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POZ n°47 Imprimer Envoyer
Mercredi, 13 Mai 2009 14:13

 


SOMMAIRE


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ÉDITO


 

« Le bouddhisme zen et la mécanique quantique sont-ils réconciliables ? »
Question de demi-finale du concours de mauvaise foi de l'Université d'été de l'Observatoire zététique, juillet 2007.

 

Ami lecteur, rassure-moi : il m'arrive d'être spirituel, non ? J'en suis venu à douter, suite à une récente aventure. Si tu veux je te la raconte.

Bon, voilà. J'étais en compagnie de ma conjointe dans un magasin vendant des objets de l'artisanat tibétain. Ce qui nous y intéressait était un « bol chantant » de prières, métallique, que l'on frotte sur son pourtour avec un manche en bois pour le faire résonner. Je n'ai pas spécialement l'intention de me mettre à prier, tibétainement ou autrement, mais d'une part c'est un joli objet, d'autre part et surtout, ça fait une splendide illustration des notions physiques de résonance et de modes propres de vibration en dimension supérieure à un et, en tant que tel, ça m'intéresse. Et puis tu m'embêtes, j'ai pas à me justifier, j'achète des bols chantants si je veux.

La vendeuse était très sympathique et extrêmement enthousiaste ; certains, avec un regard sévère et sec, pourraient la voir comme fofolle et illuminée, mais ce n'est pas mon cas. En tout cas, elle nous a tout bien expliqué les sept métaux composant ce bol, en correspondance avec sept planètes, chacune ayant une signification spirituelle, tout ça. Si tu vas voir sur Internet, tu trouveras des tas d'explications sur comment ça rééquilibre tes énergies, ça soigne ton psychisme et ça purifie ton appartement. Bref. Toujours est-il que, la vendeuse nous ayant demandé notre métier, elle a conclu l'entretien par « C'est bien que des profs de physique s'intéressent à la spiritualité ». Fin du premier acte.

Voici le deuxième. Quelques jours après, je rentrais ferroviairement de Grenoble le lendemain d'une soirée entre zététiciens. Tout embrumée du manque de sommeil et de la prune de l'oncle de Nicolas Vivant (ou était-ce la mirabelle de sa grand-mère ?), ma pensée errait mollement dans des recoins ternes de mon cerveau. Quelque part entre Virieu-sur-Bourbre et Saint-André le Gaz, la phrase de ma gentille vendeuse me retomba dessus comme une pomme sur Newton (selon Gotlib). Et ne me quitte plus depuis. M'obsède comme une phrase musicale de Paolo Conte. Je ne suis pas certain de bien la comprendre, cette phrase. Alors, je te soumets les questions qu'elle m'amène à poser.

Pour le début, ça va : j'imagine que « c'est bien » signifie qu'elle est bien contente que ce soit le cas, vaguement surprise peut-être, mais quelque part ça lui redonne confiance en l'humanité ; « des profs de physique », on sait ce que c'est, c'est pas que ça nous amuse, on ne sait pas s'il en faut, mais enfin bon il y en a et il faut faire avec. Non, c'est la fin qui me pose problème. Déjà, qu'est-ce qu'elle veut dire par « la spiritualité »  ? Tout ce qui concerne le mysticisme, la vie de l'âme ? Ou bien la collection des traditions mystiques et religieuses des différentes cultures ? En quoi, alors, serait-ce « bien » de s'intéresser à la spiritualité, plus qu'à tous les aspects des cultures en question ? Les Tibétains, en particulier, ne sont-ils définis que relativement à leur(s) spiritualité(s) ? N'ont-ils pas d'autres caractéristiques de groupe social ?

Enfin bon, je ne m'intéresse pas au sport automobile : c'est bien, c'est mal ? Je m'intéresse aux questions tibétaines comme à un problème politique et social important : ai-je tort de ne pas plus m'intéresser à leur(s) spiritualité(s) ? En m'intéressant aux problèmes israélo-palestiniens, dois-je en faire un problème de spiritualité ? Et puis en admettant que je sache ce qu'est « la spiritualité » (à part un rayon de librairie d'un éclectisme à faire frissonner une clef à molette), pourquoi serait-il particulièrement satisfaisant, pour cette dame ou dans l'absolu, que des profs de physique s'y intéressent, comme ils s'intéresseraient aux girafes ou à la cuisson des macarons ?

La vendeuse semble partir du principe qu'un prof de physique, par défaut, ne s'intéresse pas à la spiritualité ; ce n'est pas forcément faux, mais ça demanderait à être prouvé. J'espère, quant à moi, qu'un prof de physique est un peu plus matérialiste que spiritualiste, mais je ne suis pas certain que la majorité de mes collègues se pose même la question du dualisme esprit-matière. Enfin bref, elle est contente que des profs de physique s'intéressent à la spiritualité.

Tu me diras, je serais content qu'elle s'intéresse à la physique. C'est vrai, mais la différence, c'est qu'à elle, on ne lui dit pas avec fierté (mais en faisant mine de s'en excuser) « Ah ben moi au lycée j'y comprenais rien, j'étais nul, ça marchait jamais » quand elle parle de spiritualité tibétaine comme à nous lorsqu'on parle de physique. À elle, on répond « Comme c'est intéressant, toutes ces cultures si proches du vrai sens de la vie, et comme on a beaucoup à apprendre d'elles ! ». Où je veux en venir ? Tu ne vois pas ? À la fin de mon édito, pardi.

 

Stanislas Antczak
éditorialiste spirituel

 


LES NOUVELLES DE L'OZ


 

Ch'cabàré chyintifique à Amiens*

Le 14 avril 2009, Florent Martin et moi étions à Amiens, invités à un café scientifique organisé par le centre culturel Le Safran et intitulé « La zététique ou quand la science peut expliquer l’étrange… ». Aux côtés de Nicolas Gauvrit, mathématicien, grand contributeur de la revue Science et Pseudo-sciences de l'AFIS (Association française d'information scientifique), nous avons répondu pendant deux heures aux questions d'un public très intrigué par ce terme bizarre de « zététique ». Après avoir brièvement rappelé son origine étymologique et ses définitions philosophiques et historiques, Florent et moi avons essayé d'illustrer l'utilité des outils de cette démarche critique par des exemples tirés de nos activités associatives mais aussi de la vie quotidienne. Nous avons par exemple décrit les expériences scientifiques réalisées par l'Observatoire zététique en collaboration avec un radiesthésiste et un magnétiseur (voir nos publications « Test d'un magnétiseur » et « Protocole expérimental : radiesthésie ») et tenu en haleine le public avec l'enquête sur la Dame blanche de Mauroux.

Nicolas Gauvrit a, lui, insisté sur notre mauvaise perception du hasard (et sa loi des grands nombres) qui nous trompe parfois au point de nous faire interpréter des événements très improbables comme « paranormaux ». À ce sujet, il a décrit le genre d'expériences que Uri Geller réalisait à la télévision dans les années 70. On croit souvent par exemple que le magicien, qui se faisait alors passer pour un « sujet psi », faisait griller à distance des ampoules électriques allumées chez les téléspectateurs. Même si durant l'émission, le standard téléphonique pouvait être assailli de témoignages attestant la réalité du phénomène, il faudrait prendre en compte le nombre de téléspectateurs,  la durée de l'émission, la durée de vie d'une ampoule, le nombre de témoignages, le nombre de téléphones du standard, ... avant de pouvoir conclure sur le caractère extraordinaire de la démonstration. En réalité, il semble que Uri Geller n'a jamais grillé d'ampoules à distance mais il faisait redémarrer des montres en panne suivant le même principe.

L'OZ sera sûrement de retour dans la belle région picarde au mois de Novembre.

 

À gauche, les trois intervenants du café : Nicolas Gauvrit, Florent Martin et Géraldine Fabre, face à une partie du public dispersé dans la salle du Centre Culturel Jacques Tati à Amiens. (Merci à l’équipe du Safran pour cette soirée et en particulier à Emmanuel Niquet, l’auteur de cette photo)

 

Géraldine Fabre
*Merci à ma maman pour cette traduction picarde.

 

 

Décryptage des sondages : zététique et statistiques

Le café sciences et citoyens du 7 avril dernier avait pour thème : « Sondages et statistiques : qu'y a t-il derrière les chiffres ? ». Aux côtés de Stéphanie Abrial, enseignante-chercheure en sciences politiques, et d’Anne Benoit-Janin, sociologue et journaliste, spécialiste d'enquêtes de proximité, on notait la présence de Fabrice Neyret, chercheur en mathématiques appliquées et membre de l'OZ.

La forme du café faisait précéder les questions du public de courtes interventions des trois conférenciers. Ce compte-rendu ne prétend pas à l’exhaustivité, mais tente de mettre en relief quelques problématiques, parfois peu connues, abordées au cours de la soirée.

Sondages quantitatifs et sondages qualitatifs : les sondages quantitatifs sont ceux dont on entend le plus couramment parler. Mais il existe d’autres sondages, dits qualitatifs, qui ont plutôt pour objectif de connaître les raisons pour lesquelles les gens ont telle ou telle opinion, leurs réactions à la diffusion de nouvelles informations, etc. Pour ce dernier type de sondages, les réponses sont « ouvertes » et il ne s’agit pas nécessairement d’obtenir des statistiques.

Des biais possibles dans le recueil des données : la façon de poser la question peut modifier les réponses. Une intervenante prit l’exemple du sondage réalisé par le Conseil Général de l’Isère « pour ou contre la rocade Nord »… précédé de précisions du genre « pour diminuer les bouchons ».

D'après certaines études, le sexe et la tenue vestimentaire de la personne qui effectue l’enquête ont également une influence sur les réponses. Le problème posé par les sondages par téléphone - sur-représentation des femmes (plus présentes à la maison pendant la journée) et sous-représentation des jeunes (qui ont rarement un « fixe ») dans les échantillons de sondés - fut également évoqué. Enfin, on s’interrogea sur le sens que pouvaient avoir des réponses à des questions que les sondés ne s’étaient peut-être jamais posées…

Sondage, prévision, certitude. Le problème des fourchettes. Pas de magie : seul un recensement exhaustif, ou une élection, donnent un résultat certain. Un sondage n'est pas une certitude, mais on peut quantifier cette incertitude. Il a donc une « confiance », visée à l’avance, généralement égale à 95%, et qui permet de déterminer l'« intervalle de confiance », c'est-à-dire la fourchette de réponse : plus on veut donner un résultat précis, et plus il risque d'être faux (sauf à augmenter le nombre de sondés en conséquence).

Pour un sondage de 1000 personnes, en visant une confiance de 95%, c’est à dire en se donnant 5% de chances de tomber en dehors de la fourchette, ladite fourchette est de + ou – 3%.

On ne devrait donc pas nous dire : « les français pensent voter à 50,3% pour monsieur S. et à 49,7% pour madame S », mais « il y a 95% de chances qu'entre 47,3 et 53,3% des français souhaitent voter pour monsieur S, et entre 46,7 et 52,7% souhaitent voter pour madame S ».

Notons que le fait de donner des sondages avec 5% de chances de se tromper, dans des médias qui nous abreuvent de sondages, c'est donner une réponse fausse tous les 20 sondages en moyenne (et si on ne donne pas de fourchette, prétendant que la précision est à l'unité ou à la virgule, alors ils sont quasiment tous faux).

Les sondages à tiroirs (ou « trop de catégories tue les catégories »). Il arrive que certains sondages, même lorsqu’ils portent sur un nombre global suffisant de sondés, contiennent tellement de sous-catégories que certaines d’entre elles ont alors un effectif… insuffisant pour tirer des conclusions.

Les sondages improvisés ou « la question du jour ». Même des titres réputés sérieux les pratiquent. Le lecteur trouvera aisément pourquoi l’on peut contester la crédibilité de tels sondages sinon il pourra lire le billet de Stanislas Antczak « Faites vous entendre ! » (POZ n°35, mai 2008).

Quelle(s) interprétation(s) ? Comme on l’a vu plus haut, faire une phrase correcte face à un sondage donnant « Monsieur S. : 51 % - Madame S. : 49 % » n’est pas chose facile (il faudrait au minimum évoquer les fourchettes). Mais on peut considérer qu’il ne s’agit là que d’une imprécision de langage.

On rencontre parfois cependant des erreurs de logique (pas toujours volontaires…) qui font dire aux données quelque chose de très différent de ce qu’elles disent réellement. Une de ces erreurs est l’inversion des qualificatifs. Ainsi, la phrase « 33 % des cadres sont des femmes » ne doit pas être confondue avec « 33 % des femmes sont des cadres ». Il arrive parfois qu’on entende ou lise la seconde, alors que l’interlocuteur voudrait énoncer la première, croyant parfois qu’elles sont synonymes. Sans parler de « il y a 33 % de femmes cadres » qui, elle, n’a aucun sens…

 

Finalement, les sondages et leurs interprétations sont pour le zététicien une mine à peu près inépuisable d'exercices d'analyse critique.

 

Jean-Louis Racca

 

 

Nouveautés sur le site de l'OZ

Ce mois-ci, l'Observatoire Zététique a mis en ligne deux nouveaux articles de Richard Monvoisin consacrés à la zététique.

Le premier Zététique, médias et autodéfense intellectuelle est une version un peu remaniée d'un article paru dans le numéro 66 (mars-avril 2009) de la revue éditée par GSA05, Actualités scientifiques dans les Hautes-Alpes.

Le second Brève histoire du terme étrange de zététique retrace l'historique du mot zététique à partir du chapitre 1.1 de la thèse de Richard, Pour une didactique de l’esprit critique.

 

Géraldine Fabre

 


ACTUALITÉS
Les actus du "paranormal"


 

Quand Alter Eco fait dans le catastrophisme…

Dans son numéro d’avril 2009, le magazine Alternatives Economiques attire l’attention de ses lecteurs, de manière alarmante, sur une substance chimique présente dans les biberons et les conserves : le bisphénol A (BPA). De mon côté, j’aimerais attirer votre attention sur l’intérêt d’une lecture zététique de cet article …

En titrant Les dégâts du bisphénol A, l’auteur, Naïri Nahapétian, n’est visiblement pas saisi par le doute à propos de la nocivité du BPA. Le terme dégâts est suffisamment fort pour suggérer que le BPA est le responsable avéré de maladies graves, voire de morts, et ce, probablement en grand nombre. De quoi s’attendre à trouver, dans le corps de l’article, l’annonce d’une catastrophe sanitaire, sinon de grande ampleur, tout au moins significative. Pourtant, à la lecture de l’article, la tragédie du BPA se résume à ceci : « Présent dans les emballages alimentaires, le BPA se diffuse dans la nourriture quand ceux-ci sont soumis à une forte chaleur. Il concerne les biberons – très médiatisés –, mais aussi certaines conserves. Or, cette substance, au-delà d’un certain seuil, est un perturbateur endocrinien qui augmenterait, entre autres, les risques de cancer et de diabète. »

Ainsi, selon les propres termes du journaliste, s’il est certain que le BPA est un perturbateur endocrinien, il n’est, en revanche, pas établi qu’il soit la cause de cancer et de diabète puisque le conditionnel est de rigueur et que ce conditionnel porte uniquement sur l’augmentation des risques et non sur l’augmentation des maladies. Par ailleurs, aucun cas de mort, de cancéreux ou de diabétique imputable à l’action du BPA n’est cité. En conclusion, les dégâts du BPA semblent, fort heureusement, plus que limités.

D’autres indices suggèrent que cet article est un peu orienté. Par exemple, il est indiqué que les autorités sanitaires canadiennes ont retiré de la vente les biberons en plastique, puis les ont remis en rayon. Mais ce qui a motivé cette décision de revenir sur l'interdiction est passé sous silence. Peut-être est-ce tout simplement parce qu’après vérifications et études, le gouvernement canadien a estimé que le BPA ne présentait pas de problème de santé publique particulier.

 

Vincent Laget

En ligne :

 

 

La voyante Patricia Putt échoue au test préliminaire du One Million Dollar Challenge

Se disant capable d'obtenir des informations sur une personne, simplement en se plaçant à proximité d'elle et en écoutant le son de sa voix, la voyante Patricia Putt a candidaté au One Million Dollar Paranormal Challenge organisé par la James Randi Educational Foundation (JREF). Dans l'espoir de faire la preuve de son don, elle a travaillé avec des scientifiques à l'élaboration d'un protocole de test correspondant à sa pratique. Les psychologues sceptiques Richard Wiseman et Christopher French faisaient partie de l'équipe.

Le test préliminaire a eu lieu le 6 mai 2009. Dix sujets, habillés de manière identique, se sont présentés dos à la voyante et ont lu successivement le même extrait du poème de William Blake The Auguries of Innocence. Patricia Putt dressait ensuite par écrit un portrait de chacun d'eux, le décrivant le plus précisément possible. Chaque sujet devait ensuite retrouver parmi les dix descriptions, le portrait lui correspondant. Si cinq d'entre eux y parvenaient, le test préliminaire était considéré comme réussi. Malheureusement, aucun n'y parvint.

Quelle a été la réaction de Patricia Putt ? Le communiqué de la JREF précise que : « Madame Putt a bien réagi à son échec et ne l'a pas imputé au test ou aux expérimentateurs, mais plutôt à son propre don. » (« Mrs. Putt took this failure well, and did not blame the test or the testers but rather her own powers for failing. »)

Un compte-rendu complet de l'expérience sera prochainement publié sur le site de la James Randi Educational Foundation.

 

 

À la source, toujours tu remonteras

En ajoutant sur Wikipédia une fausse citation à la biographie de Maurice Jarre la nuit même de son décès, Shane Fitzgerald, un étudiant en sociologie de 22 ans, n'imaginait pas qu'elle serait reprise par autant de journaux à travers le monde.

« On pourrait dire que ma vie a été un long morceau de musique. La musique était ma vie, la musique m'a donné la vie, et la musique sera toujours ce par quoi on se souviendra longtemps de moi après que j'aie quitté cette vie. Quand je mourrai, une dernière valse se jouera dans ma tête et je serai le seul à l'entendre. » (« One could say my life itself has been one long soundtrack. Music was my life, music brought me to life, and music is how I will be remembered long after I leave this life. When I die there will be a final waltz playing in my head, that only I can hear »). Proposée sans référence, cette citation a été plusieurs fois dépubliée par les modérateurs de Wikipédia. Mais en insistant, Shane Fitzgerald a finalement réussi à la garder en ligne plus de 24 heures, le lendemain de la mort du musicien au moment où les journalistes allaient rédiger leurs nécrologies. Séduits par cette poétique citation, ils ont été nombreux à l'insérer dans leurs articles. Elle s'est ainsi retrouvée dans des journaux réputés, comme The Guardian ou The independant.

L'intention de Shane était d'analyser, pour un devoir, dans quelle mesure les journalistes ont recours à Wikipédia. Surpris par les conséquences de son modeste test, il a fini par dévoiler la supercherie. Si Wikipédia l'a retirée et si certains journaux ont publié un erratum, la fausse citation reste encore visible sur des dizaines de sites, blogs et versions en ligne de journaux, selon l'Irish Times.

Pour The Guardian, ce qui est inquiétant dans cette histoire, ce n'est pas tant que la supercherie de Shane ait pointé le manque de rigueur des journalistes mais plutôt qu'elle n'ait été découverte que parce que son auteur s'est dénoncé. Le mea culpa du journal conclut : « La morale de l'histoire n'est pas que les journalistes doivent cesser de regarder Wikipédia mais qu'ils ne devraient pas reproduire des informations dont ils ne peuvent retracer l'origine. » (« The moral of this story is not that journalists should avoid Wikipedia, but that they shouldn't use information they find there if it can't be traced back to a reliable primary source. »)

Les journalistes donnant rarement leurs sources (en particulier lorsqu'il s'agit de Wikipédia), le risque subsiste que l'encyclopédie collaborative référence  finalement ce genre de fausses citations avec comme sources les journaux sérieux qui les auront utilisées... Et le serpent se mord la queue.

 

Géraldine Fabre

 

 


 

En bref

 

Un plancher bouillant en Sicile

Depuis le 1er mai, un étrange phénomène perdure dans la ville de Rieisi en Sicile. Le plancher d'un appartement de la rue Mazzini a vu sa température augmenter subitement jusqu'à atteindre 100°C. La température varie depuis autour des 40°C. Quelques jours plus tard, le phénomène a atteint une deuxième famille dans un immeuble proche où les pompiers ont relevé des températures entre 32 et 37°C.

Trop localisé pour être d'origine géologique, ce phénomène est pour le moment inexpliqué, ce qui ne veut pas nécessairement dire qu'il est inexplicable ou que son explication est d'origine surnaturelle. De nombreuses hypothèses ont été émises, toutes écartées successivement grâce notamment aux analyses de l'Institut de géophysique et volcanologie de Palerme. Une nouvelle hypothèse incrimine la chaux peut-être utilisée dans la construction des immeubles. En effet, la chaux réagit avec l’eau, en produisant produit un fort dégagement de chaleur. À suivre ...

 

Décès de Jean-Louis Crozier

Nous venons d'apprendre le décès du radiesthésiste et magnétiseur Jean-Louis Crozier survenu le 2 janvier dernier. Il y a quelques temps une équipe de l'OZ avait eu le plaisir de le rencontrer chez lui, à Aubenas. Il nous avait alors longuement parlé de ses activités notamment la recherche sur plan de personnes disparues. Sans vouloir expliquer son « don », il était curieux de réaliser une expérience scientifique avec nous et un protocole expérimental avait été monté avec sa collaboration. Nous n'aurons malheureusement pas eu le temps de mener ce projet jusqu'au bout avec lui.

 

 


 

Le Bazar du bizarre

 

Apparition du premier crop circle

La saison des agroglyphes a débuté le lendemain de la publication de la 46e newsletter de l'OZ (est-ce un hasard ?). En effet, le premier crop circle 2009 est apparu le 14 avril dans un champ de colza du Wiltshire. Alors que certains admirent sa « perfection » et rejettent dès lors catégoriquement sa possible réalisation humaine, d'autres s'interrogent déjà sur sa signification. S'agit-il d'un labyrinthe ? d'une représentation du système solaire ? d'une lentille de Fresnel ? N'y voyez-vous pas, même, le symbole d'une nouvelle énergie de par sa ressemblance avec le sigle nucléaire ? Non ? Allez, un peu d'imagination... (source : www.lucypringle.co.uk)

 

La numérologie devient thérapeutique

Vous en rêviez ? Francine Jean l'a fait. Voici la numérologie thérapeutique explicitée dans un ouvrage de référence À la découverte de la numérologie thérapeutique. Si vous vous demandez comment on peut vous dire des choses sur votre santé à partir de vos noms, prénoms et ceux de vos maladies, on vous conseille plutôt de lire notre dossier critique sur la numérologie. Vous comprendrez facilement le caractère arbitraire de cette méthode qui selon Francine Jean peut répondre à la quête du « sens de la maladie ». La vraie question est : que vaut cette réponse ? (Source : www.lhebdojournal.com)

 

Même si c'est Olivia Ruiz qui le dit...

« Je trouve que dans la psychogénéalogie, il y a vraiment des clés. Dans cette thérapie spécifique qu'on ne connait pas ou mal, il y a des choses super intéressantes. (...) En plus, le livre que je cite très souvent Aïe mes aïeux, est vraiment foutu d'une telle façon que tout le monde peut comprendre et arriver à remettre les pièces du puzzle de sa propre vie juste avec les exemples donnés de façon très simplifiée qui rend les choses très évidentes. »

C'est Olivia Ruiz qui fait ainsi la promotion de la psychogénéalogie lors d'une interview reprise dans divers magazines people du net et d'ailleurs. Effectivement, la psychogénéalogie qui prétend retrouver dans le vécu de nos ancêtres les explications de nos maux actuels, si elle est sans fondement scientifique, n'en est pas moins convaincante pour des raisons multiples qui sont décortiquées dans notre analyse critique du livre Aïe mes aïeux. Pas étonnant donc que la chanteuse se soit laissée séduire .. mais qu'elle nous donne des conseils ? (Source : geneinfos.typepad.fr)

 

Nouvelle hypothèse au procès AZF

Le 17 avril 2009, au cours du procès AZF, plusieurs témoins ont rapporté des observations bizarres peu avant l'explosion, le 21 septembre 2009. Le Britannique Peter Naylor, spécialiste du traitement du signal, aurait par exemple détecté une source acoustique inconnue dans un enregistrement effectué à Radio Présence. Peter Naylor localise ce bruit 4,2 secondes avant l'explosion, à une altitude comprise entre 500 et 1 000 mètres. Selon lui, ce bruit pourrait provenir d'un objet volant qui n'a pas été identifié par les radars. De la même manière, Yves Grenier, professeur à l'École nationale des Télécommunications, affirme avoir détecté un bruit précurseur à l'explosion, son qui pourrait provenir « potentiellement d'une explosion aérienne, ou du passage d'une cible supersonique ». Lorsqu'on lui demande la vitesse de cette cible, il répond 1,6 Mach. Et Me Christophe Lèguevaques, avocat de la mairie de Toulouse de conclure : « Existe-t-il un hélicoptère capable de voler à une vitesse de Mach 1,6 ? Non. Alors cela doit ressembler à un Ovni ». Mais non ! S'il est bien « non identifié », il ne s'agit pour le moment que d'un son, pas d'un objet et on ne sait même pas s'il est volant... Quant à suspecter les extraterrestres, le pas a été vite franchi, vous vous en doutez. (Source : www.ladepeche.fr)

 

Les fantômes de Michael Jackson

Michael Jackson a finalement renoncé à louer un manoir du 18e siècle non loin des grottes de Chislehurst, malgré ses 28 chambres, sa salle de cinéma, son studio de musique, sa piscine intérieure, son lac et son bois privé. En effet, la rumeur selon laquelle les grottes seraient hantées et une vidéo particulièrement effrayante (qu'on a cherchée en vain) auraient définitivement fait fuir le chanteur.

Il fallait qu'il nous appelle : SOS Surnaturel 09.531.731.96 ! On serait venus enquêter... On n'a pas peur des fantômes, encore moins des piscines et des salles de cinéma. (Source : www.telegraph.co.uk)

 

 


BILLET
Éducation, vulgarisation ou communication ?


 

« Nous avons observé, enfin, que l'instruction ne devait pas abandonner les individus au moment où ils sortent des écoles ; qu'elle devait embrasser tous les âges, qu'il n'y en avait aucun où il ne fût utile et possible d'apprendre, et que cette seconde instruction est d'autant plus nécessaire, que celle de l'enfance a été resserrée dans des bornes plus étroites. »
Nicolas de Condorcet, Cinq mémoires sur l'Instruction publique, 1792, citation-devise de l'Université ouverte de Lyon.

 

Il m'est arrivé récemment d'assister à une conférence de vulgarisation scientifique. Le sujet en était le LHC, le Large hadron collider, cet accélérateur de particules du Centre européen de recherches nucléaires, celui qui devait, le 10 septembre dernier, créer un trou noir dans lequel le monde périrait en quelques instants (entendu à la télé). Enfin son but était plutôt de balancer des protons les uns sur les autres très vite pour voir ce qu'on peut en tirer, afin de comprendre la matière, l'univers, tout ça. Un gros appareil pour faire des expériences de physique fondamentale, très médiatisé, très coûteux et très important. Bon, il est en panne en ce moment, mais reprendra le boulot bientôt.

Le conférencier était John Ellis, qui manifestement n'est pas n'importe qui et connaît bien le sujet. Bon conférencier, qui plus est. Ce qu'il faut de sérieux, d'humour, de pédagogie (comme on dit). Le cadre était celui des conférences grand public de l'Université ouverte de Lyon, organisme qui met en place des conférences et des cours pour tous publics et ce jusque dans des coins reculés du département du Rhône. Belle entreprise, louable, noble. D'ailleurs les commentaires du public glanés d'une oreille traînante à la sortie étaient élogieux.

Ben voilà, moi j'ai trouvé ça sans intérêt. Je ne dis pas que ça ne m'a pas intéressé, mais que je n'ai pas vu l'intérêt d'une telle conférence. Ce que je veux dire c'est que le sujet m'intéresse, la conférence était agréable, j'ai appris une ou deux choses en plus d'en revoir que je savais déjà, donc je peux dire que j'ai été intéressé. Mais que la conférence ait un intérêt, je ne le pense pas.

C'était une conférence de vulgarisation sur le LHC : en tant que telle, elle contenait nécessairement des justifications scientifiques de la construction d'un tel bidule, puis des caractéristiques techniques et politiques du projet. Au moment du lancement très médiatisé de la chose, on avait entendu des explications vaguement scientifiques : recréer les conditions du big bang, trouver le boson de Higgs qui explique pourquoi les particules ont une masse, etc. Le conférencier a évidemment repris ça, en approfondissant un brin.

Et en tentant d'expliquer, avec toute l'habileté possible, ce qu'est le boson de Higgs, ce qu'est un champ de Higgs. Il a utilisé pour cela une analogie à base de skieur dans la neige... Le skieur, il peut glisser sur la neige, donc il va vite ; un promeneur sans ski, il s'enfonce dans la même neige et donc ne va pas vite. Ben les particules c'est pareil : elles évoluent dans un champ de Higgs qui est partout, mais certaines glissent sans problèmes (celles qui n'ont pas de masse) et d'autres, celles qui ont une masse, s'enfoncent. « Aaaaaah, mais alors tout s'éclaire ! Euréka, j'ai compris le boson de Higgs ! » s'écrie le spectateur après cette analogie qui est peut-être ce que l'on peut faire de mieux comme explication à un profane.

« Foutaise ! », réponds-je avec brutalité, certes, mais sans dissimuler mon désaccord. C'est peut-être satisfaisant pour la curiosité, mais on ne peut certainement pas dire qu'on a compris quoi que ce soit après une telle explication. En tout cas moi, je ne m'estime pas plus avancé, et pourtant je pense savoir ce qu'est un champ en physique, et pourtant j'ai suivi, dans ma prime jeunesse, des cours de physique des particules (copieusement oubliés depuis, il est vrai). Quant aux caractéristiques techniques et politiques, qui se trouvent sur n'importe quel site Internet, je dirais qu'elles nous font une belle jambe. C'est très grand, très lourd, très cher, il y a plein de pays qui participent, très bien. Et après ? La fin justifiant les moyens, si on n'entrevoit pas la fin on ne peut pas comprendre les moyens. Quel intérêt peut avoir cette conférence, alors, par rapport à une simple page Internet de résumé de vingt lignes sur le sujet ?

Un intérêt social certain : ça fait une sortie, on voit un conférencier prestigieux venu rien que pour nous, on a l'impression de faire partie d'une élite culturelle. Un intérêt politique : ça fait une partie émergée pour l'Université ouverte, qui se fait de la publicité, ça fait également de la réclame pour le CERN. Tout ça c'est très bien. Mais pour le savoir et la réflexion, à mon avis ça n'avance à rien. Le spectateur qui savait déjà ce qu'est un boson de Higgs et qui savait les enjeux réels du LHC n'a rien appris : il était nécessairement physicien des particules. Il a vu John Ellis, lui a éventuellement parlé, donc est ressorti content. Le spectateur qui avait lu Science et Vie ou vu des émissions sur le sujet n'aura pas appris grand-chose (ou alors c'est qu'il n'était pas attentif les premières fois). Il ressort avec l'illusion d'avoir compris l'histoire du boson de Higgs, il va la raconter autour de lui. Et se rendra peut-être compte au bout de quelque temps qu'en fait il n'a toujours rien pigé. Mais c'est pas grave, dans l'immédiat il est reparti content. Le spectateur qui a entendu parler du LHC comme d'un monstre à faire des trous noirs qui allaient précipiter la fin du monde a vu un gentil scientifique rigolo à barbe blanche lui expliquer qu'il n'y avait rien de méchant là-dedans, qu'au contraire les progrès passés dans la connaissance fondamentale de la matière avaient toujours donné lieu à des applications insoupçonnables et importantes. Ce spectateur aussi devrait être ressorti content, sauf s'il est vaguement complotiste et pense qu'on lui ment. Le spectateur ne connaissant rien au LHC, n'en ayant jamais entendu parler, lui, n'est probablement pas venu. Bref.

Qu'il y ait des conférences comme ça, ça satisfait tout le monde, donc c'est probablement très bien. Mais il ne faut pas s'attendre à ce que les connaissances scientifiques, la rigueur de raisonnement et l'esprit critique du public en sortent grandis. Il ne faut même pas s'attendre à ce que cela donne du goût, ou de l'intérêt, pour les sciences, à ceux qui n'en ont pas : par définition, la quasi-totalité des spectateurs présents en ont déjà. Le conférencier n'y est pour rien. Il est venu honnêtement faire son travail de conférencier, a répondu au cahier des charges. Rien à redire. L'Université ouverte doit, elle, se faire connaître par des événements de ce genre ; ma foi pourquoi pas. Cette conférence est en fait une opération de communication, pour sûr. De la vulgarisation scientifique peut-être, mais alors de la mauvaise.

Si je suis si malin, je n'ai qu'à y aller, causer du LHC au bon peuple, me dira-t-on. Je m'en garde bien, ne serait-ce que parce que je ne suis pas compétent sur le sujet. Je veux justement m'abstenir, parce que je pense qu'il n'est pas possible de parler de science en parlant du LHC, sans donner une image totalement déformée de la science en tant que corpus de connaissances, en tant que démarche et en tant qu'activité professionnelle. En outre, je ne comprends pas très bien l'engouement du public pour ce genre de gadgets. Entendons-nous bien : la question de l'utilité et de l'utilisation du LHC est une vraie bonne question, scientifique et de société. Mais que le « grand public », qui ne connaît pas grand-chose en physique des particules, se mette à se passionner pour cette question, ça me dépasse.

Enfin je ne sais pas s'il s'en passionne, mais en tout cas on fait comme si. Il ne sait pas la différence entre température et chaleur, par exemple, mais on tente de lui expliquer des gri-gris comme le chat de Schrödinger ou autres éléments folkloriques. Dans le moindre numéro de Science et Vie, il y a un encadré expliquant avec force analogies critiquables divers principes de mécanique quantique. Et le lecteur de s'imaginer comprendre la mécanique quantique. Vernis culturel. Alors qu'on ne connaît pas grand-chose à ce qu'est la physique, on va aller chercher à comprendre des effets compliqués de mécanique quantique ? Restons sérieux et humbles ! Ou alors on a vite fait de déraper, comme le font certains parapsychologues, en échafaudant des tas de théories comme quoi la mécanique quantique prédit la non-localité de l'Univers, donc explique la télépathie (je te la fais courte, mais c'est ça l'idée). Et ce alors même qu'on manque d'expériences correctes mettant en évidence le phénomène lui-même...

Je l'affirme : si on veut se cultiver, comprendre la démarche scientifique et aiguiser son esprit critique, il vaut mieux suivre une conférence de l'Observatoire zététique.

 

Stanislas Antczak

 


CULTURE ET ZÉTÉTIQUE


 

Mythes et légendes : l'arbre à loques de Sénarpont

Je me souviens avoir emprunté de nombreuses fois cette route qui mène au Tréport depuis Beauvais, lorsque nous partions en famille, le week-end, à la mer pour manger des moules et nous balader sur les falaises. Pourtant, l’arbre à loques de Sénarpont ne fait pas partie de mes souvenirs d’enfance. Je crois même qu'il ne m'avait jamais intriguée avant ce récent séjour chez mes parents où nous avons repris cette route pour raviver l’ancien plaisir de nos sorties à la mer.

Il est vrai qu’avec son air de décharge sauvage, le lieu, bien visible sur le bord de la route, a de quoi surprendre les automobilistes, les curieux, mais peut-être moins les enfants...

 

 

 

Relativement ancienne, cette tradition remonterait au Moyen-Âge. La légende raconte qu’en 1499, une épidémie de peste qui ravageait la France, s'arrêta à Sénarpont épargnant ses habitants. Un conseiller du roi Louis XII séjournant dans le village décida alors de faire bâtir une chapelle afin de remercier Saint Claude. Le Saint aurait à nouveau protégé le village lors d’une épidémie de peste qui sévit dans la région en 1638.

Après la destruction de la chapelle, la statue du Saint serait restée installée sur un orme à proximité des ruines. Le site qui se composait alors de trois ormes plusieurs fois centenaires, acquit la réputation, qui perdure aujourd'hui, de guérir principalement les maladies de peau et les fortes fièvres. Appelé aussi « l'friprie de Saint Gleude », il soulagerait également les « gleudiquants », les scrofuleux et les boiteux. Pour cela, le malade doit accrocher aux arbres un vêtement qui a été en contact avec la plaie ou le membre douloureux. Par pensée magique de contagion, le linge se trouve « imprégné » du mal et livré à l'action purificatrice du Saint.

Après avoir été incendiés et coupés, les trois ormes furent replantés en 1994. Aujourd'hui, autour du petit oratoire construit par une famille reconnaissante, les vêtements s'amoncellent sur tous les arbres, donnant au site un étrange air de décharge démontrant que le culte du Saint est toujours vivant.

Cette tradition d'arbre intercesseur se perpétue sous diverses formes en particulier dans le nord de la France et en Belgique. Elle illustre une des erreurs de raisonnement que nous commettons le plus souvent, le post hoc ergo propter hoc (littéralement « après donc à cause de »). Cette erreur que l'on retrouve dans de nombreuses superstitions consiste à  établir un lien de cause à effet entre deux événements qui ont eu lieu l'un après l'autre (ici, le dépôt d'un vêtement et la guérison).

Quoi qu'il en soit, cette légende suscite d'autres questions : La peste s'est-elle véritablement arrêtée à Sénarpont à deux reprises ? Comment et pourquoi a-t-on attribué à Saint Claude ce « miracle » ? Comment les ormes autour de la chapelle sont-ils devenus des arbres intercesseurs ? ...  Et quand on creuse un peu dans les légendes, on a parfois des surprises. (voir par exemple notre enquête Sainte Roseline de Villeneuve : une légende fabriquée ?)

 

Géraldine Fabre

 


 

En librairie

Si la science m'était contée
Des savants en littérature
Jean-François Chassay
Seuil - Collection Science ouverte
303 pages - 20 euros

Dans la collection Science ouverte, les éditions Seuil viennent de publier Si la science m'était contée - Des savants en littérature de Jean-François Chassay. Dans cet ouvrage, le professeur de littérature à l'Université du Québec analyse l'utilisation des icônes scientifiques dans les œuvres de fiction. En effet, la littérature, mais aussi le théâtre, la BD, le cinéma puisent dans l'activité scientifique et s'inspirent, de plus en plus souvent, de ses figures emblématiques  telle Giordano Bruno, Galilée, Isaac Newton, Charles Darwin, Marie Curie, Albert Einstein et Robert Oppenheimer. Les destinées de ces chercheurs, et les résonances de leurs découvertes, transposées par les romanciers, en font les révélateurs de tensions sociales et de crises intellectuelles qui débordent le contenu de leurs travaux scientifiques. Leur entrée en fiction fait de ces savants de papier les catalyseurs d'un imaginaire des sciences dont on ne saurait négliger ni l'importance, ni l'attrait.

 


AGENDA


 

Conférences

Le cycle de conférences mensuelles « Les vendredis de la zététique » organisé par le professeur Henri Broch se poursuit le vendredi 15 mai avec une soirée consacrée aux extraterrestres dans l’Antiquité. Les grands mystères de l'archéologie comme l'édification des pyramides d'Égypte, le transport des gigantesques statues de l'île de Pâques, les arrangements mégalithiques de Carnac, les étranges dessins vus du ciel de la plaine de Nazca au Pérou, toutes ces prouesses techniques parfois attribuées à la venue sur terre d'extraterrestres, ont en réalité des explications « humaines » surprenantes.

 

Les extraterrestres dans l'Antiquité
Vendredi 15 mai 2009 à 18h
Médiathèque Communautaire de Valbonne
1855, route des Dolines 06560 Valbonne Sophia Antipolis
Renseignements : 04.92.19.76.00
Entrée libre et gratuite

 

 

Le 16 mai 2009 de 14h à 17h à l’École Normale Supérieure, après son Assemblée générale, l'AFIS (Association française pour l'information scientifique) organise une conférence-débat publique avec Jean de Kervasdoué intitulée « Les prêcheurs de l’apocalypse ».

Du « Grenelle de l’environnement » au « Grenelle des champs électromagnétiques », les discours catastrophistes se métastasent à l’infini et les peurs se concentrent aujourd'hui notamment autour des antennes-relais de téléphonie mobile et des OGM. Les éléments qui sous-tendent ces discours peuvent sembler disparates mais ils se renforcent pour constituer un ensemble stable, producteur « d’évidence », de vision du monde et de politiques publiques, qui sont parfois lourdes de conséquences.

 

Les prêcheurs de l’apocalypse
Samedi 16 mai 200916 mai 2009 de 14 h à 17h
Amphithéâtre Jules Ferry
29 rue d’Ulm 75005 Paris
RER Luxembourg, autobus 21, 27, 38.
Entrée libre et gratuite
Pour en savoir plus : www.pseudo-sciences.org

 

 

Le lundi 25 mai 2009, Géraldine Fabre et Florent Martin, membres de l’OZ, seront à l’Université de Technologie de Belfort-Montbéliard (UTBM) pour une conférence intitulée « Zététique, les fantômes dans le laboratoire ». Des pouvoirs de l’esprit aux observations d’ovnis, des apparitions miraculeuses aux arts divinatoires, les deux zététiciens présenteront les outils de la démarche critique pour étudier les phénomènes réputés « paranormaux » mais aussi les résultats de quelques enquêtes menées par l’Observatoire zététique.

 

Zététique, les fantômes dans le laboratoire
Lundi 25 mai 2009 à 18h30
UTBM site Belfort - Amphi A200
Boulevard Anatole France 90000 Belfort
Plan d'accès
Entrée libre et gratuite
Pour en savoir plus : www.utbm.fr

 

 

Le jeudi 28 mai 2009 à 20h30, Nicolas Rabet, maître de conférences à l'Université Pierre et Marie Curie de Paris, sera à Eybens pour parler de « L'évolution du vivant : où en est-on 150 ans après Darwin ? ». Il reviendra sur l'impact considérable qu'ont eu les conclusions de Darwin au moment de la parution de L'Origine des espèces et sur les développements actuels de la théorie de l'évolution à la lumière de la génétique, de la microbiologie, de la chimie et des sciences de la Terre et de l'Univers. Cette conférence organisée dans le cadre du cycle « l'Odyssée des savoirs » sera suivie d'un débat.

 

L'évolution du vivant : où en est-on 150 ans après Darwin ?
Jeudi 28 mai 2009 à 20h30
Espace culturel Odyssée
89 avenue Jean Jaurès 38320 Eybens
Pour en savoir plus : www.ville-eybens.fr

 

 

L'ADFI 2 Savoie-Isère organise le 29 mai 2009 une conférence intitulée « Les faux souvenirs induits dans les dérives sectaires » à la salle d'animation culturelle de Viuz-en-Sallaz (74). Brigitte Axelrad, membre de l'OZ et auteure de plusieurs dossiers sur le sujet (Les origines du « Syndrome des faux souvenirs » et Faux souvenirs et manipulation mentale) interviendra aux côtés de Françoise Chalmeau, membre de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), Roselyne Duvouldy, avocate au Barreau d'Annecy et Isabelle Ferrari, chargée de l'accueil des victimes à l'ADFI 2 Savoie-Isère.

 

Les faux souvenirs induits dans les dérives sectaires
vendredi 29 mai 2009 à 20h30
Salle d'animation culturelle
Les Mefets 74250 Viuz-en-Sallaz
Entrée libre et gratuite

 


 

Café scientifique

Le Mardi 26 mai 2009 à 20h, le Pavillon des sciences, centre de culture scientifique, technique et industrielle de Franche-Comté, organise un bar des sciences consacré à l'homéopathie. Pour ce débat, sont invités plusieurs médecins généralistes et homéopathes, un chercheur de l'INSERM et Forent Martin, membre de l'Observatoire zététique.

 

Homéopathie, petites granules, grandes controverses
Mardi 26 mai 2009 à 20h
Bar de l'Hôtel Bristol
2 rue Velotte 25200 Montbéliard
Entrée libre

 


 

Théâtre

Le jeudi 14 mai 2009 à 20h30, Luc Chareyron fera un « éloge de la pifométrie » à la salle Edmond Vigne de Fontaine. Dans cette pièce de théâtre où il met en scène un conférencier formé à l'École Nationale Supérieure des Ingénieurs en Pifométrie, l'artiste expliquera les nuances précises qui différencient les expressions « à vue de nez », « à la louche » ou « il y a belle lurette » ... Après cette conférence sur l'imprécision, vous vous demanderez si l'approximation et le flou ne sont finalement pas les plus sûrs moyens de parvenir à l'exactitude.
Cette représentation a lieu dans le cadre du festival de culture scientifique et technique de Fontaine (programme complet en pdf).


Éloge de la pifométrie
Jeudi 14 mai 2009 à 20h30
Salle Edmond Vigne
23bis rue des Alpes 38600 Fontaine
Plein tarif : 7 euros (réduit : 5 euros)
Pour en savoir plus : www.pifometrie.net

 


DIVERTISSEMENT


 

Insolite : l'effet rouleau de neige

À première vue, on ne voit qu'un paysage hivernal, un champ parsemé de ballots de paille recouverts de neige. En réalité, un phénomène météorologique rare est à l’origine de la formation de ces rouleaux d'environ 60 cm de diamètre qui ne sont constitués que de neige.

 


 

Ces photos ont été prises par Tim Tevebaugh sur une route de l'Idaho, près de Craigmont, le 31 mars dernier. Pour que ces rouleaux de neige (Snow rolls) se forment, la qualité de la neige, la vitesse du vent, la température, le taux d'humidité mais aussi la pente du terrain doivent idéalement se combiner. Car c'est en effet un vent glacial qui enroule cette neige légèrement humide, parfois aidé par la pente du terrain. Ces conditions rarement réunies en font un phénomène rare et éphémère car dès que la température varie, les fragiles rouleaux s'effondrent et disparaissent. (Source : www.wrh.noaa.gov/otx/photo_gallery/snow_rollers.php)

 


 

Cette newsletter a été préparée par Stanislas Antczak, Brigitte Axelrad, Géraldine Fabre, Vincent Laget, Florent Martin, Fabrice Neyret, Jean-Louis Racca, Franck Villard et Nicolas Vivant.

Content ? Pas content ? Écrivez-nous.