POZ n°75 Imprimer
Écrit par l'équipe de rédaction   
Vendredi, 06 Avril 2012 10:12
Avril 2012 / Newsletter 75

 

 

Édito

Les nouvelles de l’OZ
- Conférence à Fontaine : « La Manipulation mentale »

Actualités
- Conférence à Grenoble : « Autisme, l’état actuel des connaissances »
- Rapport du CRIOC : « Les médecines alternatives »

Dossiers
- Protocole expérimental : le Yi King

Agenda
- Réunion mensuelle de l'Observatoire zététique
- Les rencontres zététiques à Fontaine (38)
- Conférence-débat : zététique ou comment faire preuve d'esprit critique

 

 

ÉDITO

 

« 0000 » Mon code PIN (parasol)

En ces temps où le summum de la zététique journalistique consiste à critiquer la pertinence des sondages politiques en les propageant docilement, ou encore à prétendre juger un candidat à la crédibilité comptable de son programme, voire enfin à discuter de la justification de l'intervention des forces de police dans ce qui n'était après tout qu'une expérience du chat (ou du djihadiste) de Schrödinger grandeur nature (quand le chat est dans la boîte, on ne sait pas s'il est vivant ou mort ; quand la boîte est ouverte on sait), on entend moins les médias sur les questions qui titillent périodiquement les sens du zététicien-prof-de-physique que je suis, comme le nucléaire ou les ondes-qui-tuent.

Sur ce dernier sujet, débat immobile s'il en est, devrons-nous attendre la prochaine étude controversée, ou le prochain creux dans l'agenda médiatique, pour pouvoir suivre l'épisode suivant ? Hé bien non, fidèle à mon devoir vigilant de gardien du temple zététique, je vais de ce pas sonner la fin de la série.

Les téléphones portables grillent-ils le cerveau ? La réponse est oui, j'en ai établi scientifiquement la preuve incontestable par une expérience ébouriffante.

Le protocole de mon expérience était simple, mais encore fallait-il y penser. Il s'agissait d'observer en continu le comportement de personnes dépourvues de téléphone lorsqu'on leur en donne un, et ce sur plusieurs mois. J'ai réalisé cette expérience sur un échantillon d'une personne : moi. C'est peu, certes. Mais comme le sujet présentait au départ tous les signes d'un équilibre mental et social parfait, ainsi qu'une intelligence vive et éclectique, la moindre altération dans son comportement serait forcément un signe infaillible.

Depuis quelques mois, j'ai donc un téléphone portable. En fait, si je n'en avais pas, ce n'était pas, contrairement à ce qui semblait évident à tout le monde, que j'étais « réfractaire ». Je n'y étais pas plus réfractaire qu'à l'hélicoptère, la presse sportive, la progéniture ou la lotion après-rasage : je n'en voyais tout bonnement pas l'utilité. Une personne avec laquelle je travaille sur des activités éditoriales a lourdement insisté pour que je sois joignable par téléphone. J'ai donc acquis le strict minimum, un téléphone qui ne fait que téléphoner, et encore à peine vu que je n'ai la plupart du temps pas de crédit (seulement vingt minutes tous les six mois), donc je ne peux que recevoir des appels.

N'insiste pas, je ne te donnerai pas le numéro (d'ailleurs je ne le connais pas). Seuls mes collaborateurs éditoriaux l'ont. Déjà là, je crus voir un signe d'aliénation mentale bénigne. J'eus beau arguer du fait que si j'étais joignable et disposé à travailler, alors j'étais devant mon ordinateur, c'est-à-dire chez moi, auquel cas j'étais joignable sur mon téléphone fixe ; et que, réciproquement, si je n'étais joignable que sur portable, alors je n'étais pas disponible pour travailler, donc rien ne servait de chercher à me joindre ; j'eus beau me débattre pour rester vierge du portable, rien n'y fit.

De fait, l'avenir m'a détrompé : ce fut utile à trois reprises. Mettons donc que ce point-là ne soit pas décisif. Ce fut donc en observant mon propre comportement que j'acquis la certitude que le téléphone portable grille le cerveau.

Je n'ai fait en somme que vérifier ce que j'observe quotidiennement autour de moi, dans les transports en commun ou auprès de mes élèves. Certains ont toujours le téléphone en main, même pour n'en rien faire : voilà qui m'intriguait fort. Certains sont toujours en train d'appeler, de recevoir des appels, d'envoyer des messages écrits ou d'en lire : voilà qui me laissait perplexe sur la quantité de choses que ces gens peuvent avoir à se dire.

J'ai interrompu l'expérience avant de devenir comme eux, mais je l'ai poussée pour être sûr que mon comportement avait été modifié. Quand j'ai le téléphone en poche, je m'en sers pour regarder l'heure. Quel besoin ai-je subitement de savoir l'heure, moi qui auparavant me contentais de l'heure publique, assez abondante en ville ? Si j'ai besoin de savoir l'heure, c'est que je crains d'être en retard pour aller au travail, et dans ce cas je n'ai qu'à regarder l'heure à l'arrêt de bus ou de métro, voire dans le bus. Mais non, là je me suis mis à sortir mon téléphone pour y regarder l'heure à tout propos, alors même que je n'étais pressé par rien. Premier frisson d'effroi qui me glaça.

Évidemment, au début, lorsque je pensais que ledit appareil était susceptible de sonner pour une demande urgente (ou ressentie comme telle) de mes collaborateurs, j'examinais à tout instant la boîte de messagerie, j'allumais ou éteignais l'appareil pour qu'il puisse sonner en cas de besoin, mais pas pendant mes cours. Globalement, j'ai perdu mon temps. La présence même de l'objet dans la poche droite de mon manteau était en soi génératrice de comportement aliéné. Je passais mon temps à tripoter ce petit morceau de plastique, à le faire tourner dans mes mains. « Vois comme je suis oblong et bien découplé », semblait-il me susurrer, « touche comme ma peau est douce, caresse mes courbes suaves, triture mes touches turgescentes ». Arrière, Belzébuth !

Ainsi convaincu que Satan l'habite, j'hésitai à faire exorciser l'appareil. Il paraît d'ailleurs que l'exorcisme est en pleine vogue, j'aurais peut-être eu des prix.

J'ai finalement opté pour une solution simple : quand il existe un risque que l'objet puisse servir, je l'emporte avec moi, certes, mais sur vibreur et dans la poche gauche de mon pantalon, sous mon mouchoir (sale). Sinon il est éteint sur mon bureau, à côté de mon téléphone fixe. Ouf.

Alors certes, je n'ai pas prouvé que la nocivité provient des ondes. Mais si tu le veux bien, ami lecteur, j'arrêterai l'expérience ici, j'en ressors avec le cerveau trop diminué pour ne pas craindre pour ma santé.


Stanislas Antczak
Éditorialiste ondulatoire



LES NOUVELLES DE L'OZ



Conférence de l'OZ à Fontaine (38) : « La Manipulation mentale »

Le 28 mars dernier, Virginie Bagneux et Florent Martin donnaient à la mairie de Fontaine (38), dans le cadre du cycle Remue-méninges proposé par le service culturel de la ville, une conférence sur le thème de la manipulation. L'intégralité de la conférence (durée 2h06) est visible ici.

 

 

 

 

Pour être régulièrement tenu au courant des activités de l’Observatoire zététique (réunions, conférences, etc.), demandez votre inscription à notre liste d'informations en écrivant à contact@zetetique.fr.

 

 

ACTUALITÉS

 

Conférence à Grenoble  : « Autisme, l’état actuel des connaissances » par Jean Cottraux


A l’initiative des associations Ensemble pour l’autisme et Autisme 38, le professeur Jean Cottraux, psychiatre, chargé de cours à l’Université Lyon 1, spécialiste des théories cognitives et comportementales (TCC), a ouvert à Grenoble, le 4 avril 2012, le débat sur le diagnostic et la prise en charge de l’autisme infantile et le spectre du TED (Trouble Envahissant du Développement).

La conférence a été introduite par Clément, un jeune autiste Asperger, qui a traité du thème de la différence, telle qu’il la vit de l’intérieur.

Cette affection touche 1 personne sur 150 dont 75% de garçons. Il existe des signes d’alerte qui peuvent faire penser à un TED comme par exemple, dès la 1ère  année, l’absence ou la rareté du sourire social, du contact par le regard, de l’orientation à l’appel du prénom.

Le DSM-IV (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) a distingué cinq catégories : le trouble autistique, le syndrome de Rett, le trouble désintégratif, le syndrome d’Asperger et le TED non-spécifié.
Des comportements stéréotypés, restreints et répétitifs, l’adhésion à des rituels sont les caractéristiques principales de cette affection. Le retard de langage touche souvent ces autistes, à l’exception des autistes Asperger.
Le DSM-IV qui a conduit à une décomposition et à une classification de ces troubles sera suivi du DSM-V en 2013, qui procède à une recomposition et une conception plus intégrative de l’autisme.

En ce qui concerne l’incidence de la génétique dans l’autisme, les travaux récents de Hallmayer (Archives of General Psychiatry, 2011) montrent une héritabilité de l’autisme qui va de 30 à 90 % dont 60% pour les vrais jumeaux, 30% pour les faux jumeaux et 55% pour l’environnement partagé.

Il est possible que certains facteurs environnementaux participent à l’expression des gènes et programment le fœtus : l’âge des parents, la FIV, le génotype maternel, une réaction immunitaire fœto-maternelle, l’ingestion maternelle de drogues ou de toxiques, le diabète et les infections durant la grossesse (Satzmari, Archives of General Psychiatry, 2011). En revanche aucune donnée publiée n’a permis de confirmer l’hypothèse psychanalytique selon laquelle l’attitude de la mère (ou la dépression maternelle) représenterait un facteur d’autisme.

La recherche des gênes de l’autisme est pour l’instant au stade préliminaire. Rien n’est démontré. Une évolution de 30% des autistes vers la schizophrénie a été trouvée.

Les études sur le cerveau permettent d’identifier un certain nombre de caractères : la musique est mieux perçue que la voix, des troubles auditifs proviennent soit d’une hypo ou hyper-sensitivité ou d’une photophobie. La localisation dans le cerveau se trouve principalement au niveau de l’amygdale et du cortex préfrontal.

Les traitements sont essentiellement d’ordre psychologique, issus pour une large part des TCC (Thérapies cognitivo-comportementales) : différents programmes et méthodes ont été mis en œuvre : ABA, Teach, Denver [1]. Ils présentent beaucoup de points communs et une intégration de ces différentes approches seraient du point de vue de Jean Cottraux souhaitable.

Vingt-huit études sur l’évaluation de l’efficacité de ces méthodes ont été publiées à date de 2010 et quinze études montrent des progrès significatifs ou des améliorations dans 45% des cas au moins, notamment sur le QI, l’apprentissage du langage et la socialisation.

La conclusion est que l’autisme est corrélé à des dysfonctionnements cérébraux dans les régions du sillon temporal supérieur, amygdale, et cortex préfrontal.
Leur étiologie exacte demeure inconnue : il existe un facteur génétique important.
Les méthodes des TCC permettent une amélioration significative en termes de QI, apprentissage du langage et socialisation dans au moins 45% des cas.
Il est donc urgent de déplacer les budgets vers ce qui est efficace et de laisser du temps à la recherche pour identifier les causes de l’autisme.

La conférence a été suivie par l’exposé conjoint de deux psychologues qui ont présenté les différentes méthodes de prise en charge des enfants autistes, notamment par la structuration du temps, de l’espace, des activités et l’apprentissage de règles sociales. Les comportements des enfants autistes sont récompensés par toute une série de « renforçateurs » qui au fur et à mesure des progrès de l’enfant deviennent de plus en plus subtils, allant du jouet à la friandise, au bravo, aux applaudissements et au clin d’œil qui traduit l’approbation sociale, l’objectif étant de diminuer un comportement inapproprié.

Pour répondre à la critique souvent formulée à l’encontre de ces méthodes d’être du dressage, les orateurs ont fait le parallèle avec les incitations données à l’école, tels les bons points, ou données au conducteur automobile, comme les amendes, les retraits de points du permis, etc.

Les méthodes utilisées pour les autistes sont donc couramment utilisées dans tout apprentissage et dans la société et ne présentent en rien ce caractère de dressage tant décrié.

Le groupe des Lesmuriens que j’ai constitué en janvier 2012 en soutien au documentaire Le Mur de Sophie Robert a été bien représenté par cinq de ses membres, dont le conférencier Jean Cottraux et deux membres de l’OZ, Jean-Louis Racca et moi-même.

La salle de la bibliothèque du Centre ville de Grenoble était pleine.

Notes :

[1] Le programme ABA (Applied Behavior Analysis) (Ivar Lovaas, 1987) consiste à enrichir l’environnement par le jeu, le dessin, la musique, l’apprentissage soutenu.

TEACH (Treatment and Education of Autistic and related Communication handicapped Children) (Eric Schopler, 1972) utilise essentiellement la communication visuelle.

DENVER (Early Start Denver Model EDSM) (Rogers et Dawson, 2010) agit par apprentissage socio-émotionnel.

Pour l’histoire de la notion d’autisme, voir par exemple « L’autisme, énigme pour la science et cible idéale pour la pseudoscience » (http://www.zetetique.fr/index.php/dossiers/223-autisme). 

 

Brigitte Axelrad

 

 


 

Rapport du CRIOC : « Les médecines alternatives »

Le CRIOC (Centre de Recherche et d'Information des Organisation de Consommateurs) est organisme belge fondé en 1975 et reconnu d’Utilité Publique. Il est administré par l'ensemble des organisations de consommateurs et a pour objet « d’apporter une aide technique aux organisations de consommateurs, de valoriser la fonction de consommation et de promouvoir la protection des consommateurs.»

Le CRIOC vient de publier un rapport sur les médecines alternatives disponible ici.


DOSSIER : Protocole expérimental sur le YI KING

 

Introduction

Selon Wikipédia, « le Yi King (aussi appelé Yi Jing) est un manuel chinois dont le titre peut se traduire par « Classique des changements » ou « Traité canonique des mutations ». Il s'agit d'un système de signes binaires utilisé pour faire des divinations. Son élaboration date du premier millénaire avant l'ère chrétienne (...). Il occupe une place fondamentale dans l'histoire de la pensée chinoise et peut être considéré comme un traité unique en son genre dont la finalité est de décrire les états du monde et leurs évolutions. Il est le premier des cinq classiques et donc considéré comme le plus ancien texte chinois ». Anaël Assier étudie et pratique le Yi King depuis 16 ans. Il est l'auteur du livre « Yi King, traité des vases communicants : Une pratique pour vivre au cœur des coïncidences ».

Schématiquement, le Yi King repose sur des tirages réalisés par des moyens qui peuvent être variables (pièces, bâtonnets) et qui donnent un hexagramme. Dans le livre traditionnel chinois, 64 hexagrammes principaux ayant chacun 64 variations possibles, soit un total de 4096 combinaisons, sont décrits. Chacune de ces figures fait l'objet d'une description établie une bonne fois pour toute. Le praticien pose une question, réalise un (ou plusieurs) tirage(s) et propose une stratégie à mettre en œuvre en fonction de son interprétation de la description proposée dans le livre.

Sur invitation de l'Observatoire zététique et en collaboration avec celui-ci, Monsieur Assier a accepté de mettre en place un protocole expérimental autour du Yi King. Le point que nous aimerions observer à travers cette étude, est : « Dans quelle mesure, entre deux options, le Yi King permet-il de choisir la meilleure avec une probabilité supérieure à ce que pourrait donner un choix au hasard ».


Élaboration du protocole, préparation

Principe de l'expérience

Deux équipes indépendantes sont formées. Le praticien, entouré de son équipe, réalise 10 tirages selon les règles du Yi King. Ces tirages doivent permettre de deviner si 10 lancers de dé réalisés par une autre équipe vont donner, pour chaque lancer, un chiffre pair ou impair. Selon M. Assier, il peut arriver que le Yi King donne un résultat indéterminé ou équilibré. Dans ce cas, le lancer correspondant ne sera pas pris en compte lors du dépouillement des résultats. Le nombre total d'essais n'est pas déterminé à l'avance. Néanmoins, pour obtenir une puissance statistique suffisante, nous nous mettons d'accord pour qu'un minimum de 30 essais valides soient réalisés.

Information sur le protocole

Avant de débuter l'expérience, les détails du protocole sont communiqués aux participants. On se met également d'accord sur l'analyse statistique des résultats futurs (que considèrera-t-on comme un échec, une réussite ?), et sur la façon dont les conclusions seront formulées en fonction du résultat de l'expérience.

Double aveugle et tirage aléatoire : 2 équipes sont choisies par le praticien

Équipe « Yi King » : elle est constituée du praticien et de deux assesseurs qui notent, chacun sur une feuille, ce que celui-ci leur indique. Au moins un représentant de l'observatoire zététique doit en faire partie.

Équipe « Dé » : composée de 3 personnes au moins, elle procède aux lancers de dés. Au moins un représentant du praticien et un membre de l'Observatoire zététique doivent en faire partie.

Ces 2 équipes n'ont pas de contact pendant le déroulement de l'expérience. Un signal sonore normalisé permet aux équipes de se synchroniser à chaque essai.

Normalisation des essais, contrôles

Les lancers de dés sont réalisés dans un récipient opaque et fermé qui est secoué au moins 5 fois. On pose ensuite le récipient, on l'ouvre et note si le chiffre indiqué est pair ou impair. Le signal sonore, seul élément d'information échangé entre les équipes, permet de se synchroniser. Il est généré à partir de deux talkies-walkies qui disposent d'une fonction de type « bip ».

Test blanc

Chaque expérience réalisée par l'Observatoire zététique est précédée d'un test blanc : plusieurs essais sont réalisés, sans aveugle ; Avant le début de l'expérience, M. Assier réalise quelques tirages de Yi King et l'équipe « dé » procède aux lancers correspondants. Si, lors du test blanc, le sujet émet un doute sur les conditions expérimentales ou s'il considère que les conditions ne sont pas réunies pour que la performance soit optimale, l'expérience est annulée.

Interruption d'une série d'essais

À tout moment, une des deux équipes peut demander une interruption, temporaire ou définitive, de l'expérience. Pour ce faire, elle place les données de l'expérience en cours dans une enveloppe cachetée sur laquelle le nom de l'équipe, la date et l'heure sont inscrites, puis prévient l'autre équipe par l'émission de 3 signaux sonores d'affilée. L'autre équipe protège ses données de la même façon puis informe l'équipe à l'origine de la demande par 3 signaux sonores. Les équipes se rejoignent et placent les enveloppes dans une caisse métallique fermée à clé. Jusqu'au dépouillement des résultats, la caisse restera en possession de l'Observatoire zététique, le praticien disposant des clés.

Si une nouvelle série d'essais est décidée, elle est organisée comme une nouvelle expérience et s'interrompt selon les mêmes modalités.

Fin de l'expérience

Elle est décidée d'un commun accord entre les deux équipes. Elle ne peut intervenir qu'après la réalisation d'un minimum de 30 essais validés. Si moins de 30 essais sont validés, l'expérience est annulée.


Déroulement de l'expérience

Les équipes « Yi King » et « Dé » se saisissent de leur matériel et s'isolent dans deux pièces séparées.

Étape 1

10 tirages de Yi King sont réalisés. Pour chacun d'entre eux, M. Assier indique s'il pense que le dé va donner un chiffre pair, impair ou s'il ne peut pas se prononcer. Sur leur feuille, chacun des assesseurs note « P » pour un chiffre pair, « I » pour un chiffre impair et « N » pour un tirage indéterminé. Un de deux assesseurs indique ensuite, par un signal sonore, que les 10 tirages sont terminés.

Étape 2

L'équipe « Dé » procède aux 10 lancers. Un des membres de l'équipe lance le dé, les deux autres notent le résultat obtenu. Pour chaque lancer, « pair » est noté « P » et « impair » est noté « I ». A l'issue des 10 lancers, un des membres indique à l'équipe « Yi King », par un signal sonore, que les 10 tirages suivants peuvent être réalisés.

Les étapes 1 et 2 sont répétées jusqu'à la fin de la série.


Dépouillement des résultats, publication

L'ouverture de la mallette, puis des enveloppes scellées qu'elle contient, a lieu en présence de tous les participants.

Vérification des données

On vérifie que les données sont cohérentes dans chaque équipe (les deux assesseurs ont-ils bien notés les mêmes choses ? les 2 membres de l'équipe « Dé » ont-ils bien indiqué les mêmes résultats pour chaque lancer ?).
On élimine tous les essais pour lesquels l'équipe « Yi King » a indiqué « N » (tirage ne permettant pas au praticien de se prononcer).
On compare le résultat des tirages de Yi King aux résultats des lancers de dé.

Analyse des résultats

L'Observatoire zététique a décidé d'utiliser un test statistique basé sur la loi binomiale, bilatéral avec un seuil de 1%[1]. En fonction du  nombre d'essais effectués, on détermine alors une fourchette de scores conformes au hasard (les calculs sont effectués grâce à l'outil « prOZstat » disponible à l'adresse http://zetetique.fr/stats).

Un tableau représentant le résultat de ce calcul pour des séries représentant, en tout, 30 à 100 essais est remis au sujet avant le début de l'expérience, pour validation.

Conclusion et publication des résultats

L'Observatoire zététique s'engage à publier le résultat de l'expérience, qu'il soit positif ou négatif.
Si le résultat de l'expérience est positif, l'Observatoire zététique indiquera que l'hypothèse semble validée et appellera à l'analyse et à la reproduction de l'expérience par une équipe indépendante.
Si le résultat de l'expérience est négatif, l'Observatoire zététique fera le constat que dans les conditions expérimentales qui étaient les nôtres, l'hypothèse de départ n'aura pas pu être vérifiée.

Anonymat

Les participants de l'expérience peuvent faire à tout moment, y compris après la publication des résultats de l'expérience, le choix d'être anonymisés dans les différents documents publiés par l'Observatoire zététique. Le praticien s'engage à faire de même pour toute information qu'il serait susceptible de publier dans le cadre de ce travail.


Expérience du 26 mars 2012

L'expérience s'est déroulée à Grenoble le lundi 26 mars 2012 à partir de 20h.

L'équipe « Yi King » était constituée de 5 personnes, dont 4 membres de l'Observatoire zététique. L'équipe « Dé » était constituée de 4 personnes : 1 témoin de M. Assier et 4 membres de l'association. Aucune brèche dans le protocole n'a été relevée.

150 essais ont été réalisés en 3 heures. Parmi ces essais, et conformément au protocole négocié avec M. Assier, 50 ont été infructueux (résultat du tirage Yi King ne permettant pas au sujet de se prononcer) et n'ont pas été pris en compte dans le calcul des résultats.

Nombre d'essais validés : 100

Pour 100 essais, et avec une marge d'erreur de 1%, les statistiques prévoient qu'un nombre minimum de 64 essais doivent être réussis pour considérer que ce test est un succès. Le nombre d'essais réussis s'élevant à 57, nous devons conclure à l'échec de l'expérience.


 

 

Conclusion

Dans les conditions expérimentales qui étaient les nôtres, il n'a pas été possible de valider que le Yi King permet, entre deux options, de choisir la meilleure avec une probabilité supérieure à ce que pourrait donner un choix au hasard.

M. Assier a fait preuve, lors de la réalisation de cette expérience, d'une motivation et d'une ténacité qui forcent le respect. Chaque essai correspondant à 6 lancers de pièces, il a du réaliser plus de 900 lancers pendant plus de 3 heures, sans se départir de sa bonne humeur ni de son sérieux. Nous le remercions vivement pour cela. Les membres de l'Observatoire zététique ont pris beaucoup de plaisir à réaliser ce travail commun et espèrent qu'il pourra être utile à d'autres praticiens et expérimentateurs.

 

 

Notes

[1] En statistiques, la loi binomiale permet de déterminer à partir de quel résultat on devra considérer celui-ci comme étant meilleur que le hasard. Le "seuil de 1%" choisi signifie que pour être un succès, l'expérience devra aboutir à un résultat qui a moins de 1% de chances de se produire. Enfin, ce test "bilatéral" implique qu'un résultat anormalement mauvais sera également pris en compte. L'Observatoire zététique a développé un outil, PrOZStats, qui permet de calculer automatiquement les seuils de réussite en fonction de ces critères et du nombre d'essais pris en compte

Nota : M. Assier a rendu compte de cette expérience sur son blog :
- Yi King et Zététique. Une expérience - finalement - possible)

- Yi King et Zététique. A vous de jouer !!!

Logo PDF Attention : cette version du rapport expérimental sur le Yi King n'est pas complète. Pour tous les détails, annexes, graphiques, etc. voir la version PDF de ce document.

 

Nicolas Vivant

 

 

AGENDA

 

Réunion mensuelle de l'Observatoire zététique

Les réunions mensuelles de l'OZ sont ouvertes à tous. Elles ont généralement lieu les premiers lundis de chaque mois, et se déroulent à Grenoble, à l'étage de la brasserie La Table Ronde, 7 place Saint André (plan). On peut y dîner ou boire un verre, mais il n'y a aucune obligation de consommer. La réunion de l'OZ se veut un moment convivial d'échanges et de débat sur des thèmes zététiques. Alors, que vous soyez amateur de paranormal, sceptique ou « croyant », ou simplement curieux… vous êtes le bienvenu !

 

Prochaine réunion de l'OZ
Lundi 7 mai 2012 à partir de 20h
7 place Saint André
38000 Grenoble

www.zetetique.fr

 


 

Les rencontres zététiques à Fontaine (38)

Dans le cadre du cycle Remue-méninges (Rencontres-débats autour de questions de société) proposé par le service culturel de la municipalité de Fontaine, l’OZ animera une série de conférences zététiques. La prochaine aura pour thème « La radiesthésie et le magnétisme ».

Peut-on trouver de l'eau avec une baguette ou un pendule ? Peut-on guérir par imposition des mains ? Dépassez les rumeurs et venez faire le point sur les études scientifiques menées sur ces sujets.

 

 

La radiesthésie et le magnétisme
Mercredi 23 mai 2012 à 20h00

Hôtel de Ville de Fontaine
89, mail Marcel Cachin
38600 Fontaine

Entrée libre


 




Conférence-débat : zététique ou comment faire preuve d'esprit critique

 

Frédéric Bachelier et Nicolas Vivant de l'OZ animeront une conférence le 28 avril prochain à Grenoble, à la brasserie La Table Ronde, 7 place Saint André (plan). Y seront présentés la démarche de la zététique, quelques outils de détection des biais de raisonnement, des exemples d'investigations menées par l'OZ (la dame blanche de Mauroux), des exemples de conférences récemment données (médecines conventionnelles et médecines alternatives en janvier, sourcellerie et radiesthésie en février, la manipulation mentale en mars, les théories du complot à la lumière de la psychologie sociale en avril), des exemples de protocoles de test montés récemment.
La présentation sera suivie d'un débat qui se déroulera jusqu'au dîner pour les plus motivés.

La salle permet d'accueillir entre 20 et 30 personnes.


Zététique ou comment faire preuve d'esprit critique
Samedi 28 avril 2012 à partir de 15h
Brasserie La Table Ronde
7 place Saint André
38000 Grenoble

Entrée libre


Retrouvez les événements sceptiques dans l’Agenda de l’OZ. Des conférences à annoncer ou des infos à diffuser ? Écrivez-nous à contact@zetetique.fr.

 

Appel à contributions

 

Si vous souhaitez contribuer à la diffusion de l'esprit critique, à la promotion des outils d'auto-défense intellectuelle de la zététique, à la vulgarisation de la méthodologie scientifique, vous pouvez nous soumettre article, dossier, fiche de lecture, enquête, etc. N'hésitez pas à nous contacter pour nous proposer vos idées puis à soumettre vos productions à l'OZ, en écrivant à contact@zetetique.fr

 


Cette newsletter a été préparée par Stanislas Antczak, Brigitte Axelrad, Florent Martin, Fabien Millioz, Franck Villard et Nicolas Vivant.

Mise à jour le Vendredi, 27 Avril 2012 09:41