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POZ n°45 Imprimer Envoyer
Vendredi, 13 Mars 2009 14:13

 


SOMMAIRE




ÉDITO


 

« Si ça s'trouve c'est pas vrai, ça s'peut pas.
Tout ça, tout ça c'est inventé. »
Richard Gotainer, « Femmes à lunettes », chanson zététique.

 

Ami lecteur, il faut que je te l'avoue, je suis sceptique. Enfin ça tu t'en doutais. Mais c'est plus grave : je suis sceptique au sujet de ma propre rationalité. Et ça, j'en suis certain (ce qui, de fait, stoppe là la récurrence du doute). D'un côté, je professe la zététique, l'esprit critique, les sciences, le doute, tout ça, je plastronne dans les salons une flûte de champagne à la main et un sourire fat aux lèvres entre la marquise et l'archevêque, mais ma chère, ne faites donc pas à tout propos ces sophismes post hoc lorsque vous évoquez votre kinésiologue ; je vous citerai à ce propos le mot du maréchal Monvoisin qui me confiait l'autre jour à la chasse, etc.

Et d'un autre côté, je suis bassement, bêtement, ordinairement irrationnel comme tout un chacun. Je ne parle pas simplement de mes comportements irréfléchis au quotidien : mes achats compulsifs de livres à périodicité variable, mes procrastinations en matière d'aménagement du territoire domestique, et même des choses plus intimes que je ne t'avouerai pas, on a sa vie privée, non mais sans blague. Je ne parle pas non plus du credo qui sous-tend mes agissements : l'espoir de parvenir à un monde meilleur, celui d'y contribuer...

Non, je parle de vraies croyances irrationnelles et non maîtrisées, avec des vrais morceaux de pensée magique dedans et tout. Je te laisse en juger sur les deux exemples que voici. Je te mets dans la confidence, mais ne le répète à personne, je serais la risée du monde zététique.

Quand je marche sur un trottoir dans la rue, pas spécialement pressé et pas spécialement pensif (conditions requises), je m'efforce de marcher sur le plus de plaques de goudron possible. Si je suis amené à marcher sur la bordure du trottoir, je mettrai le pied sur le plus de pierres possibles. Quitte, parfois, à allonger ou raccourcir le pas. Ou à faire un petit détour imperceptible, juste pour qu'un tout petit bout de ma chaussure ait été posé sur la jonction entre deux plaques, validant ainsi en une fois les deux zones. Je n'ai pas très bien compris pourquoi je fais ça, mais il y a probablement derrière une pensée magique quelconque, la superstition d'un lien entre le fait de ne pas marcher sur telle zone et celui de rater ma journée.

Deuxième exemple, toujours dans la rue : quand je dois attendre à un feu pour passer, je compte à rebours dans ma tête en essayant de faire en sorte que le zéro tombe sur le moment où je vais me mettre en route. Tu me diras qu'il s'agit plus d'un jeu que d'autre chose, mais je pense qu'il y a réellement de la pensée magique là-derrière, comme si le fait que je pense zéro agisse sur le passage au vert du feu. De plus, je suis de mauvaise foi avec moi-même, parce que si le zéro ne tombe pas du tout sur le passage au vert, je trouverai plein d'événements alternatifs pour transformer mon échec en réussite : le zéro est tombé sur le passage au rouge du feu piétons, sur le démarrage de la voiture de devant, etc. C'est consternant.

De fait, je suis en train de me guérir de ce dernier travers. Cela m'arrivait surtout en voiture quand j'y étais seul. Depuis que ma BX s'est retirée dans une communauté pour y fumer des joints de culasse, je suis exclusivement piéton et, en tant que tel, attends moins souvent aux feux. Mais enfin je replongerais certainement si d'aventure je me remettais à circuler en automobile.

L'histoire de la marche sur les jonctions, ça m'embête plus parce que je ne sais pas l'interpréter et je n'arrive pas à m'en défaire. Je ne juge toutefois pas utile d'entamer une thérapie comportementale ou une procédure judiciaire pour si peu, hein, j'essaye de vivre avec ma maladie mentale. Mais ça m'ennuie.

Enfin tu le vois, je suis un grand dérangé. C'est assez effrayant, si l'on considère que j'ai une tribune libre pour m'exprimer. Quelle influence néfaste je peux avoir sur les générations futures ! Si ça venait à se savoir, la Présidente me retirerait ma licence d'éditorialiste hic et nunc, ex abrupto, manu militari et urbi et orbi. Vade retro, je deviendrais sine die, persona non grata (sic transit...). D'un autre côté, c'est assez rassurant de voir que je n'ai trouvé que ces deux exemples : finalement je suis assez équilibré comme garçon. Si si, je t'assure. Regarde-toi, combien tu en as, de ce genre de maladies, hein ? Ne nie pas, je le sais.

En tout cas, t'en parler m'a fait du bien, ami lecteur. Tu devrais ouvrir une officine de thérapeute, tu sais vachement bien écouter. C'est une cure longue, certes, qui dure depuis quelques années, mais de mois en mois je me sens mieux. Je te dois combien ?

 

Stanislas Antczak
éditorialiste névrosé

 


LES NOUVELLES DE L'OZ


 

Le nouveau site de l’Observatoire zététique

Depuis quelques jours, l’OZ a remis en ligne son site web, désormais accessible à l’adresse : www.zetetique.fr. Nous avons profité de l’occasion qui nous était donnée par le crash du disque dur hébergeant l’ancienne version de notre site pour en revoir l’architecture et l’ergonomie. La nouvelle version mise en ligne est encore en développement et la remise en état complète du site devrait donc encore prendre quelques temps. Néanmoins, tous nos dossiers et toutes les newsletters sont de nouveau accessibles.

Petite nouveauté bien pratique, la page www.zetetique.fr/index.php/dossiers qui indexe tous nos dossiers dispose maintenant d’une fonction recherche permettant un accès plus rapide aux informations. De plus, le système choisi permet aujourd'hui à tous les membres de l'OZ, après avoir choisi un nom d'utilisateur et un mot de passe, de mettre en ligne eux-mêmes leurs articles (articles qui seront ensuite relus par le comité de relecture de l’OZ, avant publication). Nos informaticiens, qui ont œuvré efficacement à la reconstruction du site, ne manqueront pas de proposer une petite formation à tous les membres intéressés.

 

Numéro spécial zététique de la revue de GSA05

Nous l'évoquions en janvier, plusieurs membres de l’OZ ont participé à la rédaction d’un numéro spécial de la revue de l’association Gap Sciences Animations 05. Ce numéro (n°66) de 24 pages, entièrement consacré à la zététique, vient de paraître et devrait être diffusé dans les CDI des collèges et lycées du département des Hautes-Alpes.

Au sommaire, cinq articles essayant de faire le tour des différents aspects de la zététique. Dans le premier article, Comment définir la zététique ?, Éric Déguillaume revient sur la définition de ce terme mal connu car peu usité bien que très ancien. Dans le second article, Zététique et démarche expérimentale, Stanislas Antczak explicite, étape par étape, l’élaboration d’un protocole scientifique pour tester la sourcellerie. Ensuite, dans La zététique pour développer l’esprit critique : les règles d’or, Denis Caroti présente et illustre quelques uns des principes zététiques, outils de réflexion critique dont nous pouvons avoir besoin au quotidien. Puis, dans Chasseurs de fantômes, enquêteurs du paranormal, Géraldine Fabre revient sur quelques prétentions extraordinaires qui après enquête ne le sont plus vraiment. Enfin, pour conclure, Richard Monvoisin, dans Zététique, médias et autodéfense intellectuelle décrypte quelques mécanismes à l’œuvre notamment dans les revues et émissions de vulgarisation scientifique. Beaucoup de principes et de conseils sont donc donnés pour (r)éveiller le sens critique du lecteur.

Ce projet n’aurait jamais abouti sans la motivation de Denis Caroti, président de l’Association Marseille Zététique, qui aura réussi l’exploit de nous faire respecter les délais de remise de nos copies.

 

Trois nouvelles enquêtes mises en ligne sur le blog de l'OZ

Nicolas Vivant a récemment publié trois billets sur le blog de l'OZ concernant trois vidéos de fantômes largement diffusées sur Internet. Si ces images sont relativement connues, leurs explications le sont généralement beaucoup moins et le "mystère" perdure parfois là où il n'y a plus lieu d'être. Ces enquêtes montrent aussi que chaque cas d'apparition est un cas particulier mais intéressant.

 


ACTUALITÉS
Les actus du "paranormal"



Des nouvelles de l'AMAZ

Nous venons d'apprendre que l'association AMAZ (Association Monégasque d'Analyse Zététique), créée en 2007 par le magicien Stéphane Bollati, a été décorée de "l'ordre humanitaire" lors de la Nuit des associations, organisée au mois de novembre 2008 dans la principauté de Monaco. Cette soirée était l'occasion pour la petite centaine d'associations monégasques de présenter leurs activités, en présence du Prince Albert II. Stéphane Bollati, président de l'AMAZ, en a donc profité pour faire découvrir la zététique à une assemblée, ne connaissant, pour la majorité, même pas ce terme. À l'issue des présentations, cinq associations ont été récompensées par "l'ordre humanitaire", dont l'AMAZ.

Au-delà de la récompense symbolique, cette soirée a permis à Stéphane de nouer des contacts qui ont déjà débouché sur la programmation d'une émission de zététique sur Radio Monaco (95.4 MhZ). Une fois par mois, le matin de 9h à 10h, dans "La matinale, avec Delphine", Stéphane intervient en direct pour parler de zététique et répondre aux questions des auditeurs. Jean Brisonnet a déjà été invité sur le thème des pseudo-médecines et Richard Monvoisin devrait prochainement participer pour parler des fleurs de Bach.

L'AMAZ organise toujours des réunions mensuelles et compte une vingtaine de membres actifs et assidus.

 

Non, Google Earth n'a pas permis de retrouver l'Atlantide

On l’a cru quelques jours et cette révélation a fait les gros titres des tabloïds anglais : à l'aide de Google Earth et de sa cartographie des océans, Bernie Bamford, un ingénieur britannique, aurait réussi à localiser les traces de l'île engloutie décrite pour la première fois par Platon dans le Timée. D'étranges lignes géométriques peuvent en effet être observées sur le fond de l'Océan Atlantique au large des îles Canaries (la localisation exacte est 31 15'15.53N 24 15'30.53W), précisément là où Platon situait l'Atlantide, c'est-à-dire « au-delà des colonnes d'Hercules », en d'autres termes au-delà du détroit de Gibraltar... Cette découverte localiserait donc les ruines de l'Atlantide à 5.400 mètres de profondeur, dans un rectangle d'environ 130 kilomètres sur 170, d'après les indications de Google Earth. Même si l'exploration s'annonce difficile, il n'en fallait pas plus pour faire renaître le mythe.

Mais ces lignes sont-elles vraiment les ruines d'une cité humaine engloutie ? Il est toujours intéressant d'envisager d'autres hypothèses avant de conclure... En l'occurrence, une explication publiée sur le blog de Google a rapidement coupé court à la rumeur. Ces lignes seraient en réalité un artefact dû au processus de collecte des mesures de profondeur de l'océan (bathymétrie) : « Une donnée bathymétrique est souvent recueillie par des bateaux utilisant un sonar pour prendre des mesures du fond de la mer. Les lignes reflètent le chemin du bateau à mesure du recueillement des données. Le fait qu'il y ait des espaces vides entre chacune de ces lignes est le signe de notre petite connaissance du monde des océans. », expliquent les océanographes de Google. En effet, c'est à partir de données récoltées lors de différentes campagnes de mesures, en utilisant différents outils (satellites, altimétrie, gravimétrie, etc.), fournissant des images aux résolutions variables, que les cartes du fond océanique sont reconstituées, comme un véritable patchwork. Certaines zones  sont donc mieux connues que d'autres, en particulier celles où les bateaux ont pu faire des mesures bathymétriques précises.

 


 

En bref


Richard Wiseman étudie les fantômes

Après une première étude scientifique sur les lieux hantés publiée en 2003*, le psychologue Richard Wiseman s'intéresse à nouveau aux fantômes. Il vient en effet de débuter deux nouvelles études consacrées aux témoignages d'apparitions et aux photos de fantômes. Sur le site scienceofghosts.wordpress.com, il récolte ainsi tous les documents des internautes, souvent avancés comme la preuve de l'existence de ces revenants. Bien qu'il ait pour la plupart d'entre eux trouvé une explication rationnelle, Richard Wiseman espére toujours recevoir une photo vraiment troublante. Les résultats seront publiés sur le site www.scienceofghosts.com dès le 4 avril 2009. D'ici là, méfiez-vous car comme le rappelle Richard Wiseman : « Nous savons que les fantômes ont tendance a être vu comme des personnages solides qui ne se révèle fantomatique que lorsqu'il font quelque chose comme traverser un mur. »

*R. Wiseman et al., (2003). An investigation into alleged hauntings, British Journal of Psychology, vol. 94 (2), pp. 195-211.

 

Ayahuasca, voyages chamaniques : le CSA donne raison à Psychothérapie Vigilance

Le CSA a finalement donné raison à l'association Psychothérapies Vigilance, qui s'était émue du contenu de l'émission Envoyé spécial diffusée en juillet 2008. Selon l'association, le reportage « présente le défaut majeur de promouvoir, sous couvert d’une terminologie rassurante (guérisseur indien, médecine traditionnelle, plante médicinale, ...) l’ayahuasca, c’est-à-dire une substance classée dans la liste des stupéfiants par arrêté du ministre de la Santé. » Bien que la direction de France2 ait dans un premier temps récusé ses accusations, le Conseil supérieur de l'audiovisuel « .a estimé que plusieurs séquences de ce reportage contribuaient à présenter de manière positive ou équivoque la consommation du produit stupéfiant faisant l'objet du reportage. Les effets dangereux de la substance ont été minorés et les quelques éléments critiques apportés aux téléspectateurs ne dissipent pas les ambiguïtés du propos général. ». Toute la correspondance entre France2, le CSA et Psychothérapie Vigilance est en ligne.

 


 

Le Bazar du bizarre

 

Le secret d'un mariage durable

Selon un sondage réalisé auprès de 3000 couples, les secrets d’un mariage durable seraient quatre baisers et un « je t’aime » par jour, trois relations sexuelles par semaine et deux repas romantiques par mois. Mais si vous n’êtes pas dans ces « moyennes » (que ne fait-on pas dire aux chiffres !), ne confondez pas pour autant corrélation et causalité… Ces petites attentions ne sauveront pas nécessairement votre couple.

 

Le gros serpent de Bornéo

Le Daily Telegraph a publié fin février une photo aerienne prise au dessus du fleuve Baleh à Bornéo, montrant une forme verte allongée qui, pour certains, est un serpent géant.  Malheureusement, ni l'auteur, ni la date, ni la localisation précise de cette photo ne sont cités dans l'article. Des éléments importants qui émettent de gros doute sur son authenticité... Comme le journaliste Benjamin Radford, très sceptique face à ce cliché, on peut également s'étonner qu'il n'y ait pas plus d'images du « serpent ». Si vous aviez la chance de croiser cet « animal », ne le photographieriez-vous pas sous toutes les coutures ?

 

Boîte vocale divine

Aux Pays-Bas, l’artiste Johan Van Der Dong a ouvert le 7 mars dernier une boîte vocale pour Dieu. Les croyants peuvent donc depuis quelques jours enregistrer leurs messages et leurs prières sur ce répondeur téléphonique. L’artiste ne précise pas quand Dieu, qui reste très difficilement joignable, consultera ses messages mais la ligne ne sera ouverte que six mois. Johan Van Der Dong avait déjà créé une boîte aux lettres mais il faut croire que même Dieu évolue.

 

Des sonneries de portables contre le rhume

On n'arrête pas le progrès. Un fournisseur japonais propose en téléchargement sur son site internet des sonneries de téléphones portables qui auraient la propriété « scientifiquement prouvée » de déboucher le nez des enrhumés. Ces sonneries-remèdes activent le vibreur du téléphone. Il suffirait donc de plaquer son portable sur l’arête du nez pendant 30 secondes pour que les sinus soient dégagés par ces vibrations. Selon le créateur, les vibrations et sons tiendraient compte « des différences physiologiques entre hommes et femmes et notamment de la résonance de leur nez ». Mais, ne vous précipitez pas sur internet à la recherche de ces sonneries, son créateur précise également qu'il est fort probable que ce remède ne soit pas en l’état adapté aux « étrangers aux longs nez ».

 

Si le téléphone ne marche pas, essayez l'eau de la Manche.

Puisée à quelques kilomètres de la côte de Saint-Malo, l'eau de la Manche est aujourd'hui vendue aux États-Unis, 11 euros le flacon, comme remède contre le nez bouché. Commercialisé par la société Shering Plough, l'Afrin PureSea serait « le seul produit de rinçage nasal fait à 100% d'eau de mer purifiée ». Pas d'étude scientifique à l'appui de ces affirmations, le message publicitaire joue simplement sur la pensée magique et l'effet exotique (appelé aussi argument « du moine tibétain aborigène du Mexique »), un peu comme on nous fait rêver de l'autre côté de l'Atlantique avec l'« eau pure des neiges de l'Himalaya ».

 


ENQUÊTE
Antennes relais et cancers pédiatriques : le cas de Ruitz


 

En novembre 2005, la commune de Ruitz dans le Nord-Pas-de-Calais, est frappée par le malheur. Un cancer cérébral est diagnostiqué chez un enfant scolarisé dans l’école maternelle de la commune. Il vient s’ajouter à un cas précédent diagnostiqué en 2004 et dont la victime est décédée la même année. Les parents d’élèves sont inquiets : à proximité de l’école est installée une antenne-relais de téléphonie mobile, depuis octobre 1998. Ils s’étaient mobilisés dès 1999, avec des riverains, pour la faire déplacer. Dans ce but, ils avaient fait appel à des associations dont Priartem.

Une enquête sanitaire est effectuée par la cellule inter-régionale d’épidémiologie du Nord-Pas-de-Calais Picardie (CIRE Nord), sous la responsabilité de l’institut national de veille sanitaire (INVS). Elle rend son rapport en mars 2008 et conclut que le nombre de cancers recensés à Ruitz est dû à la distribution aléatoire des cancers sur le territoire [1]. Priartem conteste cette conclusion et expose son argumentation sur son site mi-juin 2008 [2].

Grâce aux principes zététiques, il est possible de déterminer si ce qu’affirme Priartem justifie d’émettre des doutes sur les conclusions de l’enquête sanitaire, ou si au contraire, les critiques de Priartem, très souvent relayées par les médias, sont sujettes à caution. Cet article a ainsi pour but de vérifier la logique et les principes de réflexion à l’œuvre dans la critique émise par cette association, pour s’assurer qu’il n’y a pas de biais dans les conclusions avancées.

 

Un fait étrange

Priartem pointe dans le rapport de l’INVS un fait troublant :
« Selon le rapport fourni, il apparaît d’ailleurs que l’on se situe ici bien au-delà des moyennes nationales. En effet, l’enquête dit que la commune compte 304 enfants de moins de 15 ans. Elle demeure discrète sur le nombre d’enfants de moins de 8 ans qui accroîtrait encore la taille de l’agrégat. Mais même en prenant en compte cette définition large de la population enfantine, le différentiel entre la moyenne nationale observée et la situation locale demeure extrêmement élevé : tous cancers confondus, cette moyenne nationale s’élève à 137,5 cas sur 1 million. Ramené à la population enfantine de Ruitz, on obtiendrait une moyenne de 0,04 cas, bien loin donc des trois cas recensés [mis en gras par nous].
»

Ainsi, l’organisme en charge de veiller sur l’état de santé de la population française serait passé à côté d’une évidence : le nombre de cas recensés à Ruitz étant bien supérieur à la moyenne attendue, la cause probable due au hasard ne tiendrait pas. Pour Priartem, l’affaire est entendue : 3 cancers chez de jeunes enfants, dans un même lieu suggèrent l’existence d’une cause environnementale commune.

Mais devons-nous croire Priartem et se ranger à son argument qui semble frappé au coin du bon sens ?

 

Un argument moins évident qu’il n’y paraît…

Effectivement, le taux d’incidence des cancers pédiatriques est de 137,5 cas pour 1 million. Ramené à 304 enfants – la population enfantine de Ruitz – il y a bien 0,04 cas. Constater 3 cas de cancers pulvérise donc les attentes « normales » et semble conforter la thèse de Priartem. Cependant, un seul cas suffit déjà à pulvériser les attentes « normales » et devrait déjà conduire à la même interrogation. En effet, 1 cas par rapport au 0,04 cas « attendu », c’est 25 fois ce qui devrait être constaté !

En conséquence, ce critère est-il pertinent ?

Pour se faire une idée sur la question, effectuons un petit exercice en partant de 1 000 160 enfants. D’après le taux d’incidence, le nombre de nouveaux cas de cancers de cette population est de 138. L’exercice est fait à partir de 1 000 160 enfants afin d’obtenir 3 290 groupes de 304 enfants – taille de la population enfantine de Ruitz. Ces 3 290 groupes auront bien tous un taux d’incidence ramené à cette taille d’échantillon de 0,04. Pour autant, les 138 cas de cancers auront-ils disparu ? Bien évidemment et malheureusement non. Ils vont se répartir sur les 3 290 groupes. Dans le meilleur des cas, il y aura bien 138 groupes avec un nouveau cas, pulvérisant le fameux 0,04 attendu sans pour autant que ce soit anormal…

 

Poser correctement le problème

Continuons l’exercice en poussant cet exemple dans le cas extrême. Il pourrait y avoir 1 groupe parmi les 3 290 qui présente la totalité des 138 nouveaux cas de cancer. Dans ce cas, l’existence d’une cause commune au groupe concerné serait admise intuitivement. Autrement dit, l’explication de ce phénomène par un effet du hasard serait exclue. Cette intuition serait bonne car en effet, bien qu’il n’y ait qu’1 chance sur environ 76 millions de gagner le gros lot à l’Euro Millions, il existe des milliards de milliards de fois plus de chance* de le gagner que de voir apparaître les 138 cas dans le même groupe de 304 enfants… Il est donc bien plus raisonnable de penser que ce regroupement remarquable est le fruit d’une cause commune (et bien sûr de chercher à la déterminer) que de penser qu’il est dû au simple fait du hasard.

Dans le cas de Ruitz, c’est la même chose : il s’agit de déterminer ce que peut expliquer le hasard. En d’autres termes, à partir de combien de cas peut-on considérer que le hasard ne peut plus être l’explication du phénomène ? Une façon de procéder serait d’estimer combien de groupes de 300 enfants de moins de 15 ans, en France, pourraient présenter au moins 3 cas de cancers simultanés. S’il faut 10 siècles pour obtenir ce résultat, il sera raisonnable de penser qu’à Ruitz, une cause commune est à l’œuvre. Mais si le hasard seul peut produire une dizaine de cas par an, il sera inutile d’aller chercher midi à 14h ni de chercher une cause commune, antenne-relais de téléphonie mobile incluse.

Comment connaître cette probabilité ? Eh bien, il est possible de procéder par simulation, en utilisant un tableur informatique ou des logiciels mathématiques plus élaborés. Mais il y a aussi un moyen plus simple de trouver cette information, sans aller très loin…

 

Impasses, impairs et manques…

Il suffit d’aller voir dans le rapport de l’INVS. Les enquêteurs ont réalisé une estimation des effets du hasard et ils donnent le résultat dans la conclusion de leur étude. Cette conclusion est également reproduite sur la 4e de couverture du rapport. Voici ce qui est dit :
«
Il est possible que le regroupement de cancers observés chez les enfants relève de facteurs de risque individuels et de la distribution aléatoire des cancers sur le territoire. On peut ainsi estimer statistiquement que, si l’on surveillait pendant 10 ans tous les regroupements de 300 enfants sur le territoire, il y aurait au moins 400 situations où du simple fait du hasard 3 cancers seraient observés. [mis en gras par nous] »

Il est pour le moins curieux que Priartem n’ait pas jugé opportun de porter cet élément capital à la connaissance de ses lecteurs dans son analyse. Ceci est d’autant plus étrange que Priartem ne se prive pas de faire remarquer les manques et omissions diverses – de son point de vue – du rapport de l’INVS. Par exemple (mis en gras par nous) :

[L]es auteurs du rapport pourraient se rappeler que les résultats de plusieurs recherches suggèrent […]

Ou encore, cet autre extrait, où l’auteur s’essaye à l’ironie :

[V]ictimes d’une curieuse amnésie, les auteurs ont oublié que[…]

Et, enfin, pour la bonne bouche :

Le rapport fait l’impasse sur les avancées scientifiques susceptibles de comprendre les mécanismes en œuvre […]

Étonnant, non ?

 

Mais pourquoi tant de haine ?

En résumé, Priartem se base sur un argument non pertinent pour « prouver » l’existence d’une situation anormale à Ruitz  car elle ne pose pas correctement le problème pour juger si oui ou non cette situation est véritablement anormale. De plus, elle ne rend pas compte d’une information clé contenue dans le rapport de l’INVS dans son « analyse » alors qu’elle ne se prive pas de pointer les oublis qu’auraient commis les enquêteurs de l’INVS.

Comment expliquer ce comportement que certains assimileront à un aveuglement ? La raison est peut-être que Priartem ne cherche pas à savoir objectivement si ces antennes sont dangereuses pour la santé car elle semble avoir déjà répondu à cette question. En zététique, il s’agit d’une facette bien connue : les yeux du cœur ont une mauvaise vision [3]. Dans ces conditions, toute information allant dans le sens contraire à cette croyance sera forcément rejetée. Il ne peut donc en être autrement du rapport de l’INVS qui, en concluant à un probable effet du hasard ou à des facteurs de risques individuels – autre omission de la part de Priartem – ne va pas dans le sens de la conviction de cette association.

 

Vincent Laget

 

Note et références

* La probabilité cherchée est égale à (1/3290)137. Pour bien comprendre que cette probabilité est très faible par rapport à celle de gagner le gros lot à Euro Millions, nous pouvons remarquer que 32903 est environ 470 fois plus grand que 76 millions…

[1] INVS – Investigation du signalement de 2 cas de cancers à l’école de Ruitz – Mars 2008.

[2] PRIARTEM - L’ « agrégat aléatoire » au secours de l’INVS et des opérateurs – 17 juin 2008.

[3] Henri Broch, (1989). Le paranormal, collection Point Science, nouvelle édition, Le Seuil, pp. 188-189.



BILLET
Au clair de la lune…


 

La fascination pour la lune ne date pas d’hier. La célèbre mélodie du 18e siècle, sur trois notes, do-do-do-ré-mi..., si facile à chanter pour les enfants, rafraîchit une croyance venue du fond des âges :

« Au clair de la lune,
Mon ami Pierrot…
…Au clair de la lune
Volons vers les cieux
…Écoutons la lune
Et fermons les yeux.
»

 

Dimanche 1er mars 2009, le magazine féminin gratuit Fémina publie, sous le titre « La lune un astre très influent », une interview du Docteur Henry Puget, auteur de La lune et la santé : mode d’emploi (2009, éditions Minerva), dont l’objectif annoncé est de nous révéler, une fois de plus, « l’emprise surprenante que ce satellite a sur notre organisme ».

Sur fond de vague scepticisme, légitime chez la lectrice du 21e siècle, l’interview éveille l’impression de déjà connu, qui emporte l’adhésion. Mais oui, on l’a entendu très souvent cette vieille croyance sur l’influence de la lune sur nos organismes, et voilà qu’un médecin, qui dénonce en préambule l’absence de cet enseignement « sur les bancs de la faculté », lui apporte la caution de son savoir médical… Pourtant, ajoute-t-il, la plupart des médecins n’avouent pas à leurs patients qu’ils constatent périodiquement l’effet de la lune sur la santé, « de peur de passer pour des charlatans ou des médecins à l’ancienne. »

L’auteur passe en revue les différents effets lunaires dans divers domaines, qui débordent largement celui de la santé physique et mentale, et il apporte la « preuve sociale » de ses allégations par le nombre des chirurgiens, infirmières, sages-femmes, qui les vérifient, « même si les études chiffrées sur ce sujet sont contradictoires »*.

Selon lui, sociologues et comportementalistes « américains », spécialistes du sommeil, psychothérapeutes, observent les coups de blues, « blues du dernier quartier de lune », la recrudescence des crimes, des suicides, des viols et des crises d’angoisse, pendant la période de pleine lune.

Du fond de notre mémoire collective ressurgit le si célèbre héros du Dr Jekyll and M. Hyde de Stevenson, qui changeait de personnalité et sévissait les nuits de pleine lune dans le fog du Soho de Londres. Les laboratoires d’analyse constatent, eux aussi, les effets de la lune. À cet égard, pas de place pour le doute, puisque : « Cela a été démontré par des milliers d’analyses (d’urine) faites sur de nombreuses années. » En effet, selon le Dr Puget, en période de pleine lune, les germes Eschericia coli, responsables des crises de cystite, prolifèrent allègrement. Une femme prévenue en valant deux, par mesure de prévention, elle peut boire des tisanes de canneberge. Se couper les cheveux en période de pleine lune les fortifie, mais « selon qu’on souhaite avoir des cheveux plus longs ou plus épais, il faudra agir en lune croissante ou décroissante. » L’auteur ajoute : « Aujourd’hui, certains coiffeurs tiennent compte de ces éléments. »

Rien n’égale la sagesse populaire, n’est-ce pas ? De toute façon, ils ne vont pas nous renvoyer chez nous, si nous nous trompons de période ! Si ? Mais ce n’est pas tout : le sang à l’intérieur de l’organisme se comporte comme la marée sous l’effet de la lune. Gardons donc toujours un œil sur notre calendrier des postes, afin de ne pas contrecarrer les effets de la lune, pleine, nouvelle, croissante ou décroissante, sur notre santé physique ou mentale.

Pour cautionner ce discours éclairant, l’auteur utilise des termes plus ou moins ésotériques, à connotation vaguement médicale, ou carrément pseudomédicale, tels que « Escherichia coli, PH de l’organisme, cystites de pleine lune, électromagnétisme, ondes électromagnétiques à polarité négative, électrons, hormones thyroïdiennes, nutriments, etc., etc. » Il n’hésite pas à faire des analogies, qui parlent directement par leur « évidence » à notre imagination, comme le parallèle entre la croissance des champignons dans nos forêts et celle des mycoses, stimulée par la lune décroissante. Bienfait d’un côté, effet gênant de l’autre, le tout est de savoir que nos organismes et la nature marchent de pair. Préparons nos paniers, d’un côté, nos cures antiacides, de l’autre…

En résumé, si nous suivons les conseils du Dr Henry Puget, nous, les femmes, nous serons des agent(e)s éclairé(é)s et averti(e)s de notre propre santé, au lieu de subir passivement les effets de la lune !

Donc, comme le dit la chanson : « Écoutons la lune, et fermons les yeux. »

Dans le Dictionnaire des superstitions et des croyances, recensant les principales superstitions à propos de la lune, Pierre Canavaggio écrit : « À la première apparition de la lune, il faut :

  • si l'on veut être riche, en faire le voeu en tenant une pièce d'argent dans sa main droite,
  • pour que la lunaison qui commence soit favorable, cracher dans ses mains et les passer ensuite sur son visage,
  • ne pas passer d'actes officiels ayant rapport avec l'argent, au 7e et au 9e jour de la lune nouvelle. »

Qu’en est-il réellement des effets et méfaits de la Lune ? L’article « Lunatique », du site Charlatans.info nous dit que : « L’effet des marées est la conséquence de la force gravitationnelle lunaire mais celle-ci produit ses effets sur Terre uniquement sur des objets dont la masse est très importante comme les océans ou la croûte terrestre, alors que cette force gravitationnelle lunaire est nulle sur des objets aussi minuscules que peuvent l'être les êtres humains ou les animaux. »

Alors ? Rassurées ? Déçues ? Quoi qu’il en soit, nous serons toujours lunatiques à nos heures, à cause de la lune, et les marchands des légendes lunaires ou solaires continueront à en tirer profit.

 

Brigitte Axelrad
(dommage, les traditions se perdent, mon calendrier ne donne pas les périodes de la lune !)


Référence
*Le site Charlatans.info et en particulier son article « Lunatique »

 


LEÇON DE CHOZ
Comprenez vous bien la sélection naturelle ?



Vous pensez probablement bien connaître le principe de la sélection naturelle, mécanisme de l'évolution des espèces. Mais avez-vous réellement assimilé les implications de la découverte de Darwin ? Pour le savoir, répondez à cette question, issue d'une enquête menée en 2005 à la Sorbonne : « À l'état sauvage, certains éléphanteaux sont porteurs d'un gène qui prévient la formation des défenses. Les scientifiques ont constaté récemment que de plus en plus d'éléphanteaux naissaient porteurs de ce gène. Comment expliquez-vous cette situation ? »

 

Prenez le temps de réfléchir, puis notez votre réponse sur un bout de papier.
Très bien, maintenant, voici une petite analyse des réponses les plus fréquentes.

Réponse 1 : Les défenses des éléphants ne leur servent plus. Devenues inutiles, elles tendent à disparaître.

Réponse 2 : Les chasseurs tuent les éléphants pour leurs défenses d'ivoire. Dès lors, la disparition de ces défenses constitue une adaptation de l'espèce « éléphant » à l'environnement : les éléphanteaux mutent pour se protéger de la convoitise des chasseurs.

Si votre réponse ressemble à la 1 ou la 2, comme la majorité des interviewés, qui indiquaient pourtant exprimer les idées de Darwin, vous avez tout faux. Vous avez compris Lamarck mais pas Darwin (ou plutôt, ce que l'on a appris depuis Darwin, puisque ce dernier ne s'était jamais vraiment débarrassé des idées de Lamarck). En effet, du temps de Lamarck, on pensait par exemple (à tort) que les girafes avaient un long cou parce qu'une force vitale leur avait allongé pour que leur nourriture située sur la cime des arbres leur soit plus accessible. Cette adaptation acquise devenait (selon les croyances de l'époque) ensuite innée.

 

Quant à la bonne réponse à notre devinette, la voici :

Réponse 3 : Les éléphants qui sont porteurs du gène seront moins chassés que les autres et auront donc plus de chances de se reproduire  que les autres. Ce n'est donc pas tant la population des éléphanteaux qui se modifie que celle des géniteurs.

Ce qui est fondamentalement différent. En effet, il faut bien comprendre que les mutations génétiques lors de la reproduction, évoquées dans les réponses 1 et 2, se produisent de façon totalement aléatoire : elles ne peuvent en aucun cas être induites « volontairement » pour conduire à la suppression d'un organe inutile. Les éléphanteaux ne peuvent donc pas muter « pour se débarrasser de leurs défenses ».

Ce qui nous conduit à répondre 1 ou 2 plus spontanément que 3, c'est notre besoin de trouver une cause et de donner un sens à tout. Or, nous savons justement qu'il n'y a pas de mutations « orientées », « guidées » dans un objectif précis, et que c'est cet aspect purement aléatoire, dénué de toute intelligence, qui est à l'origine de l'incroyable diversité du  vivant.

 

Ceux qui n'arrivent pas à l'admettre ne sont pas créationnistes, mais finalistes, c'est-à-dire disposés à croire que les mutations génétiques ne se produisent pas aléatoirement, mais tendent vers certaines fins – adaptatives en l'occurrence, ce qui est faux, rappelons-le.

Selon un sondage de juillet 2005 (Institut de recherche Pew) :

  • 26% d'Américains seulement se déclarent convaincus par les thèses évolutionnistes.
  • 38% souhaitent que le créationnisme soit enseigné à la place de Darwin dans les écoles.
Pour nous rassurer, nous pensons qu'en Europe, il y a probablement plus d'évolutionnistes, mais il est légitime de se demander combien d'entre eux ont répondu correctement ! Faites le test dans votre entourage, vous serez surpris...

 

Jean-Marc Temmos

 


CULTURE ET ZÉTÉTIQUE


 

En librairie

Petit traité de l'imposture scientifique
Aleksandra Kroh
Éditions Belin
224 pages - 18 euros

 

Aleksandra Kroh, vient de publier un Petit traité de l'imposture scientifique, dans lequel elle revient sur quelques unes des plus grandes impostures du XXe siècle. Ces histoires, drapées de scientificité, apportent un éclairage intéressant sur les raisons de la réussite et la pérennité de ces mythes modernes. Bien que l'éditeur n'ait pu s'empêcher de parler de "charlatans" sur la quatrième de couverture, espérons que l'auteur ait été plus mesurée dans ses analyses du phénomène OVNI, de la biologie mitchourinienne, de la notion de "races" et des théories créationnistes. Les premiers bernés sont souvent les défenseurs de ces théories pseudo-scientifiques, convaincus par leurs "croyances" et parfois convaincants par leur bonne foi.

 

 

Vous avez dit hasard ?
Entre psychologie et mathématiques
Nicolas Gauvrit
Éditions Belin
238 pages - 25 euros

 

Qu'est-ce que le hasard ? Existe-t-il vraiment ? Par quels mécanismes près d'un tiers des personnes interrogées répondent-elles 7 à la question "donnez un chiffre au hasard" ? Pourquoi n'y a-t-il rien d'improbable à partager un ami commun avec son voisin de siège en avion ?  Nicolas Gauvrit apporte des réponses à ces questions, mêlant mathématiques et psychologie. Dans ce livre, le mathématicien revient ainsi sur nos mauvaises perceptions et représentations du hasard, qui nous font  parfois interpréter imprévus et coïncidences. L'auteur illustre  ses propos avec de nombreux exemples issus de notre quotidien, de l'horoscope au loto en passant par le biais d'alternance ou l'apparition de la vie sur Terre.

 

 

La Nature, miroir de Dieu
L'ordre de la nature reflète-t-il la perfection du créateur ?
Véronique Le Ru
Éditions Vuibert
Cahiers d'histoire et de philo
116 pages – 15 euros

 

Au XVIIe siècle une nouvelle conception du monde se fait jour selon laquelle la nature est à l’image de Dieu, c’est-à-dire parfaite. Selon cette « théologie naturelle », l’ordre et le fonctionnement de la nature reflètent les desseins de Dieu. Par voie de conséquence la science, parce qu’elle révèle les lois de la nature, devrait se mettre au service de la foi. Des savants comme Descartes et Fermat débattent alors d’un problème d’optique, celui du trajet des rayons lumineux. L’enjeu de cette dispute – la lumière choisit-elle le chemin le plus court ou le plus rapide ? (question à laquelle Descartes répond que la lumière ne choisit rien) – donne lieu au problème dit « de moindre action ». La nature, en général, agit-elle selon les voies les plus simples ou bien les plus économes ? Cherche-t-elle à dépenser le moins possible d’action ? En prolongeant l’interrogation vers l’usage des principes d’économie et de simplicité dans la science, d’autres savants comme Leibniz, Maupertuis ou Euler poursuivent la réflexion sur le rapport que la science entretient avec la métaphysique. Ce débat continue aujourd’hui d’opposer ceux qui – en séparant la science de la métaphysique – privilégient le postulat d’objectivité, à ceux qui – partisans de la recherche des causes finales – veulent marier la raison et la foi.

 

 


AGENDA



Conférences

Le cycle de conférences mensuelles « Les vendredis de la zététique » organisé par le professeur Henri Broch se poursuit le vendredi 20 mars avec une soirée consacrée aux pouvoirs de l’esprit. Psychokinèse, radiesthésie, spiritisme, torsion de métaux, voyance, bioénergie, photo Kirlian, guérisseurs philippins, motard « aveugle », magnétiseurs, ectoplasmes, télépathie... Henri Broch expliquera comment aborder tous ces phénomènes et ce que peuvent nous apporter, dans leur analyse, la physique et la chimie.

Les pouvoirs de l’esprit
Vendredi 20 mars 2009 à 18h
Médiathèque Communautaire de Valbonne
1855 route des Dolines 06560 Valbonne Sophia Antipolis
Renseignements : 04.92.19.76.00
Entrée libre et gratuite.

 

Dans le cadre de son cycle de conférences sur la zététique, le mardi 24 mars 2009, l’association Sciences Technologie Société (ASTS) organise une conférence-débat intitulée « Le paranormal, les scientifiques et les médias ». Les intervenants, Richard Monvoisin, chercheur associé au laboratoire de zététique de l'université de Nice-Sophia Antipolis, et Bernadette Bensaude-Vincent, professeur d'histoire et de philosophie des sciences à l'université de Paris X, discuteront du traitement des phénomènes réputés paranormaux dans les médias et du rapport des scientifiques et du paranormal. Le débat sera animé par Denis Caroti, collaborateur du Laboratoire de Zététique de l'université de Nice-Sophia Antipolis.

Le paranormal, les scientifiques et les médias
Mardi 24 mars 2009 à 18h30
Espace Écureuil
26 rue Montgrand 13006 Marseille
Entrée libre et gratuite
Informations : www.asts.asso.fr

 

Dans le cadre de son cycle de conférences portant sur la culture scientifique et en vue de la constitution d’un groupe zététique, le samedi 28 mars 2009 à 17h, le centre social et culturel Les Fossés-Jean de Colombes organise une conférence-débat intitulée « Plus vite que son nombre ». L’intervenante, Sylviane Gasquet, auteur d'un ouvrage portant le même titre, montrera comment déjouer quelques  unes des manipulations numériques courantes dans les médias. Le niveau en mathématiques requis n’excédant pas celui de la primaire, cette conférence risque d'en réconcilier plus d'un avec cette discipline.

Plus vite que son nombre
Samedi 28 mars 2009 à 17h
Centre social et culturel Les Fossés-Jean
11 rue Jules Michelet 92700 Colombes
Entrée libre et gratuite
Informations sur www.csc-fossesjean.com

 

Le lundi 6 avril 2009, dans le cadre du cycle « Les lundis de la pensée critique », le cercle zététique de Toulouse organise une conférence d’Alain Pintureau intitulée « Médecines douces contre thérapies complémentaires et alternatives ? ». Cette soirée sera l’occasion d’un débat autour des théories médicales du Dr David Servan-Schreiber.

« David Servan-Schreiber a cautionné avec vigueur tout le contenu de l'Encyclopédie Pratique de la Nouvelle Médecine (éditée par le Centre DUKE de Médecine Intégrée). L'efficacité des thérapies présentées est placée sous le signe de «  la puissante intéraction existant entre l'esprit, le corps, l'âme et l'entourage ». Le Dalaï-Lama et Matthieu Ricard font l'apologie, en particulier, de la « Méditation en pleine conscience ». « Concept fondamental » nous dit l'encyclopédie ci-dessus. Cette approche « Mind and Life » selon Matthieu Ricard, concilie « ...la qualité et la rigueur de l'approche scientifique et contemplative ». Dans les deux cas, on se place sous l'égide de la méthode scientifique pour fournir une validité empirique à ces TCA. Reste à déterminer de quelle science il s'agit. »

Médecines douces contre thérapies complémentaires et alternatives ?
Lundi 6 avril 2009 à 20h30
Maison de la philosophie
9 rue de la digue 31300 Toulouse
Tél. : 05.61.42.14.40
Entrée : 4 euros, gratuit pour les adhérents

 

Le mardi 14 avril 2009, Jean Gagnepain préhistorien, directeur du musée de préhistoire de Quinson et Gilles Boëtsch anthropologue, président du conseil scientifique du CNRS seront les invités de la dernière conférence du cycle zététique organisée par l’association Sciences Technologie Société (ASTS) et consacrée au mythe du Yéti. L'existence de légendes et de témoignages relatifs à des hommes velus dans la plupart des zones montagneuses du monde font du yéti un mythe quasiment universel. Cette universalité est-elle une preuve suffisante pour en justifier son existence ou faut-il y voir la manifestation de nos fantasmes, tabous ou propres peurs ?

Le Yéti, un mythe ?
Mardi 14 avril 2009 à 18h30
Espace Écureuil
26 rue Montgrand 13006 Marseille
Entrée libre et gratuite

 

Le vendredi 17 avril 2009 à 18h30, Richard Monvoisin sera à la médiathèque de Valbonne, près de Nice pour parler, des « Fleurs de Bach, homéopathie, cures : comment s'y retrouver dans les médecines "douces" ? ».

Le domaines des médecines dites alternatives est en pleine expansion, à tel point qu'il devient difficile pour le public de s'y retrouver. Multitudes d'offres, pour une profusion de pathologies, à des coûts divers : comment avoir un regard éclairé sur la question ? Quels outils sont à la disposition du citoyen lambda pour choisir sa thérapie, sans se faire dicter sa conduite ni tomber pour autant dans les pièges marketing et les dérives, particulièrement courantes dans les médecines parallèles. Richard Monvoisin, enseignant la pensée critique à l'université de Grenoble tentera de donner quelques outils simples à la portée de tous pour que chacun, chacune puisse faire ses choix thérapeutiques en pleine connaissance de cause.

Fleurs de Bach, homéopathie, cures : comment s'y retrouver dans les médecines "douces" ?
Vendredi 17 avril 2009 à 18h30
Médiathèque Communautaire de Valbonne
1855 route des Dolines 06560 Valbonne Sophia Antipolis
Renseignements : 04.92.19.76.00
Entrée libre et gratuite.

 


 

Projection

Dans le cadre du Festival Image et Science, organisé à Grenoble du 31 mars au 2 avril 2009, Richard Monvoisin, chercheur associé au laboratoire de zététique de l'Université de Nice, et didacticien des sciences chargé de cours d'éducation à la pensée critique à l'Université Joseph Fourier, interviendra dans le débat qui suivra la projection du documentaire « Nos enfants nous accuseront » le 31 mars à 20h30 à Mon Ciné.

Dans ce film, le réalisateur, Jean-Paul Jaud, brosse un portrait sans concession de la tragédie environnementale qui guette la jeune génération, causée par l'empoisonnement de nos campagnes par les pesticides, et les dégâts qu'ils peuvent engendrer sur la santé. Aux côtés de Marie-Laure Dezalay, directrice du service hygiène et santé, Véronique Versellino, chef du service Restauration municipale, Hélène Barrière, inspectrice de salubrité de la ville de Saint Martin d'Hères, et Patrick Ravanel, chercheur au Laboratoire d'Écologie Alpin, Richard tentera d'analyser les arguments présentés.

Nos enfants nous accuseront
Mardi 31 mars à 20h30

Cinéma Mon Ciné
10 avenue Ambroise Croizat
Saint-Martin-D'Hères
Entrée : 6 euros (réduit : 4,5 euros)

 


DIVERTISSEMENT


 

Insolite

Le 14 février dernier, mon mari et moi nous promenions dans les rues piétonnes de Grenoble, en nous tenant par la main lorsqu'une jeune fille s'est approchée de nous et nous a tendu, avec un large sourire, une enveloppe décorée d'un cœur, en nous disant que c'était un cadeau pour les amoureux. J'ai pris l'enveloppe en pensant qu'il s'agissait d'un simple démarchage publicitaire profitant de la St Valentin, mais en l'ouvrant, j'ai eu la surprise de découvrir, écrite sur un beau papier jauni, une lettre d'amour signée... « Dieu, ton Créateur » ! J'avoue que ça m'a fait un choc. Bizarrement, la première question qui m'est venue à l'esprit a été : comment cette lettre peut-elle être signée de la main de Dieu ? Deux petites lignes au bas de la page m'ont donné la réponse : « Toutes ces phrases sont tirées de la Bible » ; suivaient alors toutes les références. La lettre était donc une compilation de morceaux de versets et comme Dieu est censé avoir écrit (ou inspiré) la Bible, techniquement, il est bien l'auteur de cette lettre... enfin, un peu comme le mari de la concierge d'Amélie Poulain est l'auteur de la lettre qu'elle reçoit plusieurs années après sa mort...

Je vous épargne le contenu pour ne vous citer que la fin : « Et si aujourd'hui, on prenait du temps ensemble, toi et moi ? Je parlerai à ton cœur. Je t'attends... » Voilà que Dieu me proposait devant mon mari un rendez-vous galant ! Même si nous ne nous étions pas mariés à l'Église, je trouvais le comportement de Dieu un peu cavalier... La lettre était accompagnée d'un carton d'invitation précisant le lieu de ce « rendez-vous en amoureux avec Dieu » : la cathédrale de Grenoble. Dieu fait les choses en grand.

Je lui ai posé un lapin.

 

Géraldine

 

La petite blague

Lu sur Bashfr.fr

EthanQix : je suis l'inventeur d'un régime miracle à base de pizza qui te garantit l'immortalité.
w00t : l'immortalité ?
w00t : t'as des preuves ? ^^
EthanQix : bah depuis que je l'ai commencé, je suis pas mort une seule fois.


 

Cette newsletter a été préparée par Stanislas Antczak, Brigitte Axelrad, Géraldine Fabre, Vincent Laget, Florent Martin, Fabien Millioz, Richard Monvoisin et Jean-MarcTemmos.

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