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POZ n°19 Imprimer Envoyer
Écrit par Nicolas Vivant   
Dimanche, 31 Décembre 2006 14:13

 

 

 

 

 

 

 


SOMMAIRE


 

 


ÉDITORIAL


 

« Les fêtes de fin d'année ont toujours une saveur particulière : liens familiaux renoués, amitiés resserrées, retour sur soi-même, avec les voeux formulés et les résolutions prises

........Et de nous dire en rédigeant ces quelques mots : suivant notre âge, nous n'apprécierons pas ces moments de la même façon, et il est amusant de constater que leur disposition semble correspondre à l'évolution de notre ressenti. Comme si le fait d'avancer dans sa vie faisait découvrir que le vécu n'a d'intérêt que par ses apports sur notre personnalité. Et que celle-ci se nourrit bien autant de notre quotidien que de nos fantaisies. [...] »

Ami lecteur, ces mots ne sont pas issus d'un médium en écriture automatique, retranscrivant les paroles d'un esprit manifestement ivre (ce qui aurait répondu à la question d'Hubert-Félix Thiéfaine, qui se demandait « si les morts s'amusaient autant que les vivants »). Ce ne sont pas non plus des paroles extraites d'un horoscope bâclé, puisque de toutes façons en cette saison les horoscopes ne sont pas bâclés. Il semble bien aussi que ces phrases n'aient pas été construites par l'un de ces générateurs automatiques que l'on trouve sur Internet et qui permettent de pondre d'un simple clic un discours politique, une recette de cuisine ou des vœux de nouvelle année.

Non, ami lecteur, ces mots sont issus d'un être humain s'adressant à ses subordonnés sur une carte de fin d'année (et je ne révélerai pas mes sources parce que je ne veux pas d'ennui avec ledit être humain). Si tu les comprends, ami lecteur, écris-nous. Ça tombe bien, l'Énigme de la Newsletter fait relâche pour les vacances.

Puisque c'est la saison, je propose, ami lecteur, que nous prenions tous ensemble la bonne résolution suivante : toujours relire ce qu'on écrit et s'assurer que ça veut dire quelque chose de compréhensible par l'ami lecteur auquel on s'adresse. Si tu es journaliste, ami lecteur, tu n'en seras que plus cher aux coeurs de tes amis lecteurs. Si tu ne l'es pas, tu n'en deviendras que plus vigilant à l'égard des journalistes dont tu es l'ami lecteur.

C'est épuisant, en fait, l'exercice de l'esprit critique. Même une simple carte de voeux plonge dans des abîmes de perplexité et d'exégèse le zététicien dont l'esprit n'est jamais en repos. Non, il n'est jamais en repos. Jamais. Même au plus fort de libations de fin d'année, le zététicien de l'Observatoire zététique garde son sang-froid et son esprit critique. Ceux qui prétendent le contraire devront en apporter les preuves (quitte à les provoquer).

En attendant le coup à boire, ami lecteur, je te souhaite, sacrifiant par là à la tradition un brin superstitieuse qui veut que l'on fasse des voeux, certes sans grand espoir qu'il y ait un lien de cause à effet entre la formulation du voeu et sa réalisation, mais plutôt dans celui (l'espoir) d'entretenir un lien avec la personne qui les reçoit (les voeux), je te souhaite (faut suivre) que l'année 2007 te soit intellectuellement, professionnellement, affectivement, hépatiquement et chaleureusement enrichissante, si tant est que ces adverbes et ce substantif mis ensemble signifient quelque chose et pour peu qu'une phrase aussi longue soit lue sans bouger les oreilles par l'ami lecteur.

 

Stanislas Antczak
Président de l'Observatoire zététique




Les Ragots de Monvoisin


 

« (...) large est la porte, et spacieux le chemin qui mène à la perdition, et nombreux sont ceux qui entrent par elle », peut-on lire dans l'évangile selon Matthieu (7.13). J'ajouterais bien « Tentaculaire est la manière médiatique d'aguicher le client ». Voici une petite sélection subjective de ce qu'on a pu trouver ce mois-ci sur les présentoirs et qui se prête à la critique zététique.

 

L'affaire Delattre : le rationalisme est-il soluble dans la psychanalyse ?

Savoir si la psychanalyse comme thérapie est une pseudoscience est un énorme chantier. Il faut critiquer les sources, la genèse, les résultats, tester les hypothèses, etc. Ca ne se fait pas en un tournemain. Le problème majeur réside dans le fait que la sphère psychanalytique et ses concepts ont largement pénétré les esprits et les us intellectuels de la pensée en France, à tel point qu'y jeter un simple regard froncé déclenche chez certains individus des réactions proches de l'oedème purulent.

Démonstration ici, sur France Inter, la radio « psychanalytique », car je n'ai jamais réussi à l'écouter deux heures sans en entendre parler. Le 19 novembre, dans l'émission de Kriss « Crumble », Jean-Léon Beauvois, co-auteur du « Petit Traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens »[1], explique en quoi le processus psychanalytique est un pur bijou en terme d'escalade d'engagement. En face, offusquée, Eva Darlan nous fait une leçon de dissonance cognitive : plutôt nier les arguments ou conspuer le critique que de jauger rationnellement les propos.

Bon, on peut être clément : Mme Darlan est venue vendre une pièce de théâtre psychanalytique, et surtout, elle ne se prétend pas penseuse. La misère, c'est que ce type de comportement est sensiblement le même chez les intellectuels.

En zététique, je crois que le secret d'une bonne discussion réside dans la séparation argument rationnel/affect. Je pense que les seules discussions pertinentes que j'ai pu avoir furent celles où mon interlocuteur et moi prîmes le temps de bien séparer les deux avant argumentation. Cela évite de peiner l'autre si on a raison, de se vexer si son propre argumentaire est plié, de faire des attaques ad personam, bref, le raisonnement rationnel scientifique est un peu comme un art martial : contraignant et formalisé, mais clair sur les règles et interdisant les coups sous la ceinture.

Je m'aperçois, à tort peut être, qu'on pourrait mesurer sans trop se tromper la validité scientifique d'une critique au caractère affectif des contre-critiques : si la critique est invalide, hop, contre-critique scientifique, tout le monde rentre chez soi, et la théorie se renforce. Mais si la critique est valide, ou que la question posée interroge les fondements marécageux d'une notion, blaaaarf, tous les coups sont permis : humiliation de l'interlocuteur, contestation de ses titres (ou de son expérience personnelle), prêt de propos non tenus, reductio ad hitlerum[2]. Si j'exclus certains thèmes purement moraux ou politiques, la défense de la psychanalyse en ce début de 21e siècle est le pire exemple que je connaisse d'argumentation moisie. Elisabeth Roudinesco, du journal Le Monde est une telle championne du sophisme, du biais de raisonnement et de l'attaque affective qu'un seul de ses textes ferait un cours de zététique à part entière pour les étudiants. Mais il faut le dire : désormais, elle est détrônée par Mme Nicole Delattre, par K. O. sur un seul texte : « À propos des livres noirs ou d'autres couleurs de la psychanalyse ». Mme Delattre y prête des propos faux à Jacques Van Rillaer, co-auteur du « Livre Noir de la psychanalayse », puis fond maladroitement sur ces faux propos tel Don Quichotte juché sur sa Rossinante fonçait naguère sur les moulins. Rien de bien nouveau, direz-vous, surtout depuis la sortie du « Livre Noir ». Sauf que là, Nicole Delattre est... rationaliste ! et que son texte est publié ce mois-ci dans les Cahiers rationalistes ! On se pince le scepticisme pour être sûr de ne pas rêver. Espérons que les Cahiers rationalistes se ressaisiront et nous convaincront que Crumble sur France Inter et l'Union rationaliste ne sont pas faits de la même eau dont on fait le boudin.

En attendant, Jacques Van Rillaer sera invité par l'Observatoire zététique à causer plusieurs fois, en mars. Nous sommes ravis. Il nous expliquera certainement comment le fait de critiquer la psychanalyse, par le nombre de poignards, dagues et autres hallebardes balancées dans votre dos, permet de se recycler très vite en armurier.


Notes
[1] Beauvois J.-L., Joule R.-V., « Petit Traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens », PUG, Hors Collection, nouvelle édition, 2002.
[2] Reductio ad hilterum : il s'agit d'un type de dialectique souvent politique visant à disqualifier un contradicteur en le comparant à un personnage honni du passé. On doit cette expression au philosophe Léo Strauss. Maud Kristen, dans l'émission Arène de France « Faut-il croire aux phénomènes inexpliqués ? » du 4 octobre, a fait le plus joli de l'année en rapprochant le livre d'Henri Broch « Au Coeur de l'extra-ordinaire » du Ku Klux Klan.


Le bogue Danov

Vous vous rappelez peut être : le 15 décembre 2005, les frères Bogdanov avaient intenté un procès en diffamation contre la revue Ciel et Espace. La revue avait publié un article en 2004 sur « la mystification Bogdanov » (Ciel et Espace N°413, oct. 2004), écrivant entre autres que « De citations trafiquées en contre-vérités, les jumeaux médiatiques s'y présentent couronnés de cautions scientifiques qu'ils n'ont pas. ». À leur habitude, les frangins avaient vu (infra)rouge.

On est bien d'accord : même si le contenu scientifique des travaux des deux larrons surdoués est aussi épais que leur combinaison spatiale dans Temps X, ce n'est pas à la justice de trancher sur le contenu scientifique d'une assertion (cf. Newsletter 12, ID : Méfiance quand la science devient un combat). Toutefois on aurait pu penser que ladite justice clouerait le bec à leurs piaulements indignés qu'on entend depuis quatre ans. Erreur : malgré le rendu défavorable et les 2500 euros d'indemnités à payer, les frères ne parviennent pas à se taire.

Il semblerait que la mauvaise foi d'Igor et Grichka soit aussi insubmersible que l'effet « canard de bain en plastique ».



The big-foot has got a big bit

 

Jon-Erik Beckjord nous prévient sur son site : il n'y a pas de canular ni de trucage, juste du film 35 mm sans retouches. Il dit qu'en tant que scout Eagle, diplômé de Berkeley, ancien cadet de l'US Air Force et membre de la Mensa (association de gens très intelligents qui ont la bêtise de croire que leur QI le prouve), il ne peut mentir et témoigne sur l'honneur de la véracité des faits. Il est même prêt à se soumettre au détecteur de mensonge - ça tombe bien, ce n'est pas au point[1].

Bref, voici la première photo non d'un bigfoot, mais... d'un zizi de big-foot ! C'était dans la Forêt Eldorado, dans le centre de la Sierra Nevada, pas bien loin de Sacramento, aux États-Unis d'Amérique.

 

Détail. Le pénis est indiqué par la flèche organ. (Crédits : www.beckjord.com)

 

Beckjord n'est pas personne : il est le fondateur du BIRO (The Bigfoot Investigators Researchers Organization) et défend une hypothèse aussi charmante qu'ad hoc : le yéti, comme le monstre du Loch Ness, serait un cryptide interdimensionnel, apparaissant de-ci de-là un peu comme le chat de Cheshire dans « Alice au pays des Merveilles », au travers des « trous de ver » topologiques de l'Univers[2]. Comment ? C'est saugrenu ? « Oui, mais pas plus que les hypothèses d'Einstein », rétorque-t-il. La preuve en est qu'il a déjà été en contact télépathique avec certains de ces cryptides.

Son site : www.beckjord.com.

 

 

Yéti et Chat de Cheshire, même combat ?

La photo de yéti est à la cryptozoologie ce que la photo d'un point lumineux est à l'ufologie : une source d'inspiration sans fin, permettant l'ergotage jusqu'à l'ivresse. Un peu comme un chewing-gum social, à mâchonner quand, comme Ève, on ne sait pas quoi se mettre sous l'Adam. Henri Broch n'aurait-il pas dit : « il ne faut pas confondre Malabar bi-goût et chewing-gum Migoo » ?[3]


Notes

[1] Le rapport 2003 de l'Académie des Sciences US a montré que les tests de détection de mensonge par polygraphe souffraient d'un certain manque de fiabilité.
[2] La notion de trou de ver est une notion réelle de topologie de l'espace-temps, vieille de cinquante ans et due à J. Wheeler. Elle est aussi appelée Pont de Einstein-Rosen. Une vulgarisation désséchante en a fait un concept fortement dévoyé à toutes les sauces paranormalo-quantiques. Pour les plus patients, la théorie des trous de ver pour yétis de Beckjord est ici : A real life daily application for wormholes in space-time.

[3] Non. Il n'a jamais dit ça, en notre présence du moins. Mais je suis sûr qu'il l'a pensé.


Comment faire enfler un George W. Bush, par le sorcier indonésien Ki Gendeng Pamungkas

Il vous faut :

  • sacrifier un corbeau, un serpent et une chèvre ;
  • mélanger le sang surgelé à des brocolis ;
  • rajouter du sucre de canne ;
  • s'enduire le visage puis boire la bouillie produite ;
  • prier Satan pour qu'il provoque des catastrophes lors de la visite de Bush.

(Recette rapportée par l'AFP, « Serpent et brocolis contre la venue de Bush en Indonésie ».)

 

Effets attendus :

  • Bush devrait enfler tel un brocoli ;
  • il se sentira mal à l'aise lors de la visite ;
  • « Ses hommes deviendront paranoïaques et penseront que leur président est attaqué » ;
  • Des fortes pluies et des éclairs surviendront.

 

Effet : la visite fut effectivement... éclair. Bush n'a pas enflé.

L'Observatoire zététique est dubitatif et propose de monter un protocole de test de la recette.

N'oublions pas que le Brocoli est fractal (ceci expliquant cela).

 

Annonces de livres

« L'un de vous est-il en mauvaise santé ?
Qu'il appelle les anciens de la communauté
et qu'ils prient pour lui, l'oignant d'huile au nom du Seigneur
et la prière de foi le sauvera de sa maladie... »
(Jacques, V, 14-15)

Géraldine Fabre avait déjà parlé de cela dans la Newsletter 14 (« Prier peut nuire à la santé... ») : un nouveau livre vient de sortir faisant le point sur la question de la prière et de son prétendu pouvoir thérapeutique. C'est signé Richard P. Sloan, professeur associé au département de psychiatrie au College of Physicians and Surgeons de l'Université de Columbia, USA, et chef du département de médecine comportementale au New York State Psychiatric. Ça s'appelle « Blind Faith: The Unholy Alliance of Religion and Medicine » (« Foi aveugle : l'alliance profane entre religion et médecine »), St. Martin's Press, octobre 2006. C'est tout frais, du mois dernier.




L'émission « Fresh Air », de la National Public Radio invitait le 14 novembre R. P. Sloan pour en causer. C'est , en anglais.

Un autre livre sorti récemment est le livre de Thomas Kida « Don't Believe Everything You Think : The 6 Basic Mistakes We Make in Thinking ». Kida est professeur au Isenberg school of Management à la fac d'Amherst, dans le Massachussets. Il y explique un certain nombre de biais psychologiques que l'on retrouve dans les mécanismes de prises de décision.




C'est chez Prometheus Book, paru en 2006 et ça fait un peu moins de 300 pages. Vous pouvez entendre T. Kida causer (en anglais), lors d'une interview de l'émission du 14 juin de Point of Inquiry.

Excellent petit résumé (en anglais aussi) sur la lettre ESkeptics du 8 novembre de l'équipe de Shermer : « Not very comforting », par David Ludden.

 

Richard Monvoisin




EN LIBRAIRIE


 

Henri Broch, « Gourous, sorciers et savants », Odile Jacob

« Gourous, sorciers et savants », le dernier ouvrage d'Henri Broch, est sorti il y a quelques mois. On y retrouve ses thèmes de prédilection : le suaire de Turin, le sang de Saint Janvier, l'astrologie. Mais cette nouvelle leçon de zététique appliquée aborde également de nouveaux sujets sous l'angle de l'expérimentation, en particulier le Chi des moines Shaolins et la myo-télékinésie. Encore une fois, Henri Broch nous montre qu'il est possible, grâce à la méthode scientifique, d'étudier ces phénomènes prétendus mystérieux et parfois même de les expliquer. Cet ouvrage pédagogique tiendra en haleine ceux qui attendent la parution des comptes-rendus des fameux « prix-défi » auxquels il est souvent fait allusion.

Le sommaire détaillé de l'ouvrage et quelques corrections de l'auteur sont disponibles sur le site du laboratoire de zététique.

 

Citations :

« On n'a pas besoin de croire en la gravitation pour en observer les effets ; [...] même un sceptique doit pouvoir assister à la valse des tables ou aux torsions de cuillères. » « Il est du devoir des scientifiques d'analyser et de disséquer ces formes d'obscurantisme [le surnaturel et le paranormal, NDA] pour que les hommes conservent leur liberté. »

Pour en savoir plus, nous avons posé quelques questions à Henri Broch qui nous a accordé un peu de son temps.

 

Observatoire zététique - La première question que l'on nous pose, est invariablement : « qu'est ce que la zététique ? ». Quelle est votre propre définition ?

Henri Broch - Pour moi la réponse est : l'Art du Doute.

« Zététique : méthode dont on se sert pour pénétrer la raison des choses » (É. Littré, 1872)

Enseignée dès l'Antiquité, la zététique est en fait le refus de toute affirmation dogmatique et le flambeau est ici repris en tant qu'approche scientifique rigoureuse des phénomènes dits paranormaux.

« Zététique : se dit des méthodes de recherches scientifiques : méthode zététique » (P. Larousse, 1876)

 

OZ - Le terme zététique est très ancien mais n'était plus très usité jusqu'à ce que vous le repreniez dans les années 1980. Comment l'avez-vous retrouvé ? pourquoi l'avez vous repris ?

HB - Effectivement très ancien, le terme zététique se trouve dans le Dictionnaire des Arts et des Sciences de Thomas Corneille datant de 1694 et ce n'était certainement pas sa première occurrence.

Ce terme n'est évidemment pas... « la version francisée d'un adjectif anglais » comme l'écrit textuellement mais plus qu'un peu ridiculement un professeur de philosophie manifestement pas très amoureux de la sagesse ni de la vérité !

Comment je l'ai retrouvé ?... Je ne me rappelle pas de l'avoir jamais perdu. Pour avoir été dans ma toute jeunesse un champion au Diamino - un jeu qui ne dit peut-être plus rien aux nouvelles générations - les zée, zeste, zététique, zeugma et autres zézaiements ou zibelines de tous les dictionnaires, même petits, me sont des compagnons de route depuis plus de quatre décennies.

J'ai repris ce terme tout simplement parce qu'étant très peu usité il n'avait aucune connotation négative. De plus, son sens étant peu connu, il pousse les gens au questionnement : Qu'est-ce que c'est...?

 

OZ - Quelle(s) différence(s) faites-vous entre le scepticisme et la zététique ?

HB - La belle définition de Pierre Larousse dans son Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle me semble devoir être rappelée par quelques extraits :

« Le nom de zététiques, qui signifie chercheurs, indique une nuance assez originale du scepticisme : c'est le scepticisme provisoire, c'est presque l'idée de Descartes considérant le doute comme un moyen, non comme une fin, comme un procédé préliminaire, non comme un résultat définitif. »

Autrement dit la zététique considère le doute comme un procédé, une pratique, un Art d'après la propre définition du mot art qui est « l'ensemble des moyens, des procédés, des règles intéressant une activité, une profession », acception presque malheureusement oubliée de nos jours.

« Si tous les sceptiques avaient été réellement zététiques et seulement zététiques, ils auraient dit avec Pyrrhon : nous arrivons non au doute, mais à la suspension du jugement (...) sceptiques signifie littéralement examinateurs, gens qui pèsent, réfléchissent, étudient attentivement ; mais il a pris à la longue un sens plus négatif que dubitatif, et a signifié ceux qui sous prétexte d'examiner toujours ne décident jamais. (...) le mot zététiques n'est pas fait pour trancher le débat entre les deux acceptions de tous ces termes (...) Le nom de zététiques est resté, d'ailleurs, dans l'enceinte de l'école qui l'a créé ; et, malgré sa très large extension, qui eût permis d'en faire le terme général désignant tous les chercheurs de la vérité dans tous les domaines, il est exclusivement appliqué aux sceptiques, et on peut même dire aux sceptiques grecs ou pyrrhoniens. »

Fasse Prométhée (et les nouvelles générations), qu'à plus d'un siècle d'intervalle, soit réalisé le souhait de Pierre Larousse ; souhait informulé mais si transparent quand il regrettait dans sa dernière phrase ci-dessus que le terme zététiques soit restreint, non par le sens mais par l'usage, aux sceptiques seuls alors qu'il pourrait légitimement être le « terme général désignant tous les chercheurs de la vérité dans tous les domaines ».

Encore un peu d'efforts et, avec cette acception largement diffusée, nous rendrons ainsi hommage à ce précurseur.

 

OZ - Votre dernier livre reprend des sujets déjà traités dans vos ouvrages précédents (Suaire de Turin, Sang de St Janvier, pyramide de Falicon etc.). Quels nouveaux thèmes avez vous ajoutés ?

HB - Tout d'abord, un point important : les sujets déjà traités pour partie dans des écrits précédents le sont ici sous une forme et une approche différentes et avec des... nouveautés, même sur des sujets devenus presque des « classiques ». Exemple avec le « suaire de Turin » : on oubliait un peu trop que le « saint suaire » est un objet volé, cela est précisé clairement ; une explication détaillée est donnée de la mystification du contenu 3-dimensions, le soi-disant relief d'un corps obtenu par les chercheurs Jackson, Jumper et Ercoline ; un scoop : la simplissime explication du curieux espace entre les deux images, ventrale et dorsale, du Christ avec mon hypothèse du hissage du « suaire », Corpus Christi... Autant de choses dont j'ai quelquefois parlé dans des conférences, des colloques ou des cours, mais que je n'avais pas eu le temps de mettre simplement par écrit. C'est fait.

Pour les nouveaux thèmes, cela va des mouvements inconscients que tout un chacun « subit », radiesthésistes et sourciers inclus évidemment, des prétendus pouvoirs des moines Shaolins pratiquant le kung-fu, de la force du Ki et autres mystères des arts martiaux jusqu'au contrôle que l'on peut faire sur les tables qui tournent ou les verres spirites (oui-ja), l'explication de vases miraculeux, la mesure du fluide vital avec la roue d'Egely et autres rotations mystérieuses ou encore les curieuses cartes de l'Institut américain de parapsychologie de J. B. Rhine,... Et d'autres choses que je laisse découvrir aux futurs lecteurs de « Gourous, sorciers et savants », comme le véritable pouvoir de myo-télékinésie et l'expérience simple que tout le monde peut faire pour vérifier ce pouvoir...

 

OZ - Vous donnez des cours de zététique depuis plus de vingt ans à l'université de Nice, voyez vous une évolution ?

HB - Plus de vingt ans ? Je prends un sacré coup de vieux... Les cours de zététique à l'Université de Nice existent en fait depuis 13 ans. Il est très difficile de voir et de mesurer l'évolution de ces cours car trop de réformes universitaires ont plusieurs fois chamboulé l'ensemble des enseignements et donc ceux de zététique également (passant d'enseignements optionnels à enseignements obligatoires puis retour à optionnels, changement des dominantes couvertes, etc.).

L'évolution est plutôt à voir dans l'essaimage qui a commencé à se faire il y a déjà quelques années maintenant avec des enseignements de zététique, par exemple, dans une école d'ingénieurs à Fontainebleau, à l'université Joseph Fourier de Grenoble (félicitation aux magiciens d'OZ), à l'École Polytechnique supérieure de Dakar,...

Les résultats d'un enseignement de ce type se mesurent à l'échelle d'une ou de plusieurs décennies et commencent à s'observer à peine maintenant.

 

OZ - Comptez vous un jour publier une synthèse des « prix-défi » ?

HB - C'est mon ami Jacques Theodor qui, depuis quelque temps, s'est lancé dans la rédaction d'une synthèse des candidatures que nous avons eues pour le Prix-défi et je lui laisse donc le plaisir, dans une future interview, de vous parler de son travail.

Pour avoir une idée déjà un peu précise des tests que nous avons menés pendant les quinze années qu'a duré le prix-défi, les personnes intéressées peuvent se reporter justement à « Gourous, sorciers et savants » qui en parle dans la partie « Soyez extralucide » sur une petite vingtaine de pages et surtout détaille, à titre d'exemple destiné à être généralisé, le protocole précis adopté pour tester une voyante qui affirmait pouvoir dire le passé, le présent et l'avenir d'une personne face à elle ou dont nous lui procurerions la photo et la date de naissance.

 

OZ - Quelle forme prend, selon vous, le « paranormal » aujourd'hui ?

HB - Le « paranormal » n'a pas changé de forme ; sous le vocable un peu passe-partout de « paranormal » se cache en fait une entité multiforme et cela depuis longtemps ; ce que j'essaie d'expliquer dans mon nouveau livre à travers le fil conducteur de la démarche zététique, c'est que le « paranormal », le « surnaturel », c'est l'enfermement dans un cercle rigide de pensée et que ce prisme déformant la vision du monde forme le lit du fanatisme, de tous les fanatismes.

Le problème peut-être le plus prégnant à l'heure actuelle est le fait que le mode d'argumentation (et/ou de non-argumentation) utilisé dans les pseudo-sciences a malheureusement tendance à se répandre et a ainsi des conséquences non négligeables aussi bien dans notre vie de tous les jours que sur les problèmes généraux qui sont posés à l'humanité. De voir débattre de problèmes de société (par exemple de problèmes de déchets, de pollution de diverses origines, de réchauffement climatique...) avec des arguments moyenâgeux que de serviles zélateurs médiatiques s'empressent de répandre a vraiment de quoi vous donner la chair de poule.

Dans un tel contexte, la raison - qui n'est pas quelque chose d'inné mais une conquête, fragile, de l'homme - cède souvent la place à la sensation. Et il est relativement bien connu des physiologistes amateurs que nous sommes tous que les tripes ont une réflexion nettement moins poussée que l'encéphale.




Le bazar du bizarre


 

On trouve tout et n'importe quoi sur internet mais surtout n'importe quoi.

 

Le secrétariat du Père Noël est ouvert

Le secrétariat du Père Noël ainsi que son site Internet sont ouverts jusqu'au 5 janvier pour tous les enfants qui veulent lui écrire. Mais pour ceux qui se poseraient des questions sur son existence, ils trouveront toutes les réponses ici.

 

Devine où je me cache ?

Uri Geller le magicien tordeur de petites cuillères, affirme aujourd'hui qu'un voyant aurait conduit l'armée américaine jusqu'à Saddam Hussein. Pour lui, le soldat qui a soulevé la pierre recouvrant la cachette du dictateur irakien avait reçu des instructions précises : « I know that that soldier walked over to that rock because he got information from a 'remote viewer' from the United States. »

 

Faites l'amour

Donna Sheehan and Paul Reffell nous ont tous conviés à un orgasme mondial synchronisé au moment du solstice d'hiver, le 22 décembre dernier. Selon eux, les énergies positives libérées par des couples faisant l'amour en même temps pourraient modifier « le champ d'énergie de la Terre » et « réduire les dangereux niveaux actuels de violence et d'agression ». Faisons l'amour !

 

Superstitieux footballeurs

La superstition est très présente dans les milieux sportifs et en particulier chez les footballeurs. Récemment, les deux plus grands clubs de football tanzaniens ont reçu une amende pour avoir pratiqué des rituels de sorcellerie avant la rencontre qui allait les opposer. Ça vous fait sourire ? Chez nous, Domenech sélectionne les membres de son équipe d'après leurs signes et leurs thèmes astrologiques...

 

Fermeture du Mystery Park

Mystery Park, le parc d'attraction, ouvert en Suisse, à l'initiative d'Erich Von Däniken sur le thème des énigmes (extra)-terrestres non résolues va fermer ses portes. Pour une fois, le paranormal n'a pas fait suffisamment de recettes.

 

Tom pouce

Katie Holmes et Tom Cruise se sont mariés il y a un mois et ce sont aujourd'hui les photos de leur mariage qui suscitent de nombreuses questions. Tom qui mesure 5 cm de moins que sa femme, y apparaît tout de même plus grand qu'elle. Alors Katie a-t-elle pliée les jambes ? ou la scientologie y est-elle pour quelque chose ? Le mystère plane?

 

La fusée H-IIA du Père Noël

Le 18 décembre, Christian Esparza observe depuis l'Observatoire de Paranal, au Chili, un objet en mouvement qui traverse le ciel laissant derrière lui une longue traînée lumineuse avant de se transformer un nuage. La vidéo est . Après enquête, il conclut qu'il ne peut s'agir que d'un objet motorisé. Mais ni OVNI extraterrestre, ni traîneau du père Noël, c'était en réalité une fusée H-IIA lancée dans la matinée par l'agence spatiale japonaise (Jaxa).

 

La triskaidékaphobie

C'est ainsi que l'on nomme la peur du chiffre 13. Dernièrement, afin de rassurer ses passagers superstitieux, la compagnie aérienne Brussels Airlines, a rajouté à son logo une pastille rouge afin que le B formé en comporte 14 au lieu de 13 auparavant.

 

Hibernatus

Suite à un accident de randonnée, Mitsutaka Uchikoshi serait resté 24 jours en pleine montagne, sans boire ni manger, avant que les secours ne le retrouvent. La température de son corps n'était alors plus que de 22 degrés. « Il a très rapidement sombré dans un état d'hypothermie similaire à l'hibernation. Grâce à ça, ses fonctions cérébrales étaient protégées. » a expliqué son médecin.




EXPOS


 

Sommes nous seuls dans l'Univers ?

Depuis le 14 novembre, la Cité des sciences et de l'industrie de La Villette accueille une exposition intitulée « Seuls dans l'Univers ? », qui aborde toutes les questions relatives à la vie extraterrestre. Cette exposition présente en particulier les dernières découvertes de l'exobiologie (science pluridisciplinaire qui recherche des traces de vie en dehors de notre système solaire) et ne manque pas d'évoquer les extraterrestres du cinéma et de la littérature les plus connus.

« L'Univers observable comporterait environ 100 milliards de galaxies. Et notre galaxie, environ 300 milliards d'étoiles telles que le Soleil. Notre système solaire est composé de huit planètes. Si l'on estime qu'à chaque étoile est rattachée une dizaine de planètes, l'Univers compterait plusieurs centaines de milliards de planètes... Peut-on encore prétendre que nous sommes seuls dans l'Univers ? »


Du 14 novembre 2006 au 22 juillet 2007, Cité des Sciences et de l'Industrie
30, avenue Corentin-Cariou, 75930 Paris cedex 19
Téléphone : 01 40 05 70 00 (standard - du lundi au vendredi), 01 40 05 80 00 (serveur vocal)
Plan d'accès
La Cité sera fermée les lundis 25 décembre 2006 et 1er janvier 2007.
Elle fermera exceptionnellement à 16h30 les dimanches 24 et 31 décembre 2006.



NOUVELLES DE L'OBSERVATOIRE ZÉTÉTIQUE


 

L'OZ à Annecy

Le 14 novembre dernier, Nicolas Vivant et Richard Monvoisin ont été invités par le Club Sciences et Citoyens de la MJC Novel à Annecy pour présenter la zététique et les activités de l'OZ. Le thème de cette conférence était « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la zététique sans oser le demander ».

La discussion avec nos deux représentants a commencé à 17h dans un forum organisé à la FNAC d'Annecy où un journaliste du Dauphiné libéré et les membres du public leur ont posé des questions sur la zététique en général.

La conférence s'est elle tenue à 20h30 à la salle Michel Simon MJC Novel-Annecy où une cinquantaine de personnes s'étaient réunies pour découvrir ce que le terme « ésotérique » de zététique cachait. Richard et Nicolas ont donc présenté les activités de l'OZ et les caractéristiques de cet « art du doute » qu'est la zététique. Les membres du public ont ensuite pu poser toutes leurs questions, de la radiesthésie, aux médecines dites « alternatives » en passant par la mécanique quantique.

Le public a été conquis autant par le charme de nos deux conférenciers que par le respect de notre démarche.

Citations :

« La zététique n'est pas une posture philosophique mais la zététique est une démarche de recherche. » (Nicolas Vivant)

« Quand on ne sait pas, on refuse de substituer à notre ignorance de la croyance. » (Nicolas Vivant)

« Si on arrive avec un discours scientifique raide et radical, les gens vont préférer penser qu'on leur veut du mal, que l'on est hautains, bornés, stupides [...] plutôt que de remettre en cause quelque chose sur lequel ils s'appuient depuis parfois longtemps. » (Richard Monvoisin)

« Nous proposons aux gens l'outillage nécessaire et l'information nécessaire pour qu'ils puissent faire leur choix en connaissance de cause. » (Richard Monvoisin)

« Quand on décide de croire, c'est qu'on a cessé de vouloir savoir. » (Nicolas Vivant)

 

Tchat sur la toile

Le 3 décembre, Nicolas Vivant a participé à un tchat organisé par le site web sur-la-toile. Pendant deux heures, il a répondu aux questions des internautes sur la zététique et les activités de l'OZ.

Des origines de l'association aux caractéristiques de sa démarche et aux motivations de ces membres, une vingtaine de tchateurs a pu satisfaire leur curiosité.

Pourquoi nous pratiquons la zététique ? Nicolas répond : « parce que c'est une bonne façon de promouvoir la démarche scientifique, parce qu'on reproche souvent aux scientifiques de ne pas s'intéresser à « ces phénomènes, parce que si tu veux que les gens t'écoutent (et changent éventuellement) il faut comprendre de quoi ils te parlent, parce que nous aimons ça ».

Nicolas a également rappelé aussi que la méthode scientifique est à la portée de tous et que l'on peut même être zététicien sans le savoir. Notre trésorier, Florent Martin a ajouté : « Nous préférons donner au gens les outils pour investiguer, plutôt que de leur donner les résultats sceptique pour chacun des dossiers. »

Un compte-rendu détaillé est en ligne.




ÉNIGME


 

Dans la dernière Newsletter, nous vous avions soumis le problème de logique suivant...

En mathématiques, (A implique B) est équivalent à sa contraposée : (non-B implique non-A). Pourtant avec les propositions « Le maître ne gronde pas les élèves » (= A) et « Les élèves ne travaillent pas » (= B). On a : « Si le maître ne gronde pas les élèves, alors les élèves ne travaillent pas » (A implique B) qui devrait être équivalent à : « Si les élèves travaillent, alors le maître gronde les élèves » (non-B implique non-A). Ce qui parait absurde... mais où est la faille ?

 

Ce problème a fait l'objet d'un petit article dans la revue Pour la Science du mois de novembre, article retranscrit ci-dessous.

« Ô temps, suspends... tes si.

Il est impossible qu'un entier soit simultanément divisible par 4 et non divisible par 2. Ce fait peut s'exprimer de deux façons équivalentes : « si un entier n'est pas divisible par 2, alors il n'est pas divisible par 4. », ou bien : « si un entier est divisible par 4, alors il est divisible par 2. » De façon générale, la logique formelle assure que toute assertion de la forme : « Si la circonstance Q n'est pas réalisée, alors la circonstance P n'est pas réalisée » est synonyme de : « si la circonstance P est réalisée, alors la circonstance Q est réalisée. » Les deux assertions signifient que l'on ne peut pas avoir à la fois P et non Q.

Voici maintenant une assertion qu'aucun pédagogue ne contredira : « Si le professeurs ne gronde pas les élèves, alors ils ne travaillent pas. » Appliquons à cette assertion le procédé décrit ci-dessus. Nous trouvons qu'elle est synonyme de : « Si les élèves travaillent, alors le professeur les gronde » !

Y a-t-il une erreur ? Oui ! Où ça ? Ni dans la pédagogie, ni dans la logique mais dans le fait d'appliquer la seconde à la première. En logique le couple, « si..., alors... » exclut tout déroulement temporel, contrairement à ce qui est le cas dans les situations pratiques.

Moralité. Méfiance, méfiance extrême quand on modélise par la science des situations concrètes !i (d'après le mathématicien Tadashi Tokieda) »

 

Voilà ! Les deux actions doivent donc être simultanées pour pouvoir appliquer ce principe de logique à des situations de la vie courante.

 

Ce mois-ci pas de nouvelle énigme, nous vous laissons profiter des vacances de Noël... mais aux plus curieux d'entre vous, nous suggérons une petite expérience au sujet de la voyance en ligne. Ce test a été proposé par Nicolas Vivant lors de son tchat sur le site Sur-la-toile (voir plus haut) :

« Utilisez deux adresses e-mail différentes [idéalement même deux ordinateurs différents aux adresses IP différentes, Ndr] et faites-vous faire deux voyances sur n'importe quel site qui propose des voyances gratuites [GRATUITES : n'allez pas leur donner de l'argent ! Ndr]. Comparez les deux voyances. »

Vous pouvez nous envoyer vos résultats et commentaires.

Nicolas précise : « Si elles [les deux voyances, Ndr] sont identiques et que tu les reçois en même temps, la probabilité que Sara Freder ou Geneviève soient des ordinateurs augmente sérieusement. [...] Quand la voyance est soi-disant astrologique et que les dates, heures et lieux de naissances que tu as données diffèrent... ça laisse songeur, non ? »

 



Cette lettre a été préparée par Stanislas Antczal, Géraldine Fabre et Richard Monvoisin.

Content ? Pas content ? Écrivez-nous.

 

 

Mise à jour le Mercredi, 09 Septembre 2009 20:20