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POZ n°43 Imprimer Envoyer
Mardi, 13 Janvier 2009 14:13

 


SOMMAIRE


 

  • Les nouvelles de l’OZ
    Assemblée Générale de l'OZ
    Conférence « L'outillage zététique comme autodéfense intellectuelle »
  • Actualités
    L'année Darwin
    Le bazar du bizarre
  • PsychOZ : Peut-on critiquer Françoise Dolto ?
  • Billet : La médecine nous tue ?
  • Agenda
    13 janvier 2009 à Grenoble : L'évolution, une théorie scientifique
    4 février 2009 à Lyon : La démarche de recherche de l’observatoire zététique
  • Divertissement
    Insolites glacés

 


ÉDITO



« Que je pactise ?
Jamais ! Jamais ! Ah, te voilà, toi, la Sottise !
Je sais bien qu'à la fin vous me mettrez à bas ;
N'importe : je me bats ! Je me bats ! Je me bats !
»
Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, acte V, scène 6.

 

Puisque rien ne nous est plus cher, dans ce bulletin mensuel, que de te tenir informé des dernières nouveautés, ami lecteur, je t'annonce en grande première la création d'une nouvelle discipline universitaire. De même qu'il y a la mécanique des fluides, du solide, du point, quantique, relativiste, automobile, ta mère (ah non, pas ta mère), pourquoi n'y aurait-il pas des subdivisions de la zététique ? Ainsi piètrement dédouané, me voilà en mesure de créer, en exclusivité mondiale, la zététique des transports.

J'ai reçu l'illumination lors d'un voyage en transports en commun dans la bonne ville de Lyon que j'honore de ma présence éclairée une grosse partie de mon temps. Depuis quelques semaines, certaines rames de tramway sont équipées de nouveaux écrans diffusant des images et des informations à l'usager captivé. Il y en a même dans certains trolleys, pour lesquels rien n'est trop beau. Quelle ne fut pas ma stupeur de constater qu'au milieu de brèves informations, dans l'ensemble peu développées et souvent inutiles (comme des résultats sportifs, ou un indice de pollution de l'air bloqué à « Très bon » en permanence), il y avait « l'Horoscope du jour ». Bigre, on n'arrête pas le progrès. Alors je sais bien qu'à l'Observatoire zététique, on a pour principe le respect des croyances d'autrui, l'écoute, tout ça, mais bon, quand même. Là, je vais me moquer, faire un jugement de valeur, bouh, pas bien. Mettons que ce soit mon privilège d'éditorialiste. Il faudra m'expliquer QUI, parmi les transportés-en-commun de la région lyonnaise, trouve intéressants et pertinents les messages délivrés par cet oracle télévisé, dont voici la sélection opérée par notre envoyé spécial (moi) : « Gémeaux : vous avez envie de retrouver votre lit. Lion : votre santé est bonne et votre forme aussi. Balance : faites un choix dans votre vie professionnelle. Verseau : prenez un peu de recul pour comprendre. » Tant de nullité crasse laisse songeur.

Je pourrais multiplier les exemples jusqu'à la nausée. Je précise que ce sont les citations in extenso des signes en question. En d'autres termes, on ne fait même pas semblant de faire de la « vraie » astrologie, avec références aux décans, planètes, maisons et tout le bazar. On pioche simplement des phrases bidon dans une base de données, en faisant attention de ne pas mettre trop souvent la même, et le tour est joué. On ne fait même pas semblant de croire, en fait, ni en ce qu'on écrit, ni à la croyance que peut en avoir le lecteur. On meuble, c'est tout. On est tombé bien bas. Comment cette attraction d'une incommensurable bêtise a-t-elle pu être conçue dans le cerveau d'un responsable quelconque ? Comment un autre responsable a-t-il pu laisser faire en sorte que des niaiseries pareilles occupent un temps d'écran et de cerveau dans les bus et trams ?

Me voilà atterré, c'est mauvais pour mon cœur, l'année commence mal, flûte alors. Note bien, ami lecteur, qu'il n'y a pas, selon moi, une différence qualitative très grande entre ces phrases et les horoscopes faits par des astrologues dits « sérieux ». Cela me rappelle une astrologue AOC, qui me soutenait qu'il ne faut pas tout mélanger, les horoscopes des magazines c'est du pipeau, la vraie astrologie c'est pas ça, avant de m'avouer qu'elle en écrivait aussi, des horoscopes pour magazines. Pour que ça ne soit au moins pas trop faux, disait-elle (et non, bien entendu, pour gagner de l'argent, quelle vilaine pensée que voilà). Disons qu'au moins, jusque là on faisait semblant.

Le premier cours de zététique des transports a donc porté sur l'astrologie des trolleybus et tramways lyonnais. La prochaine fois, on parlera des dames blanches auto-stoppeuses. Puis de la magnéto-hydrodynamique comme mode de propulsion des soucoupes volantes. En attendant, je gage, ami lecteur, que certains jours de cette future année, tu auras envie de retrouver ton lit. D'autres fois, ta santé sera bonne et, tu sais quoi, ta forme aussi ! Il te faudra aussi, à certains moments, prendre du recul pour comprendre, voire faire des choix dans ta vie professionnelle. Tout ça. Elle promet d'être bonne, l'année 2009 ! En tout cas l'Observatoire zététique forme le vœu, par mon truchement, que cette incantation se réalise. Et non, je ne verse pas dans l'ésotérisme douteux de la pensée magique et de la précognition, je suis sûr de mon coup ! c'est une prédiction auto-réalisatrice, puisqu'une année qui commence par la lecture que tu t'apprêtes à faire ne peut qu'être radieuse !

Stanislas Antczak,
éditorialiste transporté

 


LES NOUVELLES DE L’OZ


 

L'outillage zététique comme autodéfense intellectuelle

 

 

Le jeudi 8 janvier 2009, Nicolas Gaillard et Richard Monvoisin ont donné une conférence zététique aux Bas-Côtés, le café-librairie-épicerie où les membres de l’Observatoire zététique se réunissent chaque mois. Vers 20h, une trentaine de personnes étaient déjà entassées dans la petite salle du café, pour en apprendre un peu plus sur « L’outillage zététique comme autodéfense intellectuelle ». Le but de cette présentation était de vulgariser quelques concepts critiques facilement utilisables au quotidien.

Après avoir présenté l’OZ, Nicolas et Richard ont défini de manière assez générale la zététique. Afin d’éviter tout malentendu, ils ont pris le temps de préciser le sens du mot « Science » qu’ils allaient utiliser (à savoir « méthodologie scientifique »). Ils ont également bien différencié l’acte d’adhésion à une théorie, basé sur des arguments rationnels, et l’acte de foi, qui ne requiert aucune preuve. Enfin, ils ont rappelé que toute affirmation de type « ça marche », « c’est vrai », « c’est efficace » est une affirmation scientifique que l’on peut analyser à la loupe zététique.

En une heure et demie, les deux zététiciens se sont limités à la description de cinq concepts zététiques : « l’origine de l’information est fondamentale », « le contexte est important », « une théorie doit être réfutable », l’insubmersible canard de bain (qui représente aussi bien les croyances persistantes que les stratégies que développent les tenants pour les faire surnager) et l’escalade d’engagement (tendance à adhérer d'autant plus à une croyance qu'on y a consacré d'effort, de temps, voire d'argent, même lorsqu'elle est remise en question par les faits). Ils ont ensuite passé au crible de cette grille, le mythe de monstre du Loch Ness, puis la cure Breuss contre le cancer et enfin la théorie de Bruno Bettelheim sur l’autisme.

L'idée était que des outils aussi simples peuvent ensuite être appliqués pour déconstruire aussi bien les affirmations du type caractère génétique de comportements « déviants » que les arguments pseudo-scientifiques permettant de justifier des choix économiques ou politiques.

 

Assemblée générale de l’Observatoire zététique

L’assemblée générale de l’Observatoire zététique a eu lieu le 12 janvier 2009 aux Bas-Côtés à Grenoble. Sur les 34 membres de l’association, 15 étaient présents et 14 autres, s’excusant de leur absence, avaient donné procuration. Le quorum était donc réuni pour clore l’exercice, voter les bilans et élire le nouveau conseil d’administration de l’OZ.

Présidé par Géraldine Fabre, le CA 2009 est composé de Nicolas Vivant (vice-président), Florent Martin (secrétaire), Franck Villard (secrétaire-adjoint), Nicolas Touzard (trésorier), Jean-Lous Racca (trésorier-adjoint), Sandra Giupponi, Nicolas Gaillard et Fabrice Neyret (administrateurs).

 

Durant la soirée, le président sortant, Stanislas Antczak, a soufflé les bougies des 5 ans de l'OZ, les membres ont voté l'approbation des bilans, et la nouvelle présidente, Géraldine Fabre a reçu le "sceptre présidentiel" des mains de son prédécesseur.

 

Rendez-vous annuel, cette réunion a été, comme à chaque fois, l’occasion d’un bilan de nos activités au cours de l’année écoulée. Si le nombre d’adhérents a très légèrenement diminué en 2008 (passant 37 en 2007 à 34 en 2008), les activités n’ont pas pour autant ralenti et l’OZ reste une association dynamique. En 2008, nous avons notamment invité Guillaume Lecointre, au mois de mai, pour une conférence à l’amphi Weil sur « Les créationnismes », mais aussi organisé la 3e université d’été de l’OZ en juillet, résolu au mois d’août le mystère de la Dame blanche de Mauroux, accueilli en septembre le congrès ECSO (European Council of Skeptical Organisations), et participé pour la 5e année consécutive à la Fête de la Science mi-novembre. Nos actions de diffusion de la pensée critique sont toujours très diversifiées (conférences, cafés scientifiques, publications web, newsletters, cours universitaires, interventions dans les médias) et ont permis à l’OZ d’acquérir une visibilité nationale.

C’est finalement autour de quelques bières, jus de fruit et de galettes des rois que nous avons fêté les 5 ans de notre association tout en évoquant nos projets pour 2009. Bien que nous soyons sollicités de plus en plus loin de Grenoble, notre souhait est de continuer à développer en priorité nos actions à l’échelon local de façon à faciliter l’implication des adhérents. Le problème récurrent de la forme de nos réunions a à nouveau été soulevé ainsi que la recherche d’un local pour accueillir notre important fonds documentaire.

Parmi nos projets zététiques en cours, signalons la publication prochaine d’un numéro spécial de la revue de l’association Gap Sciences Animations 05 entièrement consacrée à la zététique et qui sera diffusée entre autre dans les CDI des collèges et lycées du département des Hautes Alpes.

 

 


ACTUALITÉS
Les actus du « paranormal »


 

Mouvements sectaires : Ces gourous qui nous manipulent

Le mercredi 17 décembre 2008, France 2 a diffusé, dans sa série Les Infiltrés, un documentaire suivi d’un débat sur les dérives sectaires et les thérapies déviantes, intitulé « Mouvements sectaires : ces gourous qui nous manipulent », et présenté par David Pujadas.

Le procédé d’infiltration utilisé par une journaliste de France 2 a consisté à filmer, en caméra cachée, ce qui se passe dans divers lieux habituellement opaques, tels que le Mouvement Raëlien, les consultations pour enfants diagnostiqués par des thérapeutes comme enfants indigo, deux séances de thérapie utilisant la méthode des souvenirs « retrouvés ». À la fin du documentaire, la journaliste récapitule les caractéristiques communes de ces dérives sectaires : manipulation mentale, escroquerie financière, isolement, rupture avec l’environnement familial
Le débat, conduit par David Pujadas, a fait intervenir principalement Catherine Picard, Présidente de l’UNADFI (Union Nationale des Associations de Défense des Familles et de l’Individu) ; Georges Fenech, Président de la MIVILUDES ; Nicolas Jacquette, auteur de Nicolas, 25 ans, rescapé des Témoins de Jéhovah ; Claude Delpech, Présidente de l’AFSI (Alerte Faux Souvenirs Induits) puis dans un deuxième temps, Nathalie Luca, Anthropologue au CNRS et Raphaël Lioger, Directeur de l’Observatoire du Religieux, Professeur à l’Institut d’Études Politiques d’Aix en Provence.

Concernant les faux souvenirs induits, la discussion a montré l’ampleur du problème et la difficulté de lui trouver des solutions. Peut-on qualifier ces thérapies de dérives sectaires ? Oui, car elles ne sont pas liées à une organisation mais comme toute dérive sectaire, elles se basent sur la rupture familiale et les exigences financières exorbitantes.

En ce qui concerne les mouvements sectaires, il apparaît qu’en France, 80 000 enfants sont concernés et déscolarisés. Au sujet des Témoins de Jéhovah, Nicolas Jacquette, ancien adepte, affirme : « Ils sont complètement embrigadés à l’intérieur de leur tête, enfermés dans leur tête et ils conçoivent tous ceux qui sont non témoins de Jéhovah comme sous l’influence du diable et cherchant à les corrompre. Ils ont une vision totalement diabolisée, effrayante, du monde extérieur.

La différence, semble-t-il, entre les thérapies alternatives et les mouvements sectaires est que, pour les premières, il y a la recherche d’un pouvoir individuel sur une personne, et pour les autres, un projet de changer la société, sur un modèle préconisé par le Mouvement. Dans les deux cas, il y a une promesse, soit de guérison, soit de salut. Mais dans un cas comme dans l’autre, Nicolas Jacquette, parlant des victimes, conclut : « Ce qui est le plus difficile quand on sort de là, c’est la honte. »

À la fin du reportage, après avoir subi les deux séances de thérapie utilisant la méthode de la mémoire retrouvée, la journaliste, pourtant prévenue, avoue son trouble: « Pour moi, c’était très violent. C’est très difficile de comprendre comment un thérapeute peut vous emmener sur un viol. C’est à la fois violent et très dangereux pour les personnes fragiles. Moi-même, j’ai été déstabilisée par la manière dont elle fonctionnait. J’ai vraiment trouvé que c’était odieux et scandaleux. » La conclusion du débat est « vigilance » et travail de « prévention ».

France 2, par cette émission, a rempli, semble-t-il, sa mission de service publique : informer et prévenir le public du danger des dérives sectaires et réunir les principaux interlocuteurs concernés par ces graves problèmes très actuels.

Brigitte Axelrad

 

Les sceptiques du Québec remettent leurs prix

Chaque année depuis 1989, les Sceptiques du Québec remettent deux prix, le prix Sceptique et le prix Fosse Sceptique, à deux personnes ou organismes. Si le premier récompense la rigueur et la rationalité, le second pointe un manque flagrant d’esprit critique.

Cette année, les membres de l’association québécoise ont attribué le Prix Sceptique à Noémi Mercier, pour sa « chronique des fausses vérités » dans l'émission Le Code Chastenay diffusée sur Télé-Québec. Dans cette chronique, Noémi Mercier analyse avec humour mais beaucoup de rigueur différents mythes et idées préconçues, tels que le Yéti, les expériences de mort imminente (EMI), l’effet Mozart ou la télékinésie (déplacement d’objets par la force de la pensée).

Le Prix Fosse Sceptique a lui été attribué au « Rayon Violet » pour l’usage d’une technique « paranormale » de communication avec l’esprit du comte de Saint-Germain. Le contact allégué avec ce personnage mort depuis plus de 200 ans servirait de prétexte à un enseignement prétendument spirituel, utilisant un discours essentiellement pseudo-scientifique.

Les palmarès des années précédentes sont accessibles dans les archives du site.

Les Sceptiques du Québec organisent également depuis plusieurs années un concours de prédictions, ouvert à tous, « Devins » ou « sceptiques » (l’édition 2009 est déjà lancée). Le but est de montrer qu'il n'est pas nécessaire d'être voyant ni astrologue pour faire des prédictions qui s’avèreront justes, qu'un peu de chance suffit parfois à expliquer des prédictions qui se réalisent, et que les astrologues et les voyants ne font pas toujours les meilleures prédictions. Le gagnant de l'édition 2008 est Éric Lessard qui a formulé, le 30 avril 2008, trois prédictions qui se sont révélées exactes (ou presque) : « Effondrement de l’économie des États-Unis à partir de septembre 2008 (pire qu’en 1929 ?) » ; « Obama, accueilli en sauveur, sera élu président des États-unis. » ; « Le prix des denrées de base continuera d’augmenter causant émeutes et guerres civiles dans certaines régions du monde. » Lors de son inscription, dans la catégorie « Devins », Éric Lessard précisa avoir réalisé ses prédictions grâce à un inquiétant « pouvoir inconnu », qui fera envie à tous les voyants de la planète… quoique la « bonne imagination » revendiquée par Sylvie Manseau dans le groupe des Sceptiques lui ait permis de remporter le concours en 2006 et 2007 !

 

Géraldine Fabre

 

 



En bref

 

2009, l’année Darwin

L’année 2009 célèbre le bicentenaire de la naissance de Charles Darwin (1809-1882) et les 150 ans de la parution de son livre L’Origine des espèces au moyen de la sélection naturelle ou la lutte pour l’existence dans la nature (On the Origin of Species by Means of Natural Selection, or the Preservation of Favoured Races in the Struggle for Life), qui jeta les bases de la théorie de l’évolution. À cette occasion de nombreuses manifestations scientifiques sont prévues dans le monde entier tout au long de l’année. Expositions, colloques, conférences, etc. sont répertoriées sur le site homonides.com.

 



Le bazar du bizarre

 

Une éolienne endommagée par... quelque chose

À Conisholme, au nord-est de l’Angleterre, dans la nuit du 4 janvier 2009, une éolienne a été sérieusement endommagée sans raison apparente. L’importance des dégâts (une pâle de 20 m brisée, une autre pliée) et l’absence d’explication font déjà naître la rumeur d’un impact avec un vaisseau extraterrestre, rumeur entretenue par plusieurs témoignages d’observation d’une « lumière ronde qui semblait en suspension » à cet endroit. « Alors, toi qui est sceptique, comment tu expliques ça, hein ? » Hé bien, je ne sais pas. « Sceptique » ne signifie pas qu’on a réponse à tout mais « inexpliqué » ne veut pas dire non plus « inexplicable »…

 

La prière du licencié

En temps de crise, on se sent parfois seul et démuni. Heureusement, l'Église anglicane a trouvé le moyen d’apporter un peu de réconfort aux Britanniques qui ont perdu leur emploi. Elle a mis en ligne une prière pour les licenciés économiques (Prayer for redundancy) et une autre pour ceux qui ne le sont pas encore (Prayer for the current financial situation) : « Entends-moi quand je crie mon désarroi, aide-moi à y voir clair, à apaiser mon âme. » (« Hear me as I cry out in confusion, help me to think clearly, and calm my soul. »)

 

Naissance du googlisme

Une nouvelle religion vient de voir le jour : l’Église de Google. Avec neuf preuves simples, ses inventeurs démontrent même la divinité du moteur de recherche. En effet, l’existence de Google est scientifiquement prouvée, Google est potentiellement omniscient, omniprésent, infini, répond à toutes les « prières » et ne peut pas faire de mal. Convaincu ? Convertissez vous au Googlisme mais attention, il y a aussi dix commandements à respecter, en particulier : « Tu honoreras ton prochain, quel que soit son genre, son orientation sexuelle ou sa race, car son expérience et ses connaissances n'ont pas de prix et contribuent à l'Humanité » (« Thou shalt honor thy fellow humans, regardless of gender, sexual orientation or race, for each has invaluable experience and knowledge to contribute toward humankind. ». Amen.

 

Le gourou du président

Dans son livre L’enfant terrible : la vie à l’Élysée sous Sarkozy, le journaliste politique Patrice Machuret révèle que Nicolas Sarkozy consulte régulièrement depuis près de 15 ans un étiopathe pour ses problèmes de dos. Selon l’auteur, ce praticien, très proche du Président et que ses clients les plus fidèles surnommeraient « Le gourou », lui « transmet des ondes positives, le remet sur pied dès qu'il est fatigué, le requinque dès qu'il faiblit ». Assez proche de l’ostéopathie ou de la chiropraxie, l’étiopathie est une « médecine non conventionnelle » qui se réclame de la tradition des rebouteux et se définit comme une « chirurgie non instrumentale ». C’est sûr qu’avec toutes les épingles qu’on a dû planter dans sa poupée Vaudou, notre Président doit avoir mal partout ! Mitterrand avait son astrologue, Sarko a son « gourou » …

 

Apparition dans une stalactite

Il y a quelques jours, aux États-Unis, le légendaire Jack Frost, qui dans le folklore anglais personnifie le froid et l’hiver, serait apparu dans une stalactite de glace suspendue à la gouttière de Monsieur Jeremy Olden. Il faut reconnaître que c’est une très jolie pareidolie. On remarquera aussi que l’on ne voit le visage que de profil. Le glaçon est-il moins impressionnant de face ?

 

 

 


PSYCHOZ
Peut-on critiquer Françoise Dolto ?


 

À l’occasion du centenaire de sa naissance, la célèbre psychanalyste Françoise Dolto a suscité un intérêt médiatique important l’année dernière. Ainsi, de nombreuses rétrospectives de son travail, des articles de presse, émissions de radio, expos et colloques ont été organisés en 2008 sur ce thème. C’est aussi le prétexte, 20 ans après sa mort, de faire le point sur son apport dans le champ de la psychologie.

Hautement estimée et considérée comme la « mère » de la compréhension moderne du développement de l’enfant, elle jouit toujours d’une aura à la mesure de l’admiration d’une génération entière de parents et de professionnels de la petite enfance.
Découverte par le grand public dans les années 70, elle a participé à considérer un peu plusla place singulière de l’enfant et évoquer les méandres de son éducation. Elle est devenue très célèbre en 1967 avec les séries d’émissions Docteur X sur Europe1, puis Lorsque l’enfant paraît sur France Inter en 1976. Elle publiera ensuite de nombreux ouvrages destinés au grand public, qui font encore référence comme La cause des adolescents en 1988 et La difficulté de vivre en 1995.

 

Une attaque ad hominem

Il semble pourtant que le traitement médiatique des théories de Françoise Dolto soit quelque peu enjolivé, tout comme l’autorité indiscutable qu’on leur confère encore dans le domaine du développement de l’enfant. Ceci au point de ne laisser aucune place à une éventuelle approche critique de ces théories. Il est très difficile d’aborder avec quelques doutes la valeur objective des théories de Françoise Dolto sur la prime enfance sans affronter un œil accusateur, prêt à attaquer en diffamation pour protéger l’icône.

De la même façon que Jean-Louis Racca propose de savoir s’il est possible de critiquer la psychanalyse (voir son article Peut-on critiquer la psychanalyse ?), la question se pose également ici avec plus de provocation : peut-on critiquer Françoise Dolto ?

Évidemment la zététique met d’emblée en garde sur les biais de l’attaque ad hominem [1]. C’est donc bien sur les théories qu’elle a élaborées et médiatisées, et non sur elle-même, que porte le débat. Ce n’est donc pas de l’anti-Dolto mais bien une démarche d’inventaire. Il faut pour cela, au préalable, accepter d’abandonner l’argument d’autorité dont elle bénéficie indiscutablement, pour se centrer sur ses affirmations et leurs valeurs aujourd’hui. C’est ce que propose Didier Pleux docteur en psychologie du développement et psychologue clinicien, dans son livre Génération Dolto (2008, Odile Jacob) [2].

 

Le contexte est important

Didier Pleux évoque d’abord le contexte d’élaboration des théories de Françoise Dolto : une société des années 50-60, emprunte d’un autoritarisme considérable, et pour qui majoritairement l'enfant en bas âge « est considéré principalement comme un tube digestif ». Le travail de Françoise Dolto va donc avoir une portée très importante dans ce contexte. De la même façon dont le freudisme en son temps va permettre de réduire la culpabilité liée au plaisir sexuel [3], parler de l’enfant et de sa personnalité propre va progressivement ouvrir l’idée de le respecter dans sa singularité, de l’écouter, de lui parler et de tenter de le comprendre pour faciliter son développement. « Oui, Françoise Dolto a bouleversé notre regard sur l’enfance. Oui, elle a marqué par sa profonde humanité les convictions éducatives de ses contemporains. Oui, elle est l’une des pionnières qui a permis la reconnaissance du potentiel de chaque enfant qui devait jusqu’alors obéir et attendre l’âge adulte pour exister réellement. […] Mais il faut replacer cette pensée dans le contexte de son époque » écrit Jacques Trémintin [4]. Son travail a fait découvrir l’intérêt de chercher à comprendre l’enfant plutôt que de s’arrêter littéralement aux manifestations de colère, d’opposition, de crise ou de blocage qu’il peut avoir.

 

Un paradoxe

Cette pensée comporte paradoxalement, quand on la précise, des injonctions extrêmes, incohérentes et surtout culpabilisantes pour les parents. Ainsi, Françoise Dolto dira [4] : « À leur égard, ils n’ont que des devoirs, alors que leurs enfants n’ont vis-à-vis d’eux que des droits, jusqu'à leur majorité. » Pour elle, « les enfants savent tout inconsciemment » et leurs comportements sont les symptômes d’une demande inconsciente à interpréter pour pouvoir l’assouvir. Sur fond d’interprétation psychanalytique marquée incontestablement par sa collaboration avec Lacan, elle propose de voir chez l’enfant : les pleurs nocturnes comme son intérêt pour la différence des sexes ; une angine comme une angoisse d’abandon ; une otite pour refuser d’entendre, etc. Françoise Dolto expliquera par exemple comment une difficulté d’apprentissage de la lecture figure le complexe d’Œdipe, « lire » représentant symboliquement le « lit » parental.

Jamais l’évolution des conceptions de psychologie cognitive ne seront prises en compte dans son travail, comme la frustration ordinaire d’un enfant cherchant à se satisfaire, sans encore de capacité de renoncer à l’immédiateté. Chaque fait est analysé et révèle la manifestation inconsciente de l’enfant. Pire, cette conception un peu simpliste étant très séduisante - car elle semble pouvoir s’observer facilement sur l’enfant et donc est validée subjectivement - et facilement assimilable - ses ouvrages de vulgarisation sont très abordables – elle éclipsera pendant de nombreuses année et peut-être encore maintenant les recherches scientifiques sur le développement de l’enfant [5]. Ses théories vont donc prendre une place dans le champ de la psychologie, place qu’il est encore difficile aujourd’hui de libérer.

Il semble aujourd’hui que la lecture des théories de Françoise Dolto puisse être exagérée voire pousser à l’extrême : attention au faux dilemme [6]! La volonté de ne pas instaurer un modèle éducatif rigide et autoritaire peut tendre à encourager l’émergence d’un enfant-roi où l’autonomie serait innée et non construite progressivement à travers une maturité guidée par l’adulte comme par ses paires.

 

Nicolas Gaillard

 

Notes :
[1] L'attaque ad hominem : littéralement « vis à vis de l'homme » [...], cette erreur de raisonnement (voire cette manipulation) tend à réorienter une réflexion sur une idée vers une réflexion sur la personne qui émet cette idée. Le but d'une attaque ad hominem est de critiquer la personne qui affirme quelque chose dans l'espoir que cela constituera une critique de l'affirmation. Affirmer que quelqu'un est athée, communiste, pédophile ou néo-nazi n'est en aucun cas suffisant pour réfuter les déclarations de cette personne.
[2] voir l’interview de Didier Pleux en vidéo.
[3] C. Meyer (sous la direction de), Le Livre noir de la psychanalyse, Paris, Les Arènes, 2005. p 77.
[4] Jacques Trémintin, Lien social, n°904, novembre 2008, p 30.
[5] Voir par exemple de Jérôme Kagan Des idées reçues en psychologie (Paris, Odile Jacob, 2000).
[6] Le faux dilemme est un sophisme qui consiste à ne présenter que deux uniques possibilités à une situation. Ce raisonnement est fallacieux car il amène à ne choisir que l’une ou l’autre, sans alternative et en excluant d'autres possibilités éventuelles.

 

 


BILLET
La médecine nous tue ?


 

Invité de Jean-Marc Morandini sur Europe1, le 23 Octobre 2008, Marc Menant fait la promotion de son dernier livre, La médecine nous tue. L'émission est en podcast sur le site de la radio.

Ce simple titre mérite déjà un commentaire : fait-il allusion à la « médecine » en tant que science dont l'objet d’étude est le corps humain et sa santé ? Les différents modes de traitement ou de prévention des maladies ? La communauté des médecins, le corps médical ? Ou bien les groupes pharmaceutiques ? Quoi qu’il en soit, cette émission fût un festival d’erreurs de raisonnement où Marc Menant a… tout mélangé.

D’abord, en ce qui concerne les vaccins, il a dénoncé leur inefficacité, « prouvée » selon lui par leurs effets secondaires. Puis, il s’est attaqué à la dangerosité des médicaments en avançant le chiffre de 1,3 millions d'hospitalisations par an pour des effets iatrogènes (c’est-à-dire occasionné par un traitement médical). Il a fini son raisonnement par cette phrase sublime : « je ne suis pas opposé aux médicaments, je suis opposé aux médicaments dans les trois-quarts des cas » et conclut ensuite en reprochant à la médecine de s’attaquer aux symptômes plutôt qu’à la cause de la maladie.

Voilà, on tient notre triptyque de la critique de la médecine dite (à tort) « officielle » par les partisans des médecines dites « naturelles » (alors qu’elles n’ont souvent rien de naturel) ou « douces » (sans l’être pour autant). 1) La médecine scientifique est dangereuse car elle a des effets secondaires. Cet argument sous-entend que les médecines dites « douces », comme l’homéopathie ou l’acupuncture, elles, n'en auraient pas mais sont-elles nécessairement « mieux » ? 2) Il y a un complot des groupes pharmaceutiques, des politiques, et des médecins qui freinent, pour des raisons économiques, le développement des médecines « alternatives ». 3) Il y a une « raison » pour expliquer toute maladie ; c’est elle qu’il faut trouver pour pouvoir guérir.

Effectivement, le fonctionnement des groupes pharmaceutiques est critiquable. Certaines de leurs logiques économiques sont scandaleuses mais leurs médicaments n’en sont pas pour autant inefficaces. Par ailleurs, les logiques économiques d’une entreprise comme Boiron ne sont guère différentes.

Effectivement les médicaments ont des effets secondaires, mais ceux-ci sont connus car étudiés. Il est important d'informer le patient sur ces risques potentiels mais aussi de lui donner les connaissances suffisantes en ce qui concerne les médecines dites douces pour qu'il puisse faire son choix en toute connaissance de cause.

Quant à la recherche de la cause, elle génère souvent de la culpabilité lorsque celle-ci est décrétée d’ordre psychologique (manque d’estime de soi, problème relationnel avec la famille, etc.) ; elle se noie dans un flou ésotérique pseudo-scientifique lorsqu’elle évoque un « déséquilibre d’énergie » ; elle devient même paranoïaque lorsqu’elle « révèle » un complot (« il ne faut pas chercher ailleurs que dans les vaccins, la cause de l’explosion des allergies », pour Marc Menant). Au lieu de chercher des causes floues, une médecine plus « humaine » permettrait aux médecins de consacrer plus de temps à chaque patient.

Finalement, les critiques de Marc Menant déplacent le problème sans apporter de solutions intelligentes, ce qui est d’autant plus grave de la part d’un journaliste. Battons-nous pour améliorer notre système de santé, et pour cela, je pense qu’il y a mieux à faire que de lire son livre.

Éric Bévillard

 

 


AGENDA


 

Conférences

Le mardi 13 janvier 2009, l’association Autres horizons a invité Joël Lunardi, professeur au CHU de Grenoble, pour une conférence intitulée « L'évolution, une théorie scientifique ». Lors de cette soirée destinée au grand public, le conférencier s’intéressera au débat sur l'origine et l'évolution du monde, en particulier du monde vivant. Ce débat fort ancien dont on trouve les premières traces chez les philosophes grecs de l’Antiquité, se poursuit encore aujourd’hui entre tenants d'un évolutionnisme fondé sur des éléments scientifiques rationnels et partisans d'un créationnisme dogmatique.

L'évolution, une théorie scientifique
Mardi 13 janvier 2009 à 20h30
Espace Victor Schoelcher
89 avenue de Grenoble 38180 Seyssins
Terminus tram C
Informations : 04.76.84.92.72.

 

Le 23 janvier 2009, Henri Broch, professeur à l’Université de Nice Sophia-Antipolis où il enseigne la physique et la zététique, sera à la médiathèque Communautaire de Valbonne près de Nice, pour entamer le cycle de conférences « Les vendredis de la zététique ». Ce premier rendez-vous, intitulé « Le paranormal face à la science », sera l’occasion d’une présentation générale de la démarche zététique et de ses outils. Henri Broch illustrera ses propos en abordant différents thèmes afin de plonger son public au coeur des phénomènes « extraordinaires ».

Le paranormal face à la science
Vendredi 23 janvier 2009 à 18h
Médiathèque Communautaire de Valbonne
1855 route des Dolines 06560 Valbonne Sophia Antipolis
Entrée libre et gratuite
Informations : 04.92.19.76.00

 

Cette année, l’association Sciences Technologie Société (ASTS) consacre son cycle de conférences « Les horizons du savoir » à la zététique et au « paranormal ». Le 20 janvier 2009, elle reçoit Aline Sarradon-Eck et Jean Brissonnet pour une conférence intitulée Les médecines douces : une chimère ?. Alors que les médecines dites douces sont de plus en plus pratiquées, faut-il y voir un échec de la médecine scientifique ? Et si on se mettait d'abord d’accord sur ce que l'on appelle « médecine » et sur les critères d’évaluation de son efficacité ?

Les médecines douces : Une Chimère ?
Mardi 20 janvier 2009 à 18h30
Espace Écureuil
26 rue Montgrand 13006 Marseille
Entrée libre et gratuite
Pour toute information, contacter Mathieu Orban.

 

Le lundi 2 février 2009, dans le cadre de son cycle de conférences « Les lundis de la pensée critique », le Cercle de zététique de Toulouse propose une conférence de Neset Mandi intitulée « La météorite de Toungouska en Sibérie : entre fantasmes et réalité ».

Dans la matinée du 30 juin 1908,à 7h14, en Sibérie centrale, se produisit l'une des plus grandes explosions connues dans l'histoire de l'humanité. La rareté des témoignages visuels et l'importance inhabituelle du phénomène ont donné lieu à des hypothèses plus ou moins fantaisistes sur l'origine de cette explosion. S'agissait-il d'un vaisseau extra-terrestre en panne qui se serait échoué ? Ou d'un micro-trou noir qui aurait percuté la terre ? Et si c'était simplement une météorite de taille respectable ? À l’occasion du centenaire de cet événement, Neset Mandi fera le point sur ce mystère.

La météorite de Toungouska en Sibérie : entre fantasmes et réalité
Lundi 2 février 2009 à 20h30
Maison de la philosophie
29 rue de la digue 31300 Toulouse
Tél. : 05.61.42.14.40
Entrée : 4 euros, gratuit pour les adhérents

 

Le mercredi 4 février 2009 à 18h, le Cercle des rationalistes de Lyon et sa région (C.R.L.R.), antenne régionale de l’Union rationaliste, organise une conférence consacrée à la zététique. Pour cela, elle a invité Stanislas Antczak à venir parler de « Phénomènes paranormaux et étranges, illusions ou impostures ? La démarche de recherche de l’observatoire zététique ».

Phénomènes paranormaux et étranges, illusions ou impostures ?
Mercredi 4 février 2009 à de 18h à 20h
Mairie du 3e arrondissement de Lyon
215 rue Duguesclin 69003 Lyon
Métro B (arrêt Place Guichard) ou Tram T1
Entrée : 5 euros

 

Le cycle de conférences Évolution ? Évolution ! organisé par la Société Géologique de France à destination du grand public arrive à Lyon le vendredi 27 février 2009. Au programme, six conférenciers : André Schaaf, Claude Babin, Jean Dubessy, Guillaume Lecointre, Pascal Picq et Armand de Ricqlès particulièrement sensibilisés aux problèmes posés par les dérives créationnistes. Leur objectif est de faire le point sur les connaissances sur l'histoire de la Terre et nos origines, pour « s'opposer à toutes les tentatives de présentation du créationnisme en tant que discipline scientifique ».

Évolution ? Évolution !
Vendredi 27 février 2009
Université Claude Bernard
Entrée gratuite

Réservation auprès de Christophe Lécuyer
Programme complet : http://sgfr.free.fr

 


DIVERTISSEMENT


 

Il y a des spectacles tellement surprenants dans la nature qu’il est parfois difficile de savoir si leur origine est vraiment naturelle ou s’ils sont le résultat d’une intervention humaine. Voici quelques exemples de saison.


Les icebergs à rayures

L'année dernière, des icebergs marbrés de bleu et de noir ont été découverts au large de l'Antarctique et photographiés par Oyvind Tangen, un marin norvégien. Ses photos, publiées en mars 2008, ont depuis fait le tour du monde, notamment dans un diaporama diffusé par mail. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ces photos n’ont pas été retouchées. Ces marbrures peuvent avoir différentes origines et témoignent de la longue histoire de l’iceberg qui met des centaines voire des milliers d’années à se former. Les rayures bleues sont dues aux cycles de dégel-gel des couches de glace qui libèrent les bulles d’air emprisonnées donnant à la neige sa couleur blanche. Les rayures noires ou vertes contiennent des sédiments ou des algues, accumulés généralement aux abords de côtes. D’autres photos de ce type sont en ligne sur le site de l’Australian Antartic Division.

 

Des « vagues » figées dans la glace

Ces images spectaculaires ont également beaucoup circulé par mail, accompagnées d’un commentaire évoquant le gel instantané d’une gigantesque vague. Pourtant le bleu de sa glace prouve que cet immense glacier a au contraire une bien longue histoire. En effet, la glace apparaît blanche et peu transparente lorsqu’elle est jeune et contient de nombreuses bulles d’air car la lumière n’y pénètre que peu profondément avant d’être réfractée à l’extérieur par les bulles. Son absorption par la glace étant faible, la lumière réémise est peu différente de la lumière blanche incidente. En été, lorsque la glace de surface fond, l’air s’échappe. Lorsqu’elle regèle en hiver, la glace devient plus compacte et se comprime progressivement sous l’action des nouvelles couches de neige et de glace qui viennent s’accumuler chaque hiver. En l’absence de bulles, la lumière n’a plus d’obstacle et pénètre donc plus profondément dans la masse. Les ondes rouges de son spectre sont alors absorbées et la lumière réémise est essentiellement bleue.

Ces photos ont été prises par le scientifique Tony Travouillon en Antarctique ; d’autres sont publiées sur son site.



Un arbre transformé en sculpture de glace

 

Cette sculpture naturelle a été découverte au début de l'année, près de Skelmersdale, dans le West Lancashire en Angleterre. D’après la journaliste, ce phénomène s’explique simplement par des projections d’eau depuis un caniveau, dues au passage des voitures sur la route à proximité. Aspergé régulièrement, l’arbre a été recouvert de stalactites avec le gel.

 


Cette newsletter a été préparée par Stanislas Antczak, Brigitte Axelrad, Éric Bévillard, Géraldine Fabre, Nicolas Gaillard, Florent Martin, Fabien Millioz, Richard Monvoisin et Franck Villard.