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POZ n°22 Imprimer Envoyer
Écrit par Nicolas Vivant   
Vendredi, 13 Avril 2007 14:13







SOMMAIRE


 

 


ÉDITO


 

- Oh, non ! le président de l’OZ va encore parler d’OVNI !
Cri de l’abonné de la Newsletter recevant le numéro 22.

 

Éh oui, pas de chance. Sur ce point, je dirais même que ça coule de source, un vendredi 13 – surtout si on est plutôt pessimiste. L’actualité ne me laisse (ufo)logiquement guère le choix. La mise en ligne toute fraîche des archives du GEIPAN, le service « officiel » d’étude des OVNI en France, s’accompagne d’une importante campagne de communication de la part des responsables de cette branche du CNES, le Centre national d’études spatiales.

Émissions télévisées, prestations radiophoniques et articles de presse répètent à l’envi le même refrain : si la majeure partie des documents du GEIPAN n’ont, de l’aveu même de son directeur Jacques Patenet, qu’un intérêt limité, certains cas – toujours les mêmes d’ailleurs : le commandant Duboc, l’affaire de Cussac, etc. – demeureraient inexpliqués après enquête approfondie. Selon les responsables du GEIPAN et de son comité de pilotage, l’existence de ces témoignages rebelles à toute explication justifie pleinement le maintien de leur service. Si corrélation n’est pas causalité, on peut tout de même s’interroger sur la proximité entre cette campagne de communication et des élections présidentielles synonymes de remaniement dans la direction du CNES – donc, potentiellement aussi, dans ses orientations budgétaires.

La sortie, le 5 avril, du livre dirigé par Yves Sillard et rédigé par les principaux collaborateurs actuels du GEIPAN, enfonce le clou… et va même plus loin. Non seulement les classiques cas réputés « insolubles » y sont repris, mais de surcroît, une projection des possibilités de colonisation spatiale sur les… deux siècles à venir, s’apparentant parfois davantage à de la science-fiction, pousse les auteurs à conclure que celle-ci rend crédibles « des contacts entre civilisations très éloignées ». Une façon très subtile d’introduire l’hypothèse extraterrestre : si nous pourrions être « à l’origine de phénomènes aérospatiaux surprenants pour des civilisations lointaines moins avancées », pourquoi n’en serait-il pas de même, dès maintenant, pour ceux que nous observons ? L’objectif reste le même que le discours tenu aux médias : il y a de l’inexpliqué – peut-être même de l’extraterrestre – derrière les OVNI, il faut donc continuer à soutenir – et financer – le GEIPAN pour qu’il puisse éclaircir ce mystère.

Pourtant, ce n’est pas parce qu’une chose est possible qu’elle est démontrée, mais ça, je ne l’ai guère entendu en contrepoint, à vrai dire. La version ufologique de l’effet « blouse blanche » fonctionne à merveille : les journalistes – les vrais, pas les animateurs de débats télévisés caricaturaux où tout se règle à coups de croyances – relayent respectueusement le discours des ufologues « officiels » du CNES, et ceux qui voudraient éclairer d’un jour plus critique les « cas remarquables » qui fondent l’opinion de MM. Sillard ou Patenet n’ont pas voix au chapitre. D’ailleurs si on m’a demandé mon avis en tant que président de l'OZ, c’est non pas sur les OVNI du CNES, mais à propos de la guérison, réputée miraculeuse – et papale ! – de sœur Marie Simon-Pierre. Une autre affaire à remettre de toute urgence dans son contexte, une autre occasion de rappeler quelques principes zététiques. L’origine de l’information est fondamentale… bienheureux celui qui gardera à l’esprit ce principe-là.

Ça ne règle pas pour autant notre problème ufologique. Puisque le GEIPAN ne laisse guère de place médiatique à une lecture critique de ses propres objets volants réputés non identifiés même après enquête, il va falloir la créer soi-même. Votre serviteur a eu l’honneur d’apporter une modeste contribution au travail d’Eric Maillot et David Rossoni, une étude de trente ans de travaux ufologiques du CNES… mais d’un autre point de vue que celui du CNES lui-même, pour une fois. Un ouvrage qui remet sérieusement en cause les fondements mêmes de l’opinion selon laquelle il existerait en France d’authentiques OVNI rebelles à toute explication. En attendant de pouvoir être édité – tout le monde n’a pas sous la main la caution scientifique d’un organisme d’État – c’est d’abord sur le site de l’Observatoire zététique que ce livre sera mis à disposition, dans les prochains jours si la poisse ne vient pas s’y coller. À défaut de jouer dans la même cour que le GEIPAN, peut-être suscitera-t-il au moins quelques vocations pour une discipline – l’ufologie – trop souvent délaissée des sceptiques. Il faut bien tenter sa chance après tout. C’est vendredi 13.

On parie ?

 

Éric Déguillaume
Président de l’OZ

 


LES NOUVELLES DE L’OZ


 

Les étudiants grenoblois et les parasciences

Dans le cadre des ateliers du CIES (Centre d’initiation à l’enseignement supérieur), l’Observatoire zététique apporte chaque année son soutien à un groupe de doctorants-moniteurs pour la réalisation d’un projet lié à la zététique. Cette année, en plus de l’organisation et de l’animation d’un stand à la Fête de la Science, les quatre membres de ce groupe, Alexis Aubry, Nicolas Audibert, Éric Deschamps et Florent Rochette ont réalisé une enquête intitulée « Les étudiants grenoblois et les parasciences », qui visaient à évaluer le degré d’adhésion des étudiants, de licence à doctorat, à différentes affirmations pseudoscientifiques.

Les résultats de ce sondage, auquel près de 1300 étudiants ont répondu, sont disponibles en ligne. Cette enquête a également fait l'objet d’un article (PDF) qui sera publié dans les Annales du CIES de l’académie de Grenoble. Le contexte de l’enquête, les choix méthodologiques et leurs limites y sont développés.

Les quatre assertions ayant recueilli les proportions de réponses « tout à fait d’accord » ou « plutôt d’accord » (indiquées entre parenthèses) les plus importantes sont par ordre décroissant :

  • L’homéopathie permet de soigner certains troubles par un effet propre autre que l’effet psychologique (placebo). (63%)
  • Il est possible de trouver de l’eau grâce à une baguette ou un pendule. (45%)
  • Les cheveux repoussent plus vite lorsqu'ils ont été coupés en tenant compte de la phase de la lune. (39%)
  • Il est possible de faire disparaître une brûlure par simples passes manuelles, c’est-à-dire sans contact physique. (33%)

De plus, cette enquête semble mettre en évidence que l’influence du sexe de la personne sondée sur ces « croyances » est plus limitée que ne le laissent penser les enquêtes précédentes (Boy et Michellat, 1984) et que le fait de connaître la zététique diminue le taux d’adhésion.

 

Références :

Boy D. (2002). Les Français et les parasciences : vingt ans de mesure. Revue française de sociologie. 43(1), 35-45.

Boy D., Michelat G. (1984). Les Français et les « parasciences ». La Recherche. 161, 1560-1567.



Conférence de Jacques Van Rillaer

Le jeudi 22 mars, l’Observatoire zététique avait invité le psychologue Jacques Van Rillaer pour une conférence publique intitulée « Bénéfices et préjudices de la psychanalyse ». Près de 250 personnes se sont ainsi retrouvées sur le campus de la faculté de Médecine-Pharmacie, à La Tronche, pour écouter l’ancien psychanalyste, co-auteur du Livre noir de la psychanalyse parler des apports et des dérives de cette thérapie inventée au début du XXe siècle par Freud.

Pendant une heure, Jacques Van Rillaer a décrit les principaux concepts et méthodes psychanalytiques, des désirs inconscients à l’interprétation des rêves. Tout en reconnaissant que la psychanalyse freudienne a contribué sans aucun doute à libérer la parole en matière de sexualité, Jacques Van Rillaer a souligné le dogmatisme de cette discipline dont le père fondateur refusait toute remise en question. Émaillant son exposé d’anecdotes personnelles, il s’est également attardé sur les généralisations abusives et les interprétations irréfutables des psychanalystes : tout rêve perçu comme l’expression d’un désir, l’universalité du complexe d’Œdipe, etc.

Pour lui, la psychanalyse a malgré tout favorisé l’individualisation des traitements médicaux grâce à l’écoute du patient à travers son histoire et dans toutes ses particularités. Cependant, la psychanalyse ne se montre pas pour autant plus efficace que d’autres psychothérapies verbales pour le traitement de pathologies légères et s’avère beaucoup moins efficace que les thérapies cognitivo-comportementales face aux pathologies plus lourdes telles que l’agoraphobie ou les troubles obsessionnels du comportement.

Un des plus importants préjudices de la psychanalyse dénoncé par Jacques Van Rillaer est sans doute l’obscurantisme du jargon psychanalytique. Les sentences des « maîtres » s’apparentent, pour lui, à des « tests projectifs » dans lequel chacun perçoit ce qu’il veut, à l’image de cette phrase de Lacan « de ce qui perdure de perte pure à ce qui ne parie que du père au pire ».

Après cette présentation succincte de la psychanalyse, le public a pu pendant une heure débattre avec le conférencier. Des sujets trop vite évoqués dans la conférence, comme le refoulement ou les lapsus, ont ainsi pu être plus largement développés.

Cette conférence a été filmée et elle sera bientôt téléchargeable sur le site de l’Observatoire zététique.

Cet événement devait être rapporté par le Dauphiné Libéré mais, bien qu’un court article ait été proposé, il semble que la journaliste se soit vue refuser la publication, le sujet allant « à l’encontre de l’opinion publique ».

 

Citations :

« Marquant son opposition avec ses élèves qui pensent autrement, Adler et Jung, [Freud] dit : La psychanalyse est ma création, moi et moi seul, sait ce qu'est la psychanalyse. On imagine difficilement un scientifique, comme Galilée qui dirait : La physique, c'est ma création. »

« Freud a contribué à libérer la parole en matière de sexualité. [...] On peut maintenant parler librement de questions qui étaient tabou autrefois. La psychanalyse a largement contribué à cela. »

« Dans une psychanalyse, même si l'analyste ne dit pas grand chose, il influence puissamment l'analysant. [...] Il n'est donc pas étonnant que les personnes en analyse chez un freudien parlent surtout de sexualité, que ceux qui sont chez un lacanien finissent par faire tout le temps des jeux de mots, et que ceux qui sont chez un jungien voient des archétypes partout. »

« Notre mémoire événementielle ne fonctionne pas bien avant trois ans. Donc tout ce qu'on retrouve soi-disant avant trois ans est de l'invention. Après trois ans lorsque les traumatismes sont sérieux, on ne les refoule pas, on en garde la trace. »

« L'idée que, si vous n'êtes pas bien, l’hypnose va vous aider à retrouver des événements passés que vous avez totalement oubliés et qui sont simplement la cause de tout vos problèmes, n’est que de la mythologie. »



Cours de manipulation

Le mercredi 28 mars, Jean-Léon Beauvois, co-auteur du Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (Presses Universitaires de Grenoble) est intervenu dans le cours de Richard Monvoisin « Zététique et approche critique du paranormal » à l’Université Joseph Fourier de Grenoble (les travaux des étudiants sont référencés sur ce site). Pendant deux heures, il a parlé aux élèves de licence inscrits à ce cours optionnel, des techniques de manipulation auxquelles nous sommes tous continuellement confrontés. En décrivant le pied-dans-la-porte, l’amorçage, la simple exposition (très bien maitrisée par les publicitaires) ou la technique du VELD (« vous êtes libre de »), il leur a montré qu’il était plus efficace de demander d’abord l’heure pour obtenir de l’argent et que les réponses à un sondage peuvent être biaisées par la nature des questions.

Si connaître ces techniques ne nous immunise pas contre elles, cela nous permet tout de même d’augmenter nos chances de les identifier. Mauvaise nouvelle : nous sommes beaucoup moins libres que nous le croyons naïvement.




L’ACTUALITÉ DU « PARANORMAL »


 

Ouverture des archives ufologiques du CNES

Depuis le 22 mars, le GEIPAN (Groupe d’étude et d’information sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés), service du Centre national d’études spatiales consacré à l’étude des OVNI, a mis ses archives en libre accès sur Internet (http://www.cnes-geipan.fr). Cette mise en ligne progressive de témoignages, rapports d’enquêtes et procès-verbaux de gendarmerie portant sur 1600 cas ufologiques, est l’aboutissement d’un travail de numérisation commencé en septembre 2005 et mené sous la direction de Jacques Patenet.

Le service a vu le jour en 1977, initialement sous le nom de GEPAN (Groupe d’étude des phénomènes aérospatiaux non identifiés). Dirigé successivement par Claude Poher puis Alain Esterle, il est confié en 1983 à Jean-Jacques Velasco et devient le SEPRA (Service d’expertise des phénomènes de rentrée atmosphérique) en novembre 1988. Après un changement de sens de ses initiales, devenues l’acronyme de Service d’étude des phénomènes rares aérospatiaux, il disparaît en 2004… pour mieux renaître de ses cendres l’année suivante sous l’impulsion d’Yves Sillard, qui avait déjà présidé, en tant que directeur du CNES, à la naissance du GEPAN vingt-huit ans plus tôt.

Initialement annoncée pour le mois de mai 2006, la mise en ligne des archives a subi plusieurs reports successifs avant d’être effective le 22 mars 2007. Aussitôt saturé par le nombre important de visites d’internautes, le site Internet du GEIPAN n’est redevenu accessible qu’au bout d’une dizaine de jours.

Les différents dossiers accessibles – plusieurs centaines, à l’heure actuelle – sont répartis en quatre catégories de PAN (Phénomènes aérospatiaux non identifiés, la terminologie officielle désignant un OVNI pour le CNES) : « A » pour les témoignages ayant reçu une explication certaine, « B » pour ceux où une cause probable a été identifiée, « C » pour les cas insuffisamment documentés pour faire l’objet d’une conclusion, et « D », enfin, pour ceux demeurés sans explication après enquête approfondie.

L’intérêt principal de ce corpus est de mettre à disposition du public et des chercheurs amateurs des documents de première main. Malheureusement, leur utilisation comme source est problématique car ils ont été anonymés. Si la disparition des noms de personnes se justifie pleinement par la nécessité de protéger la vie privée des témoins, en revanche, l’absence quasi systématique des toponymes, y compris lorsqu’ils servent à donner des indications de direction, rend vaine toute vérification par un tiers, puisqu’il devient impossible de situer la position de l’OVNI dans le ciel...

La mise en ligne devrait se poursuivre dans les semaines à venir, afin d’aboutir à la complète disponibilité des quelques 3.000 témoignages détenus par le GEIPAN à propos des OVNI.

Éric Déguillaume


Le miracle de Jean-Paul II

Vous avez sûrement entendu parler de la Sœur Marie-Simon-pierre ce mois-ci. Elle aurait guérie miraculeusement de la maladie de Parkinson grâce à l'intercession du pape Jean-Paul II. Quelle démarche zététique peut on avoir face à une telle annonce ?

  • La source de l’information

Quasiment tous les médias français, du catholique au non confessionnel. Il y a un véritable engouement autour de ce prétendu miracle, un engouement chauvin, car on peut prétendre que si cette femme avait été camerounaise par exemple, cela aurait moins excité l’imaginaire de notre pays (Jeanne d’Arc, Thérèse de Lisieux…).

  • Qui est cette femme ?

De nombreux portraits ont été dressés qui racontent l’histoire de cette femme. Je retiendrai ce détail : elle est Membre de la congrégation des Petites Sœurs des Maternités Catholiques. C’est un mouvement catholique très traditionnel.

  • Scientifiquement ?

Dans l’état actuel des connaissances, la maladie de Parkinson est une maladie irréversible. Le premier questionnement est donc : est ce que cette sœur avait réellement une maladie de Parkinson ?

  • A Qui cela profite-t-il ?

Sous la pression de ses fidèles, l’Église catholique veut canoniser Jean-Paul II. Or d’après les lois de l’Église, la reconnaissance d’un miracle est indispensable pour obtenir une béatification et d’un deuxième pour une canonisation.

  • Pourquoi ce miracle ?

L’Église catholique a déjà reçu du monde entier des dossiers de miracle présumés en « faveur » de Jean-Paul II. Il est intéressant de voir qu’ils ont retenu celui de Sœur Marie-Simon-Pierre, une française, religieuse, d’un mouvement très traditionnel.

  • Qui sont les experts ?

L’Église n’a pas voulu communiquer le nom des experts médecins entendus. Étonnant, non ?

On peut aussi déplorer que ce genre de procès mélange juge et partie, alors qu’ils pourraient faire appel à une enquête indépendante.

  • Miracle ou guérison spontanée ?

Admettons qu’il y ait véritablement d’une guérison spontanée.

Qu’est ce qui la différencie d’un miracle ?

Selon l’Église,il faut que « le phénomène prodigieux examiné soit inexplicable dans l’état actuel des connaissances scientifiques, et qu’il apparaisse en lien avec les prières adressées à Dieu par l’intercession du Serviteur ou de la Servante de Dieu ». Comment le démontre-t-on ? On ne le démontre pas : on y croit ou pas. « Il est important de faire la distinction entre la guérison et le miracle, qui relève de la foi », explique Mgr Claude Feidt, archevêque d’Aix-en-Provence et d’Arles.

Donc un miracle n’est par définition pas scientifique car basé sur une croyance.

  • Quelle conclusion ?

Nous n’avons aucun élément pour déterminer si c’est effectivement une guérison spontanée de maladie de Parkinson. Il faudrait avoir les résultats médicaux avant et après guérison. Un zététicien ne peut donc pas trancher et ne peut que douter en attendant plus d’éléments. Mais ces questionnements permettent de mettre en perspective une telle annonce.

Éric Bévillard

 


 

En bref

L’attachment therapy ne semble pas être une preuve d’attachement

Encore un drame découlant d’une « thérapie » pseudomédicale. Un couple, les Gravelle, vient d’être lourdement condamné il y a quelques semaines pour avoir, entre autres violences, mis en cage sous alarme dix de leurs onze enfants adoptifs, et ce sur les conseils de leur attachment therapist. La suite ici.

 

Une église orthodoxe prétend guérir le SIDA en arrosant les malades

Sur le Mont Entoto, près d’Addis-Abeba, en Éthiopie, l’église de Sainte Marie (Maryam church) prétend avoir déjà guéri des centaines de malades du sida par aspersion d’eau de source bénite. À l’origine de cette « thérapie alternative », le père Bahetawi Gebremedhin Demise. À l’en croire, c’est probant : rien de moins que 1329 « guérisons » l’année passée, et plus de cinq cent milles personnes « soignées » près de sa paroisse. Gebremehdin insiste : « Nous ne permettons pas aux patients de prendre de médicaments s’ils veulent recevoir l’eau bénite ». Ignoble, n’est-ce pas ? Heureusement, des voix s’élèvent. Le Dr Solomon Zewdu par exemple, du Centre de distribution de médicaments HIV/SIDA de l’Université Johns Hopkins à Addis Ababa, dit avoir enjoint le Patriarche Orthodoxe à dire aux personnes séropositives qu’elles peuvent prendre les médicaments retroviraux en même temps que l’eau

 

La méthode Breuss s’invite aux victoires de la musique

Lors des Victoires de la musique 2007, le 10 mars, quelqu’un a forcé le micro d’Agnès Jaoui. Il est intervenu en direct de façon impromptue, mais touchante, pour témoigner de sa guérison du cancer par des méthodes naturelles, - en l’occurrence la méthode Breuss -, et en clamant qu’on nous ment sur les chiffres du cancer. Il s’est évidemment fait virer, manu militari, par Nagui et ses sbires. Ce mini-piratage, très touchant, est l’occasion de rappeler quelques mises en garde zététiques développé dans l’article de Richard Monvoisin publié sur zetetique.info.

 

Après la France, l’Atlas de la Création débarque en Suisse.

L’atlas de la Création, luxueux ouvrages de 800 pages qui prétend dénoncer « l'imposture des évolutionnistes » au nom du Coran, a été récemment envoyé aux écoles romandes et à quelques journalistes et scientifiques suisses. Comme les français quelques semaines plus tôt, ceux-ci s’interrogent sur les motivations et les conséquences de ce prosélytisme virulent.

 

La momie et Jeanne d’arc

D’après des analyses réalisées par Philippe Charlier, à l'hôpital Poincaré de Garches et reprises dans une brève du magazine Nature, les reliques attribuées à Jeanne d'Arc et conservées dans un musée de Chinon seraient en réalité les reste d'une momie égyptienne. Pollens de pin, odeur de vanilline et datation au carbone 14 laissent penser que ces restes appartiennent à une personne embaumée et non brûlée dans une période comprise entre 300 et 600 avant l’Ère Chrétienne.




 

Le bazar du bizarre

 

Les adorateurs de Pi fêtent le 14 mars

Chaque année, les adorateurs de Pi se retrouvent le 14 mars à 1h59, par dévotion envers les décimales de ce nombre irrationnel, simple rapport de la circonférence d’un cercle par son diamètre, mais qui fascine les mathématiciens depuis des siècles. À San Francisco, le rendez-vous a lieu à l’Exploratorium : récitation des cent premiers chiffres de Pi et dégustation de pies (= tartes en anglais) étaient au programme.

 

Le rayon vert de Strasbourg

Le rayon vert de la cathédrale de Strasbourg qui illumine à chaque équinoxe de printemps et d’automne un Christ de pierre du XVe siècle, est apparu le 21 mars à 11h38 précises. Surgissant d’un vitrail du triforium sud, il traverse un carreau vert remplacé lors de travaux et n’est vraisemblablement dû qu’au hasard, comme le pensent les autorités ecclésiastiques. « Il ne faut pas y voir un phénomène extraordinaire, mais c'est beau » a reconnu Michel Bolli, le sacristain. L'effet produit sur la chaire est en effet très apprécié par les touristes de plus en plus nombreux.

 

Les larmes de sang de Jésus

Deux portraits du Christ semblant exsuder un liquide rouge assimilé à du sang, attirent depuis quelques semaines des milliers d’habitants des îles Andaman. Exposée chez Éric Nathaniel et à la résidence de l'évêque de Port Blair, cette manifestation est pour le prêtre anglican John Chrysostom, « le signe que Jésus pleure à cause de nos péchés ». Les portraits qui « saignaient » au niveau des mains et du cœur continuent d’être révérés bien que le phénomène semble s’être arrêté.

 

Vade retro Satanas

Le diocèse de Fribourg, Lausanne et Genève vient de désigner son nouvel exorciste, l’abbé Luigi Griffa, un prêtre vaudois de 42 ans dont les méthodes sont parfois jugées rétrogrades. Son prédécesseur, l’abbé Marmy, estime en effet qu’il « prend son rôle trop au sérieux ». Alors que Luigi Griffa déclare avoir réalisé le rituel d’exorcisme une quinzaine de fois en six mois, ses confrères n’y ont que très rarement recours. L’abbé Marmy ne l’a fait qu’une seule fois en quinze ans et se considère davantage comme un psychologue : « Il faut savoir ce qui se passe dans la bête humaine, sinon, c’est trop facile de l’attribuer au démon. »

 

Crucifixion des « Kristo » philippins

Depuis une vingtaine d’années, à Manille, chaque vendredi saint, des philippins volontaires revivent la Passion du Christ, du chemin de Croix à la crucifixion. Arrivés en haut d'une colline, les martyrs sont cloués sur une croix à l'aide de pieux d'une douzaine de centimères, désinfectés pour éviter toute infection, et enfoncés à travers leurs paumes. Les « Kristo » restent « crucifiés » dix minutes maximum, avant d'être redescendus et soignés. Le gouvernement est officiellement opposé à la pratique mais ne l'a jamais interdite.




DOSSIER
Expérience scientifique avec deux radiesthésistes à Argenton-sur-Creuse


 

Il y a quelques mois, Francis Gatti, président de l'association CASAR et webmaster du site http://perso.orange.fr/casar a pris contact avec l’Observatoire zététique à travers Nicolas Vivant au sujet d’une clé à molette qui aurait, d'après lui, vécu un phénomène « poltergeist » (dématérialisation, rematérialisation et déplacement spontané). L’histoire de cet objet est détaillée dans le livre de Sylvain Michelet Lorsque la maison crie (1983, Robert Laffont).

Par curiosité, M. Gatti avait fait passer plusieurs échantillons de cette clé à molette à différents radiesthésistes. Ceux-ci s’étaient alors étonnés, dans les rapports qu'ils lui ont transmis, de l'exceptionnel « taux vibratoire » de ces pièces. D'après eux, il serait supérieur à 20000 bovis, le bovis étant une unité utilisée en radiesthésie.

Afin de mettre en évidence la particularité de cette clé à molette, à la demande de M. Gatti, l'OZ a mis en place un protocole expérimental. Le principe du test, très simple, consistait pour les radiesthésistes à identifier parmi dix échantillons de métal, dissimulés sous des cloches en papier numérotées, lequel était l’échantillon « poltergeist ».

Pour réaliser cette expérience avec les deux radiesthésistes volontaires, cinq membres de l’OZ, Géraldine Fabre, Florent Martin, Géraldine Roche, Nicolas Touzard et Nicolas Vivant, se sont rendus les 17 et 18 mars 2007 à Argenton-sur-Creuse, dans le Berry. Ils y ont rejoints, les deux radiesthésistes, M. B., M. R. et son accompagnateur ainsi que plusieurs membres de l'association CASAR, tous agréablement surpris par la jeunesse et la curiosité de notre équipe. Cette rencontre très enrichissante a été pour les membres de l’OZ l’occasion de discuter avec deux radiesthésistes aux pratiques bien différentes : alors que M. B. utilise de longues baguettes métalliques de sourcier, M. R. emploie un pendule.

 

Préparation du test

L’expérience s'est déroulée sur les deux jours. Elle a eu lieu, au bord de la Creuse, dans une salle des fêtes d’Argenton, réservée pour l’occasion. Samedi, la matinée a été consacrée à l’explicitation détaillée du protocole à tous les membres participant à l’expérience (l'intégralité du protocole expérimental est en ligne).

M. B. et M. R. ont également passé un long moment à repérer les zones de la salle gênant leur détection. Ces zones ont été écartées lors de la mise en place des dix cloches en papier qui ont été positionnées en respectant une distance minimale de deux mètres entre chaque cloche.

Une fois la salle préparée, plusieurs « tests en blanc » ont été réalisés : un échantillon « poltergeist » était dissimulé sous une des boites et un échantillon « non poltergeist » sous une boite voisine. Les radiesthésistes savaient sous quelles boites se trouvaient ces échantillons. Le test permettait simplement de s’assurer que les conditions de l’expérience n’influaient pas sur les « sensations » des deux radiesthésistes qui confirmèrent le taux de vibration élevé et repérable de l’échantillon « poltergeist ».

 

Réalisation de l'expérience

Samedi après midi et dimanche toute la journée, M. R. et M. B. ont réalisé plusieurs séries de tests l’un après l’autre. Les principes de base d’une expérimentation scientifique rigoureuse ont été appliqués : double aveugle et randomisation. En effet, pour chaque série de tests, deux équipes ont été constituées : une équipe de préparation mettant en place les échantillons sous les cloches et une équipe de réalisation accompagnant le radiesthésiste. Les deux équipes qui ne se voyaient jamais au cours de l’expérience, ne communiquaient que par l’intermédiaire d’un signal sonore envoyé grâce à un talkie-walkie et signalant la mise en place de l’échantillon, la fin du test ou la fin de la série de tests. Pour chaque test, le placement de l’échantillon « poltergeist » a été déterminé au hasard à l’aide d’un dé à dix faces, numérotées de 0 à 9.

Au début de l’expérience, les deux équipes étaient isolées dans deux salles jouxtant la salle où les cloches avaient été disposées. Après le tirage, les deux préparateurs, entraient dans la salle de l’expérience et plaçaient l’échantillon « poltergeist » sous la cloche choisie aléatoirement. Une fois revenus dans leur salle, ils envoyaient un signal sonore à l’équipe de réalisation. Le radiesthésiste accompagné de ses deux assesseurs pénétrait alors dans la salle de l’expérience et recherchait l’échantillon « poltergeist » à l’aide de son pendule ou de ses baguettes.

À la fin de la détection, l’équipe de réalisation retournait dans sa salle, le radiesthésiste donnait le numéro de la cloche identifiée. Les deux assesseurs notaient ce numéro sur leurs fiches et envoyaient un signal aux préparateurs pour la mise en place suivante.

À la fin d’une série de tests, les feuilles des préparateurs et des assesseurs du radiesthésiste étaient cachetées par chaque équipe dans deux enveloppes puis rangées jusqu’au dépouillement dans une caisse fermée à clé.

 

Résultats

Le critère de réussite de l’expérience a été discuté avant le dépouillement des résultats. Il dépend évidemment du nombre de tests réalisés et de la probabilité de réussite au hasard pour chaque test (ici 1/10).

Trois expériences indépendantes ont été réalisées :

  • Une série de 7 essais réalisés par M. R. à l'aide d'un pendule, avec l’échantillon « poltergeist ».
  • Une série de 10 essais réalisés par M. B. à l’aide de deux baguettes coudées et avec un échantillon fourni par ses soins constitué de terre prélevée sur le site d'un atterrissage d'OVNI.
  • Une série de 32 essais réalisés par M. B. avec ses deux baguettes et l’échantillon « poltergeist ».

Les feuilles de résultats ont été décachetées le dimanche soir. Les réponses des radiesthésistes ont été comparées aux tirages aléatoires des préparateurs. Pour que le résultat de ces expériences soit statistiquement extraordinaire, il fallait que :

  • M. R. retrouve au moins 4 fois sur 7 l’échantillon « poltergeist ». Il ne l’a identifié qu’1 fois.
  • M. B. retrouve au moins 5 fois sur 10 son échantillon de terre. Il ne l’a retrouvé que 2 fois.
  • M. B. retrouve au moins 9 fois sur 32 l’échantillon « poltergeist ». Il ne l’a identifié que 4 fois.

 

Conclusions

Cette tentative de mettre en évidence la particularité de l’échantillon « poltergeist » par la radiesthésie a donc été un échec. Les résultats obtenus sont conformes à ce que donnerait, en moyenne, une performance réalisée au hasard.

Malgré la déception partagée, nous retenons l'excellente atmosphère dans laquelle cette expérience a été réalisée et l'organisation parfaite de l'équipe de CASAR. Nous remercions particulièrement M. B. et M. R. qui se sont prêtés à cette expérience.

Francis Gatti, président de CASAR, nous a récemment envoyé un mail, dont nous reproduisons ci-dessous quelques extraits anonymisés : « Monsieur F. [accompagnateur de M. R.] m'a téléphoné lundi matin pour me féliciter du déroulement de cette manifestation qu'il considère comme assez exceptionnelle. Il a été marqué par la manière très sportive et honnête dont chacun a fait preuve [...]. Ce qui compte c'est d'avoir réussi l'exploit de mettre au travail des gens d'horizons opposés qui ont tous été de bonne volonté et qui ont été étonnés par la confiance qu'il était possible de placer les uns envers les autres. Nous avons tous pris une bonne leçon de rigueur venant de votre part et de faits étranges venant de notre part. »

 

Géraldine Fabre et Nicolas Vivant

 


CULTURE ET ZÉTÉTIQUE



En librairie

Psychologie de la vie quotidienne - Jacques Van Rillaer
335 pages – 25 €
Odile Jacob

 

Jacques Van Rillaer est psychologue, professeur à l’Université de Louvain-la-Neuve en Belgique et aux Facultés universitaires Saint-Louis. Il a pratiqué la psychanalyse freudienne pendant plusieurs années avant de s'orienter vers les thérapies comportementales et cognitives.

Dans Psychologie de la vie quotidienne, réédité en 2003, il dresse un bilan succinct des connaissances en psychologie acquises depuis plus d’un siècle. Ce livre constitue donc une introduction à la psychologie scientifique, qui passionnera les lecteurs qui ne connaissent de la psychologie que ce que le sens commun en véhicule. Même si les principes de cette psychologie « naïve » ou « intuitive » ne sont pas tous faux, ils sont très réducteurs. Vous apprendrez par exemple que pour analyser un comportement, il est en fait nécessaire de tenir compte des six variables de l’ « équation comportementale » : les stimuli, les cognitions, les affects ou émotions, les actions, les conséquences et l’état de l’organisme. Ces variables constituent autant de paramètres sur lesquels il est possible d’agir pour soigner une phobie, un trouble du comportement, etc.

La psychologie, que Jacques Van Rillaer définit comme la « science du comportement et des processus mentaux » est une science relativement jeune qui a pour ambition d’étudier nos comportements à l’aide de la méthodologie scientifique. Elle s’efforce par exemple de vérifier par l’expérimentation les hypothèses, parfois trop facilement admises. Dans ce livre, on apprendra donc que des études scientifiques ont été menées sur des questions telles que : révéler un secret soulage-t-il ? Parler de nos problèmes nous aide-t-il à les résoudre ? Refoule-t-on des souvenirs désagréables ? L’introspection permet-elle une meilleure connaissance de soi ? Les réponses obtenues sont parfois très surprenantes…

Accessible et clair, cet ouvrage de Jacques Va Rillaer est à conseiller à tous ceux qui n’ont de la psychologie que cette vision simpliste de l’opposition « Mars/Vénus » ou obscurantiste de la psychanalyse.



Citations :

« La recherche scientifique ne produit pas des vérités absolues, mais dans le meilleur des cas, des connaissances amplement vérifiées par des faits soigneusement observés. » (p. 11)

« Une des stratégies les plus anciennes, pour limiter les comportement égocentriques et promouvoir des comportements altruistes, est l’implantation de croyances religieuses. » (p. 25)

« Le recours à l’« Inconscient » comme explication ultime universelle est comparable à l’usage d’un marteau que peut en faire un enfant, qui découvre la facilité et le plaisir de donner des coups : n’importe quoi convient n’importe quand. » (p. 50)

« Les lois de la psychologie sont toujours probabilistes. Le caractère relativement indéterminé des probabilité n’exclut toutefois pas a priori la possibilité d’une science rigoureuse. » (p. 60)

« Si la grandeur de la psychologie réside dans la découverte de lois du fonctionnement des comportements et l’utilisation que des hommes de bonne volonté peuvent en faire pour mieux vivre, sa misère tient, pour une large part, au dogmatisme et à l’obscurantisme d’une partie de ses représentants, plus disposés à croire et à faire croire qu’à observer, écouter et vérifier, de façon méthodique, patiente, honnête et respectueuse. » (p. 65)

« Lorsque nous avons commis une faute, nous avons tendance à nous justifier par des facteurs situationnels (pas exemple, la difficulté insurmontable ou la malchance). Lorsque nous avons accompli une action qui suscite l’éloge, nous avons tendance à invoquer des facteurs personnels (nos qualités ou nos efforts). Les psychologues appellent « biais de complaisance » cette tendance à se percevoir comme la cause de ses succès et à attribuer ses échecs à des facteurs externes. » (p. 116)

« Pour changer des traits de caractères, il est nécessaire d’apprendre de nouveaux comportements ». (p. 132)

« Le fait qu’une grande partie de nos comportements et de leurs déterminants est « inconsciente » n’est pas un argument péremptoire pour les interprétations « profondes » que débitent si facilement des psys et leurs imitateurs. » (p. 154)

« Freud rappelle que l’important, ce sont les fantasmes inconscients et non la réalité des faits. Cette « dialectique » rend « irréfutable » sa théorie de la causalité sexuelle des troubles mentaux. […] La théorie freudienne est séduisante, elle n’est pas scientifique. » (p. 187)

« Il suffit parfois de poser des questions sur des faits inexistants pour susciter leur visualisation mentale et leur souvenir. » (p. 203)



Pour prolonger le plaisir de cette lecture, nous avons rencontré Jacques Van Rillaer qui a très gentiment accepté de répondre à nos questions.

Observatoire zététique - À qui s’adresse votre livre « Psychologie de la vie quotidienne » ?

Jacques Van Rillaer - L'ouvrage a l'ambition, qui n'est pas mince, d'être lisible mais aussi utile pour un très large public.

 

OZ - Ce livre est-il votre « réponse » au livre de Sigmund Freud « Psychopathologie de la vie quotidienne : Application de la psychanalyse à l'interprétation des actes de la vie quotidienne » ?

JVR - L'allusion au titre de l'ouvrage le plus populaire de Freud est évidente. Une idée centrale de mon livre est d'expliquer une très grande partie des comportements, y compris fort problématiques, par des processus « normaux », plutôt que de « pathologiser » la vie quotidienne, comme Freud le fait. Le contenu de l'ouvrage est toutefois beaucoup plus large que les thèmes abordés par Freud dans son livre. Je parle des conditions psychologiques du bonheur, de la conscience, de la publicité subliminale, des faux souvenirs, des principes de la gestion de soi et de bien d'autres choses.

 

OZ - Vous avez vous-même été durant de longues années psychanalyste avant de vous tourner vers les thérapies comportementales et cognitives. Qu’est ce qui a motivé ce changement d’orientation ?

JVR - J'ai pratiqué la psychanalyse freudienne pendant une dizaine d'années. Mon scepticisme est né de l'observation de thérapies comportementales de phobies, pratiquées dans une université hollandaise, où je travaillais en 1968. J'ai constaté que la disparition de phobies par la thérapie comportementale est durable et ne provoque pas « une substitution de symptômes ». J'ai même pu observer un effet « boule de neige » positif. Le patient qui avait fait disparaître sa phobie des araignées développait son sentiment d'efficacité personnelle. Sa phobie d'autres insectes qui lui faisaient moins peur, par exemple les cloportes, disparaissait très facilement.

D'autre part, à la fin des années 1970, j'ai voulu publier un bilan de la psychanalyse, voir ce qui était bien vérifié et ce qui ne l'était pas. J'ai alors découvert que la majorité des énoncés les plus intéressants de Freud (du genre, les enfants ont déjà très tôt des activités sexuelles, des lapsus traduisent une pensée réprimée, etc.) étaient repris à des prédécesseurs ou à des contemporains, tandis que quasi toutes les propositions spécifiquement freudiennes (par exemple, que tous les rêves sans exception traduisent un désir) étaient réfutées.

Par ailleurs, j'apprenais par Henri Ellenberger que le cas princeps de la psychanalyse, Anna O., prétendument « guérie de tous ses symptômes », avait été en réalité un lamentable échec, maquillé en extraordinaire succès.

Enfin, des recherches anglo-saxonnes sur les effets des psychothérapies montraient que la psychanalyse ne faisait pas mieux que d'autres psychothérapies et que, compte tenu des coûts en temps et en argent, ses résultats étaient même moins bons.

 

OZ - Comme de nombreuses psychothérapies, la psychanalyse prétend soigner par la parole en recherchant les causes inconscientes de nos pathologies. La parole et l’introspection soulagent-t-elles véritablement ?

JVR - Comme je l'explique dans le chapitre « parler, penser, agir », le fait de pouvoir parler et exprimer des émotions est important. Pour certaines difficultés psychologiques cela peut suffire, raison pour laquelle beaucoup de psychothérapies obtiennent des résultats positifs. Toutefois, dans nombre de cas, il faut aussi apprendre à faire activement des « restructurations cognitives », c'est-à-dire interpréter et penser d'une nouvelle façon. Enfin, il y a une série de troubles psychologiques, par exemple les phobies et les rituels compulsifs, où l'expérimentation de nouvelles actions avec l'aide d'un thérapeute est indispensable pour progresser résolument.

 

OZ - Quels sont les dangers de ces thérapies qui nous font remuer le passé ?

JVR - Il y a une série de troubles pour lesquels il faut avoir le courage de reparler assez longuement du passé. C'est notamment le cas lorsque la personne a subi des traumatismes importants. Par ailleurs, une réflexion sur les normes qu'on nous a inculquées dans l'enfance permet de prendre une certaine distance à leur égard. En un mot, le bon thérapeute doit pouvoir revenir sur l'histoire de la personne qu'il tente d'aider. Toutefois, passer beaucoup de temps dans la remémoration peut avoir pour fonction d'éviter d'essayer de nouveaux comportements. Par ailleurs, dans le cas de dépressions et de bien d'autres troubles, il peut être vraiment néfaste de triturer indéfiniment le passé avec le vain espoir qu'une découverte « archéologique » fasse disparaître automatiquement les problèmes.

 

OZ - qu'est ce qui peut expliquer la persistance de la psychanalyse en France ? Pourquoi est-il si mal perçu de la critiquer ?

JVR - Il y a plusieurs raisons, notamment celles-ci :

- Les professeurs de philo exposent la théorie freudienne dans les lycées, souvent sans faire de critiques scientifiques ni même philosophiques. Or, si je ne me trompe, la France est le seul pays au monde où les lycéens ont un cours de philosophie.

- Le goût de la parole, de la philosophie, des polémiques chez bon nombre d'intellectuels.

Dans les pays anglo-saxons, un nombre important d'intellectuels estime qu'il faut se méfier du « discours » et que l'essentiel est la vérification empirique et les applications pratiques. C'est en tout cas très typique si l'on compare la France et les Pays-Bas ou, à une plus petite échelle, les populations flamandes et francophones de Belgique.

Il y a surtout l'impact de Jacques Lacan :

Lorsque l'Association internationale de psychanalyse n'a plus reconnu à Lacan le droit de faire des didactiques (parce que ses séances ne duraient que quelques minutes), Lacan a fondé sa propre Ecole (en 1964) et a octroyé généreusement le titre de psychanalyste à tous ceux qui le voulaient, sans qu'ils aient préalablement fait des études de psychiatrie ou de psychologie. Aujourd'hui, les lacaniens, très nombreux, font la loi en matière de psychanalyse et de psychothérapie. Je rappelle que, pour plaire au gendre de Lacan, le ministre Douste-Blazy est allé jusqu'à retirer du site du ministère de la santé la première grande étude, réalisée par l'Inserm, sur les effets des psychothérapies.

En 1968, Lacan a connu un succès considérable à la faveur de la révolution de mai. Il s'est alors montré le grand défenseur du Désir. Remarquons que la glorification lacanienne du Désir et de la « Jouissance » diffère sensiblement de la doctrine de Freud. Le père de la psychanalyse n'a pas prôné le plaisir et l'égoïsme sans retenue. Il affirmait qu'une vie selon le principe de plaisir est impraticable. Le but qu'il assignait à la cure est « le domptage de la pulsion en conflit avec le moi » et « son intégration au moi, de sorte qu'elle ne suive plus ses propres voies vers la satisfaction. » La psychanalyse, ajoutait-t-il, « révise les anciens refoulements » et « construit de nouvelles digues, plus solides que les premières ».

Je tiens à souligner que c'est en France qu'a été conçu Le Livre noir de la psychanalyse , un ouvrage de 830 pages, le plus fouillé qui soit sur les failles de la psychanalyse. Son impressionnant succès montre que beaucoup de Français sont parfaitement capables de remettre en question des doctrines établies.

 

OZ - Nos comportements sont-ils vraiment la cause d’un seul facteur (réaction à un événement, désir sexuel inconscient, traumatisme passé, secret de famille enfoui, etc.) comme le laissent penser la psychanalyse, la psychogénéalogie ou même la psychologie populaire ?

JVR - Une des principales idées de la psychologie scientifique est que le comportement dépend toujours d'une pluralité de facteurs : l'équipement génétique, les expériences passées, les processus cognitifs et affectifs, l'état de l'organisme, la situation présente, le répertoire comportemental, l'anticipation des effets des comportements. On peut dès lors noter que nous disposons de plusieurs possibilités d'action pour changer des comportements : nous pouvons changer l'environnement, modifier des schémas cognitifs, mieux percevoir les conséquences de nos choix, agir sur notre organisme (notamment la respiration et le tonus musculaire), expérimenter de nouveaux types d'interaction sociale.

 

Propos recueillis par Géraldine Fabre

 



Sorties

Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ? - Pierre Bayard.
170 pages - 15 €
Éditions de Minuit

 

Le coup du titre accrocheur a parfaitement fonctionné : j’ai acheté le livre !

Parler de livres que l’on n’a pas lus, voilà qui ne me semblait pas scientifiquement, moralement et surtout zététiquement correct : comment porter un jugement sur quelque chose que l’on ignore, alors que le zététicien doit, tout en cherchant à s’informer, suspendre au minimum son jugement tant qu’il est dans cette « ignorance » ?

Pensant que l’auteur partageait ces « valeurs », je m’attendais donc à ce que son livre contienne, sinon des éléments de profonde réflexion, du moins quelques savoureux et corrosifs portraits mettant en scène des personnes (étudiants, critiques littéraires, autres…) parlant de livres qu’elles n’avaient pas lus. Suivis de conseils pour éviter que la situation ne perdure…

C’était sans compter sur le goût marqué de l’auteur pour l’ambiguïté.

On pouvait en effet penser que « pas lus » voulait dire « pas lus du tout » et « parler », « rendre compte ». On va assez vite s’apercevoir qu’il n’en est rien.

Dès l’introduction, Pierre Bayard nous dit qu’il vantera les « mérites de la non-lecture » qui se heurterait aux trois « contraintes intériorisées qui interdisent de prendre de front la question » : l’obligation de lire, l’obligation de tout lire et la nécessité d’avoir lu un livre pour en parler avec un peu de précision (p. 14).

On peut déjà objecter que personne n’oblige personne à lire : passons…

Mais surtout, dès la page suivante, le propos semble s’atténuer : la frontière entre lecture et non-lecture n’est pas claire et « de nombreuses formes de rencontre avec les textes se situent en réalité dans un entre-deux » : on est loin de la non-lecture.

L’ouvrage sera dès lors divisé en trois parties.

Dans la première, « Des manières de ne pas lire », l’auteur distinguera les livres que l’on ne connaît pas, les livres que l’on a parcourus, les livres dont on a entendu parler et les livres que l’on a oubliés. Il se propose même de rendre compte des livres qu’il cite selon ces critères, en abrégeant respectivement par LI, LP, LE et LO, complétés par des abréviations allant de + + (avis très positif) à – – (avis très négatif).

Pourquoi pas ? Mais, pour s’en tenir au premier chapitre, si un critique croît trouver dans celui-ci, un moyen de (ou une justification à) rendre compte de livres qu’il ne connaît pas, il va surtout découvrir un bel « effet paillasson » : l’exemple choisi pour illustrer le propos est en effet celui d’un… bibliothécaire. Celui-ci prétend certes ne jamais ouvrir de livres (sur les millions que compte sa bibliothèque), mais lui demande-t-on davantage que d’en connaître un résumé et de savoir approximativement les localiser ?

Pour comprendre en quoi le paradoxe m’a semblé un peu facile, je propose au lecteur de dire ce qu’il penserait d’un auteur qui voudrait qu’on trouve étonnant qu’un œnologue puisse parler d’un Bordeaux 88 qu’il n’a pas goûté, tout en nous décrivant le responsable de la mise en rayon d’un grand magasin où est vendu ledit Bordeaux (et qui ne goûte jamais aucun produit du magasin…).

Dans les deux parties suivantes, « Des situations de discours » et « Des conduites à tenir », Pierre Bayard envisage des situations pouvant mettre en scène des personnes amenées à parler de livres qu’elles connaissent peu ou pas du tout. Cela va d’une anthropologue américaine racontant Hamlet aux membres d’une tribu africaine, à Oscar Wilde et sa fameuse citation (apocryphe ?) : « Je ne lis jamais un livre dont je dois écrire la critique ; on se laisse tellement influencer ».

L’auteur y déroule ses « études de cas » ad hoc pour en tirer des conclusions qui ont une certaine prétention théorique. Mais il m’a semblé déceler, au delà de l’incontestable virtuosité, un certain nombre de banalités : comment s’extasier par exemple devant les membres de la tribu apportant un point de vue sur les agissements d’un personnage d’un livre qu’ils n’ont certes pas lu, mais dont l’anthropologue vient de leur décrire l’intrigue ?

Je suis finalement ressorti de cette lecture avec un avis mitigé. Avec le sentiment d’avoir lu un livre assez drôle, un peu foutraque, mais pas très sérieux. L’auteur semble hésiter entre la candeur et le fatalisme face à la possibilité d’être pris au sérieux en donnant son avis sur des livres que l’on n’a pas lu. Mais à deux reprises au moins, il souligne le « cynisme » de ce genre d’entreprise : c’est le cas pour Valéry (p. 32) et pour « l’esthète » d’un roman de Sôseki (p. 136).

Ambiguïté disais-je plus haut : je ne sais si cela est dû au fait que l’auteur est aussi psychanalyste. Mais si son livre avait paru plus tôt, il aurait pu suggérer sa nouvelle grille d’évaluation à Elisabeth Roudinesco lorsque celle-ci dut rendre compte du Livre Noir de la Psychanalyse : nul doute qu’elle aurait opté pour LP – –.

 

Jean-Louis Racca



The Physics of the Buffyverse - Jennifer Ouellette
Vient de sortir le livre de la journaliste Jennifer Ouellette The Physics of the Buffyverse, qui met en abîme la physique à l’oeuvre dans la Série Buffy contre les Vampires. C’est semble t’il du même ton que le bouquin de Lawrence Krauss The Physics of Star Trek.




AGENDA


 

Conférences

Le 16 Avril, l’ADFI 2 Savoie Isère (Association de défense de la famille et de l’individu) organise à Chambéry une conférence intitulée : Enfants et Ados victimes de sectes, au cours de laquelle plusieurs ex-adeptes viendront témoigner, notamment Dany Bouchard, auteur de Dans l’enfer des Témoins de Jéhovah. La soirée se déroulera au Centre de congrès Le Manège et débutera à 20h. L’entrée est libre et gratuite.

Lundi 16 Avril à 20h
Centre de congrès Le Manège
331, avenue de la République
73 000 Annecy
Entrée libre
Informations


Le 5 mai 2007, les commissions de l’EEM « Éthique et Europe » « Santé, Éthique, Idéologies », la FECRIS (Fédération européenne des centres de recherche et d'information sur le sectarisme) et le GEMPPI (Groupe d'étude des mouvements de pensée en vue de la prévention de l'individu) organisent un colloque sur le théme : « Médecines alternatives en Europe : emprise sectaire ? »
Ce colloque se tiendra à l’Espace Éthique Méditerranéen (EEM) de l’hôpital Adultes de la Timone à Marseille.

Renseignement et programme de la journée :
Tél. / Fax : 04 91 08 72 22
Portable : 06 76 01 94 95
Contact par mail


Le 7 mai 2007, le cercle zététique de Toulouse organise une conférence, présentée par Éric Lowen et intitulée : Les mystères résolus de l’île de Pâques. Cette conférence aura lieu à 20h30, à la maison de la philosophie de Toulouse (entrée : 4 euros pour les non-adhérents).
« Depuis sa découverte au XVIIIe siècle, l’île de Pâques fascine avec son étrange civilisation, son culte de l’Homme-Oiseau, ses hiéroglyphes indéchiffrés et ses Moaïs, les colossales statues au regard tourné vers le ciel. L’île de Pâques est la source de nombreuses légendes : vestige d’un continent perdu et d’une ancienne civilisation, de Mu ou de la Lémurie... etc. Mais contrairement aux idées reçues, grâce au travail des archéologues depuis une cinquantaine d’années, la plupart des mystères de l’île de Pâques ont été progressivement résolus, au grand bénéfice de la civilisation pascuane ainsi recréditée de ses productions culturelles et de son génie propre. »

Maison de la philosophie
Association ALDÉRAN pour la promotion de la philosophie
29 rue de la digue 31300 Toulouse
Tel : 05.67.11.63.43
Renseignements
Contact par mail


L’Institut Métapsychique International (IMI) fait venir le 16 avril le Professeur Erlendur Haraldsson, spécialiste des « souvenirs de vie antérieure », qui a étudié « de nombreux cas d'enfants ayant des souvenirs de vies antérieures au Liban, au Sri Lanka, ainsi qu'en Inde et en Islande ». Haraldsson, professeur émérite de psychologie à l'université d'Islande, est l'auteur de cinq livres, dont un en français Ce qu'ils ont vu... au seuil de la mort (Paris,Club Loisirs, 1983)
Je suis assez méfiant sur le travail de ce monsieur. Pendant des années durant, il a donné crédit aux matérialisations d’objet du guru indien Sathya Saï Baba (SSB), sur la seule base de films ou de discussions avec des dévots – allant même jusqu’à comparer les « miracles » du Baba assez proches de ceux du Nouveau Testament. Au nom de la recherche en parapsychologie, il a donné crédit à l’une des plus grandes sources d’obscurantisme et de manipulation en Asie, bien que le guru n’ait jamais accepté l’ombre d’un protocole de test, avançant le classique « on n’est pas à la foire ».
Pour se faire une idée des « dons » de SSB, voir l’extrait de Planète et lire (en anglais) la controverse du sceptique indien Premanand avec Haraldsson : Haraldsson – B. Premanand contreversy : on modern miracles, reply to Haraldsson – Sathya Saï Baba is a fraud,
Premanand, on l’appelle le Gurubuster. Il réalise depuis des années d’excellentes campagnes d’éducation zététique à travers les villages indiens en montrant comment les pseudo-miracles du Baba peuvent être aisément reproduits. J’aime beaucoup ce type.
Je me demande comment Haraldsson, au nom d’une hypothétique capacité Psi, a pu autant cautionner un tel gourou. C’est un peu comme si Mario Varvoglis avait fait la promotion de Gilbert Bourdin, du Mandarom.
J’espère que M. Haraldsson est plus vigilant sur ses hypothèses réincarnationnistes que sur Sathya Saï Baba.
Si quelqu’un peut le lui demander, c’est le 16 avril, à 19h30, au Forum 104, 104, rue de Vaugirard, 75006 Paris. 15 euros, 7 pour les étudiants. Moi je n’irai pas : je trouve l’accès à l’information de l’IMI trop cher. Vive les conférences gratuites ou à prix libre.
R.M.



DIVERTSSEMENT


 

Énigme

Pour rester dans l’actualité ufologique, voici une énigme qui pourrait (presque) figurer dans les archives du GEIPAN.

Lors de ses vacances dans le Var, M. F. prit comme à son habitude de nombreuses photos. Lorsque quelques temps plus tard, il les téléchargea sur son ordinateur, il eut la surprise de découvrir sur l’une d’elle la présence d’un OVNI. La photo ayant été prise en plein jour, il s’étonna que comme lui, aucun touriste n’ait remarqué sur le moment cet étrange objet volant. Pourquoi ?

Un indice : si vous devinez où cette photo a été prise, vous saurez ce qu’est cet « OVNI ».

N'hésitez pas à nous envoyer toutes vos propositions à l'Observatoire zététique . L'explication sera donnée dans la prochaine newsletter.
Si vous avez d'autres mystères photographiques à élucider, envoyez nous vos documents.



ANNONCES


 

SOS surnaturel

L'observatoire zététique dispose d’une ligne directe, SOS surnaturel. Si vous êtes témoin d'un phénomène paranormal, si vous avez une faculté extraordinaire, si vous avez entendu parler d'histoires étranges et que vous voulez en savoir plus, appelez-nous au : 08.731.731.96.

Les paranormal investigators de l'OZ mèneront l'enquête avec vous.

Vous pouvez également prendre contact avec l'Observatoire zététique par mail. Pour toute question ou remarque écrivez nous à :contact@zetetique.fr

 

Recherche

Pour la réalisation d’un travail d’analyse critique, l’OZ recherche les émissions diffusées sur TF1 « les 30 histoires les plus mystérieuses » présentée par Carole Rousseau et Jacques Le gros, et « La soirée de l’étrange » présentée par Christophe Dechavanne et Patrice Carmouze (diffusée le samedi 3 mars).

Merci de nous contacter si vous vous avez enregistré ces émissions et que vous pouvez nous en transmettre une copie.

 

Erratum

Un de nos lecteurs nous a signalé qu'une petite erreur s'était glissée dans la nécrologie de Olivier Costa de Beauregard, publiée dans notre newsletter 21. En effet, Olivier Costa de Beauregard était membre d'honneur de l'IMI, Institut métapsychique international et non « Institut métaphysique international » comme nous l'avions écrit.

 


 

Cette newsletter a été préparée par Éric Bévillard, Éric Déguillaume, Géraldine Fabre, Florent Martin, Richard Monvoisin, Jean-Louis Racca, Nicolas Vivant.

Mise à jour le Jeudi, 20 Janvier 2011 14:04