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POZ n°26 Imprimer Envoyer
Écrit par l'équipe de rédaction   
Lundi, 13 Août 2007 14:13





SOMMAIRE


 

  • Édito
  • Les nouvelles de l’OZ
    Compte-rendu de l'Université d'été de l'OZ
    Reprise des Zinc Zet
    Nouveautés sur le site : nouvelles conférences en vidéo et nos articles en pdf
  • Actualités
    Oscar, le chat
    Création de l'Observatoire des programmes scientifiques de l'audiovisuel public
    Le Bazar du Bizarre
  • Échos
    On en parle sur la liste de l'OZ
    Bavardages de femmes
  • Culture et zététique
    Chroniques zétético-musicales
  • Agenda
    Zinc Zet de l'Observatoire zététique
    Prochain colloque du GEMPPI
  • Divertissement
    Énigme
    Le Quizz de l'été
  • Annonces

 


ÉDITO


 

Zététique, sociologie au râteau et hausse du prix de l’Essence

L’essentialisme est une impasse intellectuelle consistant à penser un groupe de gens comme doté d’une « essence » propre, d’un ensemble de caractéristiques inaliénables. Dire que tous les maghrébins sont voleurs de mobylette, que les juifs ont les doigts crochus et que les corses sentent tous la farine de châtaigne, c’est avoir un discours essentialiste, comme si l’essence du corse était la châtaigne, l’essence du juif l’arthrose aux extrémités et l’essence du maghrébin la cambriole – même pour le libyen, qui est pourtant, depuis cet été, le meilleur ami de la France.

Je ne veux pas m’attaquer ici aux discours essentialistes racistes. Ils sont assez faciles à démonter. Ils ont ceci de pratique qu’ils renseignent bien moins sur la population visée que sur les gens qui s’en servent. On trouvera par exemple chez Stephen Smith, le rédacteur en chef des pages Afrique du journal Le Monde : « L’Afrique est un paradis naturel de la cruauté [...] Des Africains se massacrent en masse, voire – qu’on nous pardonne ! – se « bouffent entre eux » » (S. Smith Négrologie, pourquoi l’Afrique meurt, Calmann-Levy, 2004). [1]

Outre le racisme simplet de ce type de phrase, on voit se profiler la tête hideuse de la simplification sociologique : à quoi bon regarder de près la genèse des grands massacres en Afrique, puisque la cause en est le Noir lui-même, anthropophage par essence, belliqueux par nature, et dont le goût immodéré pour planter des machettes laisse constamment son voisin sans tête et l’européen sans voix ? Aussi consternant soit-il, ce passage est tiré d’un ouvrage qui a remporté le Prix Essai France Télévision 2004. On se pincerait pour y croire, si le président lui-même n’utilisait pas la même ficelle nauséabonde quand il déclare il y a peu à Dakar : « Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès. Dans cet univers où la nature commande tout, l'homme échappe à l'angoisse de l'histoire qui tenaille l'homme moderne mais l'homme reste immobile au milieu d'un ordre immuable ou tout semble être écrit d'avance. Jamais l'homme ne s'élance vers l'avenir. Jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin. » (N. Sarkozy, discours de Dakar, 26 juillet 2007) [2]

Je ne veux pas m’attaquer ici aux discours essentialistes féministes. Ils sont aussi tragiques que cocasses quand, pour promouvoir le droit des femmes, ils revendiquent une « essence » féminine, faite d’un mélange fantasmagorique d’intuition, d’instinct maternel et de sensiblerie. Là où des féministes ont depuis longtemps montré que les différences comportementales Femme-Homme relèvent quasi-exclusivement de la construction sociale des genres dès la naissance, des pseudo-féministes essentialistes sortent du diable vauvert recoudre la nasse de laquelle la Femme tente tant bien que mal de se dépêtrer. On trouve d’aussi surprenants discours faussement libérateurs chez certains personnages politiques en vue, comme par exemple chez Ségolène Royal qui explique dans l’émission Ripostes en prenant très au sérieux son combat que : « dès lors qu’on les fragilise, qu’on les humilie, qu’on les violente qu’on les écarte, elles ne peuvent plus accomplir dignement leur métier de femme et leur métier de mère [...] » (émission Ripostes n°278, 17 décembre 2006, France 5, 12ème minute). [3]

 

 

Plus près des sujets zététiques, on trouve d’aussi belles tirades chez les « sorcières » déclarées, comme la célèbre Starhawk, qui justifie une pratique activiste qui remporte presque mon suffrage élaborée par une spiritualité faite de rites, de génuflexions à la déesse Brigid et de la revendication d’une « nature » purement féminine qui laissera pantois les plus imperturbables des anthropologues féministes. [4]

 

Je voudrais plutôt questionner un discours essentialiste zététique. Il y a chez certains collègues qui déconstruisent les pseudosciences une tendance manifeste à l’essentialisme facile. Je vais prendre un exemple fraîchement éclos d’une revue pourtant amie. Voici des extraits de l’article La numérologie pourrait être scientifique …, signée d’un nom assez connu des mathématiques, J-P. Delahaye : « (...) bien sûr, la grande majorité des gens n’est pas du tout convaincue par cette présentation – implicite ou explicite - que les numérologues proposent de leurs travaux. L’intuition souffle à chacun (enfin presque) qu’il s’agit là d’un sophisme et que, bien au contraire, la numérologie n’est en rien une science et qu’elle ne produit qu’illusions et tromperies. Le niveau moyen des livres de numérologie ou des sites Internet qui s’y consacrent est affligeant, la niaiserie et le dogmatisme y triomphent, le tout dissuadera tout esprit sérieux de s’y intéresser, même s’il était ouvert et séduit par le principe général de la numérologie. […] pourquoi les calculs que font les uns sont des attrape-nigauds [...] je crois que la réponse ne doit pas être recherchée très loin et qu’elle peut être énoncée sous sa forme la plus brutale : la numérologie est une escroquerie. (…) à vrai dire, personne ne prend au sérieux ces lois et – j’en suis persuadé – pas même ceux qui les énoncent et en font commerce, qui savent que seuls quelques imbéciles accordent de l’attention à ces méthodes [...] les numérologues ne croient pas à leurs prétendues lois, ils ne cherchent pas à les établir [...] mais la numérologie ne se limite pas aux charlatans qui veulent vous vendre les secrets [...] elle se développe aussi en se fondant sur la naïveté de ceux qui ne comprennent pas assez bien la combinatoire » (SPS, août 2007, pp 9-11).

J’ai beau cultiver un goût peu prononcé pour la numérologie, il m’est difficile de rester stoïque face à ce genre de propos. À mes yeux, un tel discours, typiquement essentialiste, est appauvrissant, arrogant, non-scientifique, et contre-productif.

Appauvrissant parce que le numérologue est essentialisé en charlatan - trompeur - dogmatique - escroc. Pour un peu, il sentirait la châtaigne et volerait des mobylettes ! Un peu de travail de terrain convaincra en peu de temps que l’immense majorité des praticiens de ce type de pseudoscience est sincèrement convaincue, que les trompeurs sont une infime minorité et les escrocs ne le sont que par rendu de justice.

Arrogant parce qu’à grands coups d’appels à l’intuition, à l’évidence et à l’argumentum ad populum, lecteur, tu comprendras peut être que si tu as cru ou crois en la numérologie, tu fais partie des « quelques imbéciles » dont l’imbécillité est l’essence, vois-tu. Pauvre sous-individu qui ne piges rien à la combinatoire, je te plains.

Non-scientifique parce que l’auteur avance des faits sociologiques comme un numérologue avance ses chiffres : « personne ne prend au sérieux ses lois, pas même ceux qui les énoncent » lit-on. Pas besoin de preuve pour l’auteur, par contre : il en est « persuadé ».

Contre-productif parce qu’en qualifiant d’escroc le numérologue et de sombre crétin la personne qui pratique la numérologie, il n’y a aucune chance d’éviter la réaction épidermique que moi-même sceptique je ressens déjà. Et comme de toute manière cette revue scientifique n’est lue que par la fraction éclairée – c’est-à-dire les non-imbéciles –, et que les imbéciles eux, sont par essence soit de mauvaise foi, soit irrémédiablement perdus pour l’intelligence, à quoi bon, dîtes-moi, un tel article ?

Dans le même numéro, SPS encourage ses collaborateurs, dont l’Observatoire Zététique, à participer à une veille médiatique (p. 62). Si la veille médiatique se fait dans cette conjoncture, pas sûr que l’OZ contribue. J’encourage pour ma part les décortiqueurs de pseudoscience, dont je suis, à se rappeler qu’essentialiser un groupe social par sa naïveté, - tout comme par « son idéal de vie au rythme des saisons » - revient à faire de la sociologie au râteau dans les jardins du ségrégationnisme. L’analyse des genèses sociales n’est pas un luxe. Je les exhorte aussi à se rappeler que comme eux, comme moi, le grand et fier chêne doit se rappeler qu’il a d’abord commencé par être un misérable gland.

 

Richard Monvoisin

 

PS : Des réflexions captivantes sur cet essentialisme sont disponibles chez des auteurs antispécistes (je pense à particulièrement à Y. Bonnardel et E. Reus, dont de nombreux textes sont en ligne). Il faut toutefois préciser qu’ils utilisent plutôt naturalisme qu’essentialisme, du fait de la « nature » propre invoquée dans les argumentaires. Les sceptiques employant volontiers naturalisme par opposition au surnaturalisme, le mot n’a donc pas le même sens que pour ces auteurs. Pour faire clair, je suis naturaliste au sens sceptique, et anti-naturaliste au sens antispéciste.


[1] Pour une critique de cet ouvrage, voir Diop B.B., Tobner O., Verschave F-X., Négrophobie, Les Arènes, 2005
[2] Une tragiquement nécessaire critique vient juste d’être publiée par notre collègue matérialiste Thomas Heams dans L’homme africain..., Retour sur le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar le 26 juillet dernier, Libération, 2 août 2007
[3] Rispotes N°278, 17 décembre 2006
[4] Pour les férus d’épistémologie, Starhawk trouve une de ses meilleures défenseuses en Isabelle Stengers, poétesse de relativisme « post-moderne ». Ce n’est pas un hasard.


LES NOUVELLES DE L’OZ


 

Reprise des Zinc zet

Après quelques mois d’interruption suite à des problèmes d’organisation, les « zinc zet » de l’Observatoire zététique sont reprogrammés dès la rentrée. Cafés scientifiques consacrés à la zététique et ouverts au public, ils auront lieu au bar-restaurant Le Terra Nova à Grenoble tous les premiers lundis de chaque mois à partir de 20h30. Ils seront l’occasion pour tous les curieux du "paranormal" de venir poser leurs questions et de rencontrer les membres de l’OZ dans une ambiance détendue, autour d’un verre. Alors venez nous demander "Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le paranormal..." Rendez-vous le 3 septembre.

 

Quoi ? Les Zinc Zet
Où ? Au bar restaurant Le Terra Nova : 31, rue Mortillet 38000 Grenoble
Quand ? Tous les premiers lundis de chaque mois à partir de 20h30.

 

Ultimate Z : l'Université d'été de l'OZ

Le week-end du 14 Juillet, dans la Drôme provençale, l’Observatoire zététique organisait son université d’été. Cette deuxième édition a rassemblé une quinzaine de zététiciens à laquelle se sont joints quelques invités de marque (par ordre alphabétique) : Corinne Baudry, Bertrand Baumeister, Carine Goutaland, Pierre Macias, Éric Maillot, Françoise Mariotti, David Rossoni, Émeric Tourniaire et Pierrick Tranouez.

Comme l’année dernière, cet Ultimate Z fut un agréable cocktail de présentations critiques, de discussions philosophiques et de repas arrOzés, quelque part : « entre camp scout, rassemblement hippy et cours magistraux », résuma Bertrand, le tout dans une « atmosphère plaisante d'émulsion intellectuelle » ajouta Pierrick. L’alchimie semble en tout cas avoir bien pris entre les participants. En plus du plaisir de se rencontrer et de mettre ainsi des visages sur des « entités virtuelles » du Web et des mailing listes, tous ont apprécié la qualité des échanges et des présentations.

 

Quelques chaises installées à l’ombre des arbres dans une clairière, une toile tendue sur la façade d’un abri de jardin et notre salle de conférences était prête. Comme prévu, le programme n’a pas été suivi mais les exposés se sont enchaînés et les thèmes abordés furent très variés.

Jean-Louis Racca nous parla de sa visite au musée du « suaire » de Turin et analysa les contorsions mathématiques des sindonologues pour démontrer l’improbabilité que cette pièce de lin soit un faux. Pierre Bienvenu nous exposa les liens entre le postmodernisme et le changement de statut du « paranormal » en insistant sur les dangers du relativisme cognitif. Pierre Borgnat essaya d’expliciter le concept d’énergie sous toutes ses formes (électrique, mécanique, potentielle, chimique, thermique, …) et son utilisation dans certaines théories controversées.

Lors de ce week-end de formation zététique, nous avions la chance d’avoir avec nous les trois ufologues sceptiques, auteurs de Les OVNI du CNES, trente ans d’études officielles (1977-2007) (disponible sur le site de l’OZ et prochainement publié chez book-e-book) : David Rossoni, Éric Maillot et Éric Déguillaume. Ils nous ont donc présentés quelques-uns des cas d’observations d’OVNI les plus souvent repris dans les médias – mais rarement de manière critique – en pointant en particulier les biais de perception et les déformations de récit qui émaillent ce genre d’affaires.

Lors de l'« élection du plus beau canard de bain en plastique », Vincent Rossetto et moi avons présenté cet effet zététique que nous avons ensuite illustré avec quelques exemples issus des disciplines du « paranormal ». L’« effet canard de bain » caractérise ces phénomènes, principes ou théories qui réapparaissent sans cesse, sous des formes différentes et malgré les démystifications et réfutations déjà proposées. Ils reviennent grâce à de nouvelles « preuves », une nouvelle observation, une nouvelle variante de la théorie initiale ou une nouvelle personne douée, etc.

L’aspect pédagogique de la zététique fut largement abordé lors des présentations de Florent Martin et Stanislas Antczak. Alors que le premier présenta documents vidéos et photos illustrant les biais de perception et autres principes zététiques, le second nous fit une démonstration de l’animation qu’il avait proposé l’année dernière à la Fête de la Science à Lyon. Le but était d’amener le public à réfléchir à l’élaboration d’un protocole de test d’une perception extrasensorielle, ce qui nécessitait la vulgarisation de certains principes de méthodologie scientifique : randomisation, double aveugle, analyse statistique. Cette fois encore, tout le monde s’est prêté au jeu mais aucun n’obtint de résultat statistiquement significatif.

L’expérimentation scientifique fut également le sujet de la présentation de Nicolas Touzard qui nous parla de son expérience avec un radiesthésiste. À l’initiative de Nicolas Vivant, la discussion s’orienta ensuite vers une auto-critique concernant les protocoles expérimentaux de l’OZ. L’analyse de leur mise en œuvre révéla quelques biais qu’il nous a semblé à tous important de préciser dans nos comptes-rendus, même s’ils n’entachent pas les résultats obtenus, ne serait-ce que pour leur intérêt pédagogique.

 

Au cours du week-end, nos invités participèrent activement à ce partage de connaissances avec de courts exposés de 7 minutes 30 dans un « Bazar du Bizarre… en live » très éclectique. Françoise profita de l’occasion pour nous donner quelques arguments de déconstruction des thèses sexistes et conservatrices développées dans les livres de John Gray Mars et Vénus. Pierrick nous impressionna avec ses boids, programmes informatiques de simulation de vie artificielle qui permettent de modéliser des comportements émergents et démontrent que la complexité peut résulter de l’interaction d'agents individuels respectant des règles très simples. Les autres participants parlèrent principalement de leur intérêt pour la zététique et de leur découverte avec cette discipline.

 

Un des grands moments du week-end fut le concours de mauvaise foi dont les règles avaient été formalisées par Richard Monvoisin et Nicolas Vivant. Seize participants se sont affrontés dans des joutes verbales improvisées sur des thèmes parfois surprenants. Le but était de défendre en deux ou trois minutes une thèse imposée (« la radiesthésie, ça marche/ ça ne marche pas » ; « Le monstre du Loch Ness existe/n’existe pas », etc.) en utilisant le plus possible d’arguments fallacieux : argument d’autorité, appel à la pitié, fausse analogie, appel à la peur, réduction ad hitlerium, attaque ad hominem, faux dilemme, pétition de principe, pente glissante, etc. Pendant les argumentations, un jury d’une dizaine de personnes notait le nombre d’arguments utilisés. Le meilleur score désignait le vainqueur. À ce jeu, notre ancien président Stanislas Antczak s’est révélé le plus brillant. Mais ne pouvant primer tant de mauvaise foi, les organisateurs ont préféré récompenser les perdants ex aequo : Pierre Macias et Olivier Émery. Plus qu’un défouloir et un moment de franche rigolade (quel plaisir de voir Pierre Bienvenu soutenir avec tant de mauvaise foi que « la radiesthésie, ça marche ! »), cet exercice présentait un intérêt pédagogique certain : l’apprentissage et l’identification de ces faux arguments, même si la révélation de leur talent en « mauvaise foi » ont surpris et perturbé plus d’un participants.

Le week-end s’est achevé avec une présentation de Fabrice Neyret sur « Le mauvais usage des nombres ». Sondages, pourcentages, représentations graphiques, il est facile de manipuler les chiffres, plus difficile de comprendre ce qu’ils signifient réellement. Face aux données numériques dont les journalistes en particulier sont friands, Fabrice nous recommande d’être méfiants et de toujours remonter à la source de l’information.

 

Le programme, bien qu’allégé par quelques désistements, était finalement relativement dense et le week-end pas vraiment reposant. Tout le monde a tout de même profité du soleil drômois et apprécié la fraîcheur de la piscine. Ultimate Z avait donc malgré son caractère studieux un petit air de vacances.

L’idée de ce rassemblement a cette année encore séduit tous les participants. Pour Corinne : « Le lit était confortable et les saucisses étaient bien cuites comme il faut :-) ». « Si je ne craignais pas de tomber dans la culculterie, je dirais que c'est bien agréablement réconfortant d'avoir l'impression d'appartenir à une peuplade de cette sorte. » avoue Bertrand. De la même manière, Françoise, enchantée, nous écrit : « j'ai beaucoup appris, révisé, réfléchi, ri. Je me suis enfin sentie à l'unisson dans un groupe de personnes à l'esprit sceptique sans condescendance ni hiérarchie. »

Quelques critiques qui seront prises en compte pour la prochaine édition nous aideront sûrement à améliorer la programmation et l’organisation. Par exemple, Corinne aurait préféré que l’on passe plus de temps à se présenter les uns aux autres car nous n’étions pas tous de l’OZ et n’intervenons pas tous sur les listes de discussion. Carine, elle, aurait aimé « entendre […] une approche psychologique de certaines questions ». Quoi qu’il en soit, tous reviendront avec plaisir s’ils le peuvent ; certains avaient fait un long voyage pour être des nôtres.

Enfin, la présence de Pierre Macias, parapsychologue de l’IMI (Institut métapsychique international) montre que des rapprochements sont possibles et peuvent même déboucher sur des travaux en collaboration. Ravi de son week-end, il nous a écrit pour nous remercier de notre invitation et concluait : « Bien sûr, je n'adhère pas inconditionnellement à la forme ou au fond de ce que j'ai entendu ce week-end, mais globalement nous ne devons pas être si éloignés que ça. J'espère que nous n'en resterons pas là, et que nous aurons l'occasion de nous revoir. »

Du côté des « OZiens », l’enthousiasme est partagé. Je laisse donc le mot de la fin à Pierre Bienvenu : « On ne peut qu'en redemander ».

 

Nous remercions tous la famille de Nicolas qui nous a hébergés durant ces trois jours. Difficile de trouver un cadre plus idyllique pour ce rendez-vous zététique. Vivement l’année prochaine.

 

Les articles de l’OZ disponibles en pdf

Pour faciliter leur lecture et leur diffusion, les enquêtes et dossiers de l’OZ sont dorénavant disponibles en version pdf. Le bandeau placé en haut de la page web vous permet de télécharger ou d’ouvrir l’article mis en page et illustré. Vous devez pour cela avoir installé sur votre ordinateur le logiciel Acrobat Reader, téléchargeable gratuitement.

Profitez de l’occasion pour lire ou relire nos enquêtes. Les sujets traités par les membres de l’OZ sont nombreux et variés :

N’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires.

 

Nouvelles conférences en ligne

Les vidéos de deux nouvelles conférences ont été ajoutées sur notre site web :

  • L’intervention de Jean-Léon Beauvois, co-auteur du Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (PUG), sur les techniques de manipulation, le 28 mars 2007, dans le cadre du cours de « Zététique et approche critique du paranormal » de Richard Monvoisin à l’Université Joseph Fourier de Grenoble.

  • La conférence de Jean Brissonet, créateur du site pseudo-medecines.org et auteur du livre Les pseudo-médecines : Un serment d'hypocrites (Book-e-book), sur les pseudo-médecines, le 1er juin 2007 à Montpellier, organisée par le Cercle Zététique Languedoc Roussillon.


Géraldine.


L’ACTUALITÉ DU « PARANORMAL »


 

Oscar, le chat qui « sent » la mort

Fin juillet, Le New England Journal of Medicine a publié un article du Dr David M. Dosa, intitulé « A day in the life of Oscar the cat » (Un jour dans la vie d’Oscar, le chat). Le gériatre d’une maison de retraite de Rhode Island (États-Unis) y raconte comment l’animal pressent la mort des pensionnaires : « Oscar the Cat has had an uncanny ability to predict when residents are about to die » (« Oscar a la capacité surnaturelle de prévoir la mort des résidents »).

Ce chat, âgé de deux ans, a été adopté par le personnel médical de l’unité du Steere House Nursing and Rehabilitation Center qui s’occupe des personnes âgées souffrant de la maladie d’Alzheimer, de Parkinson, etc. Dernièrement, le personnel s’est rendu compte qu’Oscar venait s’installer sur le lit des pensionnaires qui allaient mourir. La mort surviendrait dans les quelques heures qui suivent la visite du chat, d’après le Dr Dosa. Oscar aurait ainsi depuis un an, pressenti le décès de 25 résidents. Son comportement permettrait aux médecins d’avertir juste à temps la famille du malade. Pour le réconfort qu’il apporte aux pensionnaires en fin de vie, une plaque commémorative lui a été dédiée par le personnel de la maison de retraite et les familles des patients.

 

Avec ces éléments, il est difficile d’expliquer le comportement d’Oscar mais avant d'envisager une explication surnaturelle à son « sixième sens », de nombreux paramètres doivent être écartés.

D'abord, et avant de lui chercher une explication, la première chose à faire est de s’assurer de la réalité du phénomène. Il faut donc comme le suggère Nicholas Dodman, directeur d’une clinique du comportement animal à l'école de médecine vétérinaire Cummings de la Tufts University, relever soigneusement les parcours d'Oscar et en particulier la répartition de son temps entre les pensionnaires vivants et mourants. Il est en effet indispensable d’avoir ces données exhaustives pour pouvoir nous affranchir de ce biais de validation subjective qui nous fait nous souvenir uniquement des événements qui accréditent l’hypothèse que l’on veut démontrer (Les sages-femmes sont par exemple les premières à dire que les soirs de pleine lune, les naissances sont plus nombreuses, ce que ne confirment pourtant pas les registres…). Dans quelle proportion Oscar pressent-il la mort des malades ? Le Dr Dosa affirme que le chat ne se trompe « presque » jamais. Mais que représente ce « presque » ?

Si la présence du chat auprès des mourants s’avère véritablement statistiquement significative, de nombreuses hypothèses peuvent encore l’expliquer avant de conclure en faveur du « paranormal », par exemple son sens développé de l’odorat, un changement d’attitude du personnel ou même une recherche de confort. En effet, Daniel Estep, spécialiste du comportement animal, estime que l’absence de mouvements dans les lits des mourants en ferait des endroits privilégiés pour une sieste féline. De même, Dodman pense que la couverture chauffante placée sur les malades mourants pourrait attirer le chat.

Donc, pas de conclusion hâtive sur l’« intuition » ou le sixième sens des félins : une allégation extraordinaire nécessite une preuve plus qu’ordinaire , dit-on en zététique.

Géraldine

 


 

En bref

Ouverture de l’OPSAP

Lors de son assemblée générale du 2 juin 2007, l’AFIS, association française pour l’information scientifique, a décidé de créer un Observatoire des programmes scientifiques de l’audiovisuel public. Ses missions seront de scruter les programmes des chaînes publiques (France2, 3, 4, 5 Ô et arte) afin d’y repérer « les émissions portant sur des sujets sensibles et de s’assurer de la compétence (et l’« orthodoxie ») de ses participants.. ». En cas d’alerte, l’OPSAP contactera le responsable de la programmation pour une médiation avant éventuellement d’informer le public. Pour constituer un réseau de veille réactif, l’AFIS cherche des bénévoles. Les intéressé(e)s peuvent prendre contact avec Georges Jobert, pilote du projet, en écrivant à l’OPSAP. GF

Un vicomte, un château, une énigme

Mieux que le prix Défi de Broch et la cagnotte de Randi, Eternity 2 : 2 millions de $ US pour celle ou celui qui résoudra le puzzle du vicomte Christopher Monckton. Pas de paranormal là-dedans, mais quand un obscur vicomte chevalier de l'ordre de Malte lance depuis son château une première énigme, Eternity 1 avec un million, de livres sterling à la clé, que deux jeunes mathématiciens de Cambridge craquent l’énigme au bout de dix-huit mois et empochent le magot, que Monckton est ruiné et retourne dans son château refaire une autre énigme, ajoutez la nuit noire et un hululement de chouette et on s’y croirait. RM.

 


 

Le bazar du bizarre

 

Le géant de Cerne Abbas contre Homer Simpson

Pas besoin d’aller à Nazca pour voir des géoglyphes. À Cerne Abbas, dans le Dorset, en Angleterre, le célèbre Rude Man de 55 mètres et sa Rude érection prennent froid depuis le XVIIe siècle. Contrairement aux diverses légendes invoquant un géant dans les environs, il semble que ce dessin soit une œuvre politique, menée par un domestique de Lord Halles, patron du manoir du coin : l’idée était de se moquer de Cromwell pendant la guerre civile anglaise. Mi-Juillet, un scandaleux Homer Simpson apparut à côté du géant vert, brandissant un donut pour la promotion du film des Simpsons. Cette fois ce n’est pas Lord Halles mais la chaîne Fox qui a peint Homer sur le sol – alors que le Géant, lui est un glyphe. Quand les paganistes locaux de la Pagan Federation virent l’insulte faite à l’une de leurs idoles, leur sang ne fit qu’un tour. Ils décidèrent pour punir l’affront d’invoquer une pluie magique afin de laver le turgescent donut (Wish for rain to wash away Homer, BBC, 16 juillet 2007) . L’histoire ne dit pas si le rituel a fonctionné.

 

Dieu n’ira pas en prison

La plainte de Mircea Pavel, déposée à l’encontre Dieu pour escroquerie, abus de confiance, corruption et trafic d’influence n’a pas été jugée recevable par le Parquet de Timisoara, Dieu, n’étant pas « un sujet de droit » et surtout n’ayant « pas d’adresse ». Le roumain entendait pourtant bien demander des comptes à Dieu qui selon lui n’a pas honoré sa part de contrat malgré ses nombreuses prières et cadeaux : « Lors de mon baptême, j’ai conclu un contrat avec l’accusé visant à me délivrer du mal. ». Aujourd’hui, Mircea Pavel purge une peine de 20 ans de prison pour meurtre. RM.

 

Nessie a des cousins chinois

Le 5 juillet, un touriste filma d’étranges objets en mouvement sous la surface du lac Kanasi en Chine. La vidéo diffusée à la télévision chinoise fut présentée comme la preuve « la plus claire » de l’existence des gigantesques animaux légendaires censés peupler le lac depuis des siècles. Objectivement, on n’y voit et n’y comprend pas grand-chose mais cela a suffi pour enflammer les imaginations. N’est-il pas hâtif cependant de parler de « créatures inconnues » ? On peut en effet d’abord se demander si les vagues et remous filmés ont bien été engendrés par des animaux vivants. Si tel est vraiment le cas, ces animaux sont-ils « inconnus » juste parce qu’on ne les a pas « reconnus » ? Certains scientifiques pensent qu’il pourrait s’agir d’énormes spécimens d’une des huit espèces de saumons présentes dans le lac. GF.

 

Vade retro, Harry Potter

Lors de leur conférence annuelle à Mexico, les prêtres exorcistes catholiques ont discuté du cas… Harry Potter. Le héros des romans de JK Rowling aurait en effet une influence négative sur les enfants. Pedro Mendoza, exorciste de l'archevêché de Mexico estime que : « Si vous mettez toutes ces idées dans la tête d'un enfant, qu'il peut devenir un magicien, l'enfant le croit, et cela ouvre un boulevard dans lequel le diable peut s'engouffrer ». Je ne suis pas sûre que les enfants fassent si peu la différence entre la fiction et la réalité mais c'est vrai qu'il est dangereux de prendre pour vérité tout ce qui est écrit dans un livre,… à commencer par la Bible. GF.

 

Les secrets de la Cène

Lors d’une conférence de presse, fin juillet, l’informaticien italien Slavisa Pesci affirma avoir découvert de nouveaux symboles cachés dans La Cène. Cette fresque de Léonard de Vinci, représentant le dernier repas de Jésus entouré de ses apôtres, est au cœur du Da Vinci Code de Dan Brown qui s’en servait pour étayer la thèse du mariage de Jésus avec Marie-Madeleine et de leur descendance. Cette fois, l’informaticien a utilisé des inversions et des superpositions de l’image pour faire apparaître deux nouvelles « représentations » : jésus multipliant les pains et portant un bébé.

Le résultat proche de la pareidolie (=identification de formes dans les nuages, les tâches d’humidité, etc.), ne convainc pas véritablement, pourtant pour Slavisa Pesci : « [...] from some of the details you can infer that we are not talking about chance but about a precise calculation » (« Certains détails montrent que cela n’est pas dû au hasard, mais à un calcul précis »). GF.

 


ÉCHOS


 

On en parle sur la liste de l'OZ

Sur la liste de discussion de l’OZ (ouverte à tous après inscription au groupe), le flot de mails ralentit quelque peu avec l’été mais les échanges sont parfois brûlants.

Ce mois-ci, on a discuté des remèdes miraculeux que certains affirment avoir trouvé contre le Sida. On se souvient du président gambien et de ses dons de guérisseurs, de l’église orthodoxe Maryam church et de ses aspersions d’eau en Éthiopie. Aujourd’hui, c’est un biologiste guinéen, le professeur Mohamed Tahirou Barry, qui prétend avoir découvert le remède miracle dans l’hypochlorite de sodium, autrement dit l’eau de javel. Remettant en question les modes de transmission du VIH et inversant la charge de la preuve, Mohamed Tahirou Barry « met au défi quiconque de prouver que sa découverte est fausse. ». La pandémie qui ravage l’Afrique draine donc dans son sillage d’étranges "négationnistes" du Sida. Nous en av(i)ons au moins un sur la liste qui a ferraillé avec quelques contributeurs sceptiques. La discussion s’est rapidement envenimée ce qui a contraint l’équipe de modération à rappeler les deux règles en vigueur sur notre liste : courtoisie et argumentation des affirmations. Les moqueries et les attaques personnelles ne sont pas admises. Heureusement, ces écarts sont rarissimes.

Autre sujet d’actualité évoqué, le chat Oscar et son « sixième sens » pour deviner les prochains décès de la maison de retraite où il vit (voir notre article plus haut). Cette discussion s’est mélangée avec celle concernant les dons de la princesse Märtha Louise de Norvège. La révélation a laissé les co-listiers plutôt dubitatifs : la fille du roi Harald V et de la reine Sonja, affirme avoir des capacités de communication avec les anges depuis son enfance et souhaite aujourd’hui partager son don dans le centre d’éducation alternative qu’elle a ouvert. Le plus long fil a concerné ce mois-ci les rêves prémonitoires. Récemment inscrite, Cathrine a témoigné sur la liste de ses nombreuses expériences de prémonitions, en requérant une explication scientifique. Mais les co-listiers lui ont plutôt donné des éléments de méthodologie pour qu’elle puisse d'abord s’assurer du caractère prémonitoire de ses rêves. La mise en évidence de ce phénomène nécessite en effet une analyse statistique peu intuitive mais indispensable pour s’affranchir du biais de validation subjective. Il faut donc observer (et être sûr de ce que l’on observe) avant d’essayer d’expliquer.

 

Courrier des lecteurs : Bavardage de femmes

Le mois dernier, je vous rapportais le résultat d’une étude réalisée par des psychologues américains et publiée dans une brève de Science sous le titre Are Women Really More Talkative Than Men ?. En comptabilisant le nombre de mots prononcés par jour par près de 400 étudiants, sur des périodes allant de 2 à 10 jours, des psychologues américains ont montré que les femmes prononçaient environ 16.215 mots par jour et les hommes 15.669, soit une différence de 546 mots non statistiquement significative selon eux. Ils en concluaient que les femmes ne sont ni plus ni moins bavardes que leurs collègues masculins, ce qui remettait en question, d’après le titre de l’article, le préjugé sur les bavardages des femmes.

 

Plusieurs de nos lectrices ont réagi à cet article et nous ont fait part de quelques remarques très intéressantes. D’abord, le qualificatif « bavard », (talkactive) n’est pas très précis et renvoit à différentes notions plus ou moins subjectives. Alors, même si ces paramètres sont sûrement corrélés, est ce, comme Amandine nous le suggérait, le nombre de mots, leur débit ou la longueur du discours qu’il faut mesurer ? « Bavard » suppose en plus de cette dimension quantitative un aspect qualitatif et comme nous l’écrivait entre autres, Véro B., il « renvoie à une idée de vacuité du discours ».

Bref, ce préjugé sur les « bavardages des femmes » n’est pas très clair et ne concerne vraisemblablement pas uniquement le nombre de mots qu'elles prononcent. Mais l’étude des psychologues américains se limitant à ce décompte, la conclusion n’est-elle pas mal formulée pour ne pas dire hâtive ?

 

Pour approfondir le sujet, Françoise Mariotti, spécialiste des questions femmes/hommes – elle a créé et anime à Montpellier des cafés scientifiques sur ces thématiques : Les cafés du genre – nous a envoyé la publication de Corinne Monnet La répartition des tâches entre les femmes et les hommes dans le travail de la conversation.

Les études et conclusions présentées dans ce document mettent finalement en évidence la pauvreté méthodologique du travail de recherche présenté par les psychologues américains et mentionné ci-dessus.

Les modalités de conversations entre individus sont depuis de nombreuses années des sujets d’études de sciences humaines et sociales. Ces études n’ont jamais pu confirmer le stéréotype de la femme bavarde, bien au contraire, mais tout dépend du contexte et de l’interlocuteur. Lors de réunions mixtes par exemple, la longueur des interventions masculines est toujours supérieure à celles des femmes mais paradoxalement leurs prises de paroles sont jugées toujours plus longues (Eakins Eakins, 1976).

Il est donc peut être plus intéressant de se demander d’où vient ce stéréotype et pourquoi il perdure. Selon Corinne Monnet : « Si la place des femmes dans une société patriarcale est d’abord le silence, il n’est pas étonnant qu’en conséquence, toute parole de femme soit toujours considérée de trop. »

Géraldine


CULTURE ET ZÉTÉTIQUE


 

Chroniques zétético-musicales n°3

Avant d’atterrir dans la besace de Broch, le terme zététique a pris à la fin du XIXe siècle un chemin de traverse. Alors que Littré et Larousse le définissaient dans leurs dictionnaires, un groupe de défenseurs de la théorie de la Terre Plate, emmenés par Samuel B. Rowbotham alias Parralax [1] s’appropria le mot en désignant sa pseudoscience de Zetetic Astronomy. Le groupe deviendra plus tard l’Universal Zetetic Society, et s’échinera à publier au début du XXe la revue The Earth Not a Globe Review, avant de devenir l’International Flat Earth Society en 1956.

Une des rares critiques que je connaisse de cette théorie fossile est aussi musicale que radicale. Elle provient du groupe punk californien Bad Religion. En 1990, dans leur album Against the grain, sortit la chanson Flat Earth Society, écrite par le guitariste Brett Gurewitz. La traduction est maison.

Lie, lie, lie.......
The full moon is rising over dark water
And the fools below are picking up sticks
And the man in the gallows lies permanently
Waiting for the doctors to come back and tend to him,
The flat earth society is meeting here today,
Singing happy little lies
And the bright ship humana is sent far away
With grave determination....
And no destination, lie, lie, lie

Yeah, nothing feels better than a spray of clean water
And the whistling wind on a calm summer night,
But you’d better believe that down in their quarters
The men are holding in for their dear lives,
The flat earth society is somewhere far away,
With their candlesticks and compasses
And the bright ship humana is well on its way
With grave determination.....
And no destination, lie, lie, lie
Mensonge, mensonge, mensonge…
La pleine lune se lève sur l'eau ténébreuse
et les imbéciles en dessous brandissent des bâtons
Et l’homme sur la potence ment en permanence
Attendant le retour vers lui des médecins
La Société de la Terre Plate se réunit ici aujourd’hui
Chantant de joyeux petits mensonges
Et le rutilant navire humain est envoyé fort loin
Avec une sourde détermination…
Et sans destination, Mensonge, mensonge, mensonge…

Ouais, rien n’est meilleur qu’une petite giclée d’eau fraîche
Et le vent qui siffle lors d’une calme nuit d’été
Mais croyez-bien que au fond de leurs quartiers
Les gens laissent filer leur chère petite vie
La Société de la Terre Plate est quelque part bien loin,
Avec bougies et boussoles
Et le rutilant navire humain est bien en route
Avec une sourde détermination…
Et sans destination, Mensonge, mensonge, mensonge…

 

 

- Assez pour la leçon de biologie d’aujourd'hui sur l’« intelligent design ».
Voyons maintenant le sujet de l’ « intelligent géographie »
Merci à Sack et à http://www.biosurvey.ou.edu/

 

Dans l’album The Process of belief, ils enfoncent le clou et balancent une salve dont le seul titre, Materialist fera pogotter notre doyen Pierre Bienvenu.

(…) I know I have to face the harshness, grin and bare the truth
And I have to walk this mile in my own shoes (and I'm no fool!)
I'm materialist, A full-blown realist
And I guess I'm full of doubt
So I'm prone to have it out with you
I'm materialist
There ain't no fear in this
It's there for all to see
So don't talk of hidden mystery with me
Mind over matter it really don't matter
if the street's idle chatter turns your heart-strings to tatters
Flatter hopes don't flatter and soul batter won't congeal
to mend a life that is shattered into shards
Was it in the cards?
The process of belief is an elixir when you're weak
I must confess, at times I indulge it on the sneak
But generally my outlook’s not so bleak (and I'm not meek!)
I'm materialist, call me a humanist
I guess I'm full of doubt
So I'll gladly have it out with you
I'm materialist (…)
(…) Je sais que je vais devoir affronter la rudesse, les grimaces et découvrir la vérité
Et je vais devoir marcher ce mile avec mes propres chaussures (et je ne suis pas un imbécile !)
Je suis un matérialiste, un véritable réaliste
Et je devine que je suis empli de doute
Ainsi suis-je enclin à te le révéler
Je suis un matérialiste
Aucune crainte à cela
C’est à la vue de tous
Alors ne parle pas de mystère caché avec moi
L’esprit sur la matière n’importe vraiment pas
si le lent broutement de la rue transforme vos sentiments profonds aux lambeaux
De plats espoirs ne flattent guère et la pâte lisse de l'âme ne figera pas
Réparer une vie réduite à l’état de tessons
Était-ce dans les cartes ?
Le processus de la croyance est un elixir pour le faible
Je dois admettre que parfois je le distille au pleurnichard
Mais généralement ma perspective n’est pas si morne (et je ne suis pas doux !)
Je suis un matérialiste, appelle-moi humaniste
Je me devine empli de doute
Ainsi suis-je enclin à te le révéler
Je suis un matérialiste (…)

 

Je n’avais entendu une déclaration pareille, même chez les amis de l’association Matériologies ! Verra-t’on un jour Silberstein à la basse, Dubessy à la guitare et Lecointre marteler le sol avec ses santiags reprendre du Bad Religion ? Sûr que ça swinguerait dans les chaumières zététiciennes.

 

Richard Monvoisin

 

[1] Le premier texte de cette communauté fut Rowbotham S.B., Zetetic Astronomy: A Description of Several Experiments which Prove that the Surface of the Sea Is a Perfect Plane and that the Earth Is Not a Globe!, pamphlet de 16 pages signé Parralax. Un des rares articles zététiques portant sur cette “astronomie zététique” est celui de Schadewald R.J., Scientific Creationism, Geocentricity, and the Flat Earth,Skeptical Inquirer, Hiver 1981-1982.

 


AGENDA


 

Le 21 août, Richard Monvoisin sera l’invité de l’émission Ça vous dérange, aux côtés de Pierre Lagrange, sur France Inter, pour un débat sur les "sciences et parasciences". Si vous râtez le direct, l'émission sera ensuite disponible en podcast.


Ça vous dérange
Mardi 21 août de 12h à 13h
France Inter

Les cafés scientifiques de l’Observatoire zététique appelés Zinc Zet reprennent à partir du 3 septembre 2007. Tous les premiers lundis de chaque mois, venez rencontrer les membres de l’OZ pour leur demander tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le paranormal… L'entrée est libre et gratuite.


Zinc Zet
Lundi 3 septembre 2007 à partir de 20h30
Bar-restaurant Le Terra Nova
31 rue Mortillet 38000 Grenoble
Arrêt tram B : Ile verte
Plan

Le prochain colloque du GEMPPI (Groupe d’Étude des Mouvements de Pensée en vue de la Protection de l’Individu) aura lieu le samedi 6 octobre 2007 à partir de 9h. Il sera consacré aux « Principes d’assujettissement et d’influence par des mécanismes mentaux ». Parmi les intervenants, on peut noter la présence de Jean-Léon Beauvois (co-auteur du Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens) qui parlera de la soumission librement consentie.


Colloque du GEMPPI
Samedi 6 octobre 2007 à partir de 9h00
Espace Éthique Méditerranéen
Hôpital adultes de La Timone
264, rue St Pierre 13005 Marseille
Renseignements : www.medethique.com


DIVERTISSEMENT


 

Réponse de l'énigme du mois dernier

Un hélicoptère peut-il voler les pales arrêtées ? En fait, non. Comme beaucoup l'ont deviné, il s’agit d’un effet stroboscopique. Mais pourquoi celui-ci est-il si bluffant ? Voici quelques éléments de réponse aux nombreuses objections que l’on peut lire sur les forums :

  • Première surprise : l’effet perdure malgré les manœuvres de l’appareil. En fait, il faut savoir que le rotor principal tourne à vitesse angulaire constante, que l’appareil monte, descende ou vire (Le son régulier du moteur en témoigne) car c'est la variation de l'inclinaison de chacune des pales qui permet de manœuvrer la machine.

  • Cet hélicoptère (un MI-24 "Hind" de l'armée russe) ayant 5 pales, cela augmente d’autant les chances de voir les pales arrêtées pour chaque tour complet du rotor. Ainsi, on verra les pales arrêtées pour 1/5 de tour par image, mais aussi 2/5, 3/5, 4/5 et un tour complet. Avec une camera qui filme à 30 images/sec, on obtient respectivement des vitesses de rotor de 360 tour/min , 720 tour/min, 1080 tour/min... Pour ce type d’appareil, il s'agit très certainement de 360 tour/min.

  • Les appareils numériques modernes utilisent des obturateurs électroniques qui sont notablement plus rapides que les vieilles caméras. En outre, la scène étant en extérieur par temps clair, elle est bien éclairée. Ce qui explique que les pales soient nettes et non pas floues.

Florent Martin

Nouvelle énigme : Le moine Shaolin

Si les moines tibétains lévitent, les moines shaolin, eux, c'est bien connu, ont d'étranges pouvoirs et sont la « fierté de la culture chinoise ». Celui-ci a un petit doigt vraiment très musclé, non ? Qu'en pensez-vous ? N'hésitez pas à envoyer vos commentaires à l'Observatoire zététique.



 

Le Quizz de l’été

Pour que vos neurones ne grillent pas trop au soleil, nous vous proposons d’entretenir vos connaissances zététiques avec ce quizz sur les dossiers de l’OZ.

Attention ! Il n'y a pas nécessairement une seule bonne réponse.

  1. Selon la légende, les vampires masticateurs :
  2. a) mâchent longuement la chair de leurs victimes.
    b) avalent leurs linceuls.
    c) causent la mort de leurs proches, à distance, depuis leur cerceuil.

  3. Le manuscrit de Voynich est :
  4. a) un mémoire d’alchimie datant du Moyen-Âge.
    b) un livre codé écrit par un scientifique très en avance sur son temps.
    c) un ouvrage indéchiffrable écrit dans une langue inconnue.
    d) un faux fabriqué pour une escroquerie.

  5. Le 7 janvier 1948, le capitaine Thomas Mantell se crasha avec son F-51 Mustang suite à :
  6. a) une collision avec un vaisseau extraterrestre.
    b) une panne de carburant.
    c) un tir hostile en provenance d'un OVNI.
    d) une perte de connaissance.

  7. Pour tenter d'établir la réalité physique de l’âme, le Dr MacDougall dit avoir mesuré une variation de masse de 21 grammes au moment de la mort :
  8. a) d’un seul individu.
    b) de six individus.
    c) d’une centaine de patients.

  9. Les énormes sphères de pierre du Costa Rica :
  10. a) sont inexplicablement parfaitement sphériques.
    b) sont étrangement alignées en direction de Stonehenge.
    c) très vraisemblablement de facture humaine.
    d) sont probablement d’origine naturelle.

  11. L’OVNI géant pris en photo par un satellite de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) le 21 novembre 1999 était en réalité :
  12. a) une simple tache sur la photo.
    b) un satellite de communication.
    c) la lune.
    d) un gigantesque vaisseau d’origine extra-terrestre.

  13. Laquelle de ces propositions est vraie ?
  14. a) La taille moyenne du pénis des utilisateurs de Linux est supérieure à celle des utilisateurs de Windows.
    b) Les utilisateurs de Linux ont un plus gros pénis que la moyenne.
    c) Utiliser Linux élargit la taille de votre pénis.
    d) Le pénis des utilisateurs de Linux gagne 1 cm de diamètre en 6 mois.

  15. Les correspondances de dates mises en évidence par les psychogénéalogistes dans les génosociogrammes :
  16. a) sont très improbables.
    b) démontrent l'existence d'un inconscient familial reliant les membres d'une même famille.
    c) sont dues au hasard.
    d) ne suffisent pas à prouver l'existence de loyautés familiales invisibles.

  17. Les habitants du bord du lac d’Angikuni au Canada :
  18. a) ont tous été enlevés par des extraterrestres en 1930.
    b) sont devenus malgré eux les héros d’une nouvelle de Frank Edwards.
    c) ont disparu mystérieusement en abandonnant leur village.

  19. Le « déjà-vu », impression fugace d’avoir déjà vécu la scène qui se déroule devant nos yeux affecte :
  20. a) 5% de la population.
    b) 70% de la population.
    c) davantage les 20-25 ans que les 45-50 ans.
    d) davantage les 45-50 ans que les 20-25 ans.

  21. Pour essayer de mettre en évidence une réaction des plantes à leur environnement, Cleve Backster a en leur présence :
  22. a) ébouillanté des crevettes.
    b) découpé des feuilles de salades.
    c) arraché des pétales de fleurs.
    d) asphyxié des mouches.

  23. Les principes fondateurs de la numérologie (influence des nombres) ont été définis par :
  24. a) le mathématicien et philosophe grec, Pythagore au VIe siècle avant l’Ère Chrétienne.
    b) Le médecin astrologue célèbre auteur de prophéties, Nostradamus au XVIe siècle.
    c) Le rabbin kabbaliste Moïse de Léon dans le Zohar ou Livre de la splendeur vers 1300.

  25. Les expériences du chimiste Eugène Chevreul qui lui permirent de conclure que : « on ne peut détecter par le pendule explorateur que ce que l’on voit ou l’on sait avoir détecté. » datent du :
  26. a) XVIIIe siècle.
    b) XIXe siècle.
    c) XXe siècle.

Les réponses du Quizz sont accessibles sur notre site web. Calculez votre score et profitez de l’été pour relire nos dossiers maintenant disponibles en pdf. Bonne fin de vacances !

 

Insolite : La photo du mois

En faisant mes courses dans un hypermarché de Meylan dans la banlieue grenobloise, j’ai eu l’agréable surprise de découvrir dans leur rayon Presse le dernier numéro de Science et Pseudosciences, la revue de l’AFIS (association française pour l’information scientifique). La présence d’une revue sceptique dans les étalages d’un libraire est suffisamment rare pour être soulignée. Ce magazine de 64 pages, disponible sur abonnement au prix de 25 euros pour les 5 numéros annuels, diffuse depuis 1969 de l’information critique principalement sur les pseudosciences, les pseudomédecines et les sujets d’actualité qui touchent à la science (OGM, réchauffement climatique, etc.)

Au sommaire du n°278, manipulation des nombres : numérologie, statistiques, superstitions, etc. Le ton est parfois franchement rude (voir l’édito de Richard) et risque mais la revue ne cible pas les « théoriciens et les croyants des faux savoirs » (p. 53). Les thématiques et les contributeurs sont en tous cas variés et en faisant abstraction des accusations de « manigances », « charlatanisme » et « escroquerie » (servent-elles à quelque chose ?), on peut y trouver des éléments de réflexion intéressants.


Géraldine


ANNONCES


 

SOS surnaturel

L'observatoire zététique dispose d’une ligne directe, SOS surnaturel. Si vous êtes témoin d'un phénomène paranormal, si vous avez une faculté extraordinaire, si vous avez entendu parler d'histoires étranges et que vous voulez en savoir plus, appelez-nous au : 08.731.731.96.

Les paranormal investigators de l'OZ mèneront l'enquête avec vous.

Vous pouvez également prendre contact avec l'Observatoire zététique par mail. Pour toute question ou remarque écrivez nous à : contact@zetetique.fr

 



Cette newsletter a été préparée par Géraldine Fabre, Florent Martin et Richard Monvoisin.

 

 

Mise à jour le Mercredi, 28 Octobre 2009 22:15