Inscription à notre newsletter




POZ n°42 Imprimer Envoyer
Samedi, 13 Décembre 2008 14:13

 


SOMMAIRE


 

  • Les nouvelles de l’OZ
    Fête de la Science de Grenoble
    L'OZ sur Direct8
    Nouveau dossier en ligne : Faux souvenirs et manipulation mentale
  • Actualités
    Les poils du Yéti appartiennent à un goral
    Le bazar du bizarre
  • PsychOz : Une bouteille à l'amer
  • Culture et zététique
    En librairie : deux nouveaux livrets dans la collection Une chandelle dans les ténèbres
    Le podcast des Sceptiques du Québec
  • Agenda
  • Divertissement : La photo du mois

 


ÉDITO


 

« Les chaussettes, ça sert à rien qu'à puer des pieds. »
Victor Hugo, cité par Charlie Schlingo.

Il y a quelque temps, je fus invité dans le Cantal porter la bonne parole zététique à un séminaire de distingués savants en herbe. N'écoutant que mon courage, je bravai l'orage grondant dans les parages et m'en fus en voyage à travers les villages pour haranguer l'aréopage de physiciens, otages de mon verbiage. Une bonne surprise m'attendait : lors de l'expérience bidon de radiesthésie qu'ils étaient censés améliorer dans un louable but pédagogique, ils pensèrent au double aveugle. Cela n'avait rien d'évident, hein, ami lecteur, et j'en parle en connaissance de cause puisque ma formation était à peu près la même que la leur et jamais, au cours de mes études de physicien, on ne m'a appris à faire des expériences en double aveugle. Pas plus qu'on ne m'a initié à l'analyse statistique des résultats desdites expériences. Comme quoi, quand on dit qu'il n'y a plus de jeunesse, hein, bon.

Lors de la traditionnelle séance de questions qui suivit mon exposé, l'un des organisateurs du séminaire, lui-même physicien, m'a reproché un fâcheux parallèle entre Élizabeth Teissier, astrologue notoire, et Yves Rocard, physicien connu par les physiciens pour avoir mis au point la bombe A et la bombe H françaises, par le grand public pour avoir mis au point Michel Rocard, politicien français, et par les radiesthésistes pour avoir mis au point des expériences de radiesthésie et une théorie qui va avec. Effectivement, il y avait une diapositive de mon exposé qui affichait côte à côte Élizabeth Teissier, Yves Rocard, ainsi que Uri Geller (célèbre tordeur de cuillers) et Bernadette Goeury, qui prétend avoir gagné au loto grâce à son pendule. Ils étaient ensemble parce que tous les quatre ont une affirmation de type paranormal : Yves Rocard dit « Ça marche, on peut trouver de l'eau grâce au pendule », Élizabeth Teissier dit « Ça marche, on peut prévoir l'avenir grâce à l'astrologie », etc.

Un peu avant, j'avais cité des scientifiques qui s'étaient abusés eux-mêmes ou qui s'étaient laissé abuser par d'autres au sujet de paranormal. Et j'ai mentionné les séances de spiritisme qui, il y a un siècle, attiraient tout le gratin, dont des scientifiques. Le même organisateur, lors des questions, me demanda de préciser ma pensée, de lui donner les noms des scientifiques en question. Et je citai Pierre et Marie Curie. Il me reprocha ensuite, en quelque sorte, de salir leur mémoire. Nous discutâmes du sujet ensemble sans sortir de l'ornière.

Je ne sais pas ce que tu en penses, ami lecteur. Peut-on, ou non, dire que ces grands savants ont failli, dans un domaine qui n'est pas tout à fait leur domaine de recherche, mais qui fait partie de leurs domaines de compétence supposés puisqu'en tant que scientifiques, ils sont censés avoir de l'esprit critique ? Ah oui, parce que je considère qu'ils ont failli, hein : les expériences de Rocard, que chacun peut lire dans son dernier livre, sont honteusement mal faites, nul besoin d'être un grand scientifique pour le voir ; pour les Curie, je n'ai pas démêlé l'écheveau d'éléments s'étant mis à les hanter pour qu'ils aillent, au moins une fois, faire du spiritisme (ben oui, l'écheveau s'hante les Curie).

Pour moi, c'est de l'idolâtrie. J'y ai d'ailleurs succombé, dans mon jeune temps : je vouais une solide admiration à Galilée, qui était une sacrée tête de lard et un sacré scientifique, quand bien même c'était aussi un emperruqué mondain. J'en suis guéri et je pense cette idolâtrie néfaste pour le bon fonctionnement de la science. Il est normal d'avoir des défaillances, il me semble. Un grand physicien nucléaire, un petit négociant en vins du Jura, une moyenne pharmacienne ou une large employée de banque ont parfois, dans des domaines adjacents à leur domaine de compétences professionnel, des mauvais jugements. Yves Rocard, lui, semble s'être enfermé dans ses erreurs avec une certaine mauvaise foi. Pour cela, il est blâmable. Mais cela n'enlève rien à son travail de physicien nucléaire : la France a la Bombe ; qu'Yves Rocard ait fait de la radiesthésie n'y change rien.

Cette personnification de la science est assez naturelle, on fait ça tout le temps et pas que pour la science. Mieux vaudrait toutefois, à mon humble avis, s'attacher aux idées qu'aux personnes. Ainsi, ne pas parler de darwinisme mais de théorie(s) de l'évolution, histoire de ne pas faire croire que lesdites théories ont été révélées dans un Livre sacré par Darwin, fondateur d'un mouvement religieux.

Fais comme moi, ami lecteur, brûle ton t-shirt où l'on voit Einstein qui tire la langue et remplace-le par un anorak où tu écriras au feutre le théorème de l'énergie cinétique, que je te donne ici gratuitement parce que l'éducation est encore un service public : « Dans un référentiel galiléen, la variation de l'énergie cinétique d'un système en translation entre deux positions est égale à la somme des travaux des forces qu'il subit lors de ce déplacement. »

Stanislas Antczak
éditorialiste iconoclaste


LES NOUVELLES DE L’OZ


 

La fête de la science

Cette année, la Fête de la science avait lieu du 17 au 23 novembre, mais à Grenoble, elle débute traditionnellement le week-end précédent par l’opération « Place aux Sciences » organisée sous les chapiteaux installés pour l’occasion place Victor Hugo. Cette année encore, l’Observatoire zététique a encadré un groupe de moniteurs du CIES (Centre d’initiation à l’enseignement supérieur) pour l’animation d’un stand consacré à l’esprit critique.

Quelques photos de la Fête de la science. De gauche à droite :
La place Victor Hugo de Grenoble, le stand Zététique, l'histogramme de l'expérience sur l'influence de la Lune, Florent et Édouard en plein débat.

 

Durant trois jours, du 14 au 16 novembre 2008, malgré le froid, nous avons présenté à un public toujours nombreux et très intrigué par le terme « zététique », les principes de la méthodologie scientifique et les outils de la démarche critique. Nos propos étaient illustrés par deux petites expériences qui ont rencontré un très grand succès à en juger par le nombre de participants. La première était la fameuse catalepsie sans hypnose qui permet de vérifier simplement si le fait de tenir à l’horizontale entre deux tréteaux est extraordinaire, comme le prétendent certains hypnotiseurs. Ainsi, le public de la Fête de la science a pu se rendre compte qu’il n’était nullement utile de faire appel à une explication de type « paranormal » pour réussir cet « exploit ». Les lois de la physique, en particulier un principe simple de mécanique (effet de voûte), suffisent pour reproduire parfaitement le phénomène.

Une fois la curiosité des spectateurs attisée, nous leur proposions de soumettre à l’épreuve des faits la croyance répandue en l’influence de la Lune sur les naissances. En effet, on entend très souvent, et les sages-femmes sont nombreuses à en témoigner, que le nombre des naissances augmente à la pleine Lune. Pourtant, un moyen très simple de vérifier cette allégation est de consulter les registres et de voir si les variations du nombre des naissances sont significativement corrélées aux différentes phases de la Lune. C’est le principe de l’expérience que nous proposions aux visiteurs de notre stand. Pour cela, nous avions préparé un calendrier lunaire répertoriant toutes les phases de la Lune depuis le 1er janvier 1930. Après y avoir identifié la phase de la Lune correspondant au jour de sa naissance (nous renouvelons encore nos excuses aux deux charmantes dames qui n’ont pu trouver les leurs), chaque participant plaçait une boule de papier dans la colonne de l’histogramme correspondante. À la fin du week-end, 627 personnes avaient participé et les écarts trouvés entre les différentes phases de la Lune n’étaient pas significatifs (d’après la valeur du Chi² qui est de 4,39, la répartition n’est pas significativement éloignée d’une distribution uniforme).

Ces deux expériences étaient de bons prétextes pour parler des principes zététiques, principes de bon sens que l’on oublie pourtant quand on se positionne en terme de croyance (« j’y crois/ je n’y crois pas ») sur des sujets qui peuvent être expérimentés ou des affirmations qui peuvent être vérifiées.

Petite anecdote, nous portions des blouses blanches dans le but d’attirer l’attention du public sur cet argument d’autorité, ancré dans la représentation du chercheur. Nos badges indiquaient « Florent Martin, spécialiste en tout » et « Géraldine Fabre, géologie-obstétrique ». Nous avons été surpris par le peu de personnes que ces mentions humoristiques ont fait réagir.

 

Conférence à St Flour

Le mercredi 3 décembre 2009, au Théâtre municipal de Saint-Flour, dans le Cantal, dans le cadre des Journées jeunes chercheurs organisées par la division Champs et Particules de la Société française de physique et par la Société belge de physique, Stanislas Antczak a présenté la zététique à une assemblée d'une cinquantaine de doctorants en physique des particules, physique nucléaire, physique théorique et astrophysique. Après avoir justifié l'intérêt qu'il y a à étudier scientifiquement le paranormal, il a abordé différents aspects de l'étude : les aspects cognitifs, en montrant que les perceptions sont faillibles et la mémoire malléable ; les aspects épistémologiques, en montrant qu'une affirmation de type paranormal donne nécessairement lieu à une démarche d'étude scientifique ; les aspects méthodologiques, en invitant le public à améliorer une expérience de radiesthésie en direct. L'exposé fut suivi d'une longue séance de questions, allant de demandes précises concernant les méthodes statistiques à utiliser jusqu'à des discussions philosophiques. Contrairement au temps neigeux, l'accueil fut très chaleureux et les discussions constructives dans une ambiance détendue.

 

Nouveau dossier sur le site de l’OZ : Faux souvenirs et manipulation mentale

Après son dossier sur Les origines du « Syndrome des faux souvenirs », Brigitte Axelrad analyse dans un nouvel article intitulé Faux souvenirs et manipulation mentale, comment la manipulation mentale conduit des patientes en psychothérapie, qui avaient gardé de leur enfance le sentiment qu’elles avaient été heureuses, à « retrouver » sous l’influence de leur thérapeute des souvenirs d’abus sexuel jusque là ignorés. L’article expose aussi le phénomène étonnant de la brusque explosion de ce « syndrome » dans les années 90 aux États-Unis, et analyse la sociologie de ses victimes.

Cette analyse a pris pour fil conducteur la pièce d’Arnold Wesker Souvenirs Fantômes (L'Avant-Scène théâtre, 2004) qui décrit la progression de la manipulation mentale et les dégâts sur la patiente et sa famille.

 

Un zététicien invité au repas ufologique grenoblois

Le 4 décembre 2008, Éric Déguillaume participait au repas ufologique grenoblois se déroulant au restaurant Le Dix Vins. Invité par François Haÿs l’organisateur de ces rendez-vous bimestriels, Éric devait présenter la démarche zététique appliquée à l’ufologie. Une vingtaine de personnes étaient venues l’écouter. La soirée a commencé en retard du fait de l’absence de François Haÿs (parti aux urgences suite à un accident domestique). En l’attendant, Luc Chastan, un autre ufologue, est revenu sur le cas, présenté lors d’un précédent repas, des lumières en formation observées à Venelles de nuit, début Juillet. Il a admis qu’il était fort probable qu’il s’agisse de la patrouille de France (qui a confirmé ses vols de nuit à cette période) malgré les objections qui lui avaient fait écarter cette hypothèse dans un premier temps. Cependant, selon lui, des détails troublants restent à élucider, comme l’absence de bruit rapportée par les témoins. Il pourrait donc encore s’agir d’extraterrestres… Après le retour de François Haÿs et un repas partagé avec convivialité, Éric n’a commencé son exposé que vers 22h30. Le public manifestant une grande méfiance vis-à-vis des sceptiques, le débat qui suivit fut animé. Éric fut en particulier âprement questionné sur le livre Les ovnis du CNES, trente ans d’études officielles (1977-2007) qui, pour ces ufologues, remet en cause un certain nombre d’acquis.

Pour Éric, peu sûr que son public ait bien compris sa démarche, le bilan de la soirée est finalement assez mitigé. De mon côté, après avoir longuement discuté avec un ufologue fortement séduit par l’hypothèse d’une origine extraterrestre des ovnis, il me semble que nos démarches divergent avant tout sur la valeur accordée aux témoignages. Alors que l’on sait aujourd’hui à quel point nos sens sont faillibles et notre mémoire malléable, mon interlocuteur a une confiance sans faille dans les témoins, nombreux, qu’il a interviewés. Paradoxalement, il m’a dit : « Je sais trop comment on peut truquer une photo pour en accepter une comme preuve ! » Ne lui a-t-on jamais menti ? Ne s'est-il lui-même jamais trompé ?

 

Assemblée Générale de l’Observatoire zététique : 12 janvier 2009

La prochaine assemblée générale ordinaire de l’OZ aura lieu le 12 janvier 2009 aux Bas Côtés (59 rue Nicolas Chorier, 38000 Grenoble) à partir de 20h. Comme chaque année, cette assemblée comportera deux parties : le bilan de l’année écoulée avec le rapport d’activité, le bilan financier et le bilan moral puis les élections des nouveaux membres du Conseil d’administration de l’association. Peuvent prendre part aux votes tous les adhérents à jour de leur cotisation. En cas d’absence, il est possible de donner procuration à un autre membre présent le soir de l’AG. Cette soirée sera également l’occasion de discuter du fonctionnement et de l’avenir de notre association qui fêtera alors ces 5 ans.

 

Enquête inédite sur la voyance : l'OZ sur Direct8

Le 1er décembre 2008, Florent Martin, membre de l’OZ, était l’un des invités de l’émission « Enquête inédite » diffusée sur Direct8. Aux côtés, d’Anne Placier, auteure de guides de la voyance, il devait réagir à un reportage sur les « voyants voyous ».

Dans l’enquête diffusée, les journalistes se demandent comment distinguer les « vrais voyants » des escrocs. Pour cela, ils proposent à un amateur d’ésotérisme de tester deux voyants aux méthodes bien différentes, en leur rendant visite. À la fin de la consultation, le sujet donne ses impressions sur la « qualité » de la prestation. Mais avec ce genre de test, très subjectif et sans contrôle, il n’est évidemment pas possible d’évaluer correctement les « dons » supposés du voyant. Cette expérience télévisuelle ne prouve finalement rien… si ce n’est le manque d’esprit critique des journalistes qui confondent là encore expérience personnelle et expérience scientifique.

Les quelques secondes de consultation intégrées dans le reportage ne permettent pas de se faire un avis objectif sur les prestations des deux voyants. On sait cependant que dans les arts divinatoires, un certain nombre de processus psychologiques, conscients ou inconscients, peuvent expliquer la justesse de certaines prédictions : l’effet puits (phrases au contenu vague auxquelles le client va donner un sens), le cold reading (lecture à froid), le hot reading (lecture "à chaud" grâce à des informations recueillies avant la consultation), les prophéties auto-réalisatrices, la chance ou même le hasard…

De plus, comme l’a précisé Anne Placier, « Même les bons voyants se trompent parfois ». Certes, mais ils ne se trompent pas toujours car on ne peut pas toujours avoir tort dans ses prédictions (ce serait un don aussi paranormal que d’avoir toujours raison). Ils peuvent donc aussi avoir raison, parfois, sans pour autant avoir un don. Alors comment distinguer les « voyants » des « escrocs » ? Du reportage, il ne ressort finalement qu’un conseil (peu judicieux) : fiez vous à votre intuition, et qu'un argument : le prix ! Si l’on vous demande trop d’argent, méfiance, il s'agit sûrement d'une escroquerie…

Pour réagir à ce reportage sur la voyance, Florent, comme Anne Placier, n’a eu que quelques minutes sans avoir pu le visionner (il était installé sur le plateau au moment de sa diffusion et rien n’était prévu pour qu’il puisse le voir). Son intervention est en ligne ; chacun pourra apprécier, selon ses critères, sa tentative de cold reading sur la présentatrice Adrienne de Malleray.

Pour prendre un peu de recul sur la consultation d’un voyant, voici quelques conseils :

  • enregistrer (ou filmer) si possible la discussion : on a parfois l’impression de n’avoir rien dit alors que nos acquiescements ou nos réactions donnent des indications ;
  • noter les prédictions exactes du voyant : on interprète souvent des paroles vagues en leur donnant un sens qui nous est propre et va au-delà de ce que disait le voyant ;
  • se demander ce qu’il y a de « singulier » dans ses prédictions, c’est-à-dire ce qui n’est valable que pour moi ;
  • évaluer la part des prédictions justes par rapport aux prédictions fausses : on a tendance à ne retenir que les prédictions justes qui sont toujours plus impressionnantes.

 


ACTUALITÉS
Les actus du « paranormal »


 

Les poils du Yéti appartiennent à un goral

En août dernier, nous vous annoncions que deux poils attribués au Yéti, retrouvés par des villageois de la région des Garo Hills, dans le nord-est de l'Inde, allaient subir des tests ADN afin de déterminer leur origine. En effet, le primatologue britannique Ian Redmond, qui avait analysé ces poils leur avait trouvé des caractéristiques humaines et simiesques, sans pour autant pouvoir les attribuer à une espèce de primates connues. Les analyses ADN allaient donc peut-être enfin résoudre le mystère du Yéti, en confirmant la découverte d’une nouvelle espèce de primates. On sait en effet depuis peu que les phanères des mammifères (productions épidermiques protectrices telles que poils, cheveux, ongles) renferment de l'ADN, malgré le fait que l'on n’y trouve aucune cellule. Cet ADN a donc pu être extrait et analysé ; verdict : le propriétaire légitime de ces deux poils est un goral de l'Himalaya, une chèvre apparentée au chamois, endémique des régions himalayennes. La conclusion est sans appel. Les cryptozoologistes sont déçus mais ce caprin étant mal connu, la nouvelle intéresse grandement les zoologistes.

Que l’on se rassure, comme il est en toute logique impossible de prouver l’inexistence du Yéti, on n’a pas fini d’analyser des poils ou de photographier des traces de pas étranges. Des alpinistes japonais ont d’ailleurs rapporté, il y a quelques semaines et après 42 jours passés dans le nord du Népal, la photographie d’une nouvelle empreinte découverte à 4800 mètres d’altitude. Les photos de l’empreinte (extrêmement nette) ont été envoyées pour analyses à l’Université de Kyoto.

 



En bref

 

Nouveau site du CNEGU

Depuis le 1er décembre 2008, le Comité nord-est des groupes ufologiques, le CNEGU, a mis en ligne son nouveau site web cnegu.info. Fondé en 1978, le CNEGU est une association francophone, étudiant le phénomène ovni, avec une démarche sceptique. Le groupe mène des enquêtes de terrain, publie des études et édite un bulletin annuel intitulé Les Mystères de l'Est. Sur son nouveau site, plusieurs articles sont déjà disponibles, dont quelques enquêtes et contre-enquêtes sur des cas médiatisés d’observations d’ovnis.

 

Les 40 ans de la revue Science et Pseudo-sciences

C’est en novembre 1968 que paraissait le premier numéro de la revue de l’Association française pour l’information scientifique (AFIS) sous la direction du journaliste scientifique Michel Rouzé. Baptisée alors Les cahiers de l’Agence Française d’Information Scientifique, elle s’intéressait déjà de manière très sceptique au phénomène ovni. Après 40 ans et 283 numéros parus, elle a abordé des sujets aussi variés que la numérologie, la graphologie, l’homéopathie, la communication facilitée, les OGM, les maisons hantées, le créationnisme, la scientologie, etc. On regrette malgré tout que le ton utilisé parfois (un peu rude !) destine plutôt ce magazine à un public déjà acquis. L’abonnement à Sciences et pseudo-sciences est au prix de 25 euros pour 5 numéros (un an).

 

 


 

Le bazar du bizarre

 

Communication extraterrestre par tatouage

Selon l’ufologue américain Michael C. Luckman, les tatouages de Robbie Williams, en particulier l’œil d’Horus qui arbore à l’arrière du cou, serait un moyen de communication avec les extraterrestres : « Avec ce dessin, Robbie semble se préparer, avec son corps, son esprit et son âme, à accomplir le voyage ultime dans l'espace dans un avenir très proche. » (« By design, Robbie seems to be preparing himself, body, mind and soul, to take the ultimate journey to space in the very near future. »). Le chanteur parle en tout cas de mettre un terme à sa carrière pour se consacrer à plein temps à l’ufologie.

 

Un arbre ressemblant à Godzilla à la une des journaux japonais

Visible seulement depuis un certain angle, la ressemblance existant entre cet arbre et le célèbre lézard géant serait frappante selon les médias japonais. C’est ce qu’on appelle une pareidolie, autrement dit une illusion optique basée sur notre tendance à reconnaître des formes dans un stimulus vague comme un nuage ou dans le cas présent le feuillage d’un arbre. Cette perception est fortement influencée par nos intérêts, nos désirs, nos espoirs, nos convictions, nos peurs. Les japonais auront donc « reconnu » l’effrayant Godzilla, là, où les européens auront peut-être plutôt identifié un pigeon ou un aigle.

 

E.T. a plus d’adeptes que Dieu…

Si l’on se fie aux résultats d’un récent sondage réalisé en Angleterre, plus de Britanniques croiraient aux extraterrestres et aux fantômes (58%) qu’en l’existence de Dieu (54%). Près d’un quart des personnes interrogées avouent même avoir déjà vécu une expérience « paranormale ». E.T. est peut-être plus facile à rencontrer que Dieu...

 

… alors l’Apocalypse est pour bientôt

Selon un autre sondage réalisé en France, 22% des Français croient en l’Apocalypse et estiment que le réchauffement climatique, le terrorisme international, les émeutes de la faim, la montée des intégrismes religieux et la crise financière et économique en sont les signes avant-coureurs. Toutefois, 28% des sondés sont restés sans opinion devant ces propositions d’indicateurs de la fin des temps.

 

 

100% de réussite pour une voyante, publicité mensongère pour les autorités

Alors qu’une voyante anglaise, Sister Charlotte, se targuait dans ses publicités de pouvoir guérir tous les maux, l’autorité de régulation de la publicité l’a mise au défi de le prouver suite à la plainte d’un client. Sa technique « enlever les énergies négatives » : « J’ai 100% de réussite avec les personnes qui viennent me voir […] Mais je ne prétends pas guérir le cancer ou résoudre les problèmes de couple » (« I am 100 per cent successful with people who come to see me […] But I don't claim to cure cancer or solve devastating marriage problems. ») a-t-elle précisé. Ses revendications pouvant induire ses clients en erreur, la voyante devra changer son argumentaire commercial.

 

 


PSYCHOZ
Une bouteille à l'amer


 

C’est bien connu : « L’alcool rend violent » ! Cette affirmation indiscutable dans le langage commun doit être néanmoins pondérée si l’on en croit une étude scientifique récente. Celle-ci souligne notamment les facteurs non spécifiques des effets de l’alcool et montre que ce n’est donc pas forcement l’alcool qui rend violent, mais peut-être simplement l’impression d’être alcoolisé.

Derrière le déplorable jeu de mot du titre (digne de la présidence de l’OZ) se cache donc une publication scientifique largement diffusée dans les médias qui mérite un peu d’attention. Une équipe de chercheurs en psychologie sociale de l’Université de Grenoble a en effet publié cette année le résultat d’une étude surprenante « Les effets extra-pharmacologiques de l’alcool sur l’agressivité ». Cette étude semble mettre en lumière les facteurs psychologiques dans l’effet de l’alcool sur le comportement d’un individu. Le simple fait de croire que l'on consomme de l'alcool augmenterait l'occurrence des comportements agressifs et cela indépendamment de la quantité d'alcool réellement consommée.

Je m’intéresse à cette publication car elle vient éclairer certaines facettes de l’effet placebo, et notamment les mécanismes de biais psychologiques en jeux.

 

A message in a bottle

L’objectif des chercheurs était de différencier les effets dus aux propriétés pharmacologiques de l'alcool des effets imputables aux attentes de consommation, qu’ils décrivent comme effet placebo. Sous le prétexte de tester des produits d’une société d’aliments énergétiques, les participants consommaient une boisson. Selon les groupes de tests, les participants consommaient sans le savoir, soit une boisson non alcoolisée, soit une boisson moyennement alcoolisée (0,5 gramme d’alcool par litre dans le sang), soit une fortement alcoolisée (1 gramme d’alcool par litre). Dans ces trois groupes, chaque sujet pensait consommer une boisson non alcoolisée, moyennement alcoolisée ou fortement alcoolisée, et ceci indépendamment de la quantité réelle d’alcool.

 

Quantité d'alcool ingérée
Aucune Moyenne Forte
Quantité d'alcool attendue Aucune Contrôle Placebo 1 Placebo 2
Moyenne Anti-placebo 1 Contrôle Placebo 3
Forte Anti-placebo 2 Anti-placebo 3 Contrôle

 

Cette situation a été rendue possible grâce au recours à un cocktail glacé qui pouvait être non alcoolisé ou en réalité alcoolisé mais masquait le goût de l’alcool. Parallèlement, on indiquait à l’oral au participant une quantité d’alcool aléatoire.

Après une demi heure, pendant que le participant remplissait un questionnaire, un compère entrait dans la salle de test sous le prétexte de tester une purée de pommes de terre (de telle façon que le participant puisse entendre cette indication). Cette purée pouvait être assaisonnée avec du sel et de la sauce piquante à disposition sur la table de test. Le compère quittait alors la salle pour quelques instants non sans frapper brutalement la chaise du participant et l’agresser verbalement. Le participant était enfin invité par un chercheur à s’asseoir à la table où se trouvait l’assiette de purée sous le prétexte de finir le test, tout en soulignant le sans-gêne de l’agresseur et en concluant par : « […] si j’étais à votre place je me vengerais ! ». Le sujet était alors laissé seul dans la pièce, sur le point de partir et avec la certitude que la purée allait être consommée par l’agresseur. Il avait ainsi la possibilité de se venger de l’agression en versant du sel et de la sauce piquante dans la purée [1].

Les chercheurs ont ensuite mesuré les doses de sel et de sauce piquante comme indicateur de l’agressivité du participant envers l’agresseur. Ils n’ont pas observé de lien significatif entre la quantité réelle d’alcool et le niveau d’agressivité mais ils ont découvert une relation significative entre la quantité d’alcool que les participant croyaient avoir bu et leur niveau d’agressivité : plus ils avaient cru boire de alcool, plus ils avaient mis de sauce piquante et de sel dans la purée.

Ces résultats suggèrent pour les chercheurs que l’effet physiologique de l’alcool n’est pas le seul mécanisme qui provoquerait l’agressivité lors d’une alcoolisation. Celle-ci libérerait également l’individu du contrôle social ordinaire de son agressivité. L’idée d’être alcoolisé - comme concept - activerait sémantiquement [2] un concept associé, celui de l’agressivité, et affaiblirait ainsi la retenue ordinaire des comportements agressifs.

Cette étude a été réalisée en double aveugle, c'est-à-dire sans que les participants et les expérimentateurs présents avec eux ne sachent quelle dose réelle d'alcool ils avaient absorbée. L’échantillonnage relativement faible - 116 participants, soit une douzaine de personnes par groupes - implique de la prudence quant aux interprétations finales. Mais ce travail vient surtout compléter d’autres études similaires, notamment celle de Marlatt et Rohsenow qui avaient mis au point ce fameux protocole en 1980.

L’étude grenobloise éclaire un peu plus les mécanismes de corrélation illusoire et la portée de leur influence sur nos comportements.

 

Corrélation illusoire et alcool

La relation causale entre alcool et violence suscite l’intérêt des chercheurs depuis plusieurs années. Les deux aspects des effets de l’alcool sont désormais largement connus : les effets physiologiques (coordination motrice, mouvements des yeux, etc.), et les effets cognitifs (traitement de l'information, jugement, attitudes, etc.) Physiologiquement, l'alcool entraîne une hausse de la dopamine qui produit une activation psychomotrice générant des sensations d'euphorie, d'accroissement de pouvoir et d'énergie, ce qui augmente également la probabilité de réponse agressive à une provocation. L'alcool produit également une baisse de la sérotonine affectant les fonctions cognitives, diminuant les capacités de communication, développant ainsi les ressentiments et, là encore, accroissant la probabilité de réponse agressive.[3]

Des expériences ont été menées avec la surprenante « machine à agresser » (Buss, 1961). Celle-ci mesure l'agressivité selon l'intensité et la durée de chocs électriques administrés par un sujet à un autre individu, d’une façon proche des expériences de Milgram [4]. Dans des situations de frustration ou de provocation, les chocs électriques sont plus importants chez les participants qui se croient alcoolisés que chez les participants qui se croient non alcoolisés, indépendamment ici aussi de la quantité réelle d’alcool. L'effet placebo contrôlé est toujours supérieur à celui de l'alcool.

Ces études expérimentales ont pour intérêt de se dérouler généralement dans des conditions pertinentes d’études scientifiques : double aveugle, groupes contrôles, précision des dosages et des mesures (de l'alcool et du niveau d'agression) et maîtrise des conditions contextuelles (hostilité, stress...). En revanche, leurs résultats ne sont pas forcément transposables à la vie réelle, tant les conditions changent d'une étude à l'autre. Les effets de l'alcool seraient très dépendants des circonstances.

Ainsi, l'accroissement de l'agressivité semble plus largement lié aux croyances des sujets concernant l'alcool qu'à l'effet pharmacologique du produit, même si celui-ci existe. Selon ces croyances issues de la socialisation de l’individu, l'alcool permettrait de s'affranchir des normes sociales et en particulier de lever l'inhibition de comportements agressifs et même sexuels dans les expériences Marlatt et Rohsenow. En psychologie sociale, ce phénomène est désigné comme une corrélation illusoire, c’est-à-dire une erreur d’interprétation de la corrélation entre deux éléments, ici la prise d’alcool puis l’agressivité. La zététique désigne cet aspect comme un effet cigogne [5]. L’individu pense consommer de l’alcool, il s’attend donc au comportement ordinaire lié à cette absorption. Celui-ci est socialement déterminé : inhibition, euphorie, excitation, agressivité, selon les circonstances [6]

Jacques Van Rillaer écrit : « L'effet « agressogène » de l'alcool est en partie conditionné par la croyance que la boisson libère des tendances agressives. C'est dans les sociétés où il est admis que l'alcool réduit la responsabilité, que ce breuvage favorise le plus la violence. Dans ces sociétés, des individus utilisent la boisson comme une excuse pour adopter des conduites socialement réprouvées. Ils considèrent que le temps de l'imprégnation alcoolique est une parenthèse pendant laquelle ils peuvent se permettre des actes normalement interdits. » [7]

Il est alors impensable de séparer les effets pharmacologiques du contexte d'utilisation et des attentes de l'usager (Marlatt, 1980). L'histoire des interactions de l'individu avec ses environnements est toujours déterminante.

Si aucune théorie n’explique formellement les mécanismes de l’effet placebo, des hypothèses tentent de cerner les différents facteurs d’action.

D’une certaine manière, l’ensemble de ces études vient éclairer les hypothèses des facteurs psychologiques et environnementaux de l’effet placebo, ou plutôt des effets non significatifs [8], sur le comportement.

 

Le facteur déterminant serait en grande partie psychologique, engendré par la croyance au traitement ou à la sensation subjective, d’un médicament ou d’une substance.

Nicolas Gaillard

Notes :
[1] Le protocole est bien sûr un peu plus élaboré pour éviter au maximum les facteurs extérieurs à l’hypothèse de l’étude.
[2] Cela confirme une précédente recherche sur le lien sémantique entre les concepts d’alcool et de violence. L. Bègue, B. Subra, (2008). Alcohol and aggression : perspectives on controlled and uncontrolled social information processing, Social and Personality Psychology Compass, vol.2, p 34-62.
[3] Certaines altérations cérébrales et des modifications hormonales (sérotonine, testostérone) favorisent des changements d'humeur et l'irritabilité, elles intensifient les réactions émotionnelles et limitent les ressources cognitives (qui permettent d'anticiper des conséquences à long terme, de différer et d'élaborer des stratégies positives de résolution de problèmes). Il en résulte une augmentation des réactions de colère et/ou d'agression. Toutefois, ces facteurs biologiques n'ont pas un effet stéréotypé : ils influencent les comportements en fonction de facteurs psychologiques et sociaux. (Inserm, 2003)
[4] Pour le détail de l’expérience de Milgram sur la soumission à l’autorité, voir psychologiesociale.com.
[5] Effet cigogne : erreur de raisonnement post hoc qui consiste à établir un lien de causalité entre deux paramètres corrélés. Pour les corrélations illusoires et ses facteurs, voir le site charlatans.info .
[6] Pour aller plus loin, voir l’Étude VAMM.
[7] Jacques Van Rillaer (2007), conférence CESI sur la violence au travail, Charleroi.
[8] Comme l’évoque Jean Brissonnet. Concernant l’effet placebo, voir sur son site pseudo-medecines.org, sur pseudo-sciences.org et sur Le dictionnaire sceptique.

Références
Rapport d’expertise collective OFDT, CNRS, INSERM, (2006). Violences physiques et sexuelles, alcool et santé mentale.
Marlatt G.A, Rohsenow D.J. (1980). Cognitive processes in alcohol use: expectancy and the balanced placebo design. In : Advances in substance abuse : behavioral and biological research. Mello NK ed, JAI Press, Greenwich.
Bègue L., Subra B., Arvers P., Muller D., Bricout V., Zorman M., (2008). A Message in a Bottle: Extrapharmacological Effects of Alcohol on Aggression, Journal of Experimental Social Psychology.
Bègue L., (2008). Alcool, plaisir et dépendance, Cerveau & Psycho, Pour la Science, bimestriel, n° 29, septembre/octobre 08.
Rapport Inserm, 2003, Alcool : Dommages sociaux, abus et dépendance, Les éditions Inserm.

 

 


CULTURE ET ZÉTÉTIQUE


 

En librairie

En juin dernier, les éditions Book-e-book lancaient une nouvelle collection « Une chandelle dans les ténèbres ». Composée de courts fascicules (moins d’une centaine de pages), cette série a pour objectif de présenter les principes de la démarche zététique, de la méthodologie scientifique aux outils de la pensée critique. Après les deux premiers livrets signés Henri Broch : L’art du doute ou comment s’affranchir du prêt-à-penser et Comment déjouer les pièges de l’information ou les règles d’or de la zététique, la collection s’enrichit de deux nouveaux titres : Jusqu’à preuve du contraire : mes premiers pas dans la démarche scientifique de Jacques Poustis et Les fleurs de Bach : enquête au pays des élixirs de Richard Monvoisin.

Le livre de Richard s'appuie sur le dossier déjà publié sur le site de l'Observatoire zététique et librement accessible : Fleurs de Bach - Quintessence d'une illusion.

Jusqu’à preuve du contraire : mes premiers pas dans la démarche scientifique
Jacques Poustis

Les fleurs de Bach : enquête au pays des élixirs
Richard Monvoisin

Collection Une chandelle dans les ténèbres
Éditions Book-e-book
80 pages - 9,90 euros

 


Le Grand livre des idées reçues
Pour démêler le vrai du faux
Collectif
Éditions Le cavalier bleu
948 pages - 25 euros

Issues de la tradition ou de l'air du temps, mêlant souvent le vrai et le faux, les idées reçues sont dans toutes les têtes. Lapidaires, affirmées comme autant de certitudes, elles touchent tous les domaines qu'il s'agisse d'économie, d'environnement, de santé, d'éducation, de culture, de sciences. Dans ce Grand Livre des idées reçues, les plus répandues sont rassemblées et surtout soumises chacune à l’éclairage d’un spécialiste. Certaines concernent plus particulièrement le « paranormal » et intéresseront les zététiciens - L’homéopathie est une médecine douce et naturelle ; la Bible, c’est la parole de Dieu ; Freud a découvert l’inconscient ; le signe du scorpion est le plus mauvais des signes, les Francs-Maçons ont des secrets initiatiques, etc. - mais toutes illustrent la démarche critique… Ce livre tente donc de faire le tri entre le vrai et le faux, et invite à réfléchir un peu plus loin que le prêt-à-penser.

Des extraits sont accessibles en ligne sur le site des éditions Le cavalier Bleu.

 

Psychologie sociale
Stéphanie Baggio
Éditions de Boeck
217 pages – 10 euros

Quand on s’intéresse aux phénomènes réputés « paranormaux » en pratiquant la zététique, on se rend assez vite compte que dans la plupart des domaines, ce ne sont finalement pas les outils mathématiques ou physico-chimiques qui sont les plus utiles mais bien certaines notions de psychologie sociale permettant de comprendre et de prendre en compte les phénomènes de perception, d’adhésion à une idée, de croyance, de manipulation mentale, etc. En effet, s’il suffisait d’exposer des arguments scientifiques pour convaincre, l’astrologie et la radiesthésie, pour ne citer que ces deux exemples, auraient disparu depuis longtemps. Pourtant, dans les débats qui perdurent, il s’agit moins de statistiques ou de principes physiques que de biais de perception, de corrélation illusoire, de dissonance cognitive ou de pensée magique.

Toutes ces notions de base, ainsi que les expériences princeps et les références bibliographiques sont synthétisées dans Psychologie sociale, un livre de cours destiné aux étudiants de Licence écrit par Stéphanie Baggio. Sur ces sujets, le site psychologie-sociale.com est également une mine d’information.

 

En vidéo

Pour la fête de la science, le professeur Henri Broch a été interviewé par le tuyo.com. Dans cette vidéo de trois minutes, le père de la zététique en France, fondateur du laboratoire de zététique de l’université de Nice-Sophia Antipolis, explique les principes de base de la zététique en faisant la démonstration de quelques phénomènes « extraordinaires ».

 

 

En podcast

Les sceptiques du Québec diffusent en baladodiffusion (comprenez « podcast ») une série de chroniques sceptiques. Durant entre 5 et 15 minutes, ces échanges entre Pierre Cloutier, porte-parole des Sceptiques du Québec, et Isabelle Giasson, animatrice de radio sur Passion FM, abordent le scepticisme, les effets de la Lune, le secret, le 11 septembre, la fin du monde en 2012, les Ovnis, le créationnisme, l’astrologie, la télépathie et les médecines douces.

 

 


AGENDA


 

Conférences

Dans le cadre de ses rendez-vous mensuels « Les lundis de la pensée critique », le 12 janvier 2009, le Cercle de zététique de Toulouse propose une conférence de Jean-Jacques Bedu intitulée « Les mystifications de Rennes-le-Château ». Auteur de Rennes-le-Château, autopsie d’un mythe (éditions Loubatières, 2003), le conférencier fera le point sur les « mystères » de Rennes-le-Château, afin de revenir à un peu plus de fidélité à l’histoire.

Les mystifications de Rennes-le-Château
Lundi 12 janvier 2009 à 20h30
Maison de la philosophie
29 rue de la digue 31300 Toulouse
Entrée : 4 euros - adhérents : gratuit.
Le programme complet des conférences

 

Cette année, l’association Sciences Technologie Société (ASTS) consacre son cycle de conférences « Les horizons du savoir » à la zététique et au « paranormal ». Le 20 janvier 2009, elle reçoit Aline Sarradon-Eck et Jean Brissonnet pour une conférence intitulée Les médecines douces : une chimère ?. Alors que les médecines dites douces sont de plus en plus pratiquées, faut-il y voir un échec de la médecine scientifique ? Et si on se mettait d'abord d’accord sur ce que l'on appelle « médecine » et sur les critères d’évaluation de son efficacité ?

Les médecines douces : Une Chimère ?
Mardi 20 janvier 2009 à 18h30
Espace Écureuil
26 Rue Montgrand 13006 Marseille
Entrée libre et gratuite
Pour toute information, contacter Mathieu Orban.

 



exposition

Du 17 octobre 2008 au 5 juillet 2009, le musée de la communication de Berne (Suisse) accueille l’exposition « Goodbye & Hello : dialogue avec l'au-delà ». En évoquant nos représentations de l’âme des fantômes, de la vie après la mort, cette exposition aborde différentes formes de « communication » avec les défunts : spiritisme, médiumnité, transcommunication, etc. On y trouvera également de nombreux témoignages d’expériences telles que les OBE (expériences de sortie hors du corps) et les EMI (expériences de mort imminente). Y-a-t-il un dialogue possible avec l’au-delà ? Esprit (critique) es-tu là ?

Goodbye & Hello : dialogue avec l'au-delà
Jusqu’au 5 juillet 2009
Du mardi au dimanche, de 10 à 17h
Musée de la Communication de Berne (Suisse)
Helvetiastrasse 16
Entrée : Fr. 9



Spectacle

Depuis le 31 octobre et jusqu’au 31 décembre 2008, le célèbre magicien français, Gérard Majax, présente son nouveau spectacle À la conquête du paranormal. Au Balajo à Paris, accompagné par le professeur Wonderfool, Gérard Majax plonge son public dans l’univers étrange du « paranormal » avec l’humour qui caractérise ses démystifications en spectacle. Démonstrations de télékinésie, de télépathie, opérations de chirurgie à mains nues, prédiction du Loto, etc., on sait qu’il y a un truc mais cela reste bluffant et même parfois un peu énervant.

À la conquête du paranormal
Jusqu'au 31 décembre 2008
Le Balajo
9 rue de Lappe 75011 Paris
Tarif : de 24 à 48 euros

 

 


DIVERTISSEMENT


 

Impressionnant

Le phénomène est rare et des policiers canadiens l’ont filmé par hasard avec la caméra embarquée de leur voiture de patrouille. Cette chute d’une météorite s’est produite le 20 novembre vers 17h30 près d’Edmonton dans l’Alberta. Elle a illuminé le ciel pendant une seconde de manière très impressionnante et a été vue par de nombreux témoins. Depuis, les chercheurs sont à la recherche des fragments de cette matière extra-terrestre pour pouvoir l’étudier.



Insolite : La photo du mois

Du 15 au 30 novembre 2008, avait lieu la Biennale Internationale Design à Saint-Étienne, une manifestation unique qui rassemble de nombreux créateurs français et internationaux de différents horizons culturels et professionnels. L’un de nos membres, Édouard, qui s’y est rendu nous a envoyé cette photo d’un fauteuil en forme de croix accompagné de sa « lampe suaire ». On se demande où le designer (dont je n’ai pas réussi à retrouver le nom) a trouvé l’inspiration… et comment il a fait pour reproduire cette image sur un linge.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Cette newsletter a été préparée par Stanislas Antczak, Brigitte Axelrad, Pierre Bienvenu, Géraldine Fabre, Nicolas Gaillard, Florent Martin et Fabien Millioz.

Content ? Pas content ? Écrivez-nous.