et mérite le détour!


Nicolas Gaillard


Note :
*Allusion au raisonnement panglossien, effet bipède ou encore raisonnement à rebours décrit dans notre newsletter n°6.


Références :

 


BILLET
Premier mariage « zététique »


 

Comme annoncé dans le dernier édito, Florent et moi nous sommes mariés le vendredi 13 juin 2008. Pour cette union de deux zététiciens, un jour de malchance, nous avions imaginé notre propre cérémonie « zététique ». Après un débat de mauvaise foi sur le thème « Géraldine et Florent sont-ils faits l’un pour l’autre ? » et une tentative de prédiction de l’avenir de notre couple, nous avons échangé des consentements éclairés et des alliances magiques en buvant un philtre d’amour. Nos familles et amis ont également pu vérifier que Florent était prêt à me soutenir (au sens propre) dans toutes les situations (sauf quand je fais des conneries).

 

Et pour finir : « ils vécurent heureux et eurent plein de petits ectoplasmes… », comme on nous l’a gentiment souhaité.

Géraldine


CULTURE ET ZÉTÉTIQUE


 

En librairie

Les éditions Book-e-book lancent une nouvelle collection « Une chandelle dans les ténèbres ». Composée de courts fascicules (moins d’une centaine de pages), cette série a pour objectif de présenter les principes de la démarche zététique, de la méthodologie scientifique aux outils de la pensée critique. Les deux premiers livrets sont signés Henri Broch : L’art du doute ou comment s’affranchir du prêt-à-penser et Comment déjouer les pièges de l’information ou les règles d’or de la zététique.
Les zététiciens n’y apprendront pas grand’chose car Henri Broch ne fait que résumer le contenu développé dans ses précédents ouvrages, en particulier Au cœur de l’extraordinaire (Book-e-book, 2003) et Le paranormal : ses documents, ses hommes, ses méthodes (Seuil, 1989), mais ces livres, plus courts, sembleront peut-être plus accessibles à ceux qui découvrent la zététique. Cependant, on ne peut que regretter que le ton soit toujours aussi raide et un tantinet cynique, en particulier dans le premier livret.

L'art du doute ou comment s'affranchir du prêt-à-penser

Comment déjouer les pièges de l’information ou les règles d’or de la zététique


Henri Broch
Collection Une chandelle dans les ténèbres
Éditions Book-e-book
80 pages - 9,90 euros


Les fantômes ça n’existe pas !
« Quand nous sommes arrivés dans notre nouveau quartier, Maman m'a demandé de lui faire une promesse. J'ai dû jurer de ne jamais, au grand jamais, mettre les pieds dans la vieille maison au coin de la rue. « Elle est hantée », a-t-elle murmuré... »
C’est comme cela que commence cette petite histoire pour enfant (4-6 ans), écrite par Emmanuelle Eeckhout et très joliment illustrée. Évidemment, malgré l’interdiction de sa maman : « à la première occasion, j’ai pris mon filet et je suis parti à la chasse aux fantômes ! ». Farfouillant dans les moindres recoins, le petit héros aura malheureusement bien du mal à trouver les facétieux fantômes qui hantent la vieille maison, concluant alors qu’ils n’existent pas.


Les fantômes, ça n’existe pas !
Emmanuelle Eeckout
Pastel
8,55 euros - 20 pages

 

 

 


AGENDA


 


Ça sent l’été, les conférences se font rares… Mais pour occuper vos longues journées estivales en vous plongeant dans la fraîcheur des musées climatisés ou des ruelles de Grenoble, voici quelques idées de sortie culturelle.

Expositions

Du 11 juin au 7 septembre 2008, la Maison rouge à Paris associe, dans une exposition surprenante, les œuvres du peintre médiumnique Augustin Lesage aux sculptures modernes d’Elmar Trenkwalder, deux personnalités habitées par la croyance en la puissance quasi magique de l’œuvre d’art.
Si le nom d’Augustin Lesage vous dit quelque chose, c’est peut-être parce qu’il apparaît dans notre dossier sur l’impression de déjà-vu. En 1912, à l’âge de 35 ans, ce mineur abandonna son travail à Ferfay dans le Pas-de-Calais pour se convertir subitement à la peinture. Autodidacte, il se disait guidé par la voix d’un artiste antique, Marius de Tyane. Premier peintre médiumnique, il acquit la certitude d’être la réincarnation du peintre égyptien Méra lors d’un voyage en Égypte en 1939 où il ressentit d’intenses impressions de déjà-vu et trouva sur les murs de la tombe du peintre une fresque ressemblant étrangement à l’un de ses tableaux. À l’époque, son cas avait été étudié par l’Institut Métapsychique International.

Augustin Lesage et Elmar Trenkwalder, les inspirés
Du 11 juin au 7 septembre 2008
Maison rouge
10 bd de la bastille – 75012 Paris
Ouvert du mercredi au dimanche de 11h à 19h
Tarif : 6,50 euros (réduit : 4,50 euros)
Informations : www.lamaisonrouge.org


Art contemporain et spiritualité forment le cocktail détonnant de l'exposition Traces du Sacré, présentée jusqu'au 11 août 2008 au Musée National d'Art Moderne du Centre Georges Pompidou de Paris. Ses quelques 350 œuvres (peintures, sculptures, installations, vidéos) de 200 artistes de renommée internationale invitent à s’interroger sur les liens entre la création artistique et le questionnement métaphysique au 20e siècle.
« Dès le 18e siècle, en Occident, la relation entre l'art et le religieux s'est profondément modifiée. La Réforme, l'essor du capitalisme, les idéaux des Lumières, le culte de la raison, le développement des villes débouchent sur ce que Max Weber a appelé « le désenchantement du monde ». Parallèlement, le sentiment du retrait du divin exprimé par les artistes romantiques, puis l'annonce de la mort de Dieu par Nietzsche à la fin du 19e siècle ainsi que le début de la psychanalyse, les avancées de la physique et le marxisme, conduisirent à reconsidérer la place de l'Homme dans la création et par conséquent sa relation au religieux. C'est dans ce paysage de croyances bouleversées que naît l'art moderne. Si, au cours de ce long processus, la sécularisation de la société délivra les artistes de leur sujétion aux églises, cette crise religieuse ne signifia pas la disparition du questionnement métaphysique. La thèse de cette exposition est qu'une partie de l'art moderne et contemporain s'est inventée à partir de ces préoccupations. »
L'affiche de l'exposition reprend la photographie Kirlian d’une main (effet qui n'a plus rien de mystique).

Traces du sacré
Centre Pompidou - Beaubourg
19 rue Beaubourg 75004 Paris
Tarif : de 9 à 12 euros
Tous les jours sauf mardi de 11h à 21h
Informations : www.centrepompidou.fr


À l’occasion de la sortie du dernier épisode des aventures d’Indiana Jones, Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal, le musée des arts premiers du quai Branly dévoile au public le crâne de cristal présent dans ses collections. Offert au Musée d’ethnographie du Trocadéro par l’explorateur Alphonse Pinart, il a longtemps été considéré comme un chef-d’œuvre aztèque représentant Mictlantecuhtli ou Mictlancíhuatl qui règne sur Mictlan, le monde des morts. Mais, d’après les archéologues, les analyses permettre de conclure avec un degré de certitude raisonnable, qu’il s’agit en fait d’une création du XIXe siècle ou de l’époque coloniale : les rainures et les perforations trahissent l’emploi de fraises de joaillerie et autres outils modernes.

Présentation exceptionnelle du crâne de cristal de Paris
du 20 mai au 14 septembre 2008
Musée du quai Branly
37, quai Branly 75007 Paris
Tarif : 8,50 euros (réduit : 6 euros)
Informations : www.quaibranly.fr


Visite-théâtre

Durant tout l’été, l’office du tourisme de Grenoble propose des balades théâtrales permettant de découvrir ou redécouvrir cette ville en se plongeant dans une intrigue haletante, dont les rues et bâtiments de Grenoble deviennent les décors. Cette année, la balade, Le Fantôme du Parlement, redonne vie au Duc de Lesdiguières et au moine Nobilibus entre l’esplanade du Musée de Grenoble et le Palais du Parlement en passant par la Collégiale Saint André et l’Hôtel Lesdiguières.
« Le 14 août 1606, un homme, accusé à tord de sorcellerie, est pendu et brûlé place Grenette. Plus de 400 ans plus tard son fantôme hanterait-il les couloirs du Palais du Parlement empêchant Mme Mercuri, une historienne de renom, de boucler ses recherches concernant la vie tumultueuse du Duc de Lesdiguières ? »

Le Fantôme du Parlement
Balade animée dans les rues de Grenoble
Tous les jeudis à 21h du 3 juillet au 28 août 2008
Plein tarif : 14 euros - Tarif réduit : 9 euros
Inscription obligatoire : 04 76 42 41 41



Documentaires

Le muséum d’histoire naturelle de Grenoble diffuse une série de documentaires sur les capacités extraordinaires des animaux réalisés pour la BBC en 2003.
- Lundi 14 juillet à 14h30 : Perception extra-sensorielle : Certains animaux possèdent des capacités de perception allant au-delà de la compréhension humaine.
- Mardi 15 juillet à 14h30 : Forces cachées : Beaucoup d'animaux sont sensibles aux "puissances invisibles" qui entourent la planète. Les oiseaux migrateurs suivent des lignes que nous ne voyons pas.
- Mercredi 16 juillet à 14h30 : Paranormal : Dans le monde des animaux, les "miracles" se produisent et le bizarre est banal. Un documentaire aux frontières du savoir scientifique.

Projections de documentaires
Muséum d’histoire naturelle
Salle de conférence
1 rue Dolomieu 38000 Grenoble
Entrée gratuite


DIVERTISSEMENT



Insolite : La photo du mois

En week-end chez mes parents, flânant dans les petites rues de ma ville natale, j’ai eu la désagréable surprise de trouver dans la vitrine d’une pharmacie (oui !) des générateurs d’« orgone » que l’on appelle aussi « orgonites ». Je pensais naïvement que ces « appareils » avaient disparu, un peu comme les pyramides censées aiguiser les lames de rasoir, mais il semble que ce ne soit pas le cas.
C’est quoi un générateur d'orgone ? C’est un cône contenant des copeaux de métal et des morceaux de cristaux coulés dans une résine polymère transparente. Ça sert à quoi ? « à transmuter l’orgone négative en orgone positive ». D'après la notice, c’est également censé dépolluer l’air, harmoniser l’ambiance de la maison, faire disparaître les chemtrails (traces blanches laissées dans le ciel par les avions) et bien sûr neutraliser les effets négatifs des ordinateurs, télévisions, appareils ménagers, lignes à haute tension, antennes wifi, téléphones mobiles et portables, etc.
Le problème, c’est que rien de tout cela n’a été démontré, surtout pas l’existence de l’« orgone », forme d’énergie imaginée par Wilhelm Reich. Mais bon, ça m’a pas l’air de gêner ce pharmacien qui vend ces « orgonites » pour la modique somme de 65 euros. GF.

Les fantômes, une espèce en voie de disparition
Que font les chasseurs de fantômes de leurs prises ? Ils les vendent ! Oui, en bouteille ! Pour 20 $ ! Accompagné d’un certificat d’authenticité précisant leur origine, maisons hantées ou cimetières ! Enfin, c’est ce que prétend le site www.aghostinabottle.com en nous mettant en garde. Si par curiosité, vous vouliez vérifier le contenu de la bouteille en l’ouvrant, attendez vous au pire ou plus précisément à entendre une voix d’outre-tombe, des gémissements toute la journée ou toute la nuit, ou bien voir les portes s’ouvrir ou se fermer doucement, sentir une présence autour de vous qui vous regarde, entendre des bruits dans des pièces vides, retrouver des objets déplacés, voir des ampoules électriques s’allumer toutes seules, entendre le téléphone sonner… ou même tout cela à la fois. Surtout vers 3h du matin et les jours de pluie. On vous aura prévenus.
Mais s’il vous plaît, les fantômes sont en voie de disparition, alors ne participez pas à ce commerce ignoble qui ne ferait qu’amplifier le phénomène.



ANNONCES



SOS surnaturel

L'Observatoire zététique dispose d’une ligne directe, SOS surnaturel. Si vous êtes témoin d'un phénomène paranormal, si vous avez une faculté extraordinaire, si vous avez entendu parler d'histoires étranges et que vous voulez en savoir plus, appelez-nous au : 08.731.731.96.
Les paranormal investigators de l'OZ mèneront l'enquête avec vous.
Vous pouvez également prendre contact avec l'Observatoire zététique par mail. Pour toute question ou remarque écrivez nous à contact@zetetique.fr

 


 

Cette newsletter a été préparée par Stanislas Antczak, Éric Déguillaume, Géraldine Fabre, Nicolas Gaillard et Florent Martin.