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POZ n°48 Imprimer Envoyer
Samedi, 13 Juin 2009 14:13

 


SOMMAIRE



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ÉDITO


 

« Il est démontré, disait-il, que les choses ne peuvent être autrement : car, tout étant fait pour une fin, tout est nécessairement pour la meilleure fin. »
Citation de Pangloss, in Voltaire, « Candide », chapitre premier.

 

Ami lecteur, tu devrais t'inquiéter. Je vais peut-être quitter bientôt le monde des zététiciens, le côté obscur des sceptiques, pour gagner les rangs de ceux qui, éclairés, pensent qu'« il y a quelque chose ». Et ce, par ta faute. Ben oui, pour te divertir chaque mois je traque les moindres anecdotes à consonance zétético-étrange de ma vie, je les triture et les interroge, je m'introspecte vachement, tu vois ? Et du coup j'en viens à me demander si tout ceci n'a bien pas de sens...

Tu vois ce que tu as fait ? J'étais beaucoup plus tranquille avant de te connaître, au moins je ne doutais pas de mon doute. Tu te souviens de mon dernier éditorial ? Celui sur la marchande de bols tibétains qui se réjouissait d'avoir des profs de physique dans sa boutique. Si tu as oublié, je ne te félicite pas et te laisse un saut de paragraphe pour te rafraîchir la mémoire.

Il y a une suite. Bol chantant, le retour : il revient et il va se venger. C'était à l'issue d'une belle journée oisive entre amis, un de ces jours que notre belle république laïque rend fériés pour que quelques chrétiens puissent célébrer à leur aise, bref, le jeudi de l'Ascension. Avec un grand A et aussi un petit, vu que la promenade digestive nous mena tout en haut d'un grand jardin dans un temple bouddhiste. Oui oui, un temple bouddhiste à Sainte-Foy-lès-Lyon. Tout refait à neuf. Le touriste égaré en ce lieu improbable était pris en charge par un jeune homme préposé aux explications. Il nous introduisit dans le temple et expliqua tout bien. Et dans ce temple trônaient fièrement, au milieu des bouddhas, deux gigantesques bols à prières, avec leurs énormes maillets pour créer les résonances.

C'est pas bizarre, ça ? Il y a deux mois, je n'avais jamais entendu parler de ces bols chantants, et voilà-t-y pas que coup sur coup je m'en fais offrir un et j'en vois des mahousses dans un vrai temple bouddhiste. La probabilité pour que ça arrive, hein, hein ? Tu penses que ça peut être fortuit, toi ? Et alors justement, le gentil guide, qui nous racontait le bouddha, le Petit Véhicule, le bouddhisme comme philosophie et religion, tout ça, s'est mis à dire qu'il n'y avait pas de hasard. Que si nous étions arrivés là ce n'était pas le fruit du hasard mais la conséquence de tout un tas d'actes. Que d'ailleurs la causalité, c'est un principe démontré par la physique. Enfin c'est ce que j'ai cru comprendre avant de m'éloigner par mesure sanitaire : ayant failli dépasser la dose décennale de bouddhisme prescrite par mon médecin, il était temps que je retourne contempler la vue.

Mais enfin j'en retiens quand même ceci : il n'y a pas de hasard. Donc si à deux mois d'intervalle le bouddhisme et ses bols à prières s'immiscent dans ma vie, ce n'est pas un hasard. Face à cette évidence, plusieurs attitudes s'imposent à moi. Je peux faire comme si rien ne s'était passé, continuer ma triste vie matérialiste. Ce serait avoir le cœur bien sec et l'esprit à ras de terre, aussi m'en garderai-je : je dois aller de l'avant vers la lumière. À l'inverse, je peux m'engager illico dans les unités de choc des bouddhistes parmi les Fidésiens (c'est le gentilé de ceux qui habitent Sainte-Foy-lès-Lyon : tu vois, je ne manque pas une occasion de t'instruire ; et en plus citer des lieux, ça fait très terroir et donne une épaisseur terrible à mon récit).

Mais je ne suis peut-être pas encore prêt à aller si loin et mon emploi du temps ne me le permet probablement pas. Il faudrait trouver un moyen terme entre ces deux écueils. Et là où je suis coincé, c'est que je ne puis manifestement plus procéder comme à mon accoutumée et m'en remettre au hasard pour orienter ma vie, puisque le hasard n'existe pas. Mince alors. Ou bien au contraire, je peux faire confiance à ce que je crois être le hasard, puisqu'en fait ça n'en est pas. C'est rassurant, finalement, de penser que tout un tas de petits actes minuscules auxquels on ne pense pas s'organisent logiquement. C'est quelque peu mécaniste comme vision des choses ; Descartes serait content. Mais c'est beau.

Le plus clair de tout ça, c'est que devant tant d'élévation spirituelle je n'ai pas osé demander à notre accompagnateur la permission d'essayer de faire chanter les deux gros bols, alors que j'en crevais d'envie. Vais-je devenir moine bouddhiste juste pour avoir le droit de faire joujou ? Tu le sauras dans le prochain épisode de cet éditorial, intitulé « Le bol chantant ne renonce jamais ».

 

Stanislas
Éditorialiste éveillé

 


LES NOUVELLES DE L'OZ


 

L'Ascension zététique

Prolongeant notre week-end de l'Ascension, Florent et moi sommes partis deux jours dans l'Est de la France pour deux interventions publiques, la première à Belfort, la seconde à Montbéliard. Nous gardions un très bon souvenir de l'invitation de Pascal Rémond du Pavillon des sciences, l'année dernière, pour un bar des sciences consacré à la zététique et nous avons donc eu grand plaisir à reprendre la route de la Franche-Comté.

Profitant de notre venue, Mathieu Triclot, maître de conférences en philosophie des sciences, nous avait inclus dans le programme des conférences qu'il organise à l'Université de technologie de Belfort-Montbéliard (UTBM). Le lundi 25 mai, nous étions donc dans un amphi de cette école d'ingénieurs, devant une petite centaine d'élèves et personnels. L'exposé que nous avions préparé, intitulé « Zététique, les fantômes dans le laboratoire » par les organisateurs, était ambitieux : présentation de l'Observatoire zététique, définition de la zététique, description de quelques outils d'analyse critique, démonstration de catalepsie, explications du protocole de test de M Z. (magnétiseur) et révélations sur la Dame blanche de Mauroux. Le public, visiblement séduit par notre démarche, a pu ensuite nous poser des questions. « Est-ce que vous avez déjà été confronté à un phénomène que vous n'avez pas pu expliquer ? », « Que pensez-vous de la psychanalyse ? », « Et les coupeurs de feu ? » ... Ces échanges nous ont permis de repréciser certains points : inexpliqué ne signifie pas inexplicable, nous ne cherchons pas à expliquer un phénomène tant que nous n'avons pas réussi à l'observer, que faut-il comprendre derrière la question « ça marche ? ». La discussion s'est poursuivie après la conférence avec quelques étudiants et professeurs. Si la plupart ont compris la difficulté et malgré tout l’importance de la démarche zététique (qui s’applique à bien d’autres domaines que le « paranormal »), notre objectif est atteint.

 

Zetetic Tour en Franche-Comté. À gauche : à Belfort aussi, nous maltraitons les étudiants.
À droite, salle comble pour le bar des sciences consacré à l'homéopathie.

 

Le lendemain, Florent intervenait dans un bar des sciences organisé à Montbéliard sur le thème de l'homéopathie. Comme on pouvait le prévoir sur un sujet aussi sensible, le public fut nombreux et la salle de l'Hôtel Bristol a rapidement atteint ses limites. Autour du constat « petites granules, grandes controverses », Pascal Rémond, avait également invité les Dr Lionel Koenig et Éric Zindel, tous les deux médecins-homéopathes, ainsi que Valérian Dormoy, doctorant INSERM. Les laboratoires Boiron qui devaient être représentés ont fini par décliner l'invitation prétextant qu'ils ne faisaient pas de recherche et n'avaient donc pas de chercheur.

Convaincu que les polémiques autour des médecines dites alternatives sont en grande partie dues à une méconnaissance des protocoles d'évaluation cliniques des traitements, Florent a pris quelques minutes pour expliquer clairement aux 150 personnes présentes, le désaccord entre patients et scientifiques sur l'affirmation « ça marche ». En effet, affirmer qu'un traitement ou un médicament « marche » signifie pour les scientifiques qu'il a une efficacité statistiquement supérieure à celle d'un placebo (dans le cadre d'une évaluation en double aveugle avec randomisation sur un échantillon suffisant de patients). En revanche, généralement, pour les patients, qui à leur échelle ne peuvent réaliser ces tests scientifiques et se contentent d'expériences personnelles, pragmatiques mais biaisées, « ça marche » signifie que le médicament ou le traitement leur a permis de se sentir mieux que s'ils n'avaient rien pris...

Florent a finalement conclu en rappelant que la question (scientifique) de savoir si l'homéopathie a une efficacité supérieure à celle d'un placebo est tranchée depuis longtemps : non. Mais les questions de son utilisation ou de son remboursement sont d'un autre ordre. Les deux médecins homéopathes n'ont pas contesté ces faits. Le Dr Zindel s'est contenté d'objecter que l'homéopathie dans son principe d'individualisation était difficilement testable. Un argument fallacieux puisque la randomisation et la taille de l'échantillon peuvent permettre de prendre en compte cette caractéristique.

Entre témoignages d'efficacité (expériences personnelles) et dénonciation des incohérences et paradoxes de l'homéopathie (hautes dilutions), la conclusion du public, largement acquis à cette médecine « douce » semblait s'arrêter au constat qu'il vaut mieux que les patients continuent à prendre ces granules qui leur font du bien plutôt que de se tourner vers des médicaments « chimiques », plus chers. Moi, ce qui m'ennuie toujours dans ce faux dilemme, c'est que l'on ne conçoit plus de sortir d'un cabinet de médecin sans une ordonnance...

Géraldine

 

Les faux souvenirs induits dans les dérives sectaires

Le 29 mai 2009, l'association de défense de la famille et de l'individu (ADFI 2 Savoie-Isère) organisait à Viuz-en-Sallaz (74) une soirée de conférence-débat entièrement consacrée aux problèmes de faux souvenirs « retrouvés ». À cette occasion, Brigitte qui a publié plusieurs articles sur ce sujet (Les origines du « Syndrome des faux souvenirs » et Faux souvenirs et manipulation mentale) avait été invitée à intervenir aux côtés de Françoise Chalmeau, représentante de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de luttre contre les dérives sectaires), Isabelle Ferrari, chargée de l'accueil des victimes à l'ADFI et Roselyne Duvouldy, avocate au barreau d’Annecy.

Franck, Jean-Louis et moi avons fait la route depuis Grenoble pour assister à cette soirée. Un peu en retard, nous sommes arrivés au moment de la projection d'un extrait de l'émission Les infiltrés intitulée « Faux souvenirs et dérives sectaires : ces gourous qui nous manipulent ». Dans ce reportage, une séance chez une psychothérapeute est filmée en caméra cachée par une journaliste se faisant passer pour une patiente. On y découvre comment, très rapidement, la thérapeute suggère à sa patiente qu'elle ait pu être abusée sexuellement dans son enfance sans pour autant s'en souvenir. Elle l'« aide » ensuite à retrouver ses souvenirs d'abus...

La salle culturelle de Viuz était quasiment pleine et pendant deux heures, le public a écouté avec attention chacune des interventions. Françoise Chalmeau a fait un état des lieux des dérives sectaires observées dans le domaine des psychothérapies ; Isabelle Ferrari a décrit les victimes « typiques » qu'elle rencontre à l'ADFI ; Roselyne Duvouldy a témoigné des difficultés des combats juridiques qu'elle mène. Toutes les trois ont insisté sur le travail d'information du public, et en particulier des juges et magistrats.

Brigitte a, elle, présenté une analyse plus théorique mais très claire du « syndrome des faux souvenirs », basée essentiellement sur des études du phénomène aux États-Unis. Elle a conclu en rappelant que les thérapies de la mémoire retrouvée font des ravages chez les patients et leurs familles qui en sont les victimes directes, mais aussi chez les victimes réelles d’abus sexuels dont les témoignages risquent d’être discrédités.

Pour un compte-rendu plus détaillé de cette soirée, je vous renvoie vers l'article qu'elle a publié sur le blog zététique.

Géraldine

 

Plus de 1000 abonnés à la POZ

Depuis la publication mensuelle de notre newsletter, son nombre d'abonnés n'a cessé de croître. Il y a un an, il atteignait le nombre symbolique de 666 et nous avions offert à notre 666e abonné, Guy, un t-shirt de l'OZ.

Il y a quelques jours, comme ça, sans que nous nous en apercevions, le nombre d'abonnés a franchi cette fois la barre des 1000. 1000 abonnés, ce n'est pas forcément 1000 personnes qui attendent fébrilement à 13h13 le 13 de chaque mois l'envoi de la POZ, et qui la lisent avec délectation, mais tout de même, ça commence à compter et ça nous encourage à continuer.

Puisque ce ne sera pas le 1000e abonné qui se verra offrir un magnifique t-shirt de l'OZ, j'ai décidé que ce serait le 1008e. Pourquoi ? Pourquoi pas. Et, s'il vous faut une raison, c'est parce que 666 = 6+6+6 = 18 = 1+8 = 9 et 1008 = 1+0+0+8 = 9. Et ça n'a rien à voir avec le fait que le 1008e abonné, c'est mon chef.

Allez, puisque c'est vous, on offrira aussi un t-shirt au 1111e abonné, avant de commander la nouvelle collection sceptique printemps-été-automne-hiver.

Géraldine

 

La quatrième édition d'Ultimate Z, l'Université d'été de l'OZ

L’été approche et pour la quatrième année, l’Observatoire zététique s'offre un petit week-end au soleil de la Drôme. Détente et zététique sont au programme de la quatrième université d'été de l'OZ qui aura lieu du 26 au 28 juin 2009. Pendant trois jours, une trentaine de personnes se retrouveront pour discuter méthodologie scientifique et paranormal. Exposés critiques, expérimentations scientifiques, tours de magie, débats, concours de « mauvaise foi » auront lieu autour du barbecue et de la piscine. Cette année encore, nous avons invité quelques sceptiques hors OZ, pour faire de ce rendez-vous annuel un moment privilégié de rencontres et d’échanges sur des thématiques qui nous intéressent tous.

C'est Anaïs qui s'est courageusement chargée des inscriptions et de la programmation. Les informations logistiques (plan d'accès, covoiturage, ravitaillement, etc.) seront communiquées aux participants dans quelques jours.

Géraldine

 

Magazine Actives : Étrange ?

Le magazine « féminin » Actives (supplément mensuel de L’Écho des Pays de Savoie) dans son numéro de mai dernier propose à ses lectrices une plongée dans l’étrange. Brrrrrr ! Au programme : coupeurs de feu, prêtres exorcistes, médiums, chasseurs de fantômes, etc. Un « dossier paranormal et autres phénomènes étranges » de près de 40 pages.

Las, dès le début le ton est donné : « Si votre esprit cartésien refusait de croire à quelque manifestation étrange que ce soit, sans une explication rationnelle, les témoignages qui suivent vont sans doute remettre en question vos certitudes. » Et, en effet, c’est un festival d’articles peu critiques (ou carrément complaisants) illustrés de témoignages de tenants du paranormal et de convaincus auquel nous convie le magazine « des Pays de Savoie et Genève coté femmes ». Avec, par exemple, le témoignage d’Hervé, « magnétiseur, coupeur d’hémorragie, feu, dartres, zona »,  qui « travaille les verrues en lien étroit avec la lune », et qui utilise le pendule pour détecter « les points de blocage qui empêchent le corps de guérir ». Ou encore celui d’Edgard de Genève, médium et magnétiseur. Pour lui, pas besoin de pendule : « mes mains se dirigent intuitivement sur les parties du corps à soigner. » Réincarnation, voyance, télépathie, expériences de mort imminente (NDE), ovnis… rien ne nous sera épargné. On y trouvera également un article sur le RIP (Recherche - Investigation - Paranormal), qui traque le fantôme, caméra infrarouge au poing, ainsi qu’un sujet très drôle sur Jacqueline Stallone (oui oui, la maman de Rocky !) qui innove dans le domaine de la voyance, en proposant (pour la modique somme de 125 $) de lire l’avenir… sur les fesses.

Le magazine consacre aussi un article aux dérives sectaires, pour lequel l’OZ a été mis à contribution. Cet article, signé Pascale Godin, s’intitule Question de (zét)ét(h)ique (ces pages ont été ajoutées à notre revue de presse). Il est suivi du témoignage d’Alain Vuarnet, dont le frère et la mère ont péri lors du second massacre de l’Ordre du Temple Solaire (OTS) en décembre 1995 dans le Vercors.

Nous tenons à remercier la journaliste Pascale Godin, qui, outre le mérite de grimper jusqu’à l’antre de Richard, a eu l’amabilité de nous permettre de relire son article avant bouclage. C’est appréciable, et suffisamment rare pour être souligné.

Franck

 


ACTUALITÉS
Les actus du "paranormal"


 

L'imposture intellectuelle du mois : le zeghloulisme, ou prêche habillé de maths

Il s'appelle Zeghloul Ennajjar, il est président de la Commission des Miracles Scientifiques au sein du Conseil Supérieur des Affaires Islamiques en Égypte, et il est le roi du daâwa, cette nouvelle forme de prêche, qui tente de convaincre le dévot à grands coups de pinceau de vernis scientifique. Extrait :

« (…) Si les Lettres : A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z sont représentées par les chiffres : 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26.

Alors : H-A-R-D-W-O- R-K (Le Travail Dur) = 8+1+18+4+23+ 15+18+11 = 98 %
Et : K-N-O-W-L-E-D-G-E (Le Savoir) = 11+14+15+23+ 12+5+4+7+ 5 = 96 %
Mais : A-T-T-I-T-U-D-E (Attitude) = 1+20+20+9+20+ 21+4+5 = 100 %
ENFIN, regardez où Love of God (l'Amour de Dieu) vous mènera : L-O-V-E-O-F-G-O-D = 12+15+22+5+15+ 6+7+15+4 = 101 %

Par conséquent, on peut conclure avec une certitude mathématique que même si le Travail Dur (Hard Work) et le Savoir (Knowledge) vous en rapprocheront , et que l'Attitude vous y mènera, c'est l'Amour de Dieu (Love of God) qui vous permettra de vous surpasser ! »

Heureusement, Mohamed Elmedlaoui veille. Ce membre de l'Institut Universitaire de la Recherche Scientifique à Rabat, au Maroc, se fend d'un article dans Le Reporter intitulé « Une catastrophe intellectuelle se prépare, elle s'intitule « Zeghloul Ennajjare » ». Il y explique que « la numérologie devient un instrument efficace pour récupérer ceux qui ont l'esprit mathématique pour les gagner à la cause du monde du mystère en déformant précisément dans leurs esprits l'essence même de la dimension et de la démonstration mathématiques en leur donnant un caractère et une allure d'une kabbale fragmentaire et désordonnée ».

Encore plus grave : la Commission des Miracles Scientifiques que préside Monsieur Ennajjar émane de l'Instance pour les Miracles Scientifiques dans le Coran et la Sunna, créée en Arabie Saoudite par le Conseil Supérieur Mondial des Mosquées qui elle-même relève de la Ligue du Monde Musulman, dont le siège est à la Mecque. Et à en croire Mohamed Elmedaoui, au sein des objectifs fixés par cette dernière instance se cache un programme plutôt dépitant :

  • « (3) Lier les sciences de l'univers aux vérités de la foi et l'introduction des contenus des recherches réalisées [au sein de l'Instance] dans les programmes d'enseignement dans tous les établissements et à tous les stades (…).
  • (…) (5) Orienter les programmes des miracles [scientifiques du Coran et de la Sunna] pour qu'ils deviennent un des instruments du prêche (…).
  • (…) (14) Intervenir auprès des responsables de l'enseignement privé et public des institutions d'enseignement et auprès des organisations islamiques concernées par les sciences et la culture afin qu'on introduise les recherches validées par l'Instance dans les programmes d'enseignement dans les étapes appropriées des études.
  • (…) (15) Inciter les universités à offrir des possibilités et à encourager l'inscription dans des études supérieures dans le domaine des miracles scientifiques du Coran et de la Sunna et ce, par l'octroi de bourses d'études. »

Finalement, c'est très proche des mouvements fondamentalistes chrétiens, Templeton, Discovery Institute, etc. Quelques exemples de concordismes tous plus pittoresques les uns que les autres sont exposés sur le site atheisme.free.fr.

En attendant, si nous faisons bien le compte, I-M-P-O-S-T-U-R-E = 9+13+16+15+19+20+21+18+5 =136%
136% d'escroquerie intellectuelle. Si Sokal et Bricmont font une suite à leur légendaire bouquin, sûr que le zeghloulisme aura son chapitre.

Richard

 

L'astuce du voyant Marcos Von Ring

Info-Arnaques n°248 nous donne ce mois-ci la feinte de Sioux de Monsieur Von Ring, déjà connu pour tenter de refourguer tout un tas de gadgets, du genre super capteur de richesse tri-cosmique.

Pour inciter le consommateur français à répondre à ses offres (moyennant 50 €), le médium a demandé à Marie de St Michel , « clairvoyante medium numérologue » de vérifier ses « flashes de voyance », ce qu'elle a fait derechef. Et ça fonctionne ! Madame de St Michel l'explique ainsi : « Un voyant astrologue peut se tromper, mais jamais deux ». Affirmation scientifique facilement testable, non ?

Le Hasard étant un adversaire de taille ayant déjà terrassé par KO Elizabeth Teissier, peut-il remporter une rencontre Hasard vs. Von Ring & St Michel ? Nous allons écrire aux deux êtres de lumière pour le leur proposer. Soit leurs scores dépassent le hasard, et nous ferons la promotion de leurs dons. Soit leurs voyances ne valent pas un caramel, et dans ce cas il faut prévenir les personnes susceptibles de se laisser séduire. (Le grand ménestrel Thierry Hazard (Le jerk, la poupée psychédélique, etc.) tient à déclarer qu'il n'a strictement rien à voir avec le match de Mme Teissier).

Parce qu'à l'OZ, on n'a peur de rien, je viens de renvoyer le bon cadeau gratuit proposé par Marcos pour obtenir le « fameux talisman qui peut vous apporter la prospérité, la chance et un extraordinaire pouvoir dans la vie » (voir son site web).

Richard

 

Autisme encore

On vous parlait en février dernier de Jenny McCarthy, la femme de Jim Carrey, qui promeut le refus des vaccins comme cause de l'autisme. Oprah Winfrey, connue pour son influence télémédiatique, a la fâcheuse idée d'inviter régulièrement cette dame dans le show le plus regardé du monde. Pire, Harpo's Prods, la boîte d'Oprah, a signé un contrat avec Jenny pour faire un talk show, entretenir un blog, etc. C'est Slate Magazine qui révèle l’info.

Et pendant ce temps, Orner écrit dans le New England Journal of Medicine qu'« une relation présumée entre les vaccins et l'autisme, bien que non étayée par un corpus solide de preuves scientifiques, ont engendré une hausse massive du nombre de parents refusant ou ajournant les vaccinations de leurs enfants. » (Orner SB, (2009). Vaccine refusal, mandatory Immunization, and the risks of vaccine-preventable diseases. New England Journal of Medicine 360:1981-1898).

Dans la série des thérapies mysticoïdes sur l'autisme, l'une d'entre elle, l'administration du lupron ou acétate de leuprolide, est basée sur l'idée (fausse) que l'autisme serait causé par un mélange de mercure et de testostérone : ainsi, administrer le lupron baissant la sécrétion par l'hypothalamus de la gonadolibérine, qui gouverne la sécrétion, entre autres, de ladite testostérone, éviterait l'autisme. Non seulement faux, mais dangereux, car le traitement provoque des séquelles sexuelles aussi graves qu'irrémédiables. Le Chicago Tribune met une salvatrice chasse au Lupron, ainsi qu'à ses deux principaux promoteurs, Mark Geier et son fils David.

Richard

 

Le Goji

L'entreprise Naturaphyto, de Genève, diffuse une offre d’essai gratuite « cure d’attaque Goji d’Himalaya ». Cétikoidon ? Il aurait pu s'agir d'une attaque pokémon, mais non : c'est d'une cure à base d'un fruit, le Goji, qu'il s'agit. À quoi ça sert ? À « purifier, détoxifier et régénérer le sang ». Est-ce à dire que nous avons un sang impur qui abreuve nos sillons ? Ben oui. Naturaphyto nous explique, dans sa grande péda-goji : « à 70 ans un tibétain a le sang aussi jeune qu’un français de 25 ans ».

Question de rattrapage pour les étudiants de zététique : sachant que Foudre Bénie, qui lévite dans Tintin, et qui doit avoir 50 ans, a le sang aussi jeune que vous, quel est l'âge du sang de St Janvier mélangé au sang qui s'écoula du 3e œil de Lobsang Rampa-qui-n'était-pas-français-mais-anglais-mais-bon-c'est-presque-pareil ?

Au fait, le Goji est un fruit de Chine, le Lycium barbarum. Certains disent que le Goji d'Himalaya, appelé Lycium tibeticum (comme si tout l'Himalaya était au Tibet), est largement meilleur, parce qu'il pousserait à l'état sauvage dans les montagnes, et donc qui dit plus sauvage dit plus près de la nature donc plus nutritif, cela va sans dire. Sauf qu'il semble :

  • qu'il n'y a aucune production commerciale de goji sauvage ;
  • qu'il n'y a dans le commerce que du Lycium barbarum et du Lycium chinense, et que le tibeticum n'existe pas vraiment.

Alors si on veut jauger un marchand de goji, demandons-lui l'origine et la variété de son lycium. S'il nous répond n'importe quoi, changeons de marchand de goji.

Et s'il vous parle de la légende du professeur Yun… Allez, je vous la raconte : le professeur Li Chung Yun, l'homme qui a le mieux amorti ses photos d'identité.

Brocéliande et sa pauvre fontaine de jouvence fait bien peine à côté. Dans la province de Ningxia, où il est courant de grignoter du goji, les gens sont réputés « pour vivre 120 et même 150 ans (…) et même 200 ans ! (…) et même 256 ans ! ». Jeanne Calment aurait ainsi paru nubile devant le professeur herboriste Li Chung Yun (Li-Chi Yueng), présumé né en 1677 et mort en 1933 avec toutes ses dents et la couleur originale de ses cheveux. Le goji lui aurait permis de connaître onze générations de ses descendants. La preuve ? Les témoignages de ses contemporains, qui déclarèrent à son enterrement lui avoir... toujours connu la même tête !

Il semble que l'histoire du professeur Yun soit à l'instar du goji un fruit : celui de l'imagination d'Earl Mindell, grand promoteur de la baie et auteur prolifique d'ouvrages sur des thérapies dites naturelles qui fleurent bon l'exotisme. Pour achever de convaincre les plus rétifs, selon le site goji.over-blog.net le haut taux de fréquences vibratoires du goji mesuré en unités Bovis, « est à 355 000 et surpasse de loin tous les autres aliments, même combinés entre eux ». Reste à savoir ce qu'est une unité Bovis...

Richard

 

Jean-Marie Brohm dans le comité d'honneur de l'IMI

Tous ceux qui ont fait des études d'EPS (éducation physique et sportive) connaissent ce socio-anthropologue de l'Université Montpellier-3, au moins pour ses thèses iconoclastes et longtemps mal vues dans le sérail de l'éducation physique. Il fait partie, pour faire bref, de ceux qu'il a longtemps fallu éviter de citer et même si l'iconoclastie n'est pas forcément un gage de validité, une bonne critique du sport ne peut se passer de Brohm. Alors quelle n'est pas notre surprise de le trouver dans le comité d'honneur de l'IMI, ce groupe convaincu que les pouvoirs psi sont une réalité. Qu'est-ce qui a bien pu l'amener là ? L'IMI donne un lien vers un article de Brohm sur le site Philagora parlant d'apparition des énigmes. Là, « entre ethnopsychanalyse et phénoménologie » (sic), on trouve un texte qui ne veut pas dire bien grand chose, qui mêle Lacan à Kant, en vue de revendiquer le droit de la connaissance à se pencher sur les choses étranges.

Eh bien ça tombe bien, Monsieur Brohm, nous, à l'OZ, nous nous penchons dessus. On considère les allégations paranormales ou étranges sinon comme des faits scientifiques – tant que les preuves ne sont pas faites – en tout cas comme des faits sociaux. Pas besoin, donc de défoncer des portes déjà béantes. Au fond, vous pourriez faire partie du comité d'honneur de l'OZ, plutôt. On n'en a pas. On n'en voit pas l'utilité. Et puis des textes comme celui sur Padre Pio ne passeraient pas notre comité de lecture. Franchement, Jean-Marie, vous ne voulez pas plutôt continuer à dézinguer la sociologie du sport ? Vous étiez bon, là.

Richard

 

 


 

En bref

 

Faut-il une nouvelle liste des mouvements sectaires ?

C'est la question que soulève Georges Fenech dans le Figaro du 19 mai 2009. À l'OZ, nous avons un avis nuancé : qui dit liste, dit risque d'erreur, mais aussi dit liste forcément incomplète. Pis, croire que le problème des dérives sectaires se résoudra en condamnant les mouvements revient à faire une erreur de causalité récurrente dans notre gouvernement conservateur. Mieux vaudrait, à énergie et moyens égaux, prendre le problème à la base, et investir des moyens dans la prévention en inculquant dès l'enfance les bases de l'autodéfense intellectuelle, ceci afin d'éviter par exemple des mises en examen pour « escroquerie en bande organisée » comme c'est le cas pour la Scientologie en cette fin mai.

 

La scientologie devant la justice

Accusée de « multiples manipulations bancaires », « surfacturations de produits vendus », « dissimulation de ses gains » et « escroquerie en bande organisée », l'Église de scientologie est depuis quelques semaines sur le gril de la justice. Son procès a débuté fin mai et pourrait aboutir, selon l'application de la loi About-Picard, à sa dissolution. Il serait intéressant que ce mouvement, qui propose un florilège unique de techniques pseudoscientifiques, ne bénéficie pas comme à l'accoutumée d'opportunes prescriptions. Les dirigeants scientologues français ont notamment quelques comptes à rendre sur « la finalité commerciale de l'action scientologue, qui selon l'ordonnance, dénotant d'une véritable obsession pour le rendement financier ». Et si comme on l'entend souvent outre-atlantique la liberté de culte est un droit fondamental, la liberté de ne pas être plumé comme un malheureux poulet en est un autre.

 

John Maddox est mort

Maddox, c'était l'éditeur de Nature, pendant 22 ans et notamment pendant l'affaire de la « mémoire de l'eau ». Il était venu avec Randi et Stewart investiguer sur les travaux de Jacques Benvéniste et avait défrayé la chronique en 1981 en publiant à propos du livre A New Science of Life de Rupert Sheldrake sur les résonances morphiques un édito intitulé « A book for burning? » (« Un livre à brûler ? »). On peut le voir argumenter sur cette affaire dans une vidéo (en anglais) diffusée sur youtube, avec le livre qui brûle en toile de fond et un fer rougi marqué « heretic ». En fait, c'est somme toute assez maladroit, car si on parle d'hérésie, on parle de doctrine contraire à la doctrine en place, en gros, une affaire de dogme, alors que les théories de Sheldrake relèvent de la science, même si elles semblent souvent entâchées de graves erreurs (voir par exemple l'article de Florent T. sur le blog zététique).

 


 

Le Bazar du bizarre

 

C'est pas ma faute, j'ai été hypnotisée

C'est l'« explication » qu'a donnée Katrina Sunil Purswami, la vendeuse d'une bijouterie, après s'être fait dérober pour £110 000 de bijoux. Le vol s'est produit à Mumbai en Inde le 11 avril 2009. L’escroc se serait présenté à la bijouterie et aurait demandé à voir la collection de diamants. Sous un faux prétexte, il aurait demandé à la vendeuse, mise en confiance, de le suivre au restaurant de son hôtel, situé en face de la bijouterie, afin de faire son choix. C'est là, selon la vendeuse, qu'il en aurait profité pour l’hypnotiser et lui dérober plusieurs parures, sans qu'elle s'en rende compte. Même si vous ne saviez pas que l'on ne peut pas manipuler quelqu'un contre son gré avec l'hypnose, la version de Katrina ne  vous semblerait pas l'explication la plus vraisemblable..., si ? En tout cas, la police recherche toujours le voleur. (Source : www.dnaindia.com)

 

Un fœtus malformé transformé en poisson

Le 17 mai 2009, à l'hôpital de l'Immaculée Conception (ça s'invente pas) des Cayces en Haïti, à 4 mois de grossesse, une femme aurait avorté d'une... raie. La nouvelle s'est rapidement propagée grâce aux médias et une foule de curieux a défilé pour voir le poisson. Heureusement, aussi vite, les autorités sanitaires des Cayes ont ouvert une enquête pour faire la lumière sur ce phénomène étrange. Après examens, il s'avère que le poisson sent surtout le canular. Si la jeune femme a bien avorté d'un fœtus malformé, car souffrant de sirénomélie, celui-ci aurait très probablement été substitué ensuite par une raie. (Source : www.lenouvelliste.com)

 

Réouverture du Mystery Park

Le Mystery Park était un parc d'attraction installé à Interlaken en Suisse, et imaginé par l'écrivain et ufologue Erich Von Däniken. Ouvert en 2003, il présentait des « énigmes » d'archéo(fiction)logie dans lesquelles les extraterrestres seraient impliqués (Stonehenge, les pyramides d'Égypte, le calendrier maya, les lignes de Nazca...). Sa thématique originale ne lui a pas évité la faillite fin 2006. Aujourd'hui pourtant, le Mystery Park renait de ses cendres, racheté par GBU, une société de constructions immobilières appartenant à Oskar Schärz. Il a réouvert ses portes le 15 mai 2009, pour toute la saison estivale, avec les mêmes « mystères ». De l'autre côté de l'Atlantique, malgré l'échec de son premier Ufoland, la secte raëlienne vient d'annoncer l'ouverture d'un nouveau parc sur le même thème à Las Vegas, avec notamment un musée qui présentera les « preuves » de l'existence des extraterrestres prétendument accumulées depuis 35 ans par la secte. (Sources : nv.parkothek.info et www.lasvegasnow.com)

 

Révélations sur l'ovni de Bélesta

On aime bien cette histoire d'abord parce que c'est une bande de joyeux papys qui avoue un canular vieux de 55 ans, ensuite parce qu'elle illustre parfaitement les problèmes du témoignage en ufologie. Le soir 16 octobre 1954, alors que se déroulait à Bélesta un concours de belote, les villageois ont pu observer durant plusieurs minutes au dessus du rocher de Millet qui surplombe le village « des boules lumineuses évoluant (...) dans une ronde magique ». Les gendarmes ont donc récolté ce soir-là des dizaines de témoignages concordants, de personnes tout à fait crédibles et parfaitement sincères qui avaient toutes vu un (des ?) ovni(s). Il se trouve que l'objet volant en question était une roue de vélo sur laquelle la bande de gamins du village (les papys d'aujourd'hui) avaient fixé des lampes de poche et qu'ils faisaient tournoyer au dessus de leurs têtes, en haut du rocher. À l'époque, ils avaient bien essayé de révéler le canular mais personne ne les avait crus. Maintenant qu'il y a prescription, ils ont tout  avoué « Nous étions une demi-douzaine, on s'ennuyait ferme ce samedi soir-là. Dans les journaux, à la radio, on ne parlait que d'Ovni. Alors on s'est dit : ils en veulent, on va leur en offrir ! » ». (Source : www.lepost.fr)

 


Échos
On en reparle


 

Où est passé l'ovni qui est entré en collision avec une éolienne ?

On vous en a parlé dans la POZ n°43. À Conisholme, au nord-est de l’Angleterre, dans la nuit du 4 janvier 2009, une éolienne a été sérieusement endommagée : une pale de 20 m a été brisée, une autre a été pliée. Alors qu'au même moment, des témoins rapportaient l'observation d'étranges lumières dans le ciel, la rumeur se propagea (en particulier dans la presse) d'une possible collision avec un vaisseau extraterrestre.

Après analyses, quelques jours plus tard, Enercon qui a fabriqué les éoliennes, a annoncé que ces dégâts sur l'éolienne ne résultaient pas d'une collision mais étaient dus à une fatigue des matériaux (détérioration du métal due à des efforts répétés). Un phénomène qui reste rare, précise l'assureur.

Le résultat de l'enquête, peu surprenant, a dû faire de nombreux déçus, à commencer par l'ufologue Nick Pope qui, d'après The Telegraph avait fait part de ses soupçons, avant la publication du rapport d'enquête : « There may be something they don't want people to see. » (« Il doit y avoir quelque chose qu'ils ne veulent pas que les gens voient »). Même Dale Vince, le fondateur d'Ecotricity qui gère le parc d'éoliennes, a avoué sa déception : « To be honest I'm not surprised. But there was part of me that did hope it was a UFO as it was a lovely story. » (« Pour être honête, je ne suis pas surpris. Mais il y a une part de moi qui espérait que ce soit une belle histoire d'ovni. »)

Pour rendre compte du traitement médiatique de l'affaire, Ecotricity a répertorié les articles rapportant l'incident, parus dans la presse nationale et internationale (anglophone). Côté francophone, si l'annonce du prétendu crash a été relayée sur un ton plutôt humoristique, les résultats de l'enquête n'ont pas eu beaucoup d'échos. Même nous, nous avons tardé à en reparler (l'annonce de la « disculpation » des exrtaterrestres a été faite le 9 janvier 2009). Cette omission est aujourd'hui réparée grâce à Daniel, un de nos lecteurs, qui a insisté pour connaitre le fin mot de l'histoire.

Une question subsiste cependant : combien de temps va-t-il se passer avant que TF1 n'inclue ce « mystère » dans son émission Les trente histoires les plus mystérieuses ?

Géraldine

 


CULTURE ET ZÉTÉTIQUE


 

Chronique zétético-musicale n° 10 :

Screamin'Jay Hawkins

Depuis 2004 et la série de documentaires The Blues, A Musical Journey, emmenée par Martin Scorcese, on connait bien les origines musicales du blues ‒ que les sonorités mandingues se disputent aux pleurs des esclaves cotonniers du Mississipi. Toutefois, personne n'a pu cerner par quel procédé surnaturel cette musique vient titiller ce repli de l'esprit, censé peser 21 grammes, que le sceptique le plus grincheux aurait bien du mal à dénommer autrement qu'âme.

À propos d'âme, je pourrais bien vous raconter d'ailleurs comment certains bluesmen comme Tommy Johnson ou Robert Johnson dirent l'avoir monnayée au diable, près du croisement de route de Clarcksdale (encore qu'il semble que Robert aurait chouravé l'histoire de Tommy)...

Grand jeu de l'été : parmi les trois personnages ci-dessus qui ont tous vendu leur âme au diable. Un seul n'est pas bluesman. Saurez-vous le reconnaître ?

Non, je voudrais m'attarder un peu sur un chanteur un peu oublié de Blues Rock, ou plus précisément de Ghoul Rock, dont le style est totalement paranormal. Son vrai nom, Jalacy Hawkins, n'est pas dans les annales, mais la postérité l'a gardé sous le sobriquet de Screamin'Jay Hawkins, le hurleur.

Ce type, à l'histoire torturée, ancien boxeur, immense chanteur et excellent pianiste avait la coutume de sortir d'un cercueil lors de ses concerts, affublé d'une cape, trainant derrière lui un squelette, faisant nombre de facéties qu'il agrémentait copieusement de terrifiants grognements. Je crois que c'était le seul chanteur de blues capable de tenir sa gamme en public en faisant des feux follets d'une main, en agitant une canne surmontée d'un crâne qui fume de l'autre, tout ceci avec un os dans le nez. (Pour votre gouverne, ce crâne s'appelle Henry.)

Anecdote : il est dit qu'en 1976, en utilisant des explosifs sur scène, ce grand gamin de Jay se serait rendu aveugle pour plusieurs semaines. Les Saint Thomas parmi vous que ne croient que ce qu'ils voient peuvent faire vaciller leur raison ici en regardant cette vidéo : I put a spell on you.

D'ailleurs, Monsieur Hawkins avait plus d'un tour de sorcier dans son sac. Voici par exemple sa recette de vin d'alligator, à laquelle il doit une partie de sa gloire :

 

Alligator Wine (1954)

Take the blood out of an alligator, yeah           
Take the left eye of a fish, yeah
Take the skin off of a frog, yeah
Yeah, and mix it up in a dish
Add a cup of grease swamp water
And then countin' one to nine
Spit over your left shoulder
And you got alligator wine
Alligator wine - YEHE HUH UH
Your porcupine
Is gonna make you mine, oh yeah
Yeah, is gonna make you mine
It'll make your head bald, babe
I say it make your toes freeze
It'll turn your blood into steam – ASH!
It'll make you cough and sneeze
You gotta scream UHH like an eagle
You gonna roar like a mountain lion
When you get finished drinking
Good old, yeah, alligator wine
Meet at the stroke of midnight
By the swamp down in the wood
I'm gonna make you love me babe
Like you never thought you could  
You gonna break my magic potion  
And your bloodshot eye is gonna shine
You gonna be scared forever  
Too much alligator wine 
Alligator wine    
WHOAA

Vide de son sang un alligator
prélève l'œil gauche d'un poisson
retire la peau d'une grenouille
Et broie-la dans un récipient
Verse un verre d'eau putride des marais
Et, comptant de 1 à 9
Crache par dessus ton épaule gauche
Et t'auras du vin d'alligator
Vin d'alligator – YEHE HOU HOU
Ton porc-épic
te fera mienne
Ouais, te fera mienne
Il rendra ton crâne chauve
Je te dis qu'il fera geler tes orteils
Il changera ton sang en écume – ACH !
Il te fera tousser et renifler
Tu crieras OUH comme un aigle
Tu rugiras comme un lion des montagnes
Quand tu auras fini de boire
Le bon vieux, ouais, vin d'alligator
On se rencontrera sur les coups de minuit
Près du marécage au fond du bois
Je vais te rendre fou d'amour pour moi, babe
Comme tu n'aurais jamais pensé pouvoir l'être 
Tu devras alors casser ma potion magique
Et ton oeil injecté de sang se mettra à briller
Tu resteras effrayée pour toujours
Trop de vin d'alligator
Vin d'alligator
[Il est content]

 

Pour les lecteurs désireux de pousser plus loin l'expérience, et de frissonner de peur tout leur soûl, je recommande d'éteindre la lumière et de mettre à fond She put the whammy on me (Elle m'a envouté), et surtout I hear voice (J'entends des voix), deux affirmations tout à fait vraisemblables quand on connaît ce zouave.

Hélas, si monsieur Hawkins était rompu à la scène, son anévrisme le fut aussi, le 12 février 2000.

Les cinéphiles, après l'avoir vu notamment dans les films Mystery Train de Jim Jarmush et dans Perdita Durango d'Álex de la Iglesia, le reverront avec plaisir brailler un slow post-moderne dans le film Peut être de Cédric Klapisch, peu de temps avant de rentrer, cette fois définitivement, dans son cercueil.


Alain Bashung

Vous le savez, Bashung a cassé sa pipe, il y a peu. La dernière période est vraiment ma préférée, avec ses ambiances moites et hypnotiques, mais en allant exhumer quelques vieux morceaux, on met la main sur des petits bijoux zététiques. Par exemple dans l'album Roulette russe de 1979, on peut l'écouter chanter :

Méditation, concentration, tout en commun, voilà la thérapie de groupe
Un jour voilà le Guru qui me dit laisse-toi aller on va te suivre à la loupe
J'en ai dit deux mots à sa femme qui est belle comme Gisèle Vishnou
Guru, tu es mon Fürher de vivre

Ou encore Y a un yéti, hymne de nos amis cryptozoologues :

Marcel dépêche-toi, branche-moi la sirène
Je vois un type qui gaule une cassette d'Eric Charden
Heureusement qu'on est là pour faire respecter la loi
Il a des plumes partout et le teint basané
Je te parie ma paye que c'est un étranger
Heureusement qu'on est là pour faire respecter la loi
Y'a un yéti dans le Monoprix
Y'a un yéti

Bashung emporte avec lui certains univers très mysticoïdes, notamment depuis Fantaisie militaire en 1998 où il nous ordonne :

La belle au bois dormant a fermé les écoutilles
Elle hiberne, elle hiberne
La réveillez pas, laissez-la, la réveillez pas
Pas avant 2043
D'ici là jailliront des cascades, d’ici là vogueront les obscurs
D’ici là glisseront les combats, d’ici là j’aurai découvert
Lequel de mes plusieurs sera à même de la sauver
D’ici là je l’ai
D’ici là j’attendrai

Nous aussi on t'attend pour 2043, et on verra lequel de nos plusieurs viendra te chercher.

Balèze, le Bashung. Même qu'il pouvait rester vachement longtemps dans l'eau.

 

Richard

 


 

En librairie

La preuve par neuf
Les révolutions de la pensée évolutionniste
Cédric Grimoult
Ellipses
192 pages - 18 euros

 

Après Mon père n'est pas un singe ?, Cédric Grimoult revient sur les moments clés de l'histoire de la théorie de l'évolution dans La preuve par neuf : les révolutions de la pensée évolutionniste.

S'appuyant sur neuf dates charnières de l'histoire des idées évolutionnistes, il décrit dans ce livre les débats passionnés qui eurent lieu depuis le XVIIIe siècle sur les questions de l'origine et l'évolution des espèces. En 1749 déjà, de grands naturalistes des Lumières (Buffon, Maupertuis, Diderot) discutaient des liens de parenté supposés entre les espèces actuelles. Passant par les chocs conceptuels occasionnés par les publications de Lamarck et de Darwin en 1809 et 1859, l'ouvrage entreprend ensuite d'expliquer les théories majeures qui ont fait progresser l'évolutionnisme au cours du XXe siècle, telles que la théorie synthétique ou encore la théorie synergique. Afin d'illustrer et d'approfondir son propos, l'auteur propose plusieurs schémas, qui montrent les affinités conceptuelles et les influences entre les principaux penseurs qui ont contribué au développement de ces théories.

 



En ligne

 

Tiens, voilà du Baudoin ! (et du Brosseau)

Nous l'écrivions dans la POZ n°35, il y a un an : les amis Baudoin et Brosseau venaient de sortir un ouvrage aussi limpide qu'essentiel sur les créationnismes. Ce livre, Les créationnismes : une menace pour la société française ? (Syllepse, 2008), a désormais un site qui lui est entièrement dédié, avec tout un tas de trucs intéressants : www.tazius.fr/les-creationnismes.




AGENDA


 

Conférence

Le cycle de conférences mensuelles « Les vendredis de la zététique » se poursuit le vendredi 19 juin avec une conférence du professeur Henri Broch intitulée « Médiamensonges et parasciences ou la vérité mutilée ». Lors de cette soirée, le fondateur du laboratoire de zététique de Nice Sophia-Antipolis analysera les dérives de l'information scientifique, les techniques de déformation des modes de pensée et de mystification de la connaissance. De la parapsychologie à l'université aux cadavres d'extraterrestres en passant par l'affaire de la « mémoire de l'eau », il posera la question de l'enseignement de l'esprit critique à l'école. La conférence s'achèvera par une séance de questions/réponses avec le public.

Médiamensonges et parasciences ou la vérité mutilée
Vendredi 19 juin 2009 à 18h
Médiathèque Communautaire de Valbonne
1855, route des Dolines 06560 Valbonne Sophia Antipolis
Renseignements : 04.92.19.76.00
Entrée libre et gratuite

 

 

Exposition

De la préhistoire à l'époque contemporaine, de nombreux artistes ont utilisé les effets d'optique dans leurs œuvres jouant avec notre perception visuelle. L'exposition « Une image peut en cacher une autre » à découvrir au Grand Palais jusqu'au 6 Juillet 2009 réunit près de 250 de ces peintures, gravures et sculptures au sens caché. De Michel-Ange à Markus Raetz, en passant Arcimboldo et Dali mais aussi les miniatures persanes ou l'art populaire des cartes postales érotiques des années 1900, l'exposition retrace le panorama riche et étrange de cette pratique aussi singulière que répandue.

Une image peut en cacher une autre
Jusqu'au 6 Juillet 2009
Grand palais, Champs Élysées Paris
Entrée : 11 euros
Pour en savoir plus : www.rmn.fr

 


DIVERTISSEMENT


 

Insolite : On a retrouvé le clou de l'exposition

Oui, oui, je l'ai découvert par hasard lors d'une visite au muséum d'histoire naturelle. Il est dans la galerie de paléontologie et d'anatomie comparée, dans une vitrine, juste devant une oreille de ruminants. Allez voir ! Exposé parmi les squelettes, même si son étiquette est plus récente, il ne dépareille pas, si bien que personne ne semble étonné par sa présence.

C'est vrai que les enfants sont plus occupés à admirer les carcasses gigantesques des grands mammifères qui s'allongent au centre de la galerie, et leurs parents à faire attention qu'ils ne touchent à rien, mais quand même ! Suis-je la seule à me demander : c'est quoi ce clou ? Et que fait-il là ? « Il fait parler les curieux », me répondrait ma grand-mère. Ben oui, justement... Malgré mes recherches, je n'ai trouvé aucune information sur lui.

Et voilà, le « clou de l'exposition » est un nouveau mystère dans ma vie... Si vous avez des infos sur lui, écrivez à l'OZ.

Géraldine

 

Rupture de pesanteur

Vous connaissez sûrement le travail de cet artiste par ses photos qui circulent sur internet mais vous ne connaissez peut-être pas son nom : Philippe Ramette. Habituellement assez hermétique à l'art moderne, j'aime assez les objets, les situations improbables voire impossibles qu'il parvient à créer et où la plupart du temps, il se met lui-même en scène dans son costume noir. Ses œuvres révélées par des titres au goût de science surréaliste - Rupture de pesanteur, Ascension irrationnelle, Cerveau réfléchissant, Point de vue individuel portable, etc. - me fascinent. Ses photographies sont réalisées  avec trucage mais sans retouche ... Je vous laisse contempler ; dans le domaine de l'Art, l'émotion vaut plus que la démonstration.

 

De gauche à droite : L'ombre (de moi-même), Mutations I, Contemplation irrationnelle.

 

Pour en savoir plus sur Philippe Ramette, faites un tour sur le site de la Galerie Xippas.

 

Lucie

 


 

Cette newsletter a été préparée par Stanislas Antczak, Brigitte Axelrad, Pierre Bienvenu, Géraldine Fabre, Lucie Faivre, Florent Martin, Fabien Millioz, Richard Monvoisin et Franck Villard.

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