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POZ n°14 Imprimer Envoyer
Écrit par Nicolas Vivant   
Vendredi, 05 Mai 2006 14:13

 


Sommaire


 

 


Éditorial




Imagine, ami lecteur, la situation suivante. Un internaute écrit à un zététicien, éditorialiste d'une célèbre Newsletter, pour lui parler de radiesthésie. Le zététicien s'empresse de rédiger une réponse fort courtoise expliquant pourquoi il pense que l'expérience que lui décrit l'internaute n'est pas suffisante pour montrer la réalité de la radiesthésie. Il a des tas d'arguments, le zététicien, ça oui. D'ordres physique, statistique, sociologique, neuro-psychologique, ils sont, les arguments du zététicien. Bon.

Au moment de cliquer sur « Envoyer », le zététicien-éditorialiste est pris d'un doute. Normal, c'est son dada, le doute. Mais là, le doute se transforme en malaise. Que valent ses arguments, très valables au demeurant, face à l'intime conviction de l'internaute, qui ne se dévoile guère mais qu'on sent séduit par la radiesthésie ? Que vaut son insistance à lui, zététicien, à vouloir opposer cette accumulation de bonnes raisons à la croyance timidement exprimée d'un inconnu ? Frénétiquement, le zététicien relit son texte. Puis il envoie. Après tout, l'internaute lui demande son avis, il le donne, il l'argumente, il prend soin d'être poli et respectueux, tout bien, il n'a rien à se reprocher. Il a quand même jugé utile de rajouter une petite phrase du genre « Je ne suis pas fermé à la radiesthésie, hein, j'aimerais vraiment que ça marche, mais... ».

Puis il songe, à s'en rendre malade, à tomber de songe en songite (maladie du songe, créée exclusivement pour permettre de poursuivre par « car que faire en un gîte à moins que l'on ne songe » et ainsi égayer petits et grands, prends, lecteur, c'est gratuit). Finalement, l'insistance des zététiciens à expliquer que ça ne marche pas, qu'ils aimeraient bien que ça marche mais qu'il y a tout un tas de bonnes raisons qui font que vous voyez bien, ça ne marche pas, cette insistance est suspecte. À première vue, les zététiciens sont d'horribles scientistes bornés qui font confiance à un matérialisme poussiéreux à peine habillé des oripeaux du respect humain.

Il le sait bien, lui, pauvre zététicien-éditorialiste, qu'il n'est pas un horrible scientiste borné. Il le sait bien, que son engagement tient naïvement à sa conviction que le monde serait meilleur si ce qu'il appelle l'esprit critique était plus partagé. Il sait que ses actions visent à développer cet esprit critique chez lui, chez les autres. Est-ce suffisant, est-ce convaincant ?

Il se met à la place de son correspondant. Peut-il se contenter de considérer les zététiciens comme des gens qui s'engagent pour leurs convictions ? C'est un peu suranné, l'engagement de conviction. Mais quel intérêt auraient-ils à jouer ce jeu-là ? Défendre la science ne rapporte pas grand-chose, de nos jours, surtout que le zététicien n'est pas forcément scientifique professionnel. S'ils n'ont pas intérêt à défendre la raison, ce serait donc certainement qu'ils en ont un à combattre le paranormal...

Et si... (lumière dans l'esprit du zététicien-éditorialiste) et si cet intérêt était un intérêt de pouvoir ? Le zététicien aurait tout intérêt à éviter la diffusion des savoirs paranormalistes, simplement parce que le zététicien voudrait éviter la concurrence. Quand on a un pouvoir, on répugne à le partager, c'est classique. Les zététiciens formeraient donc une secte d'illuminés aux étranges pouvoirs (venus d'ailleurs, qui sait ?). Voilà d'où vient leur insistance à prétendre que le paranormal n'existe pas : le paranormal, c'est eux qui le détiennent. Tout concorde. Réfléchis-y bien, ami lecteur. Les zététiciens d'en haut sont des extraterrestres préparant la prise de contrôle du monde ; la base, les petits, les sans-grades et les éditorialistes de célèbres Newsletter ne sont que faibles esprits manipulables servant à donner le change et gonfler les troupes.

Il est d'ailleurs fort probable que pour avoir découvert le pot aux roses, l'éditorialiste se fasse trucider atrocement (ça va devenir une habitude). Allons, il en a vu d'autres, et il sait les chemins de la vérité semés d'embûches. Ça ne l'empêchera pas de souhaiter une bonne lecture à son ami lecteur et de ressuciter pour la prochaine fois.

 


Carnet rose


 

L'Observatoire zététique a connu en avril un changement dans la composition de son Conseil d'administration et de son Bureau exécutif. En effet, Nicolas Vivant, qui occupait le poste de Président, a démissionné pour pouvoir consacrer son énergie ailleurs au sein de l'OZ (« Je suis meilleur rameur que barreur », aime-t-il à répéter). Tout l'Observatoire zététique le remercie du travail effectué et du travail qu'il effectuera encore dans l'OZ.

La composition du nouveau Conseil d'administration est la suivante :

  • Stanislas Antczak (président) ;
  • Fabrice Neyret (vice-président) ;
  • Florent Martin (trésorier) ;
  • Léa Cartier (trésorière adjointe) ;
  • Nicolas Gaillard (secrétaire général) ;
  • Richard Monvoisin, Jean-Louis Racca et Éric Déguillaume (administrateurs).

 


Les ragots de Monvoisin




L'argument du « Qu'importe le flacon »

J'ai parlé récemment au téléphone à un journaliste employé par Endemol : Endemol, société de production télévisée, célèbre pour son rôle de pierre angulaire de l'esprit critique en France1. La discussion portait sur une sombre affaire d'entité malfaisante qui aurait abusé d'une femme, il y a quelques années2. Le journaliste me disait en substance que si l'idée était de présenter un regard critique sur la question - en l'occurrence, je lui proposais de parler des syndromes de paralysie du sommeil, pouvant décrire une partie du ressenti d'éventuels autres possédé-es -, il prit soin d'ajouter : « mais il ne faut pas tout casser non plus »...

Comme celui de William Harvey il y a quelques siècles, mon sang ne fit qu'un tour. J'entrepris alors de décortiquer pour lui ce lieu commun classique, et je vous livre ce que j'ai tenté tant bien que mal de lui dire.

À l'Observatoire zététique, nous considérons que même lorsque celle-ci est manifestement non fondée, casser directement la représentation mentale d'une personne sur un événement qui lui est arrivé est un exercice risqué ; si la personne n'a aucune branche à laquelle se raccrocher ensuite, l'exercice est aussi risqué que de balancer dans un lac un type sans bras, ou d'enlever les béquilles d'une personne paralysée en lui criant « marche ! » : les figures réalisées peuvent être jolies, mais ce n'est pas très courtois.3

Par contre, casser un mythe, c'est-à-dire soupeser la faiblesse d'un scénario explicatif d'une catégorie de phénomènes afin que d'éventuels spectateurs puissent se rendre compte que l'origine d'un de leurs maux ne provient peut être pas d'entités immatérielles, il s'agit non d'un choix, mais bien d'un devoir : ne pas le faire reviendrait à encourager une non-prise en charge, ou une prise en charge hasardeuse du problème. Casser le fait que l'autisme n'est pas une conséquence d'un mauvais amour maternel comme le faisait croire Bettelheim4, que le Sida ou les auto-combustions humaines ne sont pas des châtiments divins5, et que la sensation d'être paralysé dans son lit n'est pas la preuve qu'un succube6 est venu voler votre semence, ou qu'un incube est venu vous inséminer ; à moins de faire du film de fiction, tout ceci me semble être la moindre des choses qu'un média digne de ce nom est censé nous devoir.

Au journaliste d'Endemol, j'ai ensuite raconté mon expérience de la conférence du Père Brune au festival Science Frontières en 2004 : un parterre de personnes majoritairement âgées, le père Brune parlant d'icônes et vendant ensuite à la pelletée ses livres sur la transcommunication instrumentale (TCI) avec l'au-delà, et Géraldine Fabre, Florent Martin et moi nous regardant, hésitant quant à la marche à suivre : devons-nous dénoncer en public le caractère vampirique de ce genre de pratique s'abreuvant directement à la plaie des deuils ? Ou ferions-nous mieux de nous taire, pour ne pas briser une croyance à laquelle nous n'aurions pas le temps de substituer quoi que ce soit d'autre ? Que dire à une dame qui croit parler depuis 10 ans avec sa fille morte ? Nous avons opté, raisonnablement, pour la seconde solution. Mais les dents serrées.

De même pour Carlotta Moran, la fameuse possédée : il convient d'être prudent devant une personne ayant vécu des choses similaires. Mais devant un écran, il en va de la probité journalistique que de proposer les alternatives valables à ces scénarios de possession. Le journaliste se retrouve dans la position de certains des étudiants de pharmacie que je torture, et qui s'écrient : « Effectivement l'alternative (anti-rides, ADN végétal, Fleurs de Bach, homéopathie) n'est pas valable en tant que telle... mais elle rapporte. Et si les gens la demandent, au fond, tout le monde est content. ». Le journaliste, faisant un dossier se terminant de façon « ouverte », croit donner du rêve aux gens. À son insu, il crée de l'aliénation, et se réconforte à l'idée que les spectateurs sont ravis7. Je ne vois pas une énorme différence avec les propos que pourrait tenir un vendeur d'héroïne cynique : au fond, l'acheteur est content. Cela illustre un point fondamental de la zététique : l'argument purement publicitaire du « si celui qui achète et celui qui vend sont contents, tout va bien » n'est vrai que si les deux parties en présence ont accès aux mêmes informations, et possèdent bien les enjeux et les risques de chacune des alternatives. Or, le pharmacien sait plus que le client. Le journaliste sait plus que le spectateur. Endemol sait bien que socialement parlant, ses émissions ne vont pas dans un sens de stimulation de l'intelligence. Ne pas le dire aurait-il un prix ?

 

Quand les médias créent le problème qu'ils prétendent circonscrire

Je reste dans le même sujet. Une mésaventure vient d'arriver à Michel Onfray, le philosophe qui anime l'Université Populaire de Caen. Raël, qui n'en est pas à sa première frasque, et dont le look vendeur cache des idéaux politiques de type géniocratie qui feraient verdir Giuseppe8, vient de nommer Onfray « prêtre honoraire »... Sans lui demander son avis ! Valait mieux : il est peu probable qu'Onfray, connu comme peu enclin aux charmes opiacés des religions et des groupes sectaires, eut accepté si on lui avait posé la question.

Michel Onfray, le 7 avril 2006 : « Le plus étrange n'est pas que Raël saisisse l'opportunité de la vague médiatique induite par les 220.000 exemplaires vendus du Traité d'athéologie ou le succès de l'Université Populaire de Caen pour déclarer de Miami qu'il me nomme "prêtre honoraire" de sa tribu de demeurés mais bien plutôt que chaque désir de ce crétin soit amplifié par la presse qui se précipite pour lui tendre micros, caméras, porte voix et occasion de caisse de résonance à ses propos d'abruti. »9

Et le philosophe de poursuivre, à juste titre à mon avis : « Et si c'était Le Monde qui, en se précipitant pour donner un écho aux sottises de Vorilhon, se faisait raëlien malgré lui ? (...) S'il existe des « prêtres honoraires » à la secte, nul doute qu'on peut proposer des noms de journalistes et des supports qui les appointent... ».

En clair, la sphère médiatique joue généralement un jeu parfois dangereux. Ce qui est le plus tragique, c'est que beaucoup de ses acteurs se drapent d'un blanc-seing « démocratique », au nom de l'idée qu'il faut bien donner la parole à tout le monde. Onfray toujours : « L'un à qui je refuse de tomber dans le piège tendu par Raël me reproche de ne pas « jouer le jeu démocratique » ! Singulière conception du jeu démocratique : l'un vous insulte, la presse nationale relaye l'insulte, elle vous demande ce que vous en pensez, et voilà un traitement équitable : une minute pour l'insulteur, une pour l'insulté, un partout. Embrassons nous Folleville... »

Tout à fait le même genre d'argument que nous servent les tenants de l'Intelligent Design, qui réclament un temps d'antenne en vertu du nombre et du prestige de certains de leurs affidés ; idem pour une certaine quantité de tenants de scénarios pourris, allant de la négrologie de Stephen Smith10 au négationnisme de Garaudy11. Et si, pour Garaudy, les journalistes marchent sur des oeufs, pour les sus-cités il en va autrement, et les trompettes de la renommée, toujours promptement démocratiques, restent aussi mal embouchées.

Les médias se comportent généralement vis-à-vis de ces thèses, paranormales, voire pour le cas présent sectaristes, comme ce personnage des Tuniques bleues, soldat médecin, qui dans un des volumes de mon enfance, blessait d'un coup de pique le type d'en face puis sortait sa trousse pour le soigner.

Richard Monvoisin


Notes :

1 Endemol, c'est par exemple Loft Story, Nice People ou Star Academy, et Endemol France, c'est entre autres Arthur. Endemol est à la réflexion critique ce que l'émission Mystères était à la science : une contribution très limitée.
2 L'affaire est connue sous le nom de « The entity », qui fit l'objet d'un film de Sydney J. Furie en 1981.
3 Si je ne connais personne ayant jeté un manchot dans un lac, par contre des guérisseurs-miracles ordonnant à des paralytiques de marcher, il y en a. Deux évangélistes en ont fait leur spécialité :

Précision : tous les évangélistes ne cautionnent pas ce genre de pratique, loin de là.

 

Benny Hill Benny Hinn

12 différences se cachent entre ces deux images. Sauras-tu les relever ?

4 Bruno Bettelheim était convaincu, alors même que les preuves s'accumulaient contre sa théorie, que l'autisme n'avait pas de bases organiques mais était dû à un environnement affectif et familial pathologique. Il alla même jusqu'à emprunter le concept de « mères réfrigérateurs ». Voir Bettelheim, « La forteresse vide, l'autisme des enfants et la naissance du moi », 1967, pour se rendre compte.
Pour un début de critique, voir Ian Hacking, « Philosophie et histoire des concepts scientifiques », p. 391.
Pour aller plus loin, voir Richard Pollack, « Bruno Bettelheim ou la fabrication d'un mythe », les Empêcheurs de penser en rond, 2003.
5 « She was amazed and delighted when I shared the good news about God. That AIDS is not the plague of God but the consequences of sin in an evil world » (« Elle était stupéfaite et enchantée quand je lui ai transmis la parole de Dieu. Ce SIDA n'est pas la peste de Dieu, mais la conséquence du péché dans un monde mauvais », traduit par nos mauvais soins). Johnatan Gallagher, sermon de février 2005, www.pineknoll.org/adventist/lesson/references/2005/q2/mark6-9.pdf
Ce genre d'arguments permet ensuite aux Adventistes du septième jour d'aller faire du prosélytisme sous couvert de lutte contre le SIDA. Voir par exemple un.adventist.org/news/archive/2002/april02.html : « The Adventist Church and the Adventist Development and Relief Agency (ADRA) continue to develop projects on many countries to combat both the medical and the societal aspects of AIDS. (...) A seven-part video series produced by the Adventist Church is being broadcast by satellite to 400 downlinks sites in Southern Africa. These community events are expected to reach at least 250 000 people. ADRA also operates many AIDS awareness programs, as well as projects designed to support AIDS sufferers and their families. The Adventist Church's many hospitals and healthcare facilities provide direct medical help to HIV/AIDS victims. » (« L'Église adventiste et l'Agence adventiste pour le développement et le soulagement (ADRA) continuent à développer des projets dans plusieurs pays pour combattre les conséquences médicales et sociales du SIDA. (...) Une série vidéo en sept parties produite par l'Église adventiste a été diffusée par satellite à 400 sites de réception en Afrique du sud. On s'attend à toucher ainsi 250000 personnes. ADRA produit également de nombreux programmes de sensibilisation au SIDA, ainsi que des projets pour aider les malades et leurs familles. Les nombreux hôpitaux et équipements de soins de l'Église adventiste fournissent de l'aide médicale directe aux victimes du SIDA. », traduit par nos mauvais soins).
6 Le nom « incube », du bas latin incubus, dérive du latin classique incubare, « être couché dans ou sur ».
« L'incube n'ayant pas de propre semence, a pour stratagème procréatif sa transformation en Succube, de "coucher" avec un homme pendant son sommeil afin de lui récolter sa semence et de la redistribuer en tant qu'Incube à une femme endormie. » fr.wikipedia.org/wiki/Incube
7 Il y a là un effet Cigogne : les gens regardent, c'est un fait. Sont-ils ravis ? C'est une autre question.
8 Car, c'est bien connu, Giuseppe verdit.
9 Le texte est .
10 Smith S. Glaser, « Négrologie, pourquoi l'Afrique se meurt », Calmann-Lévy, 2002.
11 Garaudy R., « Les Mythes fondateurs de la politique israélienne », La vieille taupe, 1995.

 


Actualités




Attention : cette rubrique contient divers liens vers des articles et dossiers présentés par d'autres sites web. Ils sont actifs au moment où nous publions, mais ne le resteront probablement pas longtemps.

 

Réforme des miracles à Lourdes

Le miracle se fait de plus en plus rare à Lourdes : à peine quatre ont été enregistrés depuis 1978. Pourquoi ? À cause des critères d'authentification, définis par le Cardinal Lambertini en 1734 devenus aujourd'hui « inapplicables » selon le Dr Michel, coprésident du Comité Médical International de Lourdes (CMIL). Puisque les malades n'arrivent plus à Lourdes sans avoir suivi un traitement préalable, il devient impossible de distinguer l'influence médicale de l'intervention divine... La solution ? Une redéfinition plus « contemporaine » et plus souple du miracle. Une guérison miraculeuse sera dorénavant une guérison « inattendue », « confirmée » et surtout inexpliquée « dans l'état actuel des connaissances scientifiques ». Mais comme le rappelle Jacques Perrier, évêque de Tarbes et Lourdes, une guérison inexpliquée aujourd'hui ne veut pas dire inexplicable demain...

 

Prier peut nuire à la santé...

C'est la conclusion d'une étude publiée an avril 2006 dans le journal de cardiologie, The American Heart Journal. Entre janvier 1998 et novembre 2000, trois congrégations religieuses ont été chargées de prier pour « la réussite de l'opération chirurgicale et une guérison rapide sans complications » de 1802 personnes devant subir un pontage aorto-coronarien. Les résultats n'ont pas démontré l'efficacité de ces prières collectives mais au contraire, leur effet nocif : le taux de complication après l'opération avait augmenté chez les malades informés d'être l'objet de prières. Pas très rassurant sûrement d'apprendre avant l'opération que l'on a demandé à des inconnus d'intercéder en votre faveur auprès de Dieu... Ces résultats n'ont apparemment pas surpris le théologien américain Harold Koenig, directeur du Center for Spirituality, Theology and Health, pour qui la science est incapable étudier le surnaturel et qui a déclaré : « Why would God change his plans for a particular person just because they're in a research study ? »

 

... mais la foi conserve.

En Grèce, les restes du moine Vissarionas Korkoliakos, mort en 1991 à l'âge de 83 ans et exhumé récemment, sont exposés depuis mars dans un cercueil de verre, au monastère d'Agathonos, près de Lamia. De nombreux croyants affluent depuis, pour se recueillir avec ferveur devant ce corps « intact », malgré 15 années passées sous terre. Intact ? En regardant de plus près la photo, on se rend compte qu'il est tout de même bien décomposé. Aucun des journalistes qui ont relayé l'info n'aimerait être aujourd'hui aussi « parfaitement conservé »...

 

Jésus aurait pu marcher sur la glace

D'après l'étude du Professeur Doron Nof, océanographe de l'université de Miami, qui vient de paraître dans le Journal of Paleolimnology, les conditions climatiques en Galilée il y a 2000 ans, étaient suffisamment rigoureuses pour que dans les eaux du lac de Tibériade se forment de larges couches de glace, dont l'épaisseur aurait permis de supporter le poids d'un homme. Cette conclusion, obtenue en introduisant les données paléoceanographiques de la région dans un modèle analytique afin de reconstituer l'histoire du climat au bord du lac et d'analyser les mécanismes de variation de la température de ses eaux, pourrait selon le Professeur Nof apporter une explication naturelle au miracle de la marche sur l'eau de Jésus. « Since the springs ice is relatively small, a person standing or walking on it may appear to an observer situated some distance away to be walking on water.». Réaction de Darell Bock, Research Professor of New Testament Studies au Séminaire théologique de Dallas, au Texas : « I'm just cold to the theory. ».

 

La « braderie » des psychothérapies

En 9 août 2004, la loi 2004-806 visant à réglementer l'usage du titre de psychothérapeute était votée à l'Assemblée. Pour la rendre applicable, le ministère de la santé avait négocié en janvier dernier les termes d'un projet de décret avec des associations de psychologues, psychiatres, psychanalystes et psychothérapeutes. Pourtant, les décisions prises à ce moment semblent oubliées dans le nouveau projet de décret proposé le 7 avril 2006. Il n'est en effet plus question d'une formation obligatoire de niveau bac+5 afin d'acquérir « une connaissance des quatre principales approches de psychothérapie validées scientifiquement (analytique, systémique, cognitivo-comportementaliste, intégrative) » mais d'une formation minimale de 150 heures à l'Université ou au sein d'organismes passant convention avec l'Université. L'association de victimes SOS-thérapires dénonce ces allègements qui selon elle, mettent en danger les patients. Elle regrette aussi l'abandon des références aux techniques validées scientifiquement. Cette exigence avait pourtant été vivement critiquée par certains « psys » qui en mars dernier lancèrent une pétition, « considérant que le texte - en définissant le contenu de la formation de psychopathologie requise pour user du titre de psychothérapeute - s'immisçait dans une querelle scientifique » (Le Monde).


Géraldine Fabre


Agenda


 

Le contenu de ces événements n'engage évidemment pas l'OZ. Et ce n'est pas parce qu'on annonce un événement qu'on le cautionne ou qu'on cautionne l'organisme qui en est à l'origine. Qu'on se le dise !


Conférences

Assomat

Au cours de l'année 2005/2006, l'association Assomat a organisé un cycle de conférences sur le thème « Réduction et émergence : problèmes pour l'unité de la science », rassemblant des spécialistes de disciplines différentes, des sciences de la nature aux sciences sociales en passant par la philosophie. Ce cycle arrive à son terme. Néanmoins, vous pouvez encore participer aux deux dernières conférences :

  • Le 9 mai 2006 de 18 h à 20 h : « La place de la théorie du gène égoïste de Richard Dawkins dans le débat sur le déterminisme génétique » par Sophie Bary, étudiante en systématique et évolution à l'Université Paris 6 ;
  • le 13 juin 2006 de 18 h à 20 h : « Matérialisme et mécanisme » par François Pépin, chargé de cours en philosophie à l'université Paris 10.

Ces conférences auront lieu au Collège de France, Salle Pierre Mendès-France, 52 rue de Cardinal Lemoine, 75005 Paris. L'entrée est libre.

Plus d'infos sur : jerome-segal.de/Assomat/seminaire.htm


Cercle zététique Languedoc-Roussillon

Le Cercle zététique du Languedoc-Roussillon organise le 17 mai un café Science intitulé : « Science et supercherie ».

Où commence la supercherie ? Quelle est l'attitude de la science face à la supercherie ? Comment la traque de la supercherie peut-elle donner à la science l'occasion et les moyens de faire entrer sa méthode et sa démarche dans le bagage commun des Français ? Les scientifiques ont ils toujours intérêt à ne publier que des choses qu'ils croient justes ? Leur déontologie de professionnels de la recherche ne peut elle pas se trouver en conflit avec l'intérêt de leurs sponsors ou de leur autorité de tutelle ? Sont autant de questions qui seront abordées et qui seront débattues avec le public.

Rendez-vous à 20 h à la Brasserie Eden, 17, Bd Sarrail à Montpellier (tél. : 04 67 02 82 38).

 

MENSA France

L'association MENSA France organise plusieurs conférences-débats au mois de juin, qui auront lieu à l'ESIEA, 9 rue Vésale, 75005 (métro Gobelins) :

  • Le 7 juin 2006 à 20h : « Quel avenir pour l'Humanité ? » avec Bernard Werber, écrivain de science-fiction.
    Bernard Werber reprendra ce thème qui lui est cher et qu'il développe dans ses romans, comme sur son site web via l'« arbre des possibles », ou l'exploration systématique d'une arborescence de potentialités ;
  • le 10 juin 2006 à 19h : « La bête du Gévaudan » par Jean-Jacques Barloy, auteur de « Les survivants de l'ombre : Enquête sur les animaux mystérieux » (Arthaud, 1985).
    Le lieu ? Le sud du Massif Central. L'époque ? de 1764 à 1767. Le bilan ? 100 morts et 30 blessés. Le ou les coupables ? Inconnu(s). La Bête du Gévaudan constitue une passionnante énigme, à la fois historique et scientifique. Pour l'expliquer, on a fait appel à la zoologie, à la criminologie, au paranormal, à la politique... Le mystère subsiste. Mais du moins est-il possible de dire ce que la bête n'était pas ;
  • Le 17 juin 2006 à 19h : « L'avant big-bang » avec Igor et Grichka Bogdanov, animateurs, producteurs, écrivains et chercheurs en physique théorique et mathématiques.
    Une fois n'est pas coutume, les frères Bogdanov nous invitent à un voyage à travers le temps et l'espace, à l'origine de l'information initiale, à la recherche de l'instant qui a précédé le Big Bang. Leur conférence, étayée par des images saisissantes, nous fera remonter bien au-delà du mur de Planck.


Plus d'infos sur : www.mensa.fr


À Grenoble : Soutenances publiques d'étudiants

Soutenances des dossiers du cours « Zététique et approche scientifique du paranormal »

Étudiants de Licence toutes disciplines

Thèmes fleuris : Ummites, pyramides, graphologie, Salvia divinorum, Padre Pio, TCI, la lune, Grenouilles et Crapauds, Scientologie, le papier d'Arménie et ses propriétés curatives, les Dragons et leurs conditions d'existence, etc.

Mardi 16 et mercredi 17 mai, de 17h à 20h.

Amphi E2, Département scientifique Universitaire (DSU), 480 avenue centrale Domaine universitaire 38400 Saint Martin d'Hères (Plan d'accès).

Soutenances des dossiers de l'enseignement « Initiation à l'esprit critique »
Thèmes égalements fleuris : prés maudits et ronds de sorcière, le QI et son utilisation tendencieuse, la faluche - son utilité et ses risques, les auto-combustions humaines, la stigmatisation des blondes dans la société, les agroglyphes, le monstre du Loch Ness, les Expériences de Mort Imminente, le triangle des Bermudes.
Jeudi 18 et vendredi 19 mai de 12h30 à 15h.
Bâtiment Boucherle, Pôle Santé, Faculté de Médecine, Université Joseph Fourier, Domaine de la Merci, Avenue des Maquis du Grésivaudan, 38700 La Tronche.

L'accès est libre. Attention : il s'agit d'une soutenance évaluée avec jury : soyez discrets.

Exposition

Dragons, entre science et fiction
Du 5 avril 2006 au 6 novembre 2006, au Muséum national d'Histoire naturelle, Jardin des Plantes, 36 rue Geoffroy Saint-Hilaire - Paris 5e.
Horaires : ouvert tous les jours (sauf le 1er mai) de 10h à 18h et le samedi jusqu'à 20h. Tarifs : 8 euros, tarif réduit : 6 euros.
Vous saurez tout sur l'exposition sur : www2.mnhn.fr/dragons/.



En librairie


 

« Larousse des médecines douces » et « Tempête sur l'Homéopathie »

Dans un rapport publié en 2002, l'Organisation mondiale de la santé révélait que plus de 75 % des Français avaient eu recours, au moins une fois, à l'une des nombreuses médecines « non conventionnelles ».

D'un côté, fortes de ce constat repris dans le communiqué de presse, les éditions Larousse proposent aujourd'hui le « Larousse des médecines douces », sous la direction de Stéphane Korsia-Meffre, fondateur de la Jon Greenberg Library of Alternative Treatments for HIV Disease.

De l'autre, inquiets de cette dérive des comportements, Élie Arié et Roland Cash, médecins, chargés de cours en économie de la santé au Conservatoire national des Arts et Métiers, publient « Tempête sur l'Homéopathie » (éditions Asclépiades, 220 p. 18 euros).

Comme les auteurs dans cette interview, on peut s'interroger sur l'ambiguïté du privilège accordé à cette médecine « douce » au moment où la sécurité sociale dérembourse les médicaments dont l'efficacité est non démontrée, nulle ou faible, sous prétexte d'une « nécessaire rationalisation des dépenses de soins ». L'homéopathie est en effet toujours dispensée d'apporter la preuve de son efficacité alors que d'après les résultats publiés en août 2005, dans la revue scientifique The Lancet, elle ne serait pas supérieure à celle d'un placebo... « Une injure pour les malades qui ne savent pas ce qu'ils prennent » estiment Arié et Cash qui demandent par honnêteté intellectuelle son déremboursement. « Ceux qui ne partagent pas la croyance en l'homéopathie n'ont pas à contribuer à sa charge financière : le principe de laïcité devrait aussi s'appliquer à la Sécurité sociale ! » ont-ils déclaré dans le Monde.



« L'irrationnel nous menace-t-il ? »

Sous forme d'un opuscule, vient de paraître aux éditions Pleins Feux (6 euros), la retranscription d'une conférence de Jean-Michel Besnier, Professeur de philosophie à l'université de Paris-Sorbonne, membre du Centre de recherches en épistémologie appliquée.

« Doit-on s'inquiéter du succès de Harry Potter et de ses amis magiciens, de la saga toute médiévale du Seigneur des anneaux, de l'Alchimiste de Paulo Coelho, de la réécriture de l'histoire du christianisme imposée par Dan Brown avec le Da Vinci Code... ? Doit-on s'inquiéter de toutes ces manifestations d'un engouement du public pour « ce qui ne s'explique pas », pour « ce qui dépasse l'entendement »... ? On répondra que la raison est desséchante et que nous avons besoin de rêver, que l'on fait beaucoup de bruit pour rien et que, par exemple, le recours à la voyance qu'avouent des hommes politiques ou des chefs d'entreprise ne prête pas à conséquence - pas plus que la soutenance d'une thèse en Sorbonne consacrée à l'astrologie et qui défraya la chronique, il y a quelques années. Tout cela, répétera-t-on, signale l'air du temps qui est au New Age. Après tout, on ne change pas de millénaire impunément. Je serais tout disposé à me rallier à un certain irénisme, c'est-à-dire à minimiser le problème s'il ne s'exprimait pas quelquefois, sous des formes alarmantes. »

L'irrationnel nous menace-t-il ? Jean-Michel Besnier répond d'emblée oui et n'en fait d'ailleurs pas mystère. Il s'applique à argumenter cette réponse en étudiant le rapport à la raison, qui a fondamentalement changé au cours du XXe siècle, puis les rapports entre l'irrationnalité et la peur, non sans évoquer la question de la montée des intégrismes religieux. Des pistes de réflexion pour envisager (et construire) la place de la raison dans le futur proche de notre culture.


Géraldine Fabre


« La santé de A à Z »

Un éditeur belge, Paperview SA, de Bruxelles, édite cette encyclopédie illustrée consacrée aux médecines douces et surtout à l'homéopathie. Présentée en huit fascicules reliés, d'un prix plutôt modique, elle est diffusée auprès du grand public, notamment en Rhône Alpes et Centre, par différents journaux régionaux, dont Le Progrès et la République du Centre. Si l'on examine son contenu, on constate qu'à côté d'informations très résumées concernant les causes et symptômes, les traitements mis en oeuvre par la médecine traditionnelle n'y occupent qu'une place restreinte, tandis que ceux que préconise l'homéopathie sont décrits en détail. Il s'y ajoute, selon les maladies, des indications plus limitées, relatives à l'ostéopathie, à l'acupuncture, à l'oligothérapie, à la phytothérapie, aux Fleurs de Bach, à l'aromathérapie, au Qi Gong, au yoga et parfois aux régimes alimentaires. D'emblée, les auteurs belges de ce travail, en bons adeptes de la méthode Coué, nous assurent qu'« après avoir, pendant des années, inspiré la méfiance, les médecines douces ont, de nos jours, acquis une véritable place dans la société ». Ils précisent aussitôt que « l'acupuncture et l'homéopathie ne sont plus considérées comme des « médecines parallèles ». Elles ont fait leurs preuves et sont enseignées dans les facultés. L'ostéopathie, quant à elle, abandonne son rôle de réparatrice pour devenir une médecine complète ». Bien sûr, un conflit a eu lieu depuis deux siècles, provoqué par les homéopathes qui rejetaient la médecine, et surtout la thérapeutique, traditionnelles, mais on nous assure, dans cet ouvrage, que « parallèlement les querelles entre médecines douces et médecines allopathiques semblent s'estomper. En effet, les médecins allopathes admettent de plus en plus fréquemment que leurs malades, s'ils le désirent, aient recours aux médecines naturelles. De leur côté, les praticiens en médecine naturelle ont conscience que l'on ne peut négliger les progrès de la science, sachant qu'aucune médecine n'est une science exacte ».

Bref, ces plus de huit cents pages constituent d'abord un exemple de communication méthodique, de « pur » marketing qui n'a rien à voir avec l'approche scientifique, et avance masqué afin de faire croire au caractère sérieux des pseudo-médecines « douces » et surtout de faire marcher leur commerce lucratif.


Pierre Bienvenu


Les vidéos de Flo




Une pêche miraculeuse
Maintenant, imaginez que l'on remplace le pêcheur rigolard par un jeune sage chevelu en pleine prière (appelons le Jésus) et que l'on rajoute un journaliste en mal de sensationnel... Le début d'un mythe ?

Version japonaise de la Castafiore
Mon avis perso : un illusioniste a cassé le verre pour faire cesser le supplice !

Preuve de l'existence de la psychokinèse
Commentaire de Sly : « Y'a un truc c'est sûr, mais c'est très frustrant de ne pas savoir lequel ! :-) »

Chien savant, plus fort de le cheval Hans !

Florent Martin


Nouveautés sur le site de l'Observatoire zététique




Quel usurpateur, ce titre. Une seule nouveauté ce coup-ci. Oui, mais y'en avait combien la dernière fois, hein ? Quatre, qu'il y en avait. Là, une seule nouveauté, mais quelle nouveauté, mes amis !


Peut-on critiquer la psychanalyse ?, de Jean-Louis Racca.
Là c'est compliqué : c'est la critique d'un livre qui critique un livre qui critique la psychanalyse... À lire confortablement installé sur le divan.

Mise à jour le Mercredi, 09 Septembre 2009 20:13