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POZ n°44 Imprimer Envoyer
Vendredi, 13 Février 2009 14:13

 


SOMMAIRE



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ÉDITO


 

Ami lecteur, tu le sais depuis un moment, cet éditorial n'a pour but que de flatter mon ego démesuré. Si tu en doutes, relis les précédents pour voir combien j'y ai empilé de l'ego. Je vais donc une fois de plus te raconter ma vie de star internationale de la zététique fashionable.

Comme ce fut annoncé dans le précédent opus de ce bulletin mensuel que tu tiens entre tes mains tremblantes d'émoi, je fus la vedette d'une conférence à Lyon le 4 février dernier. De la conférence, je ne dirai rien ici, si ce n'est que j'y fus brillant comme à l'accoutumée, mais tu t'en doutais déjà. Ah si, je dirai juste que j'y ai une fois de plus ressenti, chez l'un des spectateurs, une volonté farouche de protéger la mémoire d'Yves Rocard (et je te renvoie séance tenante à l'édito du bulletin du 13 décembre 2008, allez zou, va le relire (dès que notre site sera de nouveau opérationnel) et je te retrouve au paragraphe suivant).

Je voulais revenir sur les qualificatifs qu'ont voulu m'attribuer les organisateurs lors de la préparation. Sur une des premières versions de l'affiche, j'y fus présenté comme « Physicien ». Mazette, c'est beaucoup d'honneur, mais c'est faux : un physicien étant quelqu'un qui fabrique de la physique, je ne saurais porter ce titre. Et quand bien même. La conférence était une présentation générale de la zététique, sous-titrée « La démarche de recherche de l'Observatoire zététique ». Que pouvait importer au spectateur que je fusse ou non physicien ? Pire, dans le résumé figurait la mention « normalien, agrégé de physique » et « l'un des dirigeants » de l'Observatoire zététique.

Sachant que l'un des buts de l'Observatoire zététique est la vulgarisation de la pensée critique, allais-je laisser utiliser ces arguments d'autorité ? Je ne le fis pas et protestai. Pour parler de l'association dont je fais partie, de son engagement et des bases de la zététique, je comptais de toutes façons laisser à la maison mon grade dans la fonction publique, qui ne pouvait m'être d'aucune utilité. À moins que la foule en liesse ne m'ait demandé séance tenante un cours sur le théorème de l'énergie cinétique certifié conforme par l'Éducation nationale... Et encore.

Comme je m'exprimais en qualité de membre de l'Observatoire zététique, je fus finalement présenté sur l'affiche comme « Membre de l'Observatoire zététique » ce qui, tu en conviendras avec moi, ne manque pas d'un certain à-propos.

Pourquoi les organisateurs, à qui, je m'empresse de le dire, je n'en veux pas le moins du monde et j'adresse une affectueuse salutation, ont-ils naturellement voulu une caution académique à mon propos ? Je serais venu présenter les dernières nouveautés pédagogiques en matière d'enseignement du théorème de l'énergie cinétique, il aurait certes été pertinent de me citer comme enseignant. Agrégé, déjà, je ne vois pas bien l'utilité. Mais cela n'aurait de toutes façons pas constitué un cautionnement intelligent, vu qu'il aurait encore fallu que je sois effectivement au courant des dernières nouveautés en question. Comme je venais parler de zététique et qu'il n'existe pas, à ma connaissance, d'agrégation de zététique, il était à mon avis aussi peu pertinent de mentionner mon appartenance à l'Éducation nationale que de me présenter comme « Ancien possesseur de Citroën BX » ou « Amateur de vins du Jura », ce qui est tout aussi exact et très intéressant, tu en conviendras.

Et si c'était pour la publicité ? Ma renommée n'est-elle pas assez grande qu'il faille la compléter par des titres ronflants ? Hmmm ? Non ? Bon.

Enfin bref, ceci pour dire qu'à trop vouloir la caution d'un titre ou la publicité d'un nom, on se retrouve avec des prix Nobel qui racontent n'importe quoi sur des domaines étrangers à leurs recherches, ou des acteurs de cinéma qui font de l'analyse politique. Et toc. Dorénavant, je me ferai présenter dans mes tournées mondiales comme « Stanislas Antczak, être humain », ce qui présente l'avantage d'être la plus stricte vérité, de constituer une légitimité suffisante pour m'exprimer et de m'attribuer une renommée inégalée à ce jour.

Stanislas Antczak
Éditorialiste de Chandeleur (quand je pense que je ne te l'ai jamais sorti en février, ce calembour-là, j'ai honte ; j'avoue quand même que je l'ai piqué à Karl Zéro ; je te le referai en février prochain tellement il me fait marrer).

 

 


LES NOUVELLES DE L’OZ


 

Conférence à Lyon

Dans la salle des mariages de la Marie du 3e à Lyon, le mercredi 4 février 2009 de 18h à 20h a vu une union originale rassembler le public du Cercle Rationaliste de Lyon et sa Région (CRLR) et l'OZ. Ou plutôt un zététicien, Stan Antczak qui y était invité pour donner une conférence publique sur les « Phénomènes paranormaux étranges : la démarche de recherche de l'OZ ». Devant la scène, le parterre d'une cinquantaine de personnes, majoritairement des gens proches du CRLR à ce qu'il me semble, a écouté avec attention la présentation.

L'exposé de Stan présentait en plus d'une heure ce qu'est la zététique, à quoi elle s'intéresse et comment. Il justifia entre autre le besoin de conduire des expériences sur les phénomènes pré-cités et non de se contenter de témoignage ou de bonne foi, en montrant à quel point nos sens peuvent nous tromper (avec des exemples d'illusions optiques classiques). Il est revenu aussi sur la difficulté de conduire les expériences ou sur les échecs célèbres en radiesthésie (en particulier d'Yves Rocard). Curieusement, alors que la salle semblait sensible à la démarche d'expérimentation, il y eu certains sceptiques très rationalistes qui questionnèrent la validité même de certaines des illusions d'optique ou défendirent les théories de Rocard car « c'était un grand savant ». Finalement, même devant une audience partageant fortement l'esprit scientifique, expliquer la démarche d'expérimentation ne semble donc pas inutile, certains semblant convaincus qu'il suffirait de davantage (et mieux) enseigner les sciences pour « faire disparaître toute croyance ». Qu'il faille donner une meilleure culture scientifique, ou plutôt un meilleur esprit critique scientifique, nous en convenons mais il semble que cela ne suffise pas, vu le nombre de scientifiques bon teint qui peuvent être attachés au paranormal ou aux médecines douces par exemple. En tout cas, cette prise de contact entre l'OZ et le CRLR fut intéressante et réussie. Tout le crédit est à porter à l'orateur bien sûr, mais aussi à Pierre Bienvenu qui, membre des deux associations, avait organisé ce « mariage » !

Pierre B. (un autre, de l'OZ uniquement), témoin ce jour-là de ce qui se dit.

 

Nouveau mail pour contacter l'OZ

L'Observatoire zététique change de mail. Pour nous écrire maintenant, il faut utiliser contact@zetetique.fr. Tous les membres du Conseil d'administration de l'OZ reçoivent les messages postés à cette adresse.

 

Le site de l'Observatoire zététique hors service

Nous sommes au regret de vous annoncer le décès du disque dur du serveur hébergeant le site de l'Observatoire zététique (son âme pesait bien 21 grammes). Notre site web est donc inaccessible depuis près d'une semaine. La dernière sauvegarde ayant été réalisée en 2006, nos brillants informaticiens sont en train d'explorer le cache de Google en espérant pouvoir rétablir la situation mais probablement pas avant quelques jours...

 

 


ACTUALITÉS


 

Appel à « défendre la Science »

Un appel, publié dans le New York Times du 9 septembre 2008, a été lancé par plusieurs scientifiques et chercheurs américains afin d'alerter la population sur de récentes interventions de la politique et d'idéologies religieuses dans le domaine de la science aux États-Unis. Certaines disciplines scientifiques seraient actuellement menacées par des programmes politiques visant à privilégier non seulement l'intérêt de l'industrie, mais aussi des partisans du créationnisme sur le bien-être du peuple américain, notamment en matière de santé, d'environnement et de sécurité nationale : l'adhésion aux idées créationnistes d'un certain nombre de membres du gouvernement occupant des postes à haute responsabilité, a depuis quelques années influencé les domaines de recherche scientifique privilégiés ainsi que le système d'enseignement (l'enseignement des sciences naturelles serait remis en question dans plusieurs établissements secondaires du pays au nom du créationnisme).

Par ailleurs, des dérives dans la communauté scientifique elle-même sont apparues : certains résultats de recherche se seraient vus modifiés afin de correspondre aux programmes politiques actuels. De même certains financements de recherche auraient été interrompus, ces recherches étant jugées incompatibles avec les fondements de la théorie du créationnisme*. Cet appel en profite pour réaffirmer l'importance de conserver une démarche scientifique. Il ne s'agit donc pas de défendre la science comme communauté scientifique, ni la science comme techno-politique (celle sur laquelle s'abat le collectif Pièces et Main d'Oeuvre, bien connu des grenoblois) mais la démarche scientifique. En ce sens, et en ce sens seulement, nous pensons qu'il faut « Défendre la Science » (Defend Science)

*Science under siege: Scientific Integrity at the environmental Protction Agency - Audition à la commission de l'Énergie et du Commerce. 18 Septembre 2008.

 

De nouveaux critères médicaux apparaissent à Lourdes

Le Comité Médical International de Lourdes (CMIL) fait peau neuve. Renonçant à des critères très XIXe siècle, il a présenté en décembre 2008 une nouvelle méthode de reconnaissance des guérisons qui « prend compte l'évolution de la médecine ».
Soyons précis : guérison ne signifie pas miracle. Des miracles, il n'y en a eu que 67. Des guérisons, hormis en période creuse (l'hiver, le miracle est rétif), il y en a près de cinquante par an. Mais pour qu'il y ait ne serait-ce que guérison, il faudra désormais connaître la réforme de la « procédure de reconnaissance des guérisons » portée par Mgr Jacques Perrier, évêque de Tarbes et Lourdes. Exit, le critère d'une guérison « strictement organique » ou celui d'une guérison « sans aucun traitement médical » - tous les malades qui arrivent à Lourdes ont déjà subi un traitement médical.

« Le bureau médical traite les dépositions et, assisté de plusieurs médecins lourdais, décide ou non de transmettre tel ou tel dossier au Comité médical international de Lourdes. Ce Comité, composé de vingt membres internationaux, professeurs de médecine ou spécialistes éminents, examine alors les dossiers médicaux, avant et après la guérison. Et fait la part des choses entre « l'effet thérapeutique » et « l'éventuelle intervention surnaturelle ». En intégrant, précise-t-on à Lourdes, l'influence des « faits psychosomatiques » ou les possibles « guérisons spontanées ». Après l'examen des dossiers et, si nécessaire, les avis complémentaires extérieurs, le Comité se réunit une fois par an et vote, à l'exception de l'évêque. Seuls les cas qui obtiennent plus des deux tiers de ces voix médicales sont retenus » nous explique le Figaro du 2 décembre. Cela se scientifise un peu, on dirait. « Les membres du C.M.I.L. sont animés par l'exigence scientifique qui régit leurs pratiques, fidèles en cela au professeur Jean Bernard : « ce qui n'est pas scientifique n'est pas éthique ». On ne saurait mieux dire.

Reste qu'en 2008, cinq cas de guérisons ont été reconnus : quatre femmes et un homme, âgés de 40 à 69 ans, présentés page 6 du dossier de presse 2008 de Lourdes.

Pour en savoir plus, nous vous conseillons de lire Gérald Bronner, Les miracles, Lourdes et les probabilités


Le CLPS fait la sourde oreille et donne tribune à l'Intelligent Design

C'est toujours difficile de savoir s'il faut empêcher quelqu'un d'exprimer son opinion, quelle qu'elle soit. Mais s'il y a un critère simple sur lequel l'OZ se met d'accord, c'est la dénonciation de la pseudo-connaissance, c'est-à-dire de la fausse connaissance ou de l'idéologie vendue comme fait scientifique. On en a vu un cas très récent avec l'affaire Dieudonné-Faurrisson : l'humoriste, faisant passer pour historien un type qui trie les données historiques à des fins antisémites, participe du mensonge scientifique. Mais il en est de même de toutes les formes d'idéologies qui se parent du décorum scientifique. Nous avons ainsi dénoncé plusieurs fois le « créationnisme scientifique » et son avatar, l'Intelligent Design (ID), qui au nom d'une incroyable violence sur la connaissance, tente de pénétrer les esprits et les contenus d'enseignement. Nous n'avons bien sûr pas l'intention de bâillonner les voix criardes qui s'en réclament (nous laissons d'ailleurs Jean Staune, secrétaire de l'UIP, s'exprimer à son aise sur notre liste Zététiciens) mais chaque fois que nous le pouvons, nous prévenons les organisateurs de la non-scientificité de ces thèses. Et lorsque ceux-ci prennent le temps de réfléchir, soit ils imposent une contradiction au conférencier, soit ils s'obligent à une introduction préalable, soit ils décommandent la conférence.

Là, notre désarroi est grand. Le CLPS (Cercle Laïque pour la Prévention du Sectarisme), association avec laquelle nous avons eu des liens, organise à Deyvillers, près d'Épinal une conférence le 28 mars 2009 avec Jean Chaline, grand défenseur de l'ID. Thème : « Les créationnismes, et les sciences de l’évolution ». Nous les avons prévenus, re-prévenus, et re-prévenus, mais il semble que Gilbert Klein, le président du CLPS mésestime grandement le ridicule de cette situation qui fait qu'un cercle laïque spécialisé dans la prévention sectaire fasse entrer une croyance déguisée avec barbe et postiche.

« Pas à l'échelle. À vrai dire, la stupidité recouvre les religions et la politique bien plus que représenté ci-dessus. »

 

Jenny McCarthy et l'autisme

Ca fait un moment que cette affaire est pliée (voir notre article sur l'autisme... quand le site sera de nouveau accessible...) et pourtant, des stars s'en font encore l'écho, comme Jenny McCarthy, femme de Jim Carrey, qui annonce que son fiston de six ans a « contracté » l'autisme par une vaccination. Primo, l'autisme n'est pas dû à une vaccination quelconque. Secundo, on ne guérit pas, hélas, de l'autisme. Si on guérit de l'autisme, ce n'était pas de l'autisme (mais plutôt un syndrome du type de Landau et Kleffner).

Auparavant Jenny McCarthy défendait l'idée qu'elle, maman Indigo, avait mis au monde un enfant de cristal (Jenny McCarthy, Insights of an Indigo Mom A Mother's Awakening).

On ne saurait lui en vouloir de se raccrocher à ces pseudothéories pour trouver du sens à la maladie du gamin. On ne peut que lui en vouloir d'en faire la publicité, et de créer ainsi un nuage de fumée sur le sujet qu'il faudra du temps avant de dissiper. C'est la raison pour laquelle Alison Singer, vice-présidente de la communication d'Autism Speaks, la plus grande association caritative du monde centrée sur l'autisme, a démissionné. : « Nous avons besoin d'écouter des experts, pas des actrices », déclare Mme Singer. « Bien trop d'audience est donnée à des gens comme Jenny McCarthy qui n'est pas doctoresse. Quand on l'écoute, elle ne parle pas de faits. » (British Guardian, 25 janvier 2009, Luscombe R. Charity chief quits over autism row). Si Jenny McCarthy fait fuir Alison Singer, autisme et pseudoscience ont un bel avenir familial.

 

 


 

En bref

 

Naissance de l'association Marseille Zététique

Nous sommes heureux de vous apprendre la naissance de l'Association Marseille Zététique, présidée par Denis Caroti et qui compte déjà quatre membres. Si vous voulez en savoir plus sur leurs activités et/ou vous joindre à l'équipe, contacter Denis.

 

 

Antonin Poncik, la dermo-optique de retour !

Le film de Jean-Yves Bilien Antonin Poncik, une perception dermo-optique vient de sortir. Avec la dermo-optique, c'est simple : tout point malade du corps est bleuté, le reste est blanc. Ne reste donc à Antonin Poncik qu'à transformer tout en blanc. Ah, amis médecins, pourquoi vous cassez-vous la binette à faire des études ? Je me le demande. Note : J-Y. Bilien est un grand fournisseur de documents problématiques et les enseignants de zététique lui disent grand merci de fournir autant de matière à décortiquer.



US Air Farce – l'acupuncture de guerre

L'Air Force Surgeon General va démarrer en mars un programme visant à enseigner l'acupuncture de combat (battlefield acupuncture) à trente-deux médecins de l'Air Force qui seront déployés en Irak ou en Afghanistan. L'objectif : empêcher la douleur d'arriver jusqu'au cerveau. Comme l'acupuncture n'a pas d'efficacité propre, cela veut dire que les combattants iront au front avec un bel effet placebo. Et quand bien même elle aurait une once d'efficacité, ce n'est pas joli joli d'envoyer des gens se battre en leur faisant oublier la souffrance. On se croirait revenu au temps des Croisés qui faisaient la même chose, en dessinant une croix sur les blessures (merci à Bob Parks, et au yahoogroupe Sane).

 

 


 

Le bazar du bizarre


Fou et mat.

Voici un CV qui interpelle : président réélu de la fédération internationale d'échec, président de la république russe de Kalmoukie (seule nation européenne dont la religion officielle est le bouddhisme), milliardaire. Je vous présente Kirsan Ilyumzhinov. Le président de ce petit royaume de 320 000 personnes a déclaré qu'en 1997, alors qu'il faisait un voyage professionel à Moscou, des extraterrestres l'auraient enlevé. « Ils m'ont pris dans mon appartement et nous sommes allés à bord de leur vaisseau. Nous avons volé vers une étoile. Ils m'ont mis une combinaison spatiale, m'ont parlé de beaucoup de choses et m'ont fait visiter. Ils voulaient démontrer que les ovnis existent. » Ensuite il a prédit qu'un jour les extraterrestres vont atterrir sur notre planète et nous diront : « Vous avez piètrement agi. Pourquoi faites-vous la guerre ? Pourquoi vous détruisez vous ? Et ensuite, ils nous embarqueront tous dans leurs vaisseaux et nous emmènerons loin de cet endroit. »

 

Canada : un ministre des sciences chiropracteur et acupuncteur

Dans la série des stars aux grandes caisses de résonance, voici le conservateur Stephen Harper. Premier ministre canadien, il a nommé le 30 octobre 2008 comme ministre des sciences Gary Goodyear, qui n'est pas un scientifique mais un diplômé de chiropractique et acupuncteur. Si l'efficacité de Monsieur Goodyear est mesurée avec les mêmes méthodes que les disciplines dont il se revendique, gageons qu'il fera une longue carrière.

 

Après le signe astral, le signe œnologique

C'est l'idée de la Winery dans le Médoc. Matériel : six bouteilles de vin cachées dans du papier de soie, un questionnaire, et dans moins d’une heure, vous saurez de quel signe œnologique vous êtes. Point commun à tous : vous aimez le pinard.

 

 

 


ENQUÊTE
Amaroli : Un verre de pipi tous les matins… éloigne le médecin !


 

Tel pourrait être le slogan de cette « thérapie holistique » qu’est l’urinothérapie, de son nom indien Amaroli. Le Docteur Christian Tal Schaller, auteur de nombreux ouvrages sur le sujet, faisait la promotion de cette méthode, le 2 février dernier sur le plateau de France 3, dans l’émission Se soigner autrement présentée par Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes. Un bref aperçu de cette « méthode de soin [forcément] ancestrale » présentée par ses promoteurs comme une panacée.

 

Le mythe du médicament idéal

L’urinothérapie se présente avant tout comme une méthode non agressive, 100 % naturelle et sans danger : « Le corps ne prend dans l’urine que ce qui est bon, le reste est éliminé » [1]. À « l’abus de chimie qui est un drame de notre époque » [1], Tal Schaller oppose cette méthode présentée comme naturelle et non toxique. Un traitement sans effets secondaires et qui plus est… gratuit. Selon Tal Schaller, « le remède révolutionnaire pour soigner les pays sous développés » [2].

 

Amaroli, mode d’emploi

Les modes d’applications de l’urinothérapie sont, selon ses adeptes, divers et variés. L’urine peut être utilisée en application locale sur les blessures ou les brûlures, en massage, en shampooing, en après-rasage, dans l’eau du bain, ou encore (pour les plus téméraires ?) en gargarismes (en cas de maux de gorge notamment), etc. On peut aussi tout simplement boire son urine (de préférence le matin, où elle serait plus chargée en énergie). L’urine constituerait alors à la fois un moyen de traitement et un outil de diagnostic. En effet, son odeur et son goût seraient de nature à nous renseigner sur notre état de santé et notre équilibre général.

À en croire Tal Schaller, le goût de l’urine serait même délicieux, « à condition d’être dépollué » [2]. C’est que « Amaroli s’inscrit dans une démarche globale » [2]. Elle doit s’accompagner d’une hygiène alimentaire stricte, et il est également recommandé de lui associer d’autres pratiques comme le jeûne, les lavements, ou encore la méditation. « Santé globale » signifie équilibre physique émotionnel, mental et spirituel. La qualité de notre urine dépendrait donc aussi de notre état spirituel : « Nous concoctons notre propre urine en fonction de nos dons et de notre sensibilité » [1]. Il faut être « relié à son moi profond et proche du Divin » [1].

 

Des prétentions thérapeutiques illimitées

Tout cela pourrait prêter à sourire s’il n’y avait les vertus thérapeutiques revendiquées par cette méthode. Car l’urinothérapie se présente bien comme une panacée, un remède universel ayant vocation à traiter toutes les maladies, des plus bénignes (rhume, constipation, fatigue…) aux plus graves (sclérose en plaques, sida, cancer, etc.). Rien ne résisterait au traitement. Si Tal Schaller s’est montré fort prudent et mesuré sur le plateau de France 3, en déclarant « il ne s’agit pas de dire aux gens qu’on va tout guérir avec Amaroli », son propos est loin d’être toujours aussi nuancé. Il m’a été donné il y a quelques années d’assister à une conférence de Christian Tal Schaller accompagné de son épouse Maître (?) Joanne Razanamahay [1], conférence au cours de laquelle il affirmait : « la puissance de l’urine est comparable à la chimiothérapie » ou encore « Il n’y a aucune maladie qui ne soit incurable ».

 

« Faire confiance à la sagesse du corps »

D’après Tal Schaller, il s’agirait avant tout de dépasser le dégoût suscité par l’idée d’absorber sa propre urine, dégoût dicté selon lui par notre éducation. Ensuite, le principe est simple : le corps produit ses propres médicaments, il s’agit d’écouter son « médecin intérieur ». Nul besoin par conséquent de recourir aux médicaments, substances chimiques qui empoisonnent l’organisme, il suffit de « faire confiance à la sagesse du corps», « Une sagesse qui est des millions de fois plus grande que celle de tous les médecins réunis » [2]. Le corps sait ce qui est bon, alors pourquoi faire confiance aux médecins ? Des médecins complices d’une industrie pharmaceutique qui continuerait à cacher les innombrables bienfaits de l’urinothérapie dans le but évident de préserver ses intérêts et ses profits.
Et Tal Schaller d’affirmer : « La médecine est la première cause de mortalité des pays riches ! ». [1]

Franck Villard

 

Notes :

[1] Propos extraits de la Conférence de Christian Tal Schaller et Joanne Razanamahay « Urinothérapie : élixir de vie…ou ce que l’urine peut faire pour vous soigner », Forum des thérapies et pratiques alternatives et du développement personnel, Annecy, dimanche 31 octobre 2004.
[2] Propos extraits de l’émission « Se soigner autrement » présentée par Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes, France 3, 2 février 2009.

Pour en savoir plus...
Sites critiques :
L’urine qui désinfecte ? Tatoufaux !
Boire son urine une panacée ? Tatoufaux !
L’urine n’est pas un médicament
Urinothérapie : une panacée difficile à avaler
Urinothérapie (Amaroli), par ressources sceptiques

SCOOP ! Un membre de l'OZ a, pour pousser l'art du doute dans ses extrêmes, testé sur lui-même Amaroli, sur trois mois, en 2003, pour prendre au mot un ami adepte de la méthode. Résultat ? Deux résultats significatifs : une hausse de la consommation de cachous et un renforcement certain de l'esprit critique. Pour ménager sa famille, Richard ne souhaite pas réveler son nom.

 

 


PSYCHOZ
Booster vos neurones !


 

Il est difficile d’échapper à la communication sur l’entraînement cérébral que proposent de nombreux jeux sur console, Internet ou portable. Vous connaissez sûrement : l’idée est de faire des petits exercices ludiques sur votre console pour stimuler votre cerveau et ainsi développer vos capacités intellectuelles. Ce sont des mini-jeux de mémoire, calcul mental, lecture ou d’observation. Issus de travaux des neurologues prestigieux, des psychologues réputés, et appuyés sur de nombreux arguments scientifiques, ces exercices prétendent pouvoir vous rendre plus intelligent, rien de moins ! Entre campagnes massives de pub, articles et bouche-à-oreille, ce concept semble maintenant bien installé et très populaire.

Mais voilà, c’était sans compter sur une équipe de chercheurs en science cognitive, curieuse de tester les allégations du plus connu de ces programmes : le « programme d’entraînement cérébral du Dr Kawashima : quel âge a votre cerveau ? » sorti en 2006.

L’élaboration de ce concept, le marketing qui l’entoure ainsi que la vérification de son efficacité sont un exemple de zététique appliquée.

 

Le programme

Le programme évalue d’abord l’âge de votre cerveau, par un test qui mesure la rapidité et la précision avec lesquelles vous effectuez quelques exercices simples (lecture à voix haute, calcul, mémorisation, etc.), en écrivant directement sur l’écran ou en parlant dans le micro.

Boum : votre cerveau a 80 ans d’âge cérébral ! Vous commencez alors l’entraînement quotidien de quelques minutes, et bientôt « vous penserez et réagirez plus rapidement » ! Vos scores font alors baisser ou augmenter l’âge de votre cerveau.

 

L’argument d’autorité

Les prétentions du programme sont annoncées : « Maintenez votre cerveau en forme avec le Programme d’Entraînement Cérébral du Dr Kawashima : quel âge a votre cerveau ? Inspiré des théories du Dr Ryuta Kawashima, neuroscientifique japonais, le PEC est une compilation d’exercices quotidiens simples qui stimulent le cerveau et le maintiennent en forme. » [1] Les programmes sont inspirés des exercices développés par le neurologue Ryuta Kawashima, qui compare l’entraînement du cerveau aux exercices physiques pour tenir la forme. Le Dr Kawashima s’appuie sur ses observations en imagerie cérébrale. Il a sélectionné des séries d'activités qui sont supposées entraîner une forte activation de la région préfrontale, siège notamment de la créativité et de la mémoire. Selon lui, les activités et les jeux conventionnels, sur papier par exemple, n’activent pas de façon aussi importante le cortex préfrontal.

Mais c’est moins ses recherches (du reste peu publiées et plutôt critiquables) que son image et son titre qui sont mis en valeur par le jeu. Sa tête est d’ailleurs modélisée, son nom, son titre et des images de cerveau apparaissent absolument partout : illustration de l’argument d’autorité.

 

Vérification

« Aucun effet positif notable sur les capacité de raisonnement ou de mémoire. » c’est la conclusion de l’étude menée par Lorant-Royer et ses collègues sur l’efficacité du programme par rapport à des activités plus classiques.

Ils résument les deux expériences présentées pour tester deux méthodes : la « Gym cerveau » (voir plus bas), et « l’Entraînement cérébral du Dr Kawashima ». L’expérience 1 compare, chez des élèves de 6e et de 5e, un entraînement aux exercices de la « Gym cerveau » pendant cinq semaines, à une condition ludique (jeux type « Mickey jeux ») et à une condition Devoirs. Aucun effet n’est observé entre un pré-test et un post-test, portant sur des épreuves de type scolaire. L’expérience 2 compare, cette fois, quatre groupes d’élèves de CM1 : deux bénéficiant d’un entraînement, pendant sept semaines, à un jeu vidéo, « l’Entraînement cérébral » de Kawashima ou la « Cérébrale académie », un troisième groupe s’entraîne à des jeux papier-crayon et un quatrième est un groupe contrôle. Un pré-test et un post-test sont utilisés avec trois épreuves de type scolaire, trois tests cognitifs (issus du WISC-IV pour les connaisseurs) et des questionnaires de motivation. Aucune progression n’est statistiquement significative pour les épreuves scolaires. Pour les tests cognitifs, les jeux vidéo permettent une légère progression de 20% pour la mémoire des chiffres et les symboles, mais ne font pas mieux que les jeux papier-crayon ou le groupe contrôle. On n’observe pas d’augmentation de la motivation intrinsèque mais une baisse du score d’autodétermination pour « l’Entraînement cérébral ».

En conclusion, « l’Entraînement cérébral » n’a que deux effets modestes (20%) sur les six tests, comparables à d’autres jeux (ou le groupe contrôle) et doit être considéré comme une simple distraction [2].

 

Canard de bain

Comme le petit animal en plastique jaune, qui, quoi que l’on fasse pour le couler, remonte inlassablement à la surface, l'idée de méthodes de gymnastique mentale n’est pas récente. Comme le montre ces 2 exemples de méthodes qui visent à entretenir et développer les facultés intellectuelles… en toute inefficacité.

Dans les années 70, un pédagogue israélien, Reuven Feuerstein élabore le Programme d’enrichissement instrumental (PEI). Des petits exercices de raisonnement et d’abstraction. Malgré l’engouement et la popularité du PEI (encore aujourd’hui), les expérimentations de Even Loarer et ses collègues sur le PEI ont indiquées une très faible efficacité. En 1990, C’est la neurophysiologiste française Monique Le Poncin qui publie les premiers livres de « Gym cerveau», méthode, selon elle, de réactivation des zones endormies du cerveau. Encore une fois l’efficacité n’est pas au rendez-vous comme l’expérience de Lorant-Royer décrite plus haut le confirme.

C’est en fait une erreur de conception du fondement même d’intelligence. Ces méthodes envisagent l’intelligence comme une capacité stricte de raisonnement : celui-ci doit alors être entraîner. Mais les mécanismes d’apprentissage, ou de mémorisation sont très simplistes dans ces méthodes. Les exercices sont trop spécifiques pour prétendre à une finalité aussi démesurée que le développement de l’intelligence. Pas étonnant que ces méthodes n’offrent que peu d’efficacité lors d’expérience [3]. Au mieux cela tient d’un bais d’habituation, c'est-à-dire un effet d’adaptation au cadre des exercices. Ce qui est en réalité développé c’est l’efficacité de réponse à cet exercice uniquement par habituation.

 

Pseudo-science et vrai marketing

Désormais, c’est le marketing qui se saisi de l’entraînement des capacités cognitives, domaine de recherche de la psychologie cognitive jusqu’à présent, avec cette dernière comme argument commercial fort.

La prétention du programme du Dr Kawashima est d’indiquer l’âge du cerveau et de le faire rajeunir. L’âge cérébral fait ainsi appel aux peurs populaires concernant la dégénérescence des facultés intellectuelles, le vieillissement, et profite entre autre de la médiatisation croissante de la maladie d’Alzheimer et d’autres causes de sénilité. Ces logiciels s’adressent à un public inquiet par le spectre du déclin ou attiré par l’illusion d’efficience facilement abordable, en 5mn par jour.

Mais c’est d’abord un concept commercial, le « casual gaming », qui permet d'attirer vers les jeux vidéo un nouveau public qui jusqu'alors ne jouait pas ou très peu, quitte à utiliser des arguments pseudo-scientifiques comme force de vente. Une longue liste de ces jeux sont disponibles et souvent rangés par les développeurs dans la catégorie « Santé et forme physique »: gym des yeux, lecture efficace, etc…

Comme les appareils d’éléctro-stimulation qui restent au fond du placard au bout d’une semaine, ces jeux offrent l’illusion d’une possibilité de modification de notre efficience : quasiment un super pouvoir à porté de main !

Mais comme les produits de régimes miracle inefficaces (voir POZ n° 42) ou encore les instruments de gym : il faut en réalité quand même transpirer !

Du côté de l’intelligence, S. Lorant-Royer et A. Lieury préconisent d’enrichir le plus possible nos connaissances et par tous les moyens disponibles pour stimuler nos capacités intellectuelles. Trois règles : apprendre, se cultiver et mémoriser ! (auxquelles je me permets de rajouter « s’amuser » c’est quand même plus sympa !)

 

Nicolas Gaillard

 

Notes :
[1] site Internet de Nintendo®
[2] Lorant-Royer (Sonia), Spiess (Veronika), Goncalves (Julien), Lieury (Alain), (2008). Programmes d’entraînement cérébral et performances cognitives : efficacité, motivation… ou « marketing » ? De la Gym-Cerveau au programme du Dr Kawashima, Bulletin de psychologie, Tome 61 (6), n°498, p. 531-549.
[3] À lire pour compléter : S. Lorant-Royer et A. Lieury, L’entraînement cérébral : une imposture intellectuelle » Cerveau & Psycho, Pour la Science, bimestriel, n° 31, janvier/février 09.

 

 


BILLET
Weleda, l'anthroposophie et le coup des sardines


 

Imaginons que vous n'aimiez pas les sardines et que quelqu'un en planque une dans votre casse-croûte préféré, sous la tranche de pain. Le gag risque de vous faire grincer des dents. La technique de la sardine est pourtant employée par les produits Weleda, DEMETER et plus particulièrement par l'alliance ELIANT (Européenne aLliance des Initiatives issues de l’ANThroposophie).

Alors que, en prétendant proposer une alternative aux médicaments classiques, Weleda propose une gamme de produits thérapeutiques certes charmants, mais dont l'efficacité laisse perplexe ; alors que, sous prétexte de proposer une alternative à une médecine froide et inhumaine, Weleda nous vend la médecine anthroposophique, qui, à bien y regarder, est héritière de postures philosophico-politiques tellement conservatrices que le ou la moindre gauchiste un peu curieuse prendrait peur ;

alors que, nous vendant de l'agriculture bio, on nous impose la « dynamie », mysticoïde, conservatrice et peuplée d’esprits de la Terre qui colle peu avec un athéisme politique ; alors que, nous vantant le refus d'une agriculture monoculturale et intensive, Demeter nous vend une alimentation bio-dynamique aux fondements folkloriques ; alors que nous présentant une alternative bancaire intéressante, on nous amène à la NEF, Nouvelle économie Fraternelle, grande héritière de la société anthroposophique... On en est déjà à cinq sardines. Deux autres se cachent dans le fait de signer la pétition ELIANT. Il est écrit : « Partant du principe que tout citoyen européen a droit au respect quant à ses choix en matière l’alimentation, de médication et d’éducation, l’action ELIANT a lancé un appel à signatures en vue de faire reconnaître l’utilité sociale et la qualité des innovations anthroposophiques dans ces domaines, qui visent à un mode de vie plus respectueux de l’homme et de la nature. »
Je sens qu'on ne va pas tarder à nous dire que :

  • si tu refuses de soutenir Weleda, tu es pour les directives européennes restrictives.
  • si tu refuses Demeter, tu es contre le respect de la Nature.
  • si tu ne veux pas de la bio-dynamie, tu es suspect d'être membre de la FNSEA
  • si tu ne signes pas à la NEF, tu te transformes en suppôt du capitalisme
  • si tu refuses de signer la pétition (et donc de soutenir l'Anthroposophie et ses héritages) tu manques de respect du choix des gens.

Ca me rappelle le grand penseur étatsunien du XXIe siècle G.W.Bush, qui disait « vous êtes avec nous, ou contre nous ».
N'oublions pas qu'il est impossible de faire des choix éclairés sans connaissance de cause. Alors avant de signer, vérifions que les théories de Steiner sont bel et bien gauchistes, que les produits vendus marchent, que les industries Weleda et Demeter n'aient pas de stratégie marketing ressemblant aux affreux Sanofi, Pfizer ou GlaxoSmithKlein. Inquiétons-nous du fait que les supporters de la démarche ne sont pas du tout du tout du tout des révoltés, mais des pseudo-scientifiques comme Jean-Marie Pelt, des pseudo-gauchisants de droite comme Pierre Rabhi, des pseudo-écolosarkoziens comme Nicolas Hulot. Si nous faisons ce travail, nous avons des chances d'être fichtrement déçu-es, nous devrons renoncer à tout un lot de solutions simples et miraculeuses pour changer ce monde, mais au moins nous n'engraisserons pas de faux amis et ne ferons pas de nos luttes une chasse aux moulins à vent.

Pour ma part, j'aime trop l'agriculture bio pour la laisser replonger dans les trips chamaniques avec la bio-dynamie. J'aime trop mes copains copines militant-es pour les laisser se non-soigner, ne pas guérir voire tomber malade avec des onguents, des crèmes rescue et des cataplasmes de fleurs coupées. Je suis trop critique sur le capitalisme pour le rêver fraternel. Et il y a trop besoin d'une éducation alternative riche pour qu'on n'en laisse pas les prémisses aux écoles anthroposophiques.

Richard Monvoisin

Un (ultra)gauchist et zétético-autonome, anticapitaliste, qui tente de manger local et bio, qui prend peu de médicaments, et qui déteste le système pharmaco-médical actuel au moins autant que cette capacité de certains de ses camarades politiques à s'inventer des solutions simples mais inefficaces.

Deux pistes critiques :
- Renaud Marhic et Emmanuel Besnier, (1999). Le New age : son histoire, ses pratiques, ses arnaques..., Le Castor Astral.
- Luc-Michel Mazenq (2001). Les Nouveaux Mouvements Religieux (NMR) et les Nouveaux Mouvements sociaux (NMS) dans le procès de mondialisation », Thèse de doctorat, 2001.

 

 


CULTURE ET ZÉTÉTIQUE


 

Chroniques Zétético-musicales

Quand j’étais petit, j'avais un 45 tours incroyable de Gérard Lenorman que j’écoutais inlassablement sur mon manche-disque. Ca s'appelait Fréderic et l’OVNI. Un extra-terrestre venait voir le petit garçon la nuit de la Saint-Jean, et discutait avec lui.

Moi aussi je voulais faire du vélo avec ET sous un drap ! Moi aussi je voulais que l’extraterrestre vienne me voir chaque soir, quitte à péter sous les étoiles, comme le Glaude et le Bombé dans La soupe aux choux. Alors je me suis renseigné, et j'ai appris ce point crucial qui fit basculer ma vie dans le mélodrame. Les ET ne prennent contact qu’avec des enfants qui ont le cœur pur et qui savent garder les secrets.

Pour le premier point, déjà, ça craint. Vu comme les technologies ET sont avancées, ils m’ont certainement levé dans le noir en train de m'amuser avec moi-même. Restait le deuxième point. Si un OVNI se posait dans le jardin, et qu’un bonhomme venait me causer, serai-je capable de ne pas le raconter à mon meilleur copain Matthieu qui est mon ami pour la vie et qu’on a même mélangé nos salives par terre dans un crachat solennel pour promettre qu’on se dirait tout croix de bois croix de fer ? Là, j’ai dû l'admettre : jamais j'arriverai à fermer ma bouche. J’ai donc dû faire mon deuil.

Et puis vint novembre 2007. Je regardais le paysage de Grenoble, depuis mon rebord de montagne. Il était midi et des brouettes.

Et là…que vois-je de mes yeux ébaubis ? Mon 1er OVNI à moi. Rien qu’à moi… exprès pour moi ! Bon sang, suis-je prêt ? Suis-je pur et discret ? Suis-je assez bien peigné pour mon abduction ? Vite, j’ai pris ce que j’avais sous la main pour faire un cliché, et clic clic, voilà les deux photos.

 

Après enquête, ce n’est pas l’OVNI de Frédéric. Ni Iti. Ni La denrée.

C’est une caméra sur un petit ballon, qui filmait les manifestants lors des mouvements sociaux. Point d'orgue de mon mélodrame, le seul OVNI que j'aurais vu a une épineuse tendance à ne regarder que les individus impurs de cette société, ne cherche pas à savoir « pourquoi la Terre fabrique des fusées, des fusils qui menacent l'univers », non. De toute façon Gérard Lenormand n'est plus à la mode.

 

Richard Monvoisin

 


En librairie

 

Un livre sur les négateurs du SIDA

Nous en parlons régulièrement à l'OZ. Voici un livre, pour l'instant non traduit de Seth C. Kalichman, Denying AIDS: Conspiracy Theories, Pseudoscience, and Human Tragedy. Le sujet est trop rare pour qu'on le passe sous silence.

La publication est prévue pour mars 2009.

 

 

 

 

 


AGENDA


 

Conférences

Dans le cadre de son cycle de conférences sur la zététique, le mardi 17 février, l’association Sciences Technologie Société (ASTS) a invité Hervé Le Guyader, professeur de biologie évolutive à l'Université Pierre et Marie Curie (Paris 6) pour une soirée consacrée au « Créationnisme et Intelligent Design. ».

« Alors que l'on s'apprête à célébrer le bicentenaire de la naissance de Charles darwin, de nombreux courants de pensée spiritualistes s'attaquent à la notion d'évolution. C'est vite oublier que la théorie de l'évolution repose sur une démarche scientifique où les hypothèses sont vérifiables, les expériences reproductivles et les effets mesurables. »

Créationnisme et Intelligent Design
Mardi 17 février 2009 à 18h30
Espace Écureuil
26 rue Montgrand 13006 Marseille
Entrée libre et gratuite
Renseignements : mathieu.orban@asts.asso.fr



Pour la deuxième conférence du cycle « Les vendredis de la zététique », le professeur Henri Broch abordera le sujet de l'astrologie. Il reviendra sur l'histoire de cette pratique ancestrale et explicitera les raisons de son caractère pseudo-scientifique. Qu’est-ce que l’astrologie ? Quelles en sont les « techniques » ? Quelles sont les connaissances astronomiques à posséder sur la sphère céleste ? Qu’est-ce qu’une démarche scientifique peut dire sur les principes et les bases mêmes de cet « art divinatoire » ?

 

L'astrologie
Vendredi 20 février 2009 à 18h
Médiathèque Communautaire de Valbonne
1855 route des Dolines 06560 Valbonne Sophia Antipolis
Tél.: 04.92.19.76.00
Entrée libre et gratuite.



Le lundi 2 mars 2009, Éric Lowen s’intéressera aux anges lors d’une conférence organisée par le Cercle de zététique de Toulouse, intitulée « Anges et anges-gardiens : Effet de mode, religion light, retour des vieilles superstitions ? ». Depuis quelques années, le thème des anges et des anges-gardiens est revenu à la mode, dans le sillage du New-Age. Dans la mesure où ces affirmations sont posées comme étant des réalités objectives et non des symboles, il est possible de les soumettre à une investigation rationnelle et critique avec les outils zététiques. Ces contacts et apparitions sont-ils réels ou proviennent-ils d’autres phénomènes psychologiques ? Éric Lowen montrera que le cas des anges et anges-gardiens est en réalité la résurgence moderne (et modernisé) d’une superstition plurimillénaire.

Anges et anges-gardiens : Effet de mode, religion light, retour des vieilles superstitions ?
Lundi 2 mars 2009 à 20h30
Maison de la philosophie
29, rue de la digue 31300 Toulouse
Tél. : 05.61.42.14.40
Entrée : 4 euros, gratuit pour les adhérents

 



Projections

Le muséum d'histoire naturelle de Grenoble célèbre le 150e anniversaire de la parution de L'origin des espèces au moyen de la sélection naturelle de Charles Darwin en diffusant plusieurs documentaires durant les vacances de février. Il est encore possible d'aller regarder Darwin et la science de l'évolution (52',VF, 2002), Et Dieu créa le singe (26', 1994) et La science en gueurre (49', VOSTF, 2006).

 

 

Darwin et la science de l'évolution
Lundi 16 février 2009 à 16h

Et Dieu créa le singe
Jeudi 19 février 2009 à 16h

La science en guerre
Vendredi 20 février 2009

Muséum d'histoire naturelle de Grenoble
1 rue Dolomieu 38000 Grenoble
Salle de conférence
Entrée gratuite
Renseignements : www.museum-grenoble.fr

 


 

Cette newsletter a été préparée par Stanislas Antczak, Éric Bévillard, Pierre Borgnat, Éric Déguillaume, Géraldine Fabre, Nicolas Gaillard, Florent Martin, Fabien Millioz, Richard Monvoisin et Franck Villard.

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