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POZ n°16 Imprimer Envoyer
Écrit par Nicolas Vivant   
Mercredi, 30 Août 2006 14:13

 

 

 

 

 

 

 

 


SOMMAIRE


 

 


ÉDITORIAL


 

Le 8 août dernier, Émile Fradin a eu cent ans. Qui ça ? Ben Émile Fradin, voyons, le célèbre inventeur de Glozel, l'un des sites archéologiques les plus controversés de tous les temps.

Inventeur... ou inventeur ? La question s'est posée, à une époque, puisqu'on a soupçonné le brave paysan bourbonnais de ne pas s'être contenté de découvrir un site préhistorique, mais d'avoir aussi contribué à en fabriquer des morceaux... Glozel est un problème passionnant, à plus d'un titre. Par le récit fondateur, déjà : en 1924, un paysan et son pépé qui découvrent fortuitement, grâce à un vaillant bovidé mettant la patte où il ne faut pas, un site archéologique insoupçonné, qui sera fouillé par un abbé et un docteur et mettra en émoi le monde scientifique. Ça c'est une belle histoire, avec plein de péripéties qui vont avec : les scientifiques divisés, la police soupçonnant le brave paysan, des controverses violentes. Il y a de tout.

C'est intriguant aussi sur le fond, évidemment : Glozel est-il authentique, oui ou schproll ? Même si elle est moins médiatisée qu'il y a quelques décennies, la question est toujours là. D'ailleurs, je parie la main de ma soeur contre la culotte de ton zouave que l'on ne pourra jamais répondre à cette question par oui ou par non, puisqu'il faudrait d'abord définir ce que signifie « authentique », puis étudier Glozel élément par élément. Il y a les os taillés et gravés (de quand datent les supports, de quand datent les gravures ?), les tablettes et les poteries (fabriquées quand ?)... Et surtout, l'écriture bizarre, rappelant le phénicien et le grec ancien, qui a été au coeur de la discorde puisqu'on l'a initialement datée de plus de dix mille ans avant notre ère, ce qui, pour de l'écriture, fait sacrément ancien.

C'est croquignolet aussi pour tout ce qui gravite autour de Glozel. Des théories plus ou moins fumeuses, mettant en jeu des Êtres supérieurs, extraterrestres, Atlantes ou autres, dont l'humanité serait issue (n'oublions pas que les cendres de Robert Charroux, selon la rumeur, reposent dans une urne du musée de Glozel), ou plus simplement la tribu des Pions, établie dans le Bourbonnais. Des développements politiques aussi : l'enjeu est de taille, s'il s'agit d'établir la suprématie de l'Occident sur l'Orient en matière d'écriture. La proximité de Vichy, capitale de la France à ses heures brunes, est à prendre en compte. La personnalité de Fradin, celle du docteur Morlet, qui a mené les fouilles, sont aussi des éléments éclairants. Et puis tout le petit monde qui, depuis plus de quatre-vingts ans, se presse à Glozel : radiesthésistes, ufologues, médiums, kabbalistes et même des sceptiques...

Et même des zététiciens de l'Observatoire zététique, qui ont fait une petite virée là-bas cet été, en touristes. Glozel, c'est chouette : nous sommes venus, nous avons vu et nous sommes repartus avec beaucoup plus de questions qu'en arrivant. Veni, vidi, rien compri, comme dirait Jules. Pour une fois, voilà un sujet célèbre pour lequel on a la sensation que le problème n'est pas vraiment clos, contrairement à bien des affaires ultra-rebattues et pourtant sans cesse présentées comme mystérieuses.

Bref, c'est un sujet idéal pour zététicien : on a l'impression qu'il y a beaucoup de choses à faire, à comprendre, à chercher, mais aussi beaucoup d'éléments sur lesquels s'appuyer. On n'a pas pour autant la prétention de tout régler en trois coups de cuiller à pot, bien sûr, si ça se trouve on n'en fera rien, faute de temps, de moyens, si ça se trouve on se fera une opinion tout de suite, ou on finira par s'en désintéresser, qui peut savoir ? Mais ça fait frétiller l'appendice caudal. Sans compter qu'un périple entre copains dans une campagne radieuse, avec ses chansons, ses chutes dans des trous, son pinard au goulot, c'est toujours ça que les Ummites n'auront pas.

 

 


ÉCHOS DE LA LISTE


 

Il a été beaucoup question d'ufologie sur notre liste cet été. Les nombreuses discussions à ce sujet semblent avoir été initiées par l'expérience rapportée par l'un des colistiers concernant l'observation d'une étrange sphère orange qui a intrigué plus d'un zététicien, et le dossier paru en août dans Science et Avenir intitulé « Pourquoi les OVNI ont disparu ». Les débats ont alors dérivé sur la scientificité de cette discipline, puis sur la controverse de la réalité des premiers pas de l'Homme sur la lune, relancé par la perte des documents originaux de la NASA.

Mais d'autres sujets moins sérieux et plus terre à terre ont également été abordés. Notre liste n'a pas échappé à la diffusion des vidéos concernant le mélange coca et mentos qui circulaient depuis quelques mois sur internet (et sont disponibles sur google video). Des explications du phénomène nous ont été données par notre chimiste Pierre Aldebert, mandaté par le CNRS pour étudier la réaction, qui nous précise à l'instant : « C'est une première approche, mais la nature profonde du phénomène échappe encore à tout ceux qui ont essayé de se lancer dans un processus explicatif, moi y compris. ». Ces explications ont été publiées sur la liste et nous vous les livrons ici :

« Une boisson pétillante est une boisson dans laquelle se trouve dissous plus de gaz carbonique qu'elle ne peut en contenir à la pression atmosphérique. Tant qu'elle est enfermée dans sa bouteille tout reste tranquille, la pression de gaz au dessus du liquide, supérieure à la pression atmosphérique, maintient le gaz dissous dans le liquide. Lorsque l'on ouvre le bouchon le système revient à l'équilibre en libérant le gaz carbonique excédentaire de façon plus ou moins violente et plus ou moins rapide. On connaît tous le secouage du cola ou du champagne qui a pour effet d'augmenter temporairement la pression de gaz à l'intérieur, phénomène amplifié par la chaleur de la bouteille (et la dépression extérieure, je vous conseille de faire ça dans un avion, c'est mieux qu'en montagne car vous allez bénéficier de la dépression extérieure sans être pénalisé par une température trop basse !!!).

Ici donc nous nous intéressons au retour à l'équilibre d'une boisson gazeuse par introduction d'un corps étranger qui coule. Protocole des premières expériences : des mentos normaux et light (sans sucre mais édulcorés avec des sucres que ne sont pas des sucres simples de la famille des oses, on y reviendra) sont libérés dans des eaux minérales alcalines (St Yorre) et non alcalines (Badoit rouge ou Perrier, des eaux minérales naturelles renforcées avec du gaz carbonique dissous). Dans tous ces cas de figure on observe quasiment la même chose à savoir le débordement modéré de la bouteille. Il s'agit là d'un phénomène physique lié à l'état de surface de la pellicule du bonbon sur les aspérités de laquelle vont s'accrocher, se développer des bulles jusqu'à ce que la poussée d'Archimède les fasse remonter. Le phénomène étant relativement lent on a le temps de voir de grosses bulles accrochées à l'extérieur du bonbon. Cette observation n'est donc pas liée à la nature des sucres et en voici la preuve : j'ai réalisé, en leur donnant la forme de pastilles de mentos, des boulettes de pâte à modeler sur lesquelles j'ai accroché de la poudre de pierre ponce (particules poreuses bien connues pour régulariser les ébullitions) et j'ai introduit selon le même protocole dans les bouteilles d'eau minérales gazeuses. Le résultat observé est sensiblement le même. Je dis sensiblement car on ne peut mesurer quantitativement le phénomène observé dans lequel nombre de facteurs incontrôlables jouent à commencer par la pression de gaz au dessus de l'eau, la forme de la bouteille et la géométrie de l'orifice de sortie.

Lorsqu'on arrive aux sodas, c'est à dire une boisson gazeuse sucrée, l'ampleur des phénomènes est généralement telle qu'observations et donc déductions s'en trouvent grandement facilitées. Venons en d'abord aux sodas édulcorés à l'aspartam et soyons de suite clair : ils marchent tous et n'y a donc aucune raison de faire de la réclame pour le "diet coke" même si hypocritement Coca Cola déclare qu'il se passerait volontiers de cette pub (Mentos s'en réjouit ouvertement lui !). Tous ne produisent pas des geysers aussi hallucinants qu'avec le Coke mais là les raisons me semblent assez faciles à donner. L'on observe d'abord que la pression (l'oreille donne à ce propos une très bonne indication mais rappelons qu'il faut ouvrir délicatement la bouteille avant l'expérience) varie d'une bouteille à l'autre et que les pressions qui semblent les plus fortes (notamment le diet coke mais aussi le cola et les limonades light de Carrefour dans une moindre mesure les produits Casino) donnent les geysers les plus impressionnants dans la mesure où les bonbons ajoutés sont bien toujours les mêmes mentos non light. Dans cette catégorie, les bouteilles de 2 litres, qui n'existent que pour les diverses marques de cola, sont les meilleures car contenant le plus de liquide avec le même diamètre de sortie. À noter aussi qu'il faut aussi optimiser le nombre de mentos, environ 4-5 pour les bouteilles de 50cc et 13-14 pour les 2 litres (mais je n'ai pas mené l'optimisation à son terme dans ce dernier cas). On peut là mesurer assez précisément l'effet en observant le niveau du soda résiduel dans la bouteille qui a perdu quasiment tout son gaz. Si le coeur vous en dit on peut le constater la véracité de mes dires en buvant. Pour que cette mesure de l'effet soit significative il faut bien évidemment avoir utilisé le même type de bouteille et le même nombre de mentos introduits de la même façon. Il est devient donc clair que l'effet amplifié par rapport aux eaux minérales (ou même par rapport à la bière où il s'agit plutôt d'un effet baveux que je vous conseille !!!) est dû au dénominateur commun de ces boissons à savoir l'aspartam.

Maintenant intéressons nous au rôle joué par le mentos. On observe qu'avec la version light, comme avec tous les autres bonbons pelliculés dits sans sucre (et ils sont nombreux, dents et embonpoint exigent !!), il ne se passe rien de plus que l'effet physique observé avec les eaux minérales. Venons en donc à la pellicule du bonbon qui est la seule à avoir le temps de réagir avec le soda. Elle contient du saccharose (sucre normal) et du glucose. J'ai conduit des expériences avec des dragées de dextrose (=glucose) achetées en pharmacie et ça marche en première approximation aussi bien. J'ai essayé aussi un certain nombre de sucres simples, des oses, et moyennant le fait que, comme il s'agissait de poudres, il me fallait les faire couler rapidement, j'ai repris mes boules de pâte à modeler et ai incorporé mes sucres sur le dessus. Là aussi en première approximation ça marche aussi bien, en tous cas la différence est très nette si je n'introduis dans le soda que ma pâte à modeler avec de la pierre ponce en surface. Enfin si l'on met des mentos pas light, ou les sucres que je viens d'évoquer, dans un soda lui aussi pas light, donc sucré au saccharose, il y a également une réaction qui, sans atteindre celle des sodas light, est quand même supérieure à celle observée avec l'eau gazeuse.

En conclusion partielle de tout ça je dirai qu'il y a un autre phénomène que le phénomène physique dans ces phénomènes de dégazage rapide et explosif et ce phénomène est chimique. On peut imaginer qu'il se produit une modification chimique très rapide de l'état de surface qui permet une adsorption massive du gaz et donc l'induction massive du phénomène de libération du gaz précedemment décrit. Je pense que des expériences d'adsorption gazeuse du mentos avant et après utilisation (qui d'ailleurs peut resservir un certain nombre de fois) de même que des observations en microscopie électronique à balayage peuvent éclairer notre lanterne. Quant à la réaction entre l'aspartam, ou dans une moindre mesure le saccharose, des sodas étudiés et le pelliculage de glucose des mentos ou d'autres sucres simples que j'ai utilisés, pour l'instant certains oses, de la catalyse rentrerait-elle en jeu ? Bref, là si on veut tout comprendre, il reste encore pas mal de science à faire avec des échantillons, sodas autant que bonbons, contrôlés car fabriqués par l'expérimentateur. Là dessus, n'oubliez surtout pas que l'on peut s'amuser exactement comme les américains mais avec des produits bien de chez nous. »

 

 


ÉNIGME


 

Exercez votre esprit critique avec le Miracle du cure-dent.

Alors qu'il était au restaurant avec sa femme, M. A. fait tomber un cure-dent de la table. Il se baisse alors pour le ramasser et le trouve dans une position très étrange défiant apparemment les lois de la physique. Voici les deux photos (Photo 1 et Photo 2) non truquées qu'il prit alors, intrigué par cette observation. Comment expliquer ce phénomène ?

N'hésitez pas à nous envoyer toutes vos propositions à l'Observatoire zététique. L'explication sera donnée dans la prochaine newsletter.

 

Si vous avez d'autres mystères photographiques à élucider, envoyez vos documents à l'Observatoire zététique.

 

 


ACTUALITÉS



Petit proverbe zététique : « En été, les ovnis viennent nous visiter. »

 

Vague d'ovnis en Australie

Début juillet, une série de vidéos faisant apparaître d'étranges lumières ayant survolé l'Australie depuis le mois d'avril a été très largement diffusées sur internet. Les 31 séquences, archivées sur ce site, étaient attribuées à de nombreux témoins habitant différentes régions de l'Australie, si bien que certains commençaient à évoquer une « vague d'ovnis australienne ». L'histoire a alimenté les nombreux forums de discussion consacrés à l'ufologie et au paranormal.

Mais mi-août, Christopher Kenworthy révéla le canular, expliqué aujourd'hui dès la page d'accueil de son site. Il est bien le seul auteur de ces montages réalisés avec de simples trucages et superposition d'images. Son projet, financé par la Australian Film Commission, est selon lui avant tout une oeuvre artistique (artwork) dont la réalisation aurait été motivée par l'envie d'émerveiller le public : « With this project I wanted to give people a taste of the drama and excitement of a UFO Close Encounter, creating a genuine sense of wonder. » (« Avec ce projet j'ai voulu donner au public un goût du drame et de l'excitation que susciterait la rencontre avec des ovnis, en créant un véritable émerveillement. »).

Les vidéos se voulaient de moins en moins crédibles, jusqu'à cette rencontre terrifiante avec un alien (vidéo n°30). D'après l'auteur, elles n'ont pourtant suscité que peu de méfiance si ce n'est de la part des inflexibles sceptiques : « Many skeptics made bold statments about the clips being nothing more than balloons,space junk, stars etc - without doing their research. They were more easily misled than UFO-believers. » (« Beaucoup de sceptiques ont affirmé avec assurance qu'il ne s'agissait que de ballons, de détritus de l'espace, ou d'étoiles - sans faire de recherche. Ils ont été plus facilement trompés que les
UFO-croyants.
»).

Pour s'enthousiasmer de la rencontre avec des extraterrestres, il fallait se contenter de ces preuves, mais pour pouvoir douter sérieusement de leur authenticité, il aurait donc fallu déterminer très exactement la nature du trucage numérique ?

 

 

Tags agricoles

Mi-Juin, un premier crop circle avait été repéré au pied du Lion de Waterloo en Belgique. Entre doute et fascination, il avait déjà attiré de nombreux curieux. Un mois plus tard, deux autres furent découverts non loin du premier dans un champ de blé et un champ de lin. Le phénomène très courant chaque été en Angleterre avait donc cette fois bien traversé la Manche. La curiosité prit alors de l'ampleur et les touristes belges et étrangers affluèrent, jusqu'à 250 par jour, ce qui ne sembla pas déranger Paul Van Ackter, le propriétaire de ces champs, qui a installé une petite tirelire à l'entrée « pour dédommagements occasionnés par les visiteurs à mon champ de blé ».

Toutes les hypothèses sont avancées pour expliquer la formation de ces agrogryphes : farceurs armés de planches de bois et de cordes, artistes champêtres aux robots télécommandés, tagueurs extraterrestres laissant l'empreinte de leur soucoupe, boules de lumières plasmatiques, phénomènes météorologiques localisés... Mais en général, la géométrie des modèles et la complexité supposée de réalisation amènent la plupart des témoins à rejeter toute intervention humaine ou origine naturelle. En effet, pour Paul Van Ackter : « C'est impossible de plier les céréales comme cela. Et je ne vous parle pas du lin. Le système d'écrasement du blé est d'une perfection inouïe. »

Pourtant, comme on peut le voir sur ce site et comme le rappelle le commissaire Duchenne chargé de l'enquête : « Pour réaliser un crop circle, il faut simplement une corde, un piquet, un ordinateur et un GPS... ». La police est d'ailleurs sur une piste bien humaine mais puisque aucune plainte n'a été déposée, l'auteur éventuellement identifié ne sera pas inquiété. De même pour Michel Bougard, président de la Société belge d'étude des phénomènes spatiaux (Sobeps) : « Il est probable à 90% que ce sont des phénomènes que l'on peut attribuer à des réalisations humaines. La technique en elle-même demande un savoir-faire indéniable, mais elle n'est pas compliquée. Même si on n'est pas certain des méthodes employées, ce n'est apparemment pas hors de portée des capacités humaines. Cela peut même se faire de manière relativement simple à l'aide d'une planche et de fils car ce ne sont jamais que des épis qui ont été écrasés et qui sont disposés d'une certaine façon. »

Les crop circles, toujours plus complexes, n'ont en tout cas pas fini de nous fasciner, gardant le plus souvent le mystère sur l'identité de leurs auteurs. Mais comme le pense Pierre Lagrange, sociologue au CNRS, dans cette interview : « À mon avis, on a plus de choses à retirer en étudiant sérieusement le problème qu'à le rejeter en parlant d'hallucinations et d'irrationalité populaires. Il est plus enrichissant de partir de l'hypothèse positive en se disant que « c'est peut-être ça ». Même si on ne trouve pas les extraterrestres, on trouvera autre chose. »

 

 

La bête noire de Wissant

Au mois d'août sur la côte l'Opale, une « bête noire » a été aperçue par plusieurs personnes. La présence de cet animal a été signalée à la gendarmerie par des témoins effrayés par sa taille (environ 1,20 m). Devant la multiplication des témoignages, des recherches ont alors été lancées pour tenter de capturer ce que certains pensaient déjà être une panthère. Un arrêté municipal a même interdit à Audinghem la circulation dans la zone où la « bête » avait pris ses quartiers, « simplement pour empêcher les gens de jouer aux curieux et de se faire agresser par cet animal-là », affirmait alors la préfecture.

Son espèce n'a pas été identifiée. Photographié, l'animal ressemble davantage à un gros chat qu'à une panthère. Il n'a d'ailleurs manifesté aucune agressivité, s'enfuyant à la vue des gendarmes. Pourtant, les avis divergent, même chez les spécialistes, en l'absence d'image très précise : gros chat, panthère, félin sauvage ? La préfecture a tout de même décidé d'arrêter les battues, l'animal ne constituant pas un danger pour la population.

Sans la capture de l'animal, le mystère de son espèce risque de rester entier... Le début d'une légende ?

 

 

La télépathie testée avec la réalité virtuelle

Les chercheurs de l'Université de Manchester ont créé un environnement virtuel afin de tester l'existence de liens télépathiques entre deux personnes. Lors de l'expérience, les deux sujets seront placées dans des pièces différentes et équipées d'un casque stéréoscopique les plongeant dans un monde virtuel en 3D. À l'aide d'un gant, l'émetteur interagira avec un des objets que l'ordinateur lui présentera de manière aléatoire. Le récepteur devra alors retrouver parmi quatre objets celui que son partenaire manipule. Le Dr Toby Howard assure que : « Avec cet environnement virtuel, nous créons un environnement complètement objectif dans lequel il est impossible aux participants de transmettre des signaux ou même des indices inconscients concernant l'objet qu'ils ont choisi » (« By creating a virtual environment we are creating a completely objective environment which makes it impossible for participants to leave signals or even unconscious clues as to which object they have chosen. »)

David Wilde renchérit en affirmant « en utilisant cette technologie, notre but est de mener l'étude de la télépathie la plus objective réalisée à ce jour. » (« By using this technology we aim to provide the most objective study of telepathy to date. ») Les résultats seront publiés début 2007.

 

 

Sectes et médecine

Deux ex-médecins, Michel Saint-Omer, radié en 2002, et Gérard Guéniot, suspendu pour trois ans, ont été jugés pour défaut de soins et homicide involontaire au tribunal de Lille, en juin dernier. Membres du Mouvement du Graal, une secte d'inspiration chrétienne, en 1995, ils avaient prescrit à Évelyne Marsaleix, une jeune mère de famille atteinte d'un cancer du sein, un traitement alternatif à base d'homéopathie, de jeûne et de cataplasmes d'argile. Pour eux, « la maladie est une expiation ». Évelyne Marsaleix refusa donc tout traitement classique et subit même un jeûne de trois semaines en janvier 1996. Une expertise démontra que le mauvais suivi médical aura finalement aggravé la progression du cancer de la patiente et entraîné son décès en 1997, à 31 ans.

« Notre rôle est d'accompagner les personnes cancéreuses. Nous aidons à supporter le traitement, c'est tout. Nous ne disons pas que nous soignons le cancer », ont malgré tout soutenu les ex-médecins à la barre. Mais cela n'a pas convaincu la procureure Dominique Hoflack : « Vous êtes dangereux, très dangereux. Vous êtes un escroc sur un marché porteur : la santé... Avec des méthodes médicales controversées mais lucratives. »

La procureure a requis trois ans de prison dont un ferme avec interdiction définitive d'exercer la médecine. Les avocats des deux hommes ont plaidé la relaxe, affirmant que le Dr Guériot n'avait été consulté qu'une seule fois par Evelyne Marsaleix et qu'elle avait d'elle-même refusé la chimiothérapie. « J'avais une confiance absolue en eux », avait témoigné la malade avant son décès. « Je suis perdue... J'ai cru en ces médecins. Je me suis laissée tromper. » Le jugement a été mis en délibéré pour le 7 septembre.

 

 

Mystères, génies, fantômes et cercueils en Malaisie

Depuis le 4 Juillet, le musée du Sultan Alam Shah dans l'État du Selangor (centre de la Malaisie) accueille l'exposition « Mysteries, Genies, Ghosts and Coffins ». (Mystères, génies, fantômes et cercueils). Une centaine d'objets étranges sont exposés, dont le squelette d'un être mi-femme mi-serpent, un esprit maléfique coincé dans une bouteille et d'autres créatures issues du folklore malais.

Mohd Lotfi, membre du conseil d'administration du musée, prétend que « environ 90 pour cent des objets exposés sont vrais et sont présentés sous leur forme originale. » (« Almost 90 per cent of the exhibits are real and in their original form. »). Avis que ne partage pas Syed Abdullah Al-Attas, chasseur de fantômes populaire en Malaisie. Celui-ci a demandé la fermeture de l'exposition, arguant qu'elle n'était composée que de simples répliques et de carcasses d'animaux.

Pour tenter de faire taire les rumeurs de canular, le musée a accepté la visite de l'équipe américaine de Ripley's Believe It or Not! qui devrait être autorisée à ausculter certains objets afin d'évaluer leur authenticité. De son côté, le propriétaire de la collection, Safuan Abu Bakar, un enseignant, a déclaré qu'il comptait faire taire les sceptiques en ramenant à la vie un « langsuir » d'ici la fin du mois d'août. « Je placerai le langsuir sur un arbre et le ramènerai à la vie pour que les observateurs le voient voler et pousser des cris perçants » (« I will place the langsuir on a tree and bring it to life to let observers see it fly and screech »).

 

 


EXPOSITIONS


 

Les progrès de la médecine

Le musée d'histoire de la médecine a rouvert ses portes à Paris. Des objets retraçant l'évolution de la médecine et de la chirurgie à travers le monde et le temps y sont exposés : scalpels de l'Égypte antique, clystères du XVIIe siècle, outils de trépanation, scies d'amputation et même la trousse homéopathique du Dr Gachet, le médecin de Van Gogh.

« Les étudiants en médecine découvriront l'évolution des instruments qu'ils utiliseront dans la pratique de leur métier. Quant aux autres, ils seront heureux de ne pas être nés quelques siècles plus tôt ! »


Musée d'Histoire de la Médecine
Université Paris 5 - René Descartes
12, rue de l'Ecole de Médecine 75 006 Paris (Métro Odéon)
Horaires d'ouverture :

  • du 1er Octobre au 15 juillet de 14h à 17h30 sauf jeudi, dimanche et jours férié
  • du 15 juillet au 30 septembre de 14h à 17h30 sauf samedi, dimanche et le 15 août

Tarif : 2,50 € (scolaires, étudiants, chômeurs), 3,50 € (tarif plein)
Renseignements : 01 40 46 16 93

 

 

Histoire des sciences

Le deuxième Salon du livre d'histoire des sciences et des techniques se tiendra à l'espace Robespierre d'Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) les 17, 18 et 19 novembre 2006. Cette année, il abordera l'histoire des théories de l'évolution et accueillera l'exposition Darwin réalisée par l'Institut Charles Darwin International. L'entrée est ouverte à tous, libre et gratuite.

« Tables rondes, discussions et séances de dédicaces, spectacles et animations pour la jeunesse seront autant d'occasions d'échanger et de débattre des sciences, des techniques et de leur histoire. »


Contact : Emmanuel Sautjeau.

 

 


EN LIBRAIRIE


 

Pourquoi la tartine tombe toujours du côté du beurre ? , par Richard Robinson, éditions Dunod.

Vous êtes vous déjà demandé pourquoi « tout ce qui peut tourner mal, tourne mal » ? Ce principe fondamental est à la base de la plupart des lois de Murphy, appelées plus communément lois de l'« emmerdement maximum ».

Grâce à ce livre, vous comprendrez tout. Richard Robinson y explique avec beaucoup d'humour pourquoi quand les gens font ce qu'ils veulent, ils font finalement tous la même chose, pourquoi on perd la mémoire en passant d'une pièce à l'autre, pourquoi ce qu'on aime est illégal, immoral ou trop calorique, pourquoi les buts sont marqués lorsque l'on est aux toilettes, pourquoi on arrive jamais à replier une carte routière, pourquoi l'ordinateur plante juste avant que l'on ne sauvegarde...

Les explications ont somme toute plus à voir avec l'esprit critique qu'avec les mauvaises intentions de la Nature. Elles mettent en évidence la faillibilité de nos sens, la subjectivité de nos observations et la faiblesse de nos raisonnements. Car en pensant que les objets et les éléments nous en veulent, comme le pamplemousse qui nous gicle toujours dans l'oeil, le vent qui souffle toujours dans le mauvais sens lorsque l'on est à vélo ou encore le bout du rouleau adhésif qui disparaît immanquablement, nous faisons preuve d'un animisme irrationnel. En croyant que les feux sont toujours rouges lorsque l'on est pressé, que notre file d'attente est toujours la plus lente, que le parquet grince lorsque l'on ne veut pas faire de bruit, nous sommes trompés par nos perceptions du temps, du bruit... En déduisant que l'on prend froid quand il fait froid, que les gens qui portent des chapeaux deviennent chauves, qu'un trèfle à quatre feuilles nous porte bonheur, nous établissons des liens de cause à effet injustifiés (inexistants ou inversés en réalité).

Au quotidien, nous sommes la plupart du temps tous des scientifiques naïfs, animistes, égocentriques, triant les données de manière subjective, établissant des causalités et des corrélations hâtives, pour en tirer des conclusions générales validant nos a priori (la Nature nous en veut), de surcroît nuls en statistiques et calcul de probabilités. Dans ce livre, Richard Robinson nous montre donc que nous ne sommes pas les victimes de la Nature que nous pensions être...

 

 


LE BAZAR DU BIZARRE


 

La Fontaine de Jouvence

C'est sur une île au sud des Bahamas que le magicien américain David Copperfield pense avoir découvert la Fontaine de Jouvence. « I've discovered a true phenomenon, [...] You can take dead leaves, they come in contact with the water, they become full of life again... Bugs or insects that are near death, come in contact with the water, they'll fly away. It's an amazing thing, very, very exciting. » (« J'ai découvert un phénomène réel [...] Vous prenez des feuilles mortes, vous les mettez en contact avec l'eau et elles redeviennent pleines de vie... Les insectes sur le point de mourir s'envolent à nouveau. C'est quelque chose d'extraordinaire, et de très très excitant. »). Il aurait donc engagé des biologistes et des géologues pour étudier cette source et ses effets sur les humains.

 

L'avion hanté de James bond

Plusieurs membres de l'équipe du dernier James Bond, Casino Royale, auraient refusé de tourner à bord d'un boeing 747 Jumbo qu'ils pensent hanté. Le fantôme d'une femme qui y serait décédée d'une crise cardiaque il y a plusieurs années serait à l'origine de phénomènes étranges inquiétant le personnel de l'aérodrome de Dunsfold depuis longtemps.

 

Big foot

Début juillet, dans une forêt du Wisconsin, un bigfoot aurait été aperçu et filmé près de la ville de Ste Croix. En fait, cet été, Loren Coleman, célèbre cryptozoologue américain, rapporte une bonne dizaine d'observations de bigfoot, à Pine Ridge, en Oklahoma, en Géorgie, en Arizona, et même à New york. Des vidéos, des enregistrements de cris, des photos et même une main sont présentés comme preuves de l'existence de cet animal insaisissable.

 

Accent jamaïcain ?

Après une attaque cérébrale, à son réveil, Linda Walker avait perdu l'accent nasillard de la région de Newcastle qu'elle a toujours habitée. Aujourd'hui, son accent serait plutôt jamaïcain pour certains, voire italien ou slovaque pour d'autres. Son accident cérébral ayant touché les zones du langage, elle souffre en effet du syndrome de l'accent étranger (Foreign accent syndrome). Ce trouble rare se caractérise par de subtils changements de la prononciation (allongement de syllabes, tonalité différente) qui donnent l'impression d'un accent étranger.

 

Ils vont en faire un fromage

Gilberte van Erpe est recherchée par la justice chilienne pour avoir escroqué près de 6000 chiliens en leur revendant par l'intermédiaire des entreprises Fermex et Labomax, des ferments lactiques qui ajoutés à du lait se transformaient en « petits fromages ». Ces « fromages magiques » devaient ensuite être revendus à l'industrie cosmétique française et assurer aux producteurs de conséquents bénéfices. L'arnaque prête à sourire mais elle a ruiné étudiants, retraités, petits employés qui pensaient avoir trouvé la bonne affaire.

 

Autocombustion de portables

De mystérieuses et impressionnantes combustions « spontanées » de portables de la marque Dell ont été rapportées dernièrement. Le feu divin s'attaquerait-il à présent à nos ordinateurs ? Non, il s'agit en réalité d'un problème d'alimentation nécessitant le retour chez le fabricant de près de 4 millions de batteries défectueuses. Pour savoir si vous devez vous méfier, c'est .

 

Mangez-moi, mangez-moi !

Lors d'une étude scientifique, sous contrôle des chercheurs en médecine de Baltimore, des volontaires ont déclaré avoir vécu « l'expérience spirituelle la plus significative de leur vie » après avoir ingéré différentes doses de psylocybine. Fallait-il une expérience scientifique pour le démontrer ? Présente dans 186 espèces de champignons et bien connue pour ses propriétés hallucinogènes, cette substance a été interdite dans de nombreux pays, en raison de ses effets secondaires. Cette étude vise donc a réhabiliter ce composé « diabolisé » en lui trouvant de nouvelles utilisations.

 

La pierre mystérieuse

Le musée du New Hampshire expose la « Pierre mystérieuse » (mystery stone). Découverte en 1872 dans un marais près du rivage du lac Winnipesaukee, l'étrange pierre sculptée en forme d'oeuf garde ses secrets sur son origine, sa symbolique, son utilisation.

 

Fluide kabbalistique et déchets radioactifs

Persuadée que l'eau peut recevoir une puissance curative par la « méditation et la conscience du partage » (meditations and the consciousness of sharing), Madonna propose d'utiliser un fluide mystique pour le traitement des déchets radioactifs.

 

 


NOUVEAUTÉS SUR LE SITE DE L'OZ


 

Ce coup-ci, deux articles de l'inimitable et prolixe ami du petit déjeuner, Richard Monvoisin le bien nommé.

Diététique ? Esthétique ? Dianétique ? Z'êtes éthiques ? Ah, zététique ! Z'auriez pu zarticuler. Z'est quoi, za ? Z'avez zune explicazion ?

Mais oui, voici « Zététique, petite définition », par Richard Monvoisin.

Et si après ça vous avez du temps de cerveau disponible, plutôt que de le consacrer aux médias, faites un tour du côté de « Paranormal, dérives sectaires : cautions médiatiques sous couvert de libre information », par Richard Monvoisin.

 

 


Cette Newsletter est préparée par Géraldine Fabre et Stanislas Antczak.


 

Mise à jour le Mercredi, 09 Septembre 2009 20:15