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POZ n°41 Imprimer Envoyer
Jeudi, 13 Novembre 2008 14:13

 


SOMMAIRE


 


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ÉDITO


 

Ami lecteur, toi à qui je ne cache rien de moi, tu sais depuis quelques temps que je suis né un 11 novembre. C'était donc avant-hier mon anniversaire et tu ne m'as rien offert. J'en suis fort marri, Joseph (tu permets que je t'appelle Joseph ?). Tel que je te connais, tu as préféré, à la commémoration de la naissance de l'éditorialiste de l'opus qui te fait vibrer chaque mois, aller plastronner le long des avenues, le petit doigt sur la couture du pantalon, au rythme des flonflons militaires.

Je ne t'en veux pas, ami lecteur, il a fallu que tu commémores, comme on dit à Moroni. Et je t'en veux d'autant moins que moi, mon anniversaire, tu sais, ça me laisse froid. Je souscris de bonne grâce aux fêtes familiales parce que c'est toujours une rencontre agréable, organisée d'une main sûre par mes parents (youyou, papa, maman, regardez, c'est votre fils qui écrit), mais que ce soit pour mon anniversaire, pour l'indépendance de l'Angola, la mort de Yasser Arafat ou la découverte de la Martinique par Colomb, peu me chaut (et pourtant j'avais dit que ça me laissait froid).

Se souvenir un tantinet de l'atroce boucherie-charcuterie que fut la guerre de 14-18, c'est vrai que c'est peut-être plus utile. Encore que s'en souvenir un jour par an, sur commande, je ne sais pas trop l'intérêt. Il ne reste aucun ancien combattant français, mais il y en a de par le monde une poignée, qui se demandent peut-être pourquoi on les ennuie chaque 11 novembre alors qu'on s'en désintéresse le reste du temps.

Quelques jours auparavant, ça commémora déjà pas mal. Déjà pour la Toussaint, qui comme son nom l'indique invite le chrétien à célébrer tous les saints, donc éventuellement à se remémorer leur vie sainte, pieuse et édifiante au service de la gloire de Dieu. Et puis pour la Fête des défunts le lendemain, où le chrétien est censé penser à ses morts à lui. À part pour les marchands de chrysanthèmes, ce n'est pas très réjouissant, en fait, ces commémorations. Je préfère encore mon anniversaire. Mais bon, rien ne dit qu'il faille se réjouir sans cesse, les raisons de le faire n'abondant d'ailleurs pas toujours.

Ou bien alors on essaye de rigoler un peu avec des choses tristes, comme pour Halloween, fête d'importation du massacre des cucurbitacées. Mais dans tous les cas il y a quand même bien des morts en jeu. Les médiums, spirites et spécialistes de la transcommunication instrumentale ne doivent plus savoir où donner de l'« esprit, es-tu là ? » en ces temps macabres.

Si tu ne connais pas la transcommunication instrumentale, ami lecteur, n'hésite pas à te pencher sur ce moyen sophistiqué d'entrer en contact avec les défunts de ton choix. Enregistre par exemple un bruit de froissement et repasse le son au ralenti. Il y a de fortes chances que tu entendes de nombreux messages de l'au-delà. De même que l'on voit des messages célestes dans les formes des nuages (c'est fou ce qu'on peut nous causer de nounours ou d'éléphants et très peu de moulins à café, dans les nuages), dans les taches d'humidité ou de brûlé, on peut entendre, si on prête l'oreille et le cerveau, plein de choses intelligibles dans ce qui n'a pas de sens. Tu peux aussi recréer ces pareidolies auditives en cherchant du sens en français dans des chansons non francophones, voire en les passant à l'envers.

Exercices pour la prochaine fois, sur un cahier propre :

  • trouver, dans l'enregistrement d'un papier froissé passé au ralenti, le message « Arrête ces bruits de froissements, on ne peut plus reposer en paix ici » ; pour bien faire, la voix devra ne pas comporter de fréquence fondamentale, argument important des adeptes de la transcommunication instrumentale pour garantir l'authenticité des voix de l'au-delà ;

  • transcrire en français les paroles d'un hymne national comme ça a été fait pour l'hymne soviétique, en y reconnaissant d'importants messages géopolitiques de personnalités défuntes (par exemple Churchill, Napoléon, Gengis Khan, Jeanne d'Arc ou Michel Galabru) ;

  • écouter toutes les chansons de Richard Gotainer à l'envers et déceler des messages satanistes glissés là par les démons qui l'habitent, occultes.

Si tu nous envoies tes enregistrements inédits et leur mode d'emploi, nous les mettrons en ligne.

Stanislas Antczak
éditorialiste mémorable

 

 


LES NOUVELLES DE L’OZ


 

Rencontre avec Roger Gonnet et petit plongeon dans la scientologie

Le 3 novembre 2008, la réunion mensuelle de l’Observatoire zététique s’est tenue en présence de Roger Gonnet. L’ancien cadre de l’Église de scientologie, aujourd’hui webmaster du site www.antisectes.net nous a rendu visite pour nous raconter son histoire, de sa rencontre avec la dianétique (la méthode imaginée dans les années 50 par Ron Hubbard, fondateur de l’Église de scientologie) à son combat actuel contre cette organisation considérée en France comme une secte. Roger Gonnet a passé huit années en scientologie et fondé en 1974 le centre lyonnais de la secte. Ayant atteint un des plus hauts degrés d'initiation, il connaît très bien et de l’intérieur tous les rouages du mouvement et les méthodes employées. Il a donc pu nous décrire les séances d’audition que subissent les membres.

L'audition est au cœur de la pratique scientologue ; elle est présentée comme une « technologie spirituelle » dont l'application permet d'« améliorer sa propre condition et son existence, ainsi que celles des gens de son entourage ». Pour cela, l’auditeur utilise un « électromètre » censé pouvoir mesurer l'état ou les changements d'état spirituel de la personne auditionnée, autrement appelé sa « charge mentale ». Roger avait apporté plusieurs modèles de cet étrange appareil ressemblant à un ohmmètre sophistiqué (comme le laissent penser de précédentes expertises) avec ses potentiomètres de changement de calibre et son cadran à aiguille. Notre président Stanislas Antczak et d’autres membres se sont donc prêtés à quelques tests qui nous ont tous laissés assez dubitatifs sur les causes réelles des mouvements de l’aiguille. L’investigation sera donc poussée plus loin pour comprendre précisément le fonctionnement de cet électromètre. Je connais un électronicien qui est déjà en train de le démonter…

 

Lors de la réunion mensuelle de novembre aux Bas Côtés (à gauche), Roger Gonnet (au centre), ex-membre de l'église de scientologie, nous a présenté l'électromètre utilisé dans les auditions scientologues, appareil qu'a évidemment testé Stanislas Antczak, actuel président de l'OZ (à droite).

 

Conférence à Marseille

Stanislas Antczak s’est rendu le 28 octobre 2008 à Marseille pour y donner avec Denis Caroti, collaborateur du Laboratoire de Zététique de l'université de Nice-Sophia Antipolis, une conférence sur la zététique. Leur exposé inaugurait le cycle de conférences « Les horizons du savoir » organisé par l'ASTS-PACA et consacré cette année aux phénomènes réputés « paranormaux ».

Devant 80 personnes environ et pendant une heure et demi, les deux zététiciens ont présenté ce qui se cache derrière le terme peu connu de zététique, c'est-à-dire une méthode de recherche et d’analyse basée sur le doute, la vérification des informations et l’expérimentation scientifique. Ils ont exposé la nécessité d’avoir un regard critique sur le « paranormal » et ont abordé différents aspects de l'étude particulière de ce champ : cognitifs, épistémologiques, méthodologiques, rhétoriques, pédagogiques. Ils ont ensuite répondu aux questions du public, parfois avec un peu d’humour. Par exemple, quand on leur a demandé : «Y a-t-il des organismes d'État qui utilisent la zététique ? », Stan a répondu : « Oui, nous travaillons souvent avec la CIA ») mais c'était juste une plaisanterie (si vous en doutez, lisez vite La leçon de ChOz).

Le cycle des « Horizons du savoir » continue ce mois-ci avec une conférence d’Éric Maillot sur l’application de la zététique à l’ufologie (voir notre Agenda).

 

Interview croisée dans Science et Inexpliqué

Dans le numéro 6 de la revue Science et Inexpliqué, Éric Déguillaume, membre de l’OZ et spécialiste des ovnis, répond aux questions de Nicolas Montigiani sur l’ufologie. Le journaliste a adressé les mêmes questions à Gildas Bourdais, un autre ufologue, et synthétise dans cet article de 6 pages les deux interviews croisées. Les points de vue d’un ufologue sceptique et d’un ufologue convaincu de l’existence d’un phénomène extraterrestre intelligent sont donc confrontés. Les avis divergent sur les « preuves », leurs interprétations et les enquêtes menées notamment par le GEIPAN (groupe d'études et d'informations sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés) dont la faiblesse méthodologique a pourtant été très clairement pointée par le livre Les OVNI du CNES, trente ans d’études officielles (1977-2007) co-écrit par Éric Déguillaume, Éric Maillot et David Rossoni (Book-e-book, 2007).

Conclusion de Gildas Bourdais : « Pour moi, l’hypothèse extraterrestre ou « HET » reste la plus probable, jusqu’à preuve du contraire. ». On appelle cela une inversion de la charge de la preuve : car s’il est en théorie simple de démontrer l’existence des extraterrestres – il suffit d’en montrer un –, il est impossible de démontrer leur inexistence. Gildas Bourdais n’aura donc jamais sa « preuve du contraire ». Pour Éric, l’existence d’extraterrestres « n’est étayée par aucun fait probant à l’heure actuelle ». Il conseille donc « l’application systématique d’une méthodologie sans faille ni biais » pour y voir plus clair.

 

L’OZ dans la Quatrième Dimension

Les grands fans de science-fiction, comme ma maman et moi, savent déjà que la série mythique La Quatrième Dimension (The Twilight Zone dans sa version originale) a été rééditée en DVD, sous forme de coffrets. Mais il est également possible d’acquérir progressivement tous les épisodes de la série (il y en a quand même 156) 3 par 3, en achetant un DVD, tous les quinze jours, chez votre marchand de journaux ou en s’abonnant en ligne. L’offre est alléchante au début : 2,99 euros le DVD, mais le second coûte déjà 6,99 euros et les 18 suivants, 10,99 euros. Pour ce prix-là, le DVD est tout de même accompagné d’un fascicule de 16 pages comportant notamment des informations inédites sur les coulisses de la série, des dossiers sur les grands films de science-fiction et sur l’univers de l’étrange.

Dans le n°13 de ce magazine, Jérôme Wybon, spécialiste des séries SF, signe un article intitulé « Zététique, le clan des sceptiques ». Il y est question d’Henri Broch comme fondateur du mouvement français, mais aussi et surtout des facultés extraordinaires de Jean-Pierre Girard. Dans cette présentation de la zététique, le journaliste rapporte que malgré des tests rigoureux réalisés en laboratoire à Grenoble, l’ancien magicien avec toute sa bonne foi n’a jamais réussi à faire reconnaître la réalité de ses pouvoirs de psychokinèse. Et le journaliste de conclure : « Certains dossiers comme celui-ci restent ainsi à jamais ouverts, montrant dans une certaine mesure la limite de ce scepticisme zététique qui dans cette quête effrénée de la preuve, peut parfois donner l’impression de pousser l’incrédulité jusqu’à l’obstination. » Cependant, l’histoire de ces expériences, qui datent des années 70, est loin d’être aussi simple comme en donne un petit aperçu le long fil « Le cas Jean-Pierre Girard » sur le forum des sceptiques du Québec. En effet, de nombreux éléments remettent en question la rigueur et les conclusions de ces tests. Rappelons juste qu’une affirmation extraordinaire nécessite une preuve solide et que la bonne foi n'est pas un argument. Les zététiciens ne pratiquent qu’un doute raisonnable…

En tout cas, Jérôme Wybon nous lit puisque dans le n°9, son article « Les out of body experiences » fait référence au dossier de Nicolas Vivant en donnant l’adresse du site web de l’Observatoire zététique. Et voilà, l’OZ dans la Quatrième Dimension.


Géraldine Fabre

 

 


ACTUALITÉS
Les actus du « paranormal »


 

Viticulture et biodynamie

Fin octobre, depuis plusieurs années maintenant, la place Victor Hugo de Grenoble transformée pour l'occasion en village de toile et de verdure, accueille Le Millésime, un festival œnologique et musical. Pendant une dizaine de jours, mélomanes et œnophiles profitent d’une programmation raffinée qui charme les papilles et les oreilles. Au cœur du village vigneron, au son des concerts qui se succèdent, des viticulteurs partagent leur passion en faisant découvrir leurs vins. De nombreux ateliers permettent aux néophytes et aux curieux de s’initier à l’œnologie lors de dégustations pédagogiques. C’est ainsi (mais pas tout à fait par hasard) que Florent et moi nous sommes retrouvés un matin à la présentation du sommelier Hervé Pasquet intitulée « Vive la biodynamie ! ».

 

Le Festival du Millésime à Grenoble : le village vigneron (à gauche), les vins biodynamiques que nous avons goûtés (au centre) et l'orgue à senteurs (à droite) pour s'initier à l'œnologie.

 

Sous une petite tente contenant une quarantaine de personnes, sagement assises un verre (vide) à la main, le sommelier, tout sourire, a commencé son exposé en nous avouant qu’il se soignait à l’homéopathie : « J’en consomme et je sais que cela me fait du bien ». Le parallèle ne nous a pas semblé très évident au premier abord mais Hervé Pasquet a laissé la parole à son ami et viticulteur utilisant la biodynamie pour nous l’expliquer. Ce monsieur, fort sympathique et non moins souriant, a lui commencé par déclarer : « On rentre en biodynamie comme on rentre en religion ». La croyance est-elle donc au coeur de cette agriculture ?

Effectivement, à travers l’exposé un peu confus du viticulteur, nous avons compris que la biodynamie, censée produire des « vins propres », se base sur des principes d’agriculture raisonnée et biologique (utilisation minimale de produits chimiques en particulier) auxquels elle ajoute des recettes « magiques » mais d’après les témoignages rapportés « qui marchent spectaculairement ». Ses principes ont été définis dans les années 1920 par Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie, et sont empreints d’homéopathie et d’astrologie. Les préparations ajoutées au compost ou pulvérisées sur les plantes (en remplacement des engrais chimiques) sont des dilutions homéopathiques dynamisées obtenues à partir plantes, de quartz (silice) ou de bouse de vache introduite dans une corne enterrée durant plusieurs semaines*. Les traitements sont appliqués en fonction des « rythmes cosmiques et terrestres » et des influences astrales. Par exemple, pour se débarrasser des mulots, il faudrait brûler la peau d'un mulot au moment où Vénus est devant la constellation du Scorpion. Il suffirait ensuite de répandre sur les champs une dilution homéopathique dynamisée de ces cendres qui contiendraient « la force négative qui s'oppose à la force de reproduction du mulot ».

Le public perplexe (même après le troisième verre de vin biodynamique) a émis quelques critiques, vite balayées d’un sourire et d’analogies étranges : « La silice diluée et dynamisée transmet une information à la plante ? Oui, on utilise bien du silicium pour faire des ordinateurs ».

À la fin de la dégustation, le parallèle d’introduction avec l’homéopathie ne nous semblait plus si incongru : la biodynamie semble en effet être à la viticulture ce que l’homéopathie est à la médecine scientifique. Les utilisateurs valident les principes « magiques » d’après les résultats, qualité du vin d’un côté, bien-être de l’autre, ce que l’on appelle le sophisme du pragmatisme. Et l’expérience personnelle se substitue à l’expérimentation scientifique. Dans le cas de la biodynamie, « ça marche » peut-être tout simplement parce que cette technique exige que le viticulteur passe plus de temps à s’occuper de ses vignes qu’il sait fragilisées par l’absence de traitements (d’où le parallèle avec la religion car entre les préparations et les applications, c’est un véritable sacerdoce !). Cette hypothèse n’est en tout cas pas à exclure.

Certains penseront peut-être « Peu importe, buvons leur vin, il est bon ! ». Je ne sais pas, je ne suis pas suffisamment experte pour donner mon avis sur la qualité, mais la promotion de cette agriculture véhicule pensée magique et ésotérisme. Alors retenons surtout que dans "biodynamie", il y a "bio".

Géraldine Fabre

 

* D’après le site www.biodynamie-services.fr :« On utilise 100 grammes de « bouse de corne » dans un minimum de 30 à 35 litres d'eau par hectare. Pour des parcelles inférieures à 10 ares (1000 mètres carrés) on utilise 10 à 20 grammes dans 5 à 10 litres d'eau et on pulvérise le tout. »

 

 



En bref

 

Le titre de médecine n’est pas protégé

Si pour se dire médecin, il faut détenir un doctorat en médecine, le terme de médecine, qu’elle soit scientifique, douce, chinoise ou alternative, est lui beaucoup moins protégé. En effet, alors qu’en mai 2007, la cour d'appel de Metz interdit à un praticien de la « médecine chinoise » d'utiliser le terme de « médecine », cette décision vient d’être en partie annulée par la première chambre civile de la Cour de cassation, confirmant l'interdiction de l'usage du terme « médecin », mais autorisant celui de « médecine ». Les dispositions du code de la santé publique relatives à l'exercice illégal de la médecine ne protègent donc pas les « médecines » qui ne sont finalement pas pratiquées que par des « médecins ». (dépêche AFP du 28 octobre 2008).

 

 


 

Le bazar du bizarre

 

Dieu n’a pas de compte à rendre à la justice américaine

La plainte du sénateur du Nebraska, Ernie Chambers contre Dieu pour « la mort, la destruction et la terreur » qu’il provoque, a été rejetée par le juge Marlon Polk du fait que le plaignant n’était pas en mesure de donner l’adresse de l’accusé. « Étant donné que l'accusé ne pourra jamais être joint, cette affaire ne peut être examinée », précise le juge dans ses attendus. Une réponse qui présuppose déjà son existence…

 

Le fantôme d’Elvis Prestley refait surface

« Grâce » à une médium, Lisa Marie Prestley a pu présenter ses enfants à leur grand-père disparu en 1977, lors d’une séance de « communication » avec l’au-delà. « Not only was it his voice but I could feel the exact same love he gave me when I was a little girl. [...] I would know his energy anywhere and this was him, I have no doubt. » (« Non seulement c’était sa voix, mais je pouvais aussi sentir l’amour qu’il me témoignait lorsque j’étais petite. Je reconnaîtrai son énergie n’importe où, c’était lui, je n’ai aucun doute. »). Il fait bien de revenir : avec 52 millions de dollars gagnés en 2007, le King est au sommet du palmarès des célébrités décédées.

 

La crise financière était inscrite dans les astres

Pour l'astrologue indien Raj Kumar Sharma, la crise financière mondiale était inscrite dans les astres. « Le Lion est le signe zodiacal du Soleil et le Soleil symbolise le père dans l'astrologie indienne. Mais le fils du Soleil, Saturne, ne s'entend pas avec son père. Dès qu'ils sont en contact, ils se chamaillent et mettent les marchés en péril », explique doctement l’ « astro-financier ». Or à la fin avril, Ketu, une « planète fantôme » de la mythologie hindoue représentant l'échec et le manque de richesses, a rejoint Saturne dans la constellation du Lion. Et puis fin juin, Mars est arrivé en Lion… Et voilà…C’était écrit… mais beaucoup plus lisible après coup ! Pour l’avenir M. Sharma n’est pas très optimiste : « La crise va continuer pendant deux ou trois ans ».

 

L’inspiration « frappe » à 23h04

Une étude (dont les références ne sont jamais citées) aurait montré que nous serions dans notre meilleure phase d'inspiration à 23h04 précise. Le sondage réalisé auprès de 1426 personnes révèle aussi que le moment le moins propice de la journée serait 16h33. Profitez donc bien de ces deux minutes chaque jour, la première pour écrire une théorie révolutionnaire, la seconde pour boire un café. Ah, vraiment rien qu’avec des moyennes, on arrive à faire dire n’importe quoi aux chiffres…

 

 


ENQUÊTE
Complètement alimentaire


 

Le mois de novembre commence à peine est c’est déjà l’hiver qui pointe son nez dans nos pharmacies et grands magasins. Car pour faire face à cette période propice à la fatigue, au coup de pompe physique et intellectuel et autre surmenage, c’est bien connu : il faut un coup de pouce ! Celui-ci s’entend évidemment au travers des quelques centaines de produits stimulants, remontants et vitaminés disponibles en rayons. Ils empruntent la forme des médicaments : gélules, comprimés effervescents, solutions buvables, ampoules, etc.

Un complément alimentaire est, rappelons-le, une denrée alimentaire qui va compléter un régime ordinaire : vitamine, oligo-éléments, protéines, fibres… Il complète une alimentation lors de déficits transitoires liés en général à une mauvaise alimentation. En tant que denrée alimentaire, ces produits dépendent du code de la consommation et non de celui de la santé publique, ils n’ont donc pas besoin d’autorisation de mise sur le marché (A.M.M) contrairement aux médicaments. Pourtant leurs revendications ne manquent pas de prétention : « Renforce les défenses naturelles, aide à se sentir mieux, rééquilibre, harmonise, protége, tonifie, purifie, détoxine, brûle les graisses, draine, raffermie, limite le stockage des lipides et des glucides, etc. »

Ces compléments alimentaires et autres produits de régime sont quasiment toujours accompagnés d’allégations scientifiques : « démontré cliniquement, scientifiquement prouvé, testé sous contrôle médical, efficacité garantie, etc. ». Cependant, ces produits sont à des années lumière d’avoir prouvé leur efficacité ; ils représentent toutefois un marché bien lucratif qui dépasserait un milliard d’euros par an.

Dans son numéro du mois de novembre le magazine Que Choisir publie un étonnant article au titre évocateur : « Compléments alimentaires : sur un air de pipeau » et ne tergiverse pas sur l’efficacité de ces produits : tous bidon !

Cet article dénonce un discours pseudo-scientifique et rend compte du travail d’investigation concernant les compléments alimentaires avec une démarche pour le moins zététicienne.

L’article souligne le marketing douteux voire manipulateur qui prête souvent à confusion, d’abord en étant trop proche de la présentation d’un médicament. 60% de la vente des compléments alimentaires étant réalisé en pharmacie, ils bénéficient ainsi de l’effet d’autorité des pharmaciens.
Ces produits surfent également sur les différentes croyances populaires qui sont souvent sans fondement. L’idée reçue de l’efficacité de la vitamine C par exemple, pour améliorer le tonus ou lutter contre les infections bactériennes, est largement invalidée par de nombreuses recherches scientifiques.

Ensuite, c’est un étiquetage flou qui lui aussi prête à confusion. Par exemple, certains produits de vitamine C indiquent un dosage de 1000 mg - référence implicite au 1000 mg des comprimés d’aspirine et de paracétamol - de poudre d’acérola et ne détiennent en réalité que 120 à 180 mg de vitamine. Dans des dosages plus importants au delà de 500 mg par comprimé, c’est la notice qui conseille de prendre strictement ¼ de comprimé par jour, pour ne pas être sous le coup de la réglementation des produits vitaminés. À charge pour le client de bien lire la notice !

Enfin, l’utilisation habile du latin dans la liste d’ingrédients pour renforcer l’apparence scientifique : Pyrus malus et Petroselinum sativum font plus sérieux que pomme et persil !

De nombreuses substances sont ainsi utilisées moins pour leur réelle efficacité que pour ce qu’elles évoquent et les idées reçues qui leurs sont associées (produits naturels, traditionnels, etc.) : thé vert, guarana, orange amère, figues de Barbarie…

Pour vérifier les allégations des fabricants de produits « ligne et minceur » les plus vendus, les enquêteurs ont simplement demandé aux fabricants les études scientifiques sur lesquelles ils se basent pour commercialiser leurs produits afin d’étudier les différents protocoles et leurs résultats. Simple, non ? Et pourtant ! 4 fabricants n’ont rien communiqués. 8 fabricants fournissent des études biaisées. Celles-ci sont auto-référencées, c'est-à-dire que les auteurs se citent eux-même en ne faisant référence qu'à leurs propres travaux. De plus, les résultats des études (fastidieuses à lire) démontrent en réalité l’inefficacité du produit ou ne concernent qu’un seul ingrédient du produit. Les protocoles de tests sont souvent contestables : certains comprennent par exemple des régimes draconiens, des produits s’adressant à des personnes âgés sont testés sur de jeunes adultes ou des personnes en surpoids, des tests sont réalisés sur un échantillon de 20 personnes, les évaluations sont très subjectives (« sensation » de diminution des graisses par exemple), sans parler de l’absence de test contre placebo, de test en simple aveugle, etc. Bref, une méthodologie bien peu scientifique.

L’article rappelle les aspects fondamentaux attendus pour une étude scientifique pertinente sur ce sujet : Double aveugle, contre placebo, sur un groupe de la population ciblée par le produit, dans des conditions normales d’utilisation (sans régime draconien !) et surtout avec une méthodologie de test clinique éprouvée : entre autre avec des critères préalables d’évaluations, une significativité statistique des groupes, des descriptions des mesures, etc.

La conclusion de cet article est sans équivoque ; malgré des allégations d’efficacités prouvées par des études scientifiques, les compléments alimentaires et les produits de minceurs ont des effets quasiment nuls.

L’émission Service public sur France Inter, le mardi 4 novembre 2008, était consacrée au « Marché de la forme avant l’hiver : le business des produits antifatigue, compléments alimentaires, vitamines… ». L’émission revenait sur la publication du journal en invitant Fabienne Maleysson, enquêtrice pour l'UFC- Que choisir qui n’a pas manqué de réitérer les doutes sérieux de l’enquête quant à ces produits. Elle a en outre passé un véritable coup de gueule et dénoncé le sérieux des produits à visée « psychologique », entre autre sensés rééquilibrer l’harmonie pour des enfants qui rencontrent des problèmes affectifs et relationnels « Je mange bien, je suis sage, je suis tonique, je dors bien, je suis résistant. » peut-on lire sur une publicité. Fabienne Maleysson a également dénoncé l’argument « ça ne peut pas faire de mal », en faisant référence aux avis défavorables de l’AFSSA (l’agence française de sécurité sanitaire des aliments) pour de nombreuses substances contenues dans les compléments alimentaires et produits minceurs qui sont à l’origine de défaillances médicales, notamment à cause de surdosage. Cet aspect est traité dans son article.

Brigitte Lelièvre, responsable au Syndicat de la diététique et des compléments alimentaires était également invitée pour répondre aux doutes quant à l’efficacité de ces produits : cette dernière n’aura de cesse d’invoquer un travail au niveau européen sur l’évaluation des allégations des produits par un comité scientifique européen. Ce travail va aboutir sur un rapport 2010. D’ici là ? Rien à dire !

Enfin, l’émission a réalisé un reportage en micro caché effarant qui révèle les conseils d’un pharmacien pour un produit quasi magique : qui donne un coup de fouet toute la journée mais vous permet de bien dormir quand vous le souhaitez. Grandiose, à entendre !

Nicolas Gaillard

 

À lire :

Que choisir, n°464, novembre 2008.
Dossier « Alimentation et santé » de la publication de l’AFIS (Association française pour l’information scientifique) Science et pseudo-sciences, n° 283, octobre 2008.

 

À écouter :

Service public, « Marché de la forme avant l’hiver : le business des produits antifatigue, compléments alimentaires, vitamines… » France Inter, émission du mardi 4 novembre 2008.

 

Pour aller plus loin :
Des idées reçues sur de nombreuses substances alimentaires sur le site http://charlatans.info .
L'article du blog Sens commun sur les arnaques des compléments alimentaires.

 

 


LA LEÇON DE CHOZ :
Zététique et théorie du complot


 

L'esprit critique tend à se méfier des théories du complot parce qu'elles naissent de leur propre réfutation. Explication : en règle générale, on considère à juste titre que « l'absence de la preuve n'est pas la preuve de l'absence ». La conséquence logique de ce principe est qu'il est impossible de démontrer l'inexistence de quelque chose, et que l'on doit donc démontrer positivement ce qu'on affirme exister. Une chose qui n'est pas démontrée est ainsi considérée, en science, comme inexistante jusqu'à preuve du contraire (sachant qu'une véritable ouverture d'esprit implique d'imaginer aussi que cette « preuve du contraire » ne vienne jamais parce que le phénomène considéré n'existe pas tout court).

 

Des théories irréfutables

Les complotistes, eux, dévoient ce principe. Puisqu'ils n'ont pas de preuve que leur théorie est la bonne, au lieu de remettre en question leur opinion, ils vont imaginer que les preuves existent, mais qu'elles ont été dissimulées ou supprimées par quelque sombre personnage ou institution. C'est là un bel exemple de réduction au plus court de ce qu'on appelle communément la dissonance cognitive : plutôt que de revenir sur une croyance qui fonde en partie ou en totalité sa personnalité, le partisan du complot aura tendance à échafauder ce genre de théorie ou à s'y accrocher. Si l'absence de preuve n'est pas la preuve de l'absence, pour le complotiste, l'absence de preuve devient preuve du complot. Pour lui, s'il n'y a pas de preuve, ce n'est pas parce que la théorie qu’il soutient est fausse (chose inconcevable), c'est parce qu'elles ont été supprimées. Et donc, qu'il y a complot pour les faire disparaître. Et quand on fait remarquer qu'il n'y a pas de preuves d'une telle conspiration, on vous rétorquera que c'est normal, puisque le complot les a toutes fait disparaître. Ainsi, la théorie du complot s'autoalimente en permanence.

C'est ce qui en fait la force, et sans doute la popularité : comme on ne peut pas, logiquement, prouver l'inexistence de tels complots, ceux-ci sont « irréfutables » au sens où l'entendait Karl Popper ; accessoirement, de ce fait, les théories du complot ne peuvent être considérées comme des théories scientifiques. En effet, pour qu'une théorie puisse être traitée scientifiquement et raisonnablement, il faut qu'elle soit réfutable. Sans réfutablité, point de démarche visant à trier le vraisemblable du faux.

Une façon relativement simple de mettre en évidence le caractère irréfutable (et donc non scientifique) d'une théorie basée sur l'existence d'un complot est de demander au tenant de celle-ci quelle preuve il accepterait pour reconsidérer la validité de son hypothèse. En règle générale, on se rend compte que, pour lui, aucune preuve n'est finalement acceptable.

 

L'absence de données objectives pour supporter la théorie

À la longue, cela finit par déboucher sur des allégations surréalistes, avec des complots tentaculaires et omnipotents ne laissant jamais aucune trace ni aucune preuve de ce qu'ils sont censés dissimuler, ni même un indice crédible de leur existence. Paradoxalement, ces comploteurs seraient à la fois assez forts pour faire disparaître toute preuve de leur implication, mais en même temps assez stupides pour attirer l'attention de quelque « chercheur de vérité » ou internaute, « initié » d'un genre nouveau qui voit ce que les autres ne voient pas, et le laisser s'épancher sans limites sur le secret qu'ils sont censés protéger à tout prix (bien sûr, quand on leur fait remarquer cette incohérence, les complotistes échafaudent une nouvelle explication ad hoc sur mesure : « c'est de la désinformation », « cela fait partie du complot » - vous noterez qu'on peut tourner longtemps en rond comme cela !). On peut aussi faire remarquer que, l'erreur étant humaine, on voit mal comment des conspirations impliquant autant de monde pourraient durer parfois des décennies sans laisser échapper la moindre trace crédible de leur existence.

Évidemment, les tenants d'une théorie du complot vous rétorqueront que ces indices existent, puisqu'ils les voient. C'est là qu'il incombe de redoubler de vigilance critique. « La source d'une information est fondamentale », dit-on en zététique : demandons-nous d'où vient l'information. S'agit-il d'une source anonyme, travaillant prétendument dans telle agence gouvernementale et ayant accès à des informations « above top secret » ? N'importe qui peut écrire ce genre de « témoignage » et le poster anonymement sur Internet, cela ne rend pas vrai ce qu'il y raconte pour autant. Si la source est nommée, il convient si c'est possible de vérifier ses dires, si tant est qu'ils soient vérifiables. Si ce n'est pas le cas, mieux vaut afficher la plus grande circonspection, voire passer son chemin.

 

L'utilisation du curseur de vraisemblance

Certaines des théories complotistes s'appuient sur la mise en évidence d'« anomalies » dans les « thèses officielles ». C'est le cas, par exemple, de celles qui remettent en cause le premier pas de l'Homme sur la lune ou la réalité des attentats du 11 septembre 2001 aux États-unis. Aux tenants de ces théories, il est très difficile de faire comprendre que les anomalies, réelles ou supposées, si elles peuvent permettre de se questionner sur les conclusions présentées, ne sont en aucun cas un indice de la validité de théories alternatives. La publication des anomalies, si elle n'est pas suivie d'une recherche de preuves objective, ne peut constituer qu'une première étape. Or, où sont les preuves d'une « démolition contrôlée » des tours du World Trade Center ? Où sont les preuves d'une reconstitution en studio de l'alunissage de Apollo 11 ?

Face à deux théories concurrentes concernant un même phénomène, le zététicien aura tendance à utiliser un élément essentiel de sa boîte à outil : le curseur de vraisemblance. Sur une échelle de 0 (invraisemblable) à 10 (certain), celui-ci essaiera de positionner les différentes théories en fonction de leur coût cognitif. Ainsi, une théorie qui remet en cause l'ensemble des connaissances scientifiques actuelles et qui n'est appuyée par aucune donnée objective sera jugée moins vraisemblable qu'une théorie qui s'inscrit dans le corpus des données scientifiques connues et pour laquelle on dispose de nombreuses données objectives. On peut illustrer cela en comparant la masse d'informations récoltée lors de la mission Apollo 11[1] au manque de données permettant de valider la théorie d'une reconstitution en studio. Ajoutons à cela qu'en pleine guerre froide le gouvernement soviétique n'a jamais remis en question la réalité de cette mission et le positionnement du curseur de vraisemblance se précise : la théorie selon laquelle l'Homme n'aurait pas posé le pied sur la lune lors de la mission Apollo 11 est alors d'autant moins vraisemblable (que les Russes avaient les moyens de savoir).

 

Rasoir d'Ockham et rasoir de Hanlon

Le contexte des événements cités et des preuves avancées par les complotistes est également à prendre à considération. Par exemple, l'armée de l'air états-unienne s'est bien livrée à une certaine dissimulation sur les ovnis, dans les années 1940-50. Seulement, ce n'était pas pour cacher au monde l'existence d'une intelligence extraterrestre, mais plutôt sa propre incompétence. En effet, ses officiers n'étaient alors pas du tout formés à étudier des cas d'ovnis et rarement capables de détecter les méprises simples qui forment l'essentiel du corpus des témoignages - ce qu'elle ne savait pas elle-même à l'époque. Or, le simple fait qu'il y ait dans l'espace aérien nord-américain quelque chose (les ovnis) que l'US Air Force ne sache pas expliquer (parce qu'elle n'avait pas les compétences techniques pour le faire) et contrôler, à une époque où sa mission première est de défendre le pays contre une intrusion nucléaire soviétique, était politiquement inadmissible. Ses dirigeants ont donc fini par choisir de ne plus parler des ovnis, en imaginant que les gens cesseraient d'en voir.[2]

En pareil cas, il faut donc aussi savoir se servir de ce qu'on nomme le « rasoir de Hanlon », un dérivé du fameux « rasoir d'Ockham » adapté aux théories du complot. On pourrait le résumer par « il n'est pas nécessaire d'attribuer à la malice ce que la bêtise suffit à expliquer ». En d'autres termes, l'incompétence, l'erreur sont des imperfections bien humaines et lorsqu'on examine un événement que d'aucuns attribuent à l'oeuvre d'un complot, il faut toujours se pencher en priorité sur ces explications simples et « moins coûteuses » avant d'y voir le résultat d'une hypothétique volonté délibérée.

Questions à se poser pour évaluer la vraisemblance une théorie :

  • Qui est à l'origine de cette théorie ?
  • Qu'affirme-t-il exactement ?
  • Quelles données l'auteur de la théorie apporte-t-il à l'appui de celle-ci ?
  • Quelles sont les hypothèses alternatives ?
  • Quelles sont les données qui appuient les autres thèses ?
  • Quelles sont les preuves que l'auteur jugerait acceptables pour considérer que sa théorie est fausse ?
  • Quel est le contexte (social, politique, économique...) ?

 

Éric Déguillaume et Nicolas Vivant.

 

Notes :
[1] voir notre article « Au sujet de Apollo 11 et des premiers pas de l'Homme sur la lune... »
[2] Voir, par exemple, le livre de Edward J. Ruppelt : The Report On Unidentified Flying Objects, disponible en ligne à l'adresse www.nicap.org/rufo/contents.htm (en langue anglaise).
À lire également : Quelques principes de zététique.

 

 


CULTURE ET ZÉTÉTIQUE


 

Les critiques du créationnisme

En 2009, nous fêterons le bicentenaire de la naissance de Charles Darwin et les 150 ans de la publication de son livre L'origine des espèces (On the Origin of Species by Means of Natural Selection). Depuis sa première formulation, la théorie de l’évolution est probablement la plus discutée des théories scientifiques car elle offre une alternative aux différents systèmes de croyance sur l’origine de l’humain et du monde. Elle a ouvert de vastes domaines de recherches et, bien que vieille d’un siècle et demi, elle génère toujours une intense activité scientifique. Mais face au développement inquiétant de courants de pensée remettant en question sa validité ou lui attribuant une « intelligence », tels que le créationnisme ou le dessein intelligent (Intelligent Design), de nombreux scientifiques prennent aujourd’hui la parole pour rappeler que la théorie de l’évolution est soutenue par de nombreuses preuves et découvertes interdisciplinaires.

Ainsi, le 25 octobre 2008, Pascal Picq, paléanthropologue et maître de conférences au Collège de France, et Jacques Arnould, dominicain, ingénieur agronome, docteur en histoire des sciences et en théologie, étaient les invités de l’émission Répliques sur France Culture. Pendant une petite heure, ils ont confronté leurs points de vue dans un débat finalement plus philosophique et politique que scientifique mais qui permet de faire la distinction entre ce qui relève de la science et de la croyance. L’émission peut être écoutée en ligne depuis le site de France Culture.

De la même façon, dans le cadre de l'Année Internationale de la Planète Terre, la Société Géologique de France organise en 2008-2009, dans six villes françaises un cycle de conférences intitulé « Évolution ? Évolution ! ». Ce cycle est destiné au grand public et plus particulièrement aux élèves de collèges et lycées. Les premières journées à Strasbourg et à Bordeaux ont connu un grand succès. Les conférences filmées sont maintenant visibles en ligne sur le site Canal U. Vous pourrez y regarder les interventions de :

 


 

Spectacle de magie

Depuis le 31 octobre et jusqu’au 31 décembre 2008, le célèbre magicien français, Gérard Majax, présente son nouveau spectacle À la conquête du paranormal. Au Balajo à Paris, accompagné par le professeur Wonderfool, Gérard Majax plonge son public dans l’univers étrange du « paranormal » avec l’humour qui caractérise ses démystifications en spectacle. Démonstrations de télékinésie, de télépathie, opérations de chirurgie à mains nues, prédiction du Loto, etc., on sait qu’il y a un truc mais cela reste bluffant et même parfois un peu énervant.

 

 


AGENDA


 

Fête de la Science

Cette année encore, l’Observatoire zététique participera à l’opération « Place aux sciences ! » lors de la Fête de la Science. Présents sous les chapiteaux de la place Victor Hugo, en plein cœur de Grenoble du 14 au 16 novembre 2008, les membres de l’OZ animeront le stand Zététique : esprit critique, es-tu là ?. Des expériences ludiques et surprenantes serviront de prétexte pour discuter de méthodologie scientifique et du scepticisme. L’entrée est libre et gratuite. Les esprits critiques seront au rendez-vous et leur curiosité ne sera pas un vilain défaut.

Fête de la science
Zététique : esprit critique, es-tu là ?
Du 14 au 16 novembre 2008
Place Victor Hugo à Grenoble
Entrée libre et gratuite

 

 



Conférences
Cette année, l’association Sciences Technologie Société (ASTS) consacre son cycle de conférences « Les horizons du savoir » à la zététique et au « paranormal ». Le 25 novembre 2008, elle reçoit l’ufologue Éric Maillot pour une conférence intitulée Ovnis, que la lumière soit, où la zététique sera appliquée au domaine de l’ufologie. Après trente ans d'études officielles des OVNI par le CNES en France, peut-on raisonnablement envisager une origine extraterrestre à ces phénomènes ? Existe-t-il des preuves qu'il s'agisse d'un phénomène inconnu de l'homme ?

Ovnis, que la lumière soit
Mardi 25 novembre à 18h30
Espace Écureuil
26 Rue Montgrand 13006 Marseille
Entrée libre et gratuite
Pour toute information, contacter Mathieu Orban.


Dans le cadre de ses rendez-vous mensuels « Les lundis de la pensée critique », le 1er décembre 2008, le Cercle de zététique de Toulouse propose une conférence d’Éric Lowen intitulée Les guérisons spirituelles : à la confluence de croyances, illusions, propagande.
« Les guérisons grâce à la spiritualité existent-elles ? Comment définir avec précision la notion de « guérison spirituelle » ? Quelles en sont les différentes formes et manifestations ? Où se situe la limite entre réalité, illusion et affabulation ? Quels sont les principes qui régissent ces phénomènes ? Pourquoi les religions utilisent-elles ces prétendus pouvoirs de guérisons ? N’est-ce pas abuser de la crédulité ou de la faiblesse des fidèles ? »

Les guérisons spirituelles
Lundi 1er décembre 2008 à 20h30
Maison de la philosophie
29 rue de la digue 31300 Toulouse
Entrée : 4 euros - adhérents : gratuit.
Le programme complet des conférences


Éric Déguillaume, co-auteur avec Éric Maillot et David Rossoni de Les OVNI du CNES : 30 ans d'études officielles 1977-2007 (2007, Book-e-book) sera l’intervenant principal du prochain Repas ufologique grenoblois, qui aura lieu le jeudi 4 décembre au restaurant Le Dix Vins. Il y présentera la démarche zététique et son application à l’ufologie.
Les repas ufologiques grenoblois permettent aux passionnés et curieux d’ufologie de se rencontrer le premier jeudi des mois pairs, autour d’un dîner convivial, laissant la place aux débats.

Le repas ufologique grenoblois de décembre
Jeudi 4 décembre 2008 à partir de 19h
Restaurant Le Dix Vins
2 avenue Félix Viallet 38000 Grenoble


Le cycle de conférences Évolution ? Évolution ! organisé par la Société Géologique de France sur le thème de l’évolution connaît un grand succès. Les réservations sont donc vivement conseillées. Les prochaines journées auront lieu à l'Université de Rennes 1 le 5 décembre 2008 et à Lyon le 27 février 2009. Au programme, six conférenciers, biologistes, géologues, paléontologues, sensibilisés aux problèmes posés par les dérives créationnistes. Leur objectif est de faire le point sur les connaissances sur l'histoire de la Terre et nos origines, pour « s'opposer à toutes les tentatives de présentation du créationnisme en tant que discipline scientifique».

Évolution ? Évolution !
Vendredi 5 décembre 2008
Université Rennes 1
Entrée gratuite
Réservation obligatoire auprès d’Alain-Hervé Le Gall (02 23 23 60 75)
Programme complet : http://sgfr.free.fr

 

 


DIVERTISSEMENT



Nos sens peuvent nous tromper

Nous le savons, nos sens ne sont pas toujours très fiables. Parmi les illusions dont nous pouvons être victimes, il y a celles qui sont auditives, optiques ou même culturelles. Regardez les vidéos ci-dessous et demandez-vous ce qui vous donne l'impression qu'il s'agit de maquettes.

 

 

L'auteur, Keith Loutit, a utilisé la technique du "tilt-shift" qui, en décalant l'objectif de l'appareil photo, recrée artificiellement une profondeur de champ très courte, ce qui donne l'impression que le paysage est une maquette. En effet, nous avons appris à force d’observation que plus le premier ou l’arrière plan d’une image est flou, plus le sujet a été pris de près ou avec le zoom. À l’inverse, les photos de paysage sont toujours nettes partout. Les photographes savent pourquoi : c’est lié à l’ouverture de l’objectif. Plus elle est grande, plus la profondeur de champ (la distance sur laquelle l'image est nette) sera courte. C’est le mode "portrait" de votre appareil automatique.

On peut également bricoler cet effet en retouchant une image. C’est ce que j’ai fait dans cet exemple, en procédant comme suit :
- rendre le premier plan et l'arrière plan progressivement plus flou.
- augmenter la saturation (c'est-à-dire la vivacité des couleurs) pour imiter des peintures artificielles.
- augmenter aussi le contraste pour réduire la brune liée à la distance.

De nombreux sites web proposent des galeries et des didacticiels.

 

Insolite : La photo du mois

 

 

 

La photo du mois est anglaise et plus précisément londonienne. Une association d’athées, the British Humanist Association (BHA), vient d’équiper trente des célèbres bus rouges qui sillonnent la capitale anglaise, avec de grandes affiches publicitaires déclarant : « There's probably no God. Now stop worrying and enjoy your life. » (Il est probable que Dieu n’existe pas. Arrêtez de vous en faire et profitez de la vie.). Selon Hanne Stinson, directrice de la BHA, cette campagne est une réponse au matraquage publicitaire biblique : « We see so many posters advertising salvation through Jesus or threatening us with eternal damnation, that I feel sure that a bus advert like this will be welcomed as a breath of fresh air. » (« Nous voyons tellement d’affiches publicitaires nous promettant le salut grâce à Jésus ou nous effrayant avec la damnation éternelle que je suis sûre qu’une annonce comme celle-ci dans le bus sera aussi bien venue qu’une bouffée d’air frais. »). En tout cas, cela fait réfléchir : qu'est ce qui est le moins agressif (ou le moins faux) : affirmer que Dieu n'existe peut-être pas ou que les non-croyants subiront mille tourments dans les flammes de l'Enfer ?

 


 

Cette newsletter a été préparée par Stanislas Antczak, Éric Déguillaume, Géraldine Fabre, Nicolas Gaillard, Florent Martin et Nicolas Vivant.

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