Inscription à notre newsletter




POZ n°39 Imprimer Envoyer
Samedi, 13 Septembre 2008 14:13

 


SOMMAIRE


 


Cliquez pour voir le pdf.

 


ÉDITO


 

Pour cette dernière livraison estivale du bulletin mensuel et triskaidekaphile, c'est-à-dire aimant le nombre treize, je ne résiste pas à l'idée, ami lecteur, de partager avec toi des paroles empreintes de sagesse numérologique entendues au journal télévisé du soir de France 2 le 22 août dernier, dans la bouche de Laëtitia Le Corguillé, fraîchement médaillée d'argent en BMX (que je sais pas toi mais moi j'aurais plus vu ce nom pour un insecticide que pour une discipline sportive) et qui commentait son bonheur en ces termes : « J'ai 22 ans, je porte le numéro 22, on est le 22 aujourd'hui et mon département c'est le 22. »

Nul doute que ladite championne de vélo (parce qu'en fait le BMX ça a l'air d'être une bicyclette costaude avec laquelle on fait des courses dans la boue et les bosses) aurait apprécié de voir, par surcroît, débarquer les flics (pour un contrôle d'urine par exemple) pour parachever son tableau de chasse de 22. Elle aurait également pu remarquer que si on amorce la réduction théosophique de la date du 22/08/2008, c'est-à-dire si on ajoute tous les chiffres de cette date entre eux, on obtient 2+2+0+8+2+0+0+8=22. Et que cette médaille arrive 24 jours après son anniversaire, c'est-à-dire à peu près 22 jours plus 22 dixièmes de jours. Et que la plupart des juges avaient au moins 22 cheveux sur la tête. Et que Brassens a chanté le 22 septembre (début de l'automne). Et que pour aller de Saint-Brieuc (sa ville natale) à Aix-en-Provence (l'endroit où elle s'entraîne) il faut 22 heures de route ou de train si l'on passe par Bayonne (où elle est peut-être allée en vacances un jour).

Shanaze Reade, concurrente malheureuse de notre diskaicosaphile (que les lecteurs hellénistes me pardonnent ou me corrigent), qui a fait une chute l'empêchant in extremis de figurer sur le podium, était née un 23. Le 23/09/1988, donc elle avait vingt ans. Il s'en faut de peu, mais c'est pas 22. Les nombres n'étaient pas avec elle, voilà tout, contrairement à Laëtitia Le Corguillé. Il ne reste qu'à espérer pour cette dernière que de nombreuses compétitions auront lieu le 22 du mois pendant cette année de ses 22 ans.

D'ailleurs le 22 doit être bénéfique pour moi aussi, ami lecteur, quelle chance j'ai, je vais me mettre au BMX. Déjà que je suis né le 11/11, en plus mon chiffre porte-bonheur est 4. Et 4, c'est deux 2, donc 22, or 11+11=22. J'ai la certitude que le 4 me porte bonheur, suite à une expérience scientifique de haute qualité que je m'en vais te narrer.

Il y a quelques années, par un après-midi calme sous le ciel nivernais, le téléphone sonne. Une voix féminine annonce qu'elle représente une société dont je tairai le nom, non pour lui garantir un anonymat me préservant des poursuites judiciaires, mais parce que je l'ai oublié depuis longtemps. Enfin c'était un quelconque marchand de meubles de la zone commerciale en banlieue, qui s'intéressait à mon cas, supposant, j'imagine, que mon intérieur était indigne de moi. À roussit-pourpoint, c'est-à-dire presque illico, cette voix me demande mon chiffre porte-bonheur entre 1 et 9. Pris au dépourvu, n'ayant pas le temps de consulter aux fins d'expertise l'abondante littérature ésotérique qui encombrait, déjà à l'époque, ma bibliothèque, je réponds au pif « ben, euh, quatre ». Miracle : « Bravo, vous avez gagné de superbes cadeaux, pour vous monsieur un ensemble de couteaux de boucherie de qualité supérieure, et pour madame une superbe cafetière électrique duo ». À aller chercher audit magasin dans ladite banlieue, bien entendu. Avec madame, très important.

Si ça c'est pas une preuve !

Bon, je te sens captivé par cette ébouriffante anecdote, ami lecteur, mais il va falloir t'en extraire parce qu'en août, il s'en est passé des choses. Et c'est du lourd, pas de pauvres épreuves sportives dans une lointaine dictature. Du saignant, avec des vrais morceaux de Dame blanche dedans. Bonne lecture.

Stanislas Antczak
éditorialiste de courses

 


LES NOUVELLES DE L’OZ


 

La rentrée zététique de l’OZ

La réunion de rentrée de l’Observatoire zététique, initialement prévue le 22 septembre, a été avancée au 1er septembre et nous étions pratiquement au complet, aux Bas Côtés, pour cette reprise après la pause estivale.

Cette impatience soudaine et cet afflux massif s’expliquent par l’activité « paranormale » qui anima notre association en cette fin d’été. En effet, mi-août, une équipe de six zététiciens de l’OZ est partie enquêter dans le Lot sur un cas d’apparition de Dame blanche (voir notre article plus loin). Pendant les quelques jours qu’a duré leur déplacement, ils ont tenu les membres de l’association au courant de leurs aventures par mail. L’envoi de comptes-rendus très détaillés permettait un suivi de leurs faits et gestes au jour le jour. Et puis, le 17 août, leur dernier message a coupé le souffle à tout le monde : « Mystère 100% résolu. Un truc de malade. On ne peut pas raconter rapidement. Trop incroyable. Prochaine réunion de l'OZ dédiée à ça. » À leur retour, peu d’informations ont filtré (mise à part la photo publiée en couverture de cette newsletter) si bien que la frustration commençait à se faire sentir. Face à l’impatience générale, la réunion de septembre a due être avancée et c’est donc pour connaître tous les détails et surtout le dénouement de l’histoire que nous étions tous là. Personne n’a été déçu.

 

Psychanalyse et faux souvenirs

Aujourd'hui, nombre de psychothérapies, s'appuyant sur un pseudo-freudisme simpliste, prétendent faire ressurgir à la mémoire des patients des « souvenirs refoulés » de traumatismes enfantins, généralement de l'ordre de l'agression sexuelle. Ils ne sont pourtant, que trop souvent, de faux souvenirs sans réalité qui peuvent faire beaucoup de dégâts dans les familles où les enfants accusent leurs proches de viol ou d'inceste.

En replaçant l'émergence du « syndrome des faux souvenirs » dans son contexte historique et psychanalytique (théorie freudienne de la séduction et complexe d'Oedipe notamment), Brigitte Axelrad éclaire l'expansion de ce phénomène dans « L'Origine du syndrome des faux souvenirs », nouvel article publié sur le site de l'Observatoire zététique. Cet article est une version considérablement remaniée d'un premier jet paru sur le Journal de l'OZ et annoncé dans notre newsletter de Juin 2008.

 

 


À LA UNE :
Enquête sur la Dame blanche de Mauroux


 

L’histoire que vous allez lire n’est pas une fiction mais le récit des événements vécus par les six membres de l’Observatoire zététique qui sont partis enquêter sur un cas de Dame blanche dans un petit village du Lot, entre le 14 et le 17 août 2008. Le mystère a été entièrement élucidé mais la complexité de l’histoire, riche de nombreux rebondissements, a contraint les enquêteurs à différer leurs révélations même auprès des autres membres de l’association. Le récit présenté ici est une version simplifiée qui fait partiellement abstraction de la dimension psychologique de l’affaire. Pour préserver leur anonymat, tous les noms des témoins ont été modifiés.

Cette enquête fera l’objet d’une publication détaillée sur le site de l’Observatoire zététique dans quelques semaines. En attendant, voici notre histoire…

Lundi 11 août 2008, le téléphone sonne et nous interrompt, Florent et moi dans les travaux de rénovation de notre appart. Au bout du fil, Nicolas V. Je n’entends que la moitié de la conversation mais Flo arbore un grand sourire. « Si on est partant ? Tu veux rire ?!! Bien sûr !! ». « Une histoire de Dame blanche » me dit-il évasivement après avoir raccroché. Le soir même, je découvre le détail de l’affaire dans un mail posté aux membres de l’OZ, par Nicolas, sous le titre « Branle-bas de combat : Dame blanche à Mauroux ». Quelques heures plus tôt, Nicolas avait été contacté par une jeune femme prénommée Stéphanie au sujet d’apparitions répétées d’une Dame blanche dans un petit village du Lot. Il lançait un appel sur notre liste interne pour réunir une équipe d’enquêteurs prêts à faire le déplacement.

 

Premières apparitions

D’après l’histoire racontée par Stéphanie, les apparitions de la Dame blanche de Mauroux auraient commencé dans la nuit 2 au 3 août dernier. Alors qu’ils discutaient assis sur un trottoir, plusieurs enfants du village ont soudain remarqué, adossée à un arbre près de l’école, à quelques mètres à peine d’eux, une silhouette blanchâtre. Ils ont interpellé cette « personne » mais dès qu’elle a tourné la tête, ils ont pris peur et se sont enfuis. L’un d’eux ayant filmé toute la scène avec son téléphone portable, ils mirent aussitôt la vidéo en ligne sur youtube.

Dans les nuits qui suivirent, les enfants, parmi lesquels Kévin, le jeune frère de Stéphanie, revirent cette Dame blanche près de l’église, et terrorisés, décidèrent d’en parler à leurs parents. Intriguée, Martine, la mère de Stéphanie et de Kévin, s’est alors rendue avec les enfants près de l’église dans la nuit du 9 au 10 août. Après quelques minutes d’attente, la Dame blanche serait sortie de l’ombre du côté gauche de l’église. Après avoir raccompagné les enfants terrorisés par cette nouvelle apparition, Martine et Stéphanie seraient retournées près de l’église.

« Elle » était toujours là, debout, immobile, tenant dans ses mains un bouquet de fleurs. Les deux femmes, placées à une trentaine de mètres, étaient très impressionnées. « Elle avait comme un drap blanc sur elle... on ne voyait pas son visage. À un moment, elle a relevé sa robe et on a vu les os de ses jambes... On avait l'impression qu'on pouvait la toucher mais quand elle levait son bouquet, ça semblait impossible. Elle est assez grande entre 1,70 et 1,80m. » raconte Stéphanie en frissonnant. Au bout d’un quart d’heure, la Dame blanche jusque là immobile aurait avancé vers elles. D’après Stéphanie, « elle » a fait un pas puis deux dans leur direction et soudain, toutes les lumières du village se sont éteintes. Effrayées, les deux femmes ont aussitôt fait demi-tour et sont rentrées chez elles, sans se retourner.

 

Martine Dead

Le lendemain soir, Stéphanie et Martine qui n’avaient pas beaucoup dormi décidèrent de retourner près de l’église. La Dame blanche était encore là. Elles imaginèrent alors un protocole de communication pour pouvoir lui parler : elles lui posèrent des questions et lui demandèrent de lever son bouquet en cas de réponse affirmative. De cette manière, elles apprirent que la Dame blanche se nommait « Martine Dead », qu’elle serait dans le village de Mauroux depuis 50 ou 60 ans, qu’elle serait enterrée au cimetière de Fumel, qu’elle se serait suicidée suite à la mort de son mari et alors qu’elle était enceinte. Pour l’aider, il faudrait retrouver sa famille. Stéphanie et Martine lui posèrent d’autres questions : « Es-tu la Dame blanche ? » « Oui » « Es-tu un fantôme ? » « Non » « Dieu existe-t-il ? » « Non. » …

Dans les nuits qui suivirent, d’autres personnes furent les témoins des apparitions de « Martine Dead », parmi lesquelles les parents des autres enfants et le voisin de Martine.

 

En route pour Mauroux

La Dame blanche de Mauroux apparaîtrait donc régulièrement, et à différentes personnes. Ce cas de figure était suffisamment exceptionnel pour que l’OZ envisageât de se rendre sur place dans le but observer le phénomène. Nicolas constitua donc autour de lui une équipe qui devait partir pour Mauroux : Christelle, Florent M., Anaïs, Nicolas G. et moi. Le départ était fixé au jeudi 14 août, 10h du matin.

Dans la voiture, il fut évidemment question de la Dame blanche. Nous profitâmes des longues heures du voyage pour étudier le dossier en détail afin de nous familiariser avec les personnages et les lieux. Nous envisagions toutes les hypothèses possibles pour expliquer ce mystère. Qui se cache derrière la Dame blanche ? Le directeur de l’office du tourisme qui a trouvé un bon moyen de faire parler de la région ? Une patiente échappée d’un asile proche ? Anaïs qui est en vacances dans le coin et doit nous rejoindre à Mauroux ? En analysant le plan de la place de l’église, Florent et Nicolas V. imaginaient déjà comment ils allaient pouvoir encercler la Dame blanche et lui sauter dessus. « Et si on passe au travers ? » « Comment on expliquera cela aux membres de l’association ? » Bonnes questions. Quelle preuve ramener si nous sommes face à un véritable fantôme ?

 

 

Rencontre avec les témoins

Arrivés à Mauroux, après 8 heures de route, nous faisons la connaissance de Martine et Stéphanie dans l’unique café-restaurant du village. Stéphanie a l’air très angoissée. Elle nous avoue avoir retardé ses vacances pour notre enquête et dormir chez sa mère à chaque fois qu’elle voit la Dame blanche, ayant peur de prendre le volant pour rentrer chez elle, dans le village voisin. Le fait que la Dame blanche porte le même prénom que sa mère (associé au nom Dead, c'est-à-dire "mort") la préoccupe. Martine semble moins inquiète car elle ne « la » sent pas mauvaise, nous dit-elle. La rencontre est sympathique ; nous regardons une nouvelle fois les vidéos (de très mauvaise qualité). Nous sommes tous impatients que la nuit tombe même si ce soir, à Mauroux, c’est la fête de la Bière. « Des conditions pas forcément favorables » laisse entendre Martine.

Avant d’aller dîner, nous faisons un tour sur le lieu des apparitions. Le village est petit. La place de l’église est à l’écart de la partie animée. Une rue longe le côté droit du bâtiment. Dans le renfoncement gauche, nous remarquons une sorte de cabane. Un petit banc, une chaise à l'assise de paille défoncée, des crochets visiblement récents sur les branches de l'arbre qui recouvre l'abri. Bizarre… Nous demandons à Stéphanie et Martine des détails sur les lieux exacts des différentes apparitions et nous prenons quelques photos. Nous nous donnons ensuite tous rendez-vous au monument aux morts, à une centaine de mètres de l'église, autour de 22h15.

 

 

Première nuit et premiers frissons

Pendant notre dîner frites-merguez sur la place du village, nous échangeons nos impressions et discutons de la conduite à tenir. Le canular reste l’explication privilégiée. « Si elle se montre ce soir, en un quart d’heure, on sera fixé. » espère Florent, toujours optimiste. Afin de maximiser nos chances de voir la Dame blanche, nous décidons de ne pas tous approcher de l’église, nous laisserons Stéphanie et Martine choisir la ou les personnes qui les accompagneront. Pendant ce temps, les autres membres de l’équipe resteront à distance, prêts à agir. À l’aide d’un téléphone portable, celui ou celle qui accompagnera Stéphanie et Martine préviendra les autres en cas d’apparition. Finalement, avant l’heure du rendez-vous, nous garons la voiture face à l’église et Florent s’y poste avec une caméra braquée sur la façade. Décidé à ne plus cligner des yeux, c’est lui qui lancera le signal avec un talkie-walkie.

Stéphanie et Martine choisissent Anaïs pour les accompagner. Christelle, les deux Nicolas et moi restons donc assis au monument aux morts, les regardant s’éloigner. Une cinquantaine de mètres nous sépare du coin de la rue qui débouche face à l’église. Lorsqu’elles disparaissent, nous restons silencieux, suspendus au talkie-walkie. Au bout de quelques minutes, nos cœurs s’emballent : Flo les entend parler à la Dame blanche. Nico V. et Nico G. se précipitent alors et font le tour du village pour se positionner derrière l’église tandis que Christelle et moi avançons pour bloquer l’avant. Mais les deux Nicolas reviennent rapidement pour nous annoncer qu’il s’agissait d’une fausse alerte. Stéphanie et Martine appelaient simplement la dame blanche à voix haute pour lui demander d'apparaître. Elles nous rejoignent à leur tour au monument aux Morts, dépitées, mais avec la certitude qu’« elle » était bien là. Martine, fatiguée, nous quitte pour aller se coucher. Nous restons avec Stéphanie qui souhaite faire une nouvelle tentative un peu plus tard.

Le village est animé en ce soir de fête ; il nous faut supporter la musique du bal, les passages de voitures et des promeneurs. Il est minuit bien passé lorsque Stéphanie et Anaïs retournent près de l’église. Cette fois, au moment précis où elles tournent le coin de la rue, les lumières du village s’éteignent. Témoins du phénomène, plongés quelques secondes dans la semi obscurité de la nuit, nous échangeons des regards intrigués, presque heureux d’observer enfin quelque chose. Stéphanie et Anaïs ont, elles, immédiatement fait demi-tour. « Vous avez vu ? Vous avez vu ?

» nous demande Stéphanie. Oui, nous avons vu les lampadaires de la vieille ville s’éteindre une dizaine de secondes mais nous avons aussi noté que ceux du quartier de la mairie, de la salle des fêtes et de la place principale étaient resté allumés.

Dernière tentative de contact. Cette fois, Florent, Nico G. Anaïs et moi accompagnons Stéphanie tandis que Christelle et Nicolas partent à la recherche du capteur de luminosité qui contrôle l’éclairage public. J’ai le cœur qui bat la chamade lorsque je marche en direction de l’église. Je sais qu’il y a très peu de chance que nous voyions la Dame blanche ce soir, mais j’espère quand même qu’elle est là lorsque nous tournons à l’angle de la place. Malheureusement, je ne vois rien. Stéphanie appelle « Martine », la rassure sur nos intentions, lui dit de ne pas avoir peur… mais rien n’y fait. Nous ne verrons rien ce soir.

Vers 2h, nous décidons de quitter Mauroux pour rejoindre notre hôtel, espérant que la nuit suivante sera plus propice aux apparitions. En repartant, Nicolas nous montre une armoire électrique, installée au bord de la route à l’entrée du village, qui pourrait abriter la cellule photosensible. Il s’arrête quelques secondes et l’éclaire de ses phares. Le village s’éteint.

 

 

Deuxième jour : interviews des témoins

15 août, dans la matinée, nous visitons le cimetière de Fumel à la recherche de la tombe de Martine Dead. Il nous sera impossible de la trouver dans ce dédale de caveaux familiaux dont la plupart ne précisent même pas les prénoms des défunts. En début d’après-midi, nous regagnons Mauroux et à l’entrée du village, nous repérons la position exacte du capteur de luminosité. Il nous semble alors plus que vraisemblable que l’extinction de l’éclairage ne soit qu’un événement fortuit causé par le passage d’une ou plusieurs voitures le soir de la fête de la bière. En effet, d'après les témoignages, des enfants notamment, ces extinctions se produisent fréquemment.

L’après-midi sera consacrée à l’interview des témoins, trois des six enfants concernés et leurs parents. Depuis notre arrivée, les enfants, excepté Kévin, semblent se désintéresser de l’histoire. Ils ne peuvent expliquer pourquoi ils ont eu si peur, ni donner plus de détails que ce qui est visible sur leur film. Nous avons pourtant constaté que l’arbre sur lequel la dame blanche était adossée est dans une zone relativement bien éclairée en pleine nuit. Bizarre… est-il possible pour eux que ce soit un canular ? « Non, ce serait trop bien fait ! Les gars seraient trop forts ! »

 

Deuxième nuit : le doute s'installe

Au dîner, nous évaluons à nouveau nos hypothèses. La vidéo nous semble être très probablement un faux monté par les enfants. Pour qu'ils nous l'avouent, il faudra les amadouer ou tenter le bluff… Quant aux apparitions près de l’église, pourrait-il s’agir de pareidolies ? d’autosuggestion ? d’hallucinations ? Comment faire pour le savoir tant que nous n’avons rien observé ?

Alors que la nuit tombe, Stéphanie nous prévient par téléphone que sa mère est trop fatiguée pour sortir ce soir, elle-même ne nous rejoindra que vers minuit. Nous sommes un peu déçus car la présence de Martine lors de chacune des apparitions ne nous a pas échappé…

Dès que Stéphanie nous rejoint au monument aux morts, nous proposons de faire un essai d’observation. Le village est calme, la lune presque pleine. Anaïs et moi accompagnons Stéphanie. Je tiens la caméra, Anaïs serre dans sa poche le téléphone portable avec lequel elle est censée appeler Florent si nous voyions quelque chose. Nous marchons derrière Stéphanie, en silence. Impatiente et un peu inquiète, je fixe le coin du mur qui me cache encore l’église. Lorsque nous tournons à l’angle, l’église apparaît dans la nuit orangée des lampadaires. Le recoin gauche me semble désert, rien ne bouge dans les bosquets d’arbres à droite. La dame blanche n’est pas là… Stéphanie l’appelle alors à voix haute : « Martine, c’est Stéphanie. Montre toi, s’il te plait. Je suis avec des scientifiques qui sont là pour t’aider. » Pas de réaction. Stéphanie se tourne alors vers nous : « je crois qu’elle a peur de vous. Vous devriez peut-être vous présenter. » Je regarde Anaïs une seconde, embarrassée, et puis j’arrête de réfléchir. « Bonjour Martine. Je m’appelle Géraldine, je suis venue de Grenoble pour te voir. Je ne te veux pas de mal. Je suis là pour t’aider. » Anaïs se lance à son tour, mais n’a pas plus de succès que moi. Lorsque nous rejoignons les autres, Stéphanie nous demande de confirmer ses propres sensations : « Vous ne sentiez pas sa présence ? Je suis sûre qu’elle est là. Il m’a semblé voir quelque chose dans les arbres. »

Vers une heure du matin, alors que nous sommes tous regroupés devant le monument aux morts, un homme arrive en voiture, se gare sur la place du marché et s’approche de nous. Il s’agit du voisin de Martine qui lui aussi fut témoin d’une apparition. À la demande de Stéphanie, il nous raconte cette expérience. Il insiste particulièrement sur le fait que la Dame blanche n’émet pas de lumière à proprement parler mais qu’elle est, selon ses termes, « luminescente ».

Vers 1h30, Stéphanie me propose de retourner devant l’église, seule avec elle. J’accepte mais sur le chemin, un dilemme me saisit : s’il s’agit d’hallucination ou d’autosuggestion de sa part, dois-je dire à Stéphanie que je vois quelque chose si elle me demande de confirmer sa vision ? À nouveau, nous appelons « Martine » toutes les deux. À force de fixer intensément le recoin sombre où elle est censée apparaître, je commence à y percevoir des ombres, mais rien de net. Entre deux appels, nous restons muettes et attentives au moindre bruit. Soudain, alors que jusque là, les pigeons qui peuplent le clocher de l’église roucoulaient amoureusement et que le vent faisait bruisser les feuillages des arbres, tout est devenu parfaitement silencieux, quelques secondes. Stéphanie me regarde : « tu as senti ? » Oui, j’ai eu l’impression fugace d’avoir perdu l’ouïe… Cela m’est déjà arrivé mais dans ce contexte, cette sensation est pour Stéphanie une « preuve » de plus qu’elle me demande ensuite de raconter aux autres lorsque nous les rejoignons au monument aux morts. Nous n’aurons rien de plus cette nuit-là.

 

Dernier jour : enfin l'indice déterminant

16 août. En discutant à midi, nous tombons d’accord sur le fait que nos entretiens de la veille n’ont rien apporté : en groupe, trop longs et sans structure, ils sont inexploitables. Nico G. et Christelle établissent alors un canevas de questions pour les trois enfants qu’il nous reste à interviewer, les trois plus âgés (entre 15 et 17 ans). En fin d’après-midi, Florent, Christelle et Nico G. enregistrent ces dernières interviews. Les enfants, interrogés séparément, restent parfaitement cohérents. Cependant, le plus jeune d’entre eux en fin d’entretien nous donne (sans le savoir ?) enfin l’indice qui va nous mener à l’explication du mystère : il dit que la dame qui vit au-dessus de l’épicerie les a vus le soir où ils ont filmé la Dame blanche. Nico G. et Florent se rendent alors chez cette dame qui accepte de les recevoir. Elle leur explique qu’elle a bien vu cinq jeunes cette nuit-là, devant chez elle. Selon elle, ils seraient restés moins d’une heure et seraient repartis tous ensemble tranquillement. Ils jouaient avec une lumière bleue. L’un d’eux était habillé tout en blanc et portait une capuche. Il était assis contre l’arbre. Quand Flo et Nico donnent les premiers prénoms des garçons de la bande, elle termine la liste. Seul le plus grand, Julien, n’est pas cité… Ils en déduisent qu’il est probablement « la personne en blanc ». Mais est-ce notre Dame blanche ?

Le mystère de la vidéo était donc résolu : il s’agissait bien d’un canular monté par les jeunes du village. Restait encore à découvrir ce que Stéphanie et Martine voyaient près de l’église.

 

Dernière nuit jour : toute la vérité sur la Dame blanche

Ce soir là, nous expliquons à Martine qu’elle est le facteur commun des apparitions et que nous aimerions donc qu’elle se rende près de l’église sans sa fille. Anaïs et moi l’accompagnons. Pendant ce temps, Nico V. et Christelle ayant appris que l’un des enfants, Ludovic, est seul chez lui, s’éclipsent discrètement dans le but d’aller l’interroger, espérant obtenir des aveux spontanés.

Lorsque nous tournons au coin de l’église, la dame blanche n’est pas là. Martine s’assoit alors sur le trottoir et commence à l’appeler doucement. « Martine, viens, n’aie pas peur. Approche. Décale toi un peu dans la lumière que je te vois ». « Je la sens, elle est là, j’aimerais tellement que vous la voyiez », nous murmurre-t-elle. « Martine, avance un peu que je te vois. Je ne te vois pas bien là. » « Je crois qu’elle est derrière les arbres. Vous la voyiez ? » Anaïs et moi n’osons pas répondre. Je scrute le moindre recoin en me demandant ce que Martine prend pour un fantôme.

Pendant ce temps, Nicolas et Christelle interrogent Ludovic et découvrent la vérité, bien au-delà de leurs attentes. Averti, Nico G. vient aussitôt nous interrompre : « Venez Martine, vous ne verrez pas la Dame blanche ce soir, on va vous expliquer pourquoi. »

Tous rassemblés au monument aux morts, Nico V. nous explique que toute cette histoire n’est qu’un canular monté par les enfants. Destiné initialement à effrayer l’un d’entre eux, l’histoire leur a échappé lorsque Kévin a prévenu sa mère. Mis dans la confidence, c’est finalement Kévin (qu’à aucun moment nous n’avons suspecté) qui avertissait ses copains des sorties nocturnes de Martine et Stéphanie. Julien n’avait alors qu’à revêtir son costume et se rendre à l’église.

 

Démasqués, les enfants nous avouèrent ne pas avoir fait d’apparition devant nous par peur que nous leur sautions dessus. Ils nous offrirent malgré tout une reconstitution en règle qui nous permis de prendre de belles photos. Le costume qu’ils avaient confectionné avec un vieux drap, un masque de monstre peint en blanc et un bouquet de mariée en plastique semblait ridicule vu de près. Mais à trente mètres, distance à laquelle Martine et Stéphanie observaient la Dame blanche, l’illusion était troublante. Les farceurs confirmèrent également que l’extinction des lumières était un « coup de pot » et nous expliquâmes à Stéphanie et Martine comment il se produisait en leur faisant à notre tour une démonstration. Après ces révélations, Stéphanie et Martine semblaient plus soulagées qu’en colère contre les auteurs de la farce.

 

 

Épilogue

Je m’arrête là bien que la soirée nous réservât un autre coup de théâtre (qui sera expliqué en détail dans le dossier complet prochainement publié sur notre site). Je voudrais simplement finir sur les enseignements que j’ai tirés de cette aventure. D’abord, je suis convaincue que sans scepticisme, le mystère de la Dame blanche de Mauroux n’aurait pas été résolu (je ne pense pas qu’un journaliste aurait passé comme nous trois jours sur le terrain). Nous sommes passés très près d’un départ bredouille et les enfants nous ont garanti que les apparitions auraient alors repris… Nous avons donc peut-être évité la naissance d’une légende, voire d'un emballement médiatique. Un principe zététique rappelle qu’un témoignage n’est pas une preuve, aussi sincère qu'il ait l'air et collectif qu'il soit, cette histoire l’illustre parfaitement. A posteriori, le canular peut sembler évident ; il nous aura fallu trois jours pour le démontrer car nous avons toujours opté pour une approche humaine et respectueuse. Vous comprendrez mieux la dimension psychologique de cette enquête en lisant notre prohain dossier.

Même si elle n’existe plus, je sais que nous parlerons longtemps de la Dame blanche de Mauroux.

Géraldine Fabre




ACTUALITÉS
Les actus du « paranormal »


 

Le monstre du lac Storsjö

Fin août, une caméra de surveillance installée dans le lac de Storsjö en Suède aurait filmé le monstre qui alimente depuis plus de trois siècles les légendes du pays scandinave. Ce monstre aurait été aperçu pour la première fois en 1635, et depuis, comme son cousin écossais Nessie dans le Loch Ness, il se fait plutôt discret puisque sa dernière apparition remonterait à juillet 2007. D'après les témoignages, le monstre de Storsjö serait de forme longiligne, recouvert de bosses, avec des oreilles ou nageoires repliées sur la tête comme celles d'un chien. Pour essayer de lever les doutes sur son existence (et en attendant, développer le tourisme de la région), l'association des commerçants de la petite ville de Svenstaviks, en bordure du lac, a installé en juin dernier six caméras de surveillance, dont deux sous-marines. Sur les images enregistrées il a quelques jours par l’une d’elles, on aperçoit une sorte de long serpent se mouvant dans l’eau. De quoi relancer le projet avec l’installation d’une vingtaine de caméras supplémentaires.

Cependant, on reste plus dubitatif qu’émerveillé en regardant cette vidéo. La taille de l’objet ou de l’animal filmé reste difficile à apprécier puisque la distance qui le sépare de la caméra n’est pas connue et qu’aucune échelle n’est donnée. Son image floue au début de la séquence laisse plutôt penser qu’il est assez proche de l’objectif et que la caméra ne peut faire la mise au point sur lui. Ses déplacements sont très fluides montrant sa grande souplesse mais semblent plus guidés par les mouvements de l’eau que volontaires. Bref, une allégation extraordinaire nécessitant une preuve solide, il faudra des arguments plus probants pour prouver l’existence du monstre.
En attendant, vous pouvez surveiller les eaux du lac de Storsjö en vous connectant sur le site de l’association : www.storsjoodjuret.nu.

 

Un bigfoot en caoutchouc congelé

Après les poils du Yéti (voir notre article « Le Yéti perd ses poils » dans la newsletter n°38), c’est cette fois le corps du Bigfoot qui aurait été retrouvé dans une forêt aux États-unis. Début août, deux chasseurs américains, Matthew Whitton et Rick Dyer, ont en effet prétendu avoir découvert le cadavre de cette créature mythique, mi-homme mi-singe, lors d’une randonnée. Ils auraient alors ramené la carcasse haute de deux mètres et pesant 270 kg, et l’auraient placée dans un congélateur afin de la conserver.

Pour annoncer leur incroyable découverte, ils ont organisé une grande conférence de presse le 15 août à Palo Alto, en Californie. Les dizaines de journalistes présents, qui attendaient des preuves à la hauteur de la révélation, ont dû se contenter de quelques photos bien peu convaincantes, notamment de la tête de la créature, censées prouver qu’il ne s’agissait pas d’un masque… Les deux chasseurs, soucieux de montrer leur bonne foi, ont déclaré que des échantillons avaient été envoyés à un biologiste de l’université du Minnesota en vu de tests ADN.

Cependant, la vérité n’a pas tardé à éclater. Les échantillons avaient en réalité été prélevés sur un humain et un oppossum. Quant à la « carcasse », une fois décongelée, elle s’est révélée n’être qu’un costume en caoutchouc…
Alors pourquoi un canular aussi grossier ? La société Searching for Bigfoot aurait versé 50.000 dollars à Matthew Whitton et Rick Dyer pour obtenir les droits sur leur histoire. Elle menace aujourd’hui de les poursuivre en justice. Quoi qu’il en soit, les deux compères se sont fait une belle pub ; ils vont peut-être se lancer dans la vente de costumes de Bigfoot…

 

L’arnaque intellectuelle du mois

2009-03-16Ça utilise des mots pompeux, ça crée des théories invérifiables et ça en tire des règles générales ? Vous êtes en présence d’une imposture intellectuelle ! Vite, dénoncez-là. Une imposture a besoin de deux personnes pour exister : celle qui la prononce, et celle qui la gobe.

Ce mois-ci, prix double pour « l’invertion libidinale des grands exclus » et pour la « chronicisation des plaies », rapportés par le philosophe universitaire Emmanuel Renault, qui citait lui-même la psychanalyste lacanienne Sylvie Quesamand Zucca.

« Comme le souligne Sylvie Quesamand Zucca, c’est sans doute aussi parce qu’ils n’existent plus dans le regard d’autrui que certains grands exclus cessent d’invertir libidinalement leur propre image (ce qui s’exprime notamment dans un évitement des miroirs), voire perdent l’image d’eux-mêmes. Inversement, la chronicisation des plaies, observables chez certains grands exclus, doit être interprété à la fois comme une tentative d’exister aux yeux des autres et de soi-même, en d’autres termes, comme un effort de rétablissement d’une conscience de soi, comme si [la] plaie parfois monstrueuse, représentait elle-même la preuve ultime d’une existence au monde ». (Emmanuel Renault, Honte et considération, Colloque Santé Mentale et Précarité, Grenoble, Juin 2008. S. Quesamand Zucca, Je vous salie ma rue, Stock, 2007, p . 84)

Grand jeu de l’imposture intellectuelle du mois : envoyez les phrases les plus abêtissantes, les plus ronflantes, à forte consonance scientifique. Tel Noël Godin et son Internationale Pâtissière, nous entonnerons « gloup gloup entartons, les pompeux cornichons ». RM

 

Là-bas si j’y suis

Daniel Mermet a consacré son émission du vendredi 5 septembre à la question du créationnisme. On entend un peu parler des extraordinaires théories créationnistes sur le Grand Canyon, dont nous vous avions parlé l’an passé (Archéofiction : le Déluge aurait crée le grand canyon, NL 24 - 13 juin 2007). Dans ce reportage, on se rend vite compte que la pseudo-science sert aux pensées les plus conservatrices. Il est difficile d’être surpris d’entendre le candidat John McCain revendiquer une plus grande « ouverture » sur la question de l’origine de l’Humain. C’est aussi l’avis de sa nouvelle co-listière Sarah Palin qui estime que créationisme et théorie de l'évolution doivent être enseignés de pair dans les écoles. « Enseignez les deux (…) N'ayez pas peur de l'information... Un bon débat est si important et si précieux dans nos écoles. »

Mermet et ses journalistes ne sont pas dupes : demander un débat équitable entre une théorie scientifique valide (le néo-darwinisme) et un acte de foi (l’Intelligent Design, avatar créationniste) revient à faire une concession à la bêtise du même ordre que de réclamer un débat équitable entre les historiens et les négationnistes de l’existence des chambres à gaz. Si on accepte le débat, on laisse penser que les deux avis sont équitables, et on remet en cause le fait historique des chambres à gaz – dans notre cas, on instille l’idée d’une volonté divine dans les processus évolutifs. Si on refuse le débat, on passe pour sectariste.

Vos oreilles averties reconnaîtront l’excellent biologiste Guillaume Lecointre, qui nous avait émerveillé au printemps dernier lors de sa conférence pour l’OZ.

Au fait : la veille, Mermet, en se promenant avec Mike Davis, fait un reportage chez les Unitariens à San Diego, USA. Réincarnation, extra-terrestres et millénarisme sont au rendez-vous dans la deuxième partie de l’émission (Le pire des mondes est possible, 4 septembre 2008).




 

En Bref

 

L’attachment en vogue

Un certain Dr Post, au doctorat discutable, aurait touché des centaines de milliers de dollars des mains généreuses d’agences gouvernementales pour promouvoir l’AT ou Attachment Therapy à des enfants « perturbés » (Sizemore B., Controversy trails 'attachment' therapist who runs Chesapeake center. The Virginian-Pilot, July 6, 2008). L’AT, c’est pour mémoire un ensemble de pratiques de contention physique, de punitions avec coups et terreurs, et l’induction d’une régression ceci afin de résoudre des problèmes de disciplines (cf. le dossier de Patricia Crossman « L’étiologie d’une épidémie sociale ». Nous en avions causé lors de la tragique affaire Gravelle en 2007 (RM., L’attachment therapy ne semble pas être une preuve d’attachement).

 

Vaccination ROR et autisme : un effet cigogne

On nous pose régulièrement la question, et la réponse est non, il n’y a pas de lien avéré entre vaccination Rougeole-Oreillons-Rubéole (ROR) et autisme. Dernière étude en date, celle de Hornig al. qui, comme les vingt précédentes, ne montrent aucune corrélation. (Hornig H. al. Lack of association between measles virus vaccine and autism with enteropathy: A case-control study). Au départ de cette hypothèse, une constatation, fausse, on le sait maintenant, du médecin anglais Wakefield, il y a dix ans (Wakefield A MMR vaccination and autism. Lancet 1999; 354:949-950).

 

L’IMI offre une tribune à la Communication Facilitée

Autisme toujours. Cette fois, j’ai cru que j’allais tomber de ma chaise. Le 19 septembre, l’Institut Métapsychique International invite Sylvie Drouot pour parler de CF ou Communication Facilitée. Pour rappel, la CF est une pseudométhode de communication avec les personnes autistes, invalidée depuis près de quinze ans puisque reposant sur les mouvements idéomoteurs des thérapeutes. Pas question de douter de la gentillesse des praticiens de la « psychophanie » à vouloir communiquer avec les autistes, mais tout de même : à trop vouloir communiquer, justement, on prend le risque de n’entendre que sa propre voix.

Quelques documents critiques :

 

Dans la série « je peux mourir d’une médecine douce »

Un médicament ayurvédique traditionnel indien sur cinq peut vous mettre en danger. 193 d’entre eux, achetés en ligne ou dans les magasins aux USA contiennent des taux dangereux d’arsenic, de mercure et de plomb. Vous me direz, avec autant de métaux lourds, on ne peut avoir qu’une santé de fer ! (Robert B. Saper, al., Lead, Mercury, and Arsenic in US- and Indian-Manufactured Ayurvedic Medicines Sold via the Internet, JAMA. 2008;300(8):915-923).





Le bazar du bizarre

 

Pour être sûr de retomber sur ses pattes

Dans la province de Qingyan en Chine, à la surprise de sa propriétaire, un chat a vu se développer sur son dos deux excroissances longues de plus d'une dizaine de centimètres, ressemblant à des ailes. Ces cas de chats « ailés » seraient rares mais pas véritablement mystérieux. Cette malformation étrange peut avoir diverses origines : un défaut de fourrure, une maladie rendant la peau trop élastique, des excroissances osseuses, une mutation génétique.



Le portrait du Christ ne saignait pas

Attirés par la rumeur d’un miracle propagée ces dernières semaines, de nombreux fidèles avaient afflué à l'église Saint-Michel de Bombay et avaient vu du sang couler du cœur du Christ représenté sur un portrait. Mais après des analyses scientifiques de la peinture sollicitées par le cardinal Oswald Gracias, l’Église de Bombay a finalement nié la réalité du phénomène : « il n'y a aucune trace de sang dans les rayons rouges sortant du coeur de Jésus Christ dans cette représentation de la Miséricorde divine », a déclaré le cardinal, sans pouvoir expliquer pourquoi tant de personnes avaient cru en ce « miracle ». Disons peut être tout simplement que la force d’une croyance peut être immense…

 

Bigard dérape

Invité le vendredi 5 septembre de l'émission matinale On va se gêner sur Europe 1, l'humoriste Jean-Marie Bigard y a remis en cause la « version officielle » des attentats du 11 septembre citant notamment à l'appui de sa conviction les films Loose Change de l'Américain Dylan Avery. Rappelons ici que le contenu de ceux-ci, souvent tendancieux, a été critiqué et largement réfuté, notamment par Mark Roberts sur son site Internet (en anglais : loosechangeguide.com).




BILLET
La science, la clope, et l’enfant qui criait au loup


 

Si l’on veut tenter de comprendre le succès des thérapies douteuses, il va falloir se pencher dangereusement sur le balconnet de la paranoïa, notamment celle qui nimbe le monde scientifique d’un halo brumeux. On entendra nos proches, nos amis, nous-mêmes déclarer avec emphase le « naturel » plutôt que les lobbies industriels pharmaceutiques, l’homéopathie plutôt que les antibiotiques, l’extrait de pépin de pamplemousse plutôt que le comprimé bourré d’effets secondaires… autant de faux dilemmes, autant d’impasses de réflexion. Pas besoin de faire Science Po pour voir que le « naturel » est une valeur économique capitaliste sûre, et que l’industrie du bien-être est florissante. Ceux qui prennent de l’homéopathie pour lutter contre les lobbies devraient déciller leurs yeux devant la machine industrielle qu’est Boiron. À écouter les discussions, l’alternative est bien balancée, avec les méchants industriels d’un côté, les gentils marchands de best-seller de développement personnel de l’autre. J’ai l’impression parfois d’être dans un rêve, assis à la terrasse d’un estaminet, n’ayant pas d’autre choix sur le menu qu’entre un Big Mac graisseux au goût d’hormone de bœuf et une mousse d’agar-agar pleine d’air, sans goût, et qui ne nourrit pas.

Sauf que pour faire comprendre qu’une thérapie est moisie, il faut utiliser la science (comme démarche intellectuelle d’objectivation du réel). Or, la démarche scientifique n’est pour beaucoup que l’outil générateur d’informations commerciales et publicitaires, de lavage plus blanc, de peau plus lisse, d’effet peeling et d’action anti-peau d’orange. La démarche scientifique ne semble être rien d’autre qu’un argument d’autorité, qui arrête le nuage de Tchernobyl à la frontière, qui tempère les risques quels qu’ils soient, qui comme le dit le philosophe Dutronc nous cache tout nous dit rien. La science semble fautive, tant on s’en sert mal. Je pense que la scandaleuse affaire de l’amiante est par exemple l’un des épisodes qui a fait le plus de mal à la culture scientifique française : non par les drames et les souffrances engendrés, non par les décès et les familles meurtries, mais par la manière dont les médiatisations scientifiques ont tu un fait vraiment scientifique cette fois, la toxicité des fibres d’amiante, et ce sans aucune vergogne pendant des décennies [1].

Avec un pareil coup de rabot, normal que le fil de la confiance populaire s’émousse complètement. Il devient alors compréhensible que l‘honnête individu en vienne à se méfier de tout, de n’importe quoi, du portable aux OGM, des antennes relais à l’aspartame, du lait aux édulcorants… C’est comme lorsqu’on regarde l’histoire coloniale et post-coloniale des États-Unis ou de la France : la CIA a tellement menti, et si souvent, que comment la croire lorsqu’elle dit ne pas être impliquée dans les attentats du 11 septembre 2001 ? L’Armée Française a fait tellement de coups tordus en Afrique que personne ne doute de son implication dans l’assassinat du président rwandais Habyarimana en 1994 [2]. C’est une variante de l’enfant qui a tellement crié au loup que personne ne l’a cru le moment fatidique.

Chaque scandale médicamenteux, chaque mensonge d’information, chaque rapport bidonné sur les armes irakiennes de destruction massive, chaque nuage de Tchernobyl, chaque Vioxx nous assure une forte contre-réaction populaire. La traduction en est un retour à des pratiques les plus anti-science possibles. C’est pourquoi je suis d’autant plus désemparé quand j’apprends qu’il est prouvé depuis quelques jours que les industries du tabac ont caché la présence d’un poison dans leurs clopons. Philip Morris, RJ Reynolds, British American Tobacco et toutes les « majors » de l'industrie du tabac ont volontairement caché au public pendant plus de quarante ans la présence dans les cigarettes d'un élément radioactif dangereux et cancérigène, le polonium 210.

Paul Eichorn, dans un mémo de 1978 au vice-président de Philip Morris, conseillait de taire la présence du 210Po dans le tabac : « Nous risquerions de réveiller un géant endormi ! » Géant endormi qui, réveillé, écrase sur son passage veaux, vaches, couvées.

Je sais qu’il y a là un effet kiss-cool : non seulement des gens sont morts ou vont mourir par le mensonge industriel, mais d’autres encore par dégoût de ce qu’ils pensent être la science se mettront indirectement en danger par des pratiques faussement alternatives. Les tabaccos sont donc doublement criminels : d’une par les cancers qu’ils permirent, de deux par le rejet allergique de la science et de ses méthodes, qui entraînent parfois aussi leur lot de décès.

À bas les manipulateurs de l’information de tout poil, de tout crin, qu’ils soient dans leur prétention de fausse médecine ou dans la publicité technologique dégueulasse.

Et puisse le lecteur se rendre compte que c’est une démarche scientifique saine qui permet aujourd’hui de montrer en quoi ces industriels ont menti — pour le cas présent, la scientifique Monique Muggli et ses collègues, dans le numéro de septembre de l’American Journal of Public Health [3]. En ce qu’elle a autant pour objet de pointer les faussetés et les mensonges que de dire des vérités, la démarche scientifique, zététique, comme vous voulez, est un outil puissant pour déshabiller les menteurs, de quelque chapelle qu’ils proviennent, et quelle que soit la marque de leurs vêtements.

La démarche scientifique non dévoyée est un outil politiquement subversif. Et si se faire mordre par une araignée radioactive permet comme chez Peter Parker de développer des sens bizarres, rêvons que l’affaire des cigarettes radioactives développera chez nous un sens critique très corrosif.

Richard Monvoisin

Notes
[1] Depuis 1906 exactement, avec le premier rapport de Denis Auribault.
[2] D’ailleurs ?
[3] Monique E. Muggli, Jon O. Ebbert, Channing Robertson, and Richard D. Hurt, Waking a Sleeping Giant: The Tobacco Industry’s Response to the Polonium-210 Issue, Am J Public Health, Sep 2008; 98: 1643 - 1650.

 

 


ENQUÊTE
Photos de fantômes... ou pas?


 

Le 20 août 2008, nous avons reçu sur contact@zetetique.fr le mail suivant, avec quatre photos en pièces jointes :

Bonjour,
Un ami à moi m'a envoyé quelques photos prises à Carnon plage. Sur ces photos des ombres apparaissent derrière mes collègues et impossible de trouver une réponse rationnelle. Pouvez-vous m'aider ?
Greg.


photo1.jpg

photo2.jpg

photo3.jpg

photo4.jpg

 

Ce cas étant particulièrement intéressant, je le partage avec vous. On peut en effet observer au moins trois choses curieuses :

  • Une ombre mystérieuse surplombe certains personnages,
  • Certains d’entre eux sont partiellement transparents.
  • Des sphères et des traces lumineuses apparaissent ça et là.

Comme ce n’est pas la première fois que l’on fait appel à l’OZ sur ce genre de sujet, le photographe amateur que je suis tentera désormais d'écrire un petit article chaque fois que ses compétences et son emploi du temps le lui permettront, afin de percer publiquement ces énigmes. Le troisième point (les fameux « orbes ») ne sera pas traité ici, mais fera l’objet d’un article à part entière plus tard, tant le phénomène fait parler.

 

Un bon début : les données « EXIF »

Les photos issues des appareils numériques contiennent des informations qui n’apparaissent pas à l’image, mais qui font partie du fichier. Votre appareil photo sauve ainsi quantité de données qui peuvent être consultées ou utilisées ultérieurement par d’autres programmes, comme la date et l’heure (qui permettent par exemple de classer les photos par ordre chronologique), ou encore tous les réglages de l’appareil au moment du cliché (focale, ouverture, vitesse, sensibilité, programme…). De nombreux programmes permettent d’afficher ces données EXIF in extenso. Windows en affiche certaines, dans les propriétés du fichier (clic droit, puis "Propriétés", onglet "Résumé", puis "Avancé"). Il est important de disposer des fichiers originaux car la plupart des logiciels qui retouchent ou redimensionnent les images suppriment ces données EXIF au moment de sauver le résultat. On perd alors des informations qui peuvent être précieuses pour une investigation.

Voici quelques unes des données EXIF présentes dans les fichiers qui nous concernent :

 

Photo Flash Exposition ISO Programme
Photo1.jpg On 3s 200 Scene nuit
Photo2.jpg Off 3s 200 Scene nuit
Photo3.jpg On 3s 200 Scene nuit
Photo4.jpg On 3s 200 Scene nuit

 

On observe que toutes les photos ont été faites avec une exposition de 3 secondes, ainsi qu’un flash (sauf la n°2). Or, c’est l’usage simultané du flash et d'une longue exposition qui est à l’origine des phénomènes observés. Ami lecteur (comme dirait Stan), je m’en vais t’expliquer.

 

L’ombre mystérieuse de la photo n°2

Une fois éclaircie, la photo n°2 se révèle : l’ombre mystérieuse n’est en fait qu’un personnage pris à contre-jour (le flash étant éteint et la lune étant derrière le personnage).

 


photo2.jpg

photo2.jpg éclaircie

 

Cet effet de contre-jour est aussi présent dans les trois autres photos, mais cumulé avec un autre effet.

 

L’ombre mystérieuse des photos n°1, 3 et 4

Une petite note technique pour commencer : lors d'une longue exposition (3 secondes dans notre cas), certains appareils permettent de choisir à quel moment le flash doit se déclencher. Les photographes parlent de « premier rideau » pour un flash en début d’exposition, et de « deuxième rideau » pour un flash juste avant la fin de l’exposition. L’appareil utilisé ici est un Pentax Optio S7 (on peut voir la marque et le modèle dans les données EXIF), et ce modèle ne permet pas de choisir le rideau. Le réglage d'usine étant le premier rideau : le flash est déclenché en début d'exposition.

Voyons maintenant étape par étape ce qui s'est très probablement passé :

  • t=0 : le photographe appuie sur le bouton. L'appareil fait quelques mesures et ouvre son iris pour débuter l’exposition.
  • Premier rideau : le flash se déclenche. Il ne porte pas bien loin et n'illumine que le premier plan : les personnages. La lumière réfléchie est capturée par l’appareil.
  • t=200 millisecondes : Le flash s’éteint.
  • Pendant les 2.8 secondes restantes : les personnages se relèvent, pensant que la photo est prise (ils ont vu le flash). Or, l'appareil étant encore ouvert pour capturer les parties sombres de l'image, les personnes maintenant debout se retrouvent en contre-jour, comme dans le cas de la photo 2. Ils créent une ombre plus ou moins floue en fonction de leur mouvement.

Voila d’où viennent ces ombres mystérieuses.

 

Les personnages transparents

Certaines parties lumineuses de la scène, comme les reflets de la lune sur l'eau, qui étaient masquées par les personnages accroupis, sont révélées après que ceux-ci se soient relevés. Cette lumière va venir sensibiliser la "pellicule" à l’endroit où les personnages se tenaient lors du flash. Les deux scènes vont donc se mélanger, rendant les personnages fantomatiques. On voit bien l'effet sur la photo 3.

 

Florent Martin

 


CULTURE ET ZÉTÉTIQUE
Chronique zétético-musicale : Greydon Square, le Carl Sagan noir


 

Vous prenez un orphelin californien, Ellie Collins, vous lui faîtes faire la guerre en Irak de 2004, vous le ramenez écœuré, vous lui faîtes tellement étudier la mécanique quantique à la fac qu’il en abandonne sa foi en Dieu, et hop, vous obtenez Greydon Square, le premier rappeur athéiste rationaliste militant. Et c’est très bon.

 

 

To battle me you need to reason clearly
Now I'm not sayin fear me
But at least be versed in punctuated equilibrium theory
Grand unified fields, quantum mechanics and dark planets
With logic that's sharper than a blade of d'Artagnan's
To destroy arguments of creationists who cant stand it
Then they try and hit me with the wager
Who? Pascal's wager. Who? Pascal's wager.
Now that's a fool's bet
And against the intelligent it's useless
Really ? You bet ?

Traduction :
Pour me combattre, il te faut raisonner clairement
je ne dis pas de me craindre
mais au moins soit versé dans la théorie de l'équilibre ponctué,
des grands champs unifiés, la mécanique quantique et les planètes noires.
Avec une logique plus aiguisée que la lame de d’Artagnan
Pour détruire les arguments des créationnistes qui ne le supportent pas
Alors ils essayent de m’atteindre avec le pari
Qui ? Le Pari de Pascal*. Qui ? Le Pari de Pascal.
C’est vraiment un pari stupide
Et devant l’intelligence c’est inutile
Vraiment ? Tu paries ?

Voir l’extrait de son Album The Compton effect (2007).

Vous pourrez l’écouter dans l’épisode 82 du podcast Skepticality ou le regarder à l’œuvre dans ce petit contest de l’an passé, lors duquel il porte un T-shirt The Black Carl Sagan pour lequel je serai prêt à devenir noir.

*« Pesons le gain et la perte, en prenant choix que Dieu est. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu'il est, sans hésiter. », Pensées, Blaise Pascal (1670).

Richard Monvoisin

 

 


AGENDA



Conférences
Le 5e Symposium de l'ECSO (European Council of Skeptical Organisations) se déroulera à Grenoble du 20 au 21 septembre 2008. Cet évènement a lieu tous les deux dans, en alternance avec le Congrès des Sceptiques Européens. Il est organisé cette année par l’Observatoire zététique. L'entrée est libre et gratuite ; les conférences sont en anglais.

Congrès ECSO
Les samedi 20 et dimanche 21 septembre 2008
Salle Stendhal
5 rue Hauquelin 38000 Grenoble
Tram B, arrêt Notre-Dame Musée
Programme et inscription : http://ecso.zetetique.fr

 

Le samedi 4 octobre, le GEMPPI (Groupe d’Étude des Mouvements de Pensée en vue de la Protection de l’Individu) organise un colloque national sur le thème : « Comment éviter les dérives sectaires dans les pratiques de santé non « reconnues » et de bien-être ? ». Lors de cette journée, les différents conférenciers auront pour mission de sensibiliser leur public aux dérives sectaires et pseudo-scientifiques sévissant dans le secteur de la santé. Signalons en particulier la présence de Jean Brissonnet, auteur de Les pseudo-médecines (Book-e-book, 2005) qui parlera de « La résistible ascension des médecines non conventionnelles », et de Françoise Mariotti, psychologue-psychothérapeute qui fera une analyse comparative des principales principales psychothérapies et de leur usage (quelles théories, croyances, formations, scientificité ?).
La participation au colloque est gratuite mais le nombre de places étant limité, l’inscription est obligatoire. Pour cela contacter le GEMPPI par mail : gemppi@wanadoo.fr ou téléphone : 04 91 08 72 22.

Colloque « Comment éviter les dérives sectaires dans les pratiques de santé non « reconnues » et de bien-être ? »
Le samedi 4 octobre 2008
Espace Éthique Méditerranéen
Hôpital adultes de La Timone
265, rue St Pierre 13005 Marseille
Programme : www.gemppi.org

 

 


DIVERTISSEMENT



Insolite : La photo du mois

 


Que font les zététiciens en vacances ? Comme tout le monde, ils prennent des photos, mais le bizarre n'est jamais loin. Ces nuages lenticulaires ont été photographiés par Franck Villard dans le ciel corse. On devine aisément les confusions que peut engendrer ce beau spectacle.

 

 


 

Cette newsletter a été préparée par Stanislas Antczak, Géraldine Fabre, Florent Martin, Richard Monvoisin et Nicolas Vivant.

Content ? Pas content ? Écrivez-nous.