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POZ n°13 Imprimer Envoyer
Écrit par l'équipe de rédaction   
Mardi, 28 Mars 2006 14:13

 


Sommaire


 



Éditorial


 

À l'affût des nouvelles sur Internet, l'éditorialiste soucieux apprend coup sur coup deux nouvelles importantes concernant le monde de la science, toutes les deux tristes dans leur genre.

La première est l'explosion de l'école de Chimie de Mulhouse. À l'heure qu'il est, je ne sais pas si l'on connaît une raison à cette explosion. Rien de très étonnant qu'une école de chimie explose, ceci dit sans préjuger des résultats des enquêtes qui seront menées. C'est une manière de rappeler que la science se fait parfois dans la douleur, que c'est une aventure humaine avant d'être vécue par certains comme inhumaine.

Deuxième information : le carbone 14 fait des farces. D'après Nature du 23 février 2006, cité par Libération, une nouvelle révolution méthodologique bouleverserait les connaissances sur les fossiles, vieillissant les fossiles déjà datés, créant la confusion sur les idées que l'on a de la coexistence des Cro-Magnons et des Néanderthaliens. Cette fois-ci, c'est une manière de rappeler que la science n'est jamais achevée ou gravée dans le marbre. Nul doute que certains sindonologues (ceux qui étudient le présumé suaire du Christ, dit suaire de Turin) en profiteront pour remettre en doute une ènième fois les analyses au carbone 14 datant le linge en question du XIVe siècle, oubliant peut-être que la marge d'erreur, si elle peut être très élevée pour des fossiles datant de dizaines de milliers d'années, l'est beaucoup moins pour des linges de quelques centaines d'années. On verra bien, pas de procès d'intention prémonitoire...

Pour se remettre de ces émotions, l'Observatoire zététique vous offre cette lettre d'information (en français, newsletter) toute fraîche. Elle porte le numéro treize, très chargé en superstitions. Faut-il y voir un présage ? Cette lettre est-elle promise à un avenir funeste ? Sortira-t-elle un jour ? À l'heure où j'écris ces lignes, rien ne me permet d'affirmer que j'arriverai à mener cette lettre jusqu'à la parution. Vous qui me lisez, peut-être m'est-il arrivé malheur, peut-être la lettre a-t-elle été postée par mon assassin, celui qui me guette dans l'ombre depuis des mois, attendant le moment propice, et dont l'heure et venue, dont je sens le souffle rauque et cadavéreux sur mon échine dressée, dont j'aperçois la silhouette monstrueuse qui se reflète dans mon écran d'ordinateur, unique témoin de la scène. Me retourner ne ferait que précipiter l'horreur à laquelle je suis promis. Il sera dit que je ne pourrai voir en face le regard de celui qui ouvre actuellement ses crocs pour me porter un baiser fatal dans la nuque, tout ça parce que j'ai eu l'affront de ne pas attendre ses ragots pour cette lettre. Ami lecteur, toi mon confident ultime, aie pitié du pauvre éditorialiste-rédacteur sacrifié sur l'autel de la rigueur éditoriaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa

 


Objet de l'association « Observatoire zététique »


 

L'Observatoire zététique a, lors d'une assemblée générale extraordinaire en janvier 2006, modifié ses statuts. Pour des raisons administratives diverses et variées d'une part, mais aussi pour rendre plus précis l'article 2 « Objet de l'association » qui est en quelque sorte la vitrine, la ligne de conduite de l'Observatoire zététique. Je reproduis ci-dessous ledit article avec quelques commentaires de texte personnels.

 

Article 2. Objet de l'association

L'Observatoire zététique a été fondé en 2003. Il a pour objet de recenser, développer, promouvoir, diffuser et mettre en application les méthodes et les techniques de la zététique, démarche critique fondée sur l'art du doute et le refus de tout affirmation dogmatique, définie en pratique comme méthode scientifique d'investigation de phénomènes ou allégations controversés, notamment ceux en marge du cadre ordinaire d'interprétation du réel faisant l'objet d'un consensus scientifique.

Il accorde une part importante de son activité à la mise en place de présentations publiques, de conférences, d'enseignements (notamment universitaires), de formations continues, de publications, et de supports didactiques sur les thèmes afférant à la zététique et à l'esprit critique. Il se propose en particulier d'harmoniser et de rendre accessibles les ressources dont il dispose.

L'Observatoire zététique oriente ses actions selon les axes suivants : l'investigation proprement dite, dédiée à toutes les formes de manifestations ou phénomènes controversés au sens défini plus haut ; l'étude, l'analyse critique et la création de protocoles de test de phénomènes ou de capacités considérés comme extraordinaires ; la réalisation et la publication de dossiers et enquêtes liés à ces sujets ; la diffusion des outils critiques de la zététique et du scepticisme, ainsi que la diffusion des connaissances afférant aux mécanismes sociologiques, médiatiques ou purement cognitifs d'adhésion à des thèses pseudo-scientifiques.

L'Observatoire zététique se prononce sur la validité des preuves et des raisonnements, tout en respectant la liberté de croire. De plus, il vise à éviter tout dogmatisme tant dans les allégations que les réfutations.

 

Tout (ou presque) est contenu dans la deuxième phrase : « recenser, développer, promouvoir, diffuser et mettre en application les méthodes et les techniques de la zététique ». Cela peut se découper en trois axes majeurs, les trois pans de l'action de l'Observatoire zététique.

Recenser et développer, ce qui revient à constituer un fond de savoir sur la zététique, en quelque sorte faire vivre la zététique de l'intérieur, en nous formant et informant nous-mêmes et en collectant des informations et en les étudiant. Ça veut dire qu'au sein de l'OZ, les gens lisent, écoutent, comprennent et puis partagent des informations. Lors de nos réunions et rencontres, chacun des membres de l'association apprend des choses ou en transmet aux autres, par le biais d'exposés et de comptes-rendus ou de simples discussions informelles autour d'une boisson, de deux boissons, de trois boissons ou de plus de boissons que ça. Lesdites discussions peuvent aussi être virtuelles par le biais de listes de discussion électroniques.

Promouvoir et diffuser, c'est un peu la même chose, mais destiné au public. Les réunions de l'OZ sont publiques et annoncées par voie de presse, donc le public y est invité chaleureusement (autour des boissons susnommées). Il existe aussi une liste de discussion électronique (zeteticiens@yahoogroupes.fr), une liste de diffusion (cette Newsletter), destinées aussi au plus grand nombre. Cela se traduit également par des formations, cafés scientifiques, conférences, cours universitaires dispensés de par le monde (enfin surtout en France), et à des participations médiatiques.

Pour ces deux points (étude et diffusion de la zététique), l'OZ s'est doté de la BibliOZ, bibliothèque de l'OZ accessible pour l'instant aux seuls membres de l'OZ.

Enfin, mettre en application : c'est la partie « terrain » de l'association. Aller sur le terrain, c'est avant tout rencontrer les gens et se confronter à eux. C'est discuter avec un honnête paysan du Vaucluse radiesthésiste pour comprendre sa pratique. C'est, ensuite, tenter avec le même radiesthésiste de mettre au point un protocole pour vérifier ses allégations. C'est, si on arrive à se mettre d'accord, réaliser l'expérience et publier les résultats. Mettre en application est la partie nécessitant la plus grande humilité : quelles que soient ses certitudes, le zététicien est confronté à l'inconnu, à l'autre, et doit avancer avec précaution.

Quelques remarques importantes sur les formulations parfois alambiquées, usine-à-gazesques ou obscures, de cet article 2...

Le mot « paranormal » a été banni de cet article. Conséquence, des phrases compliquées parlant de « phénomènes controversés », du « cadre ordinaire d'interprétation du réel ». C'est voulu. Le terme « paranormal » est un terme très vaste. En cela, il est bien commode pour qualifier d'un trait l'ensemble des choses auxquelles un zététicien peut s'intéresser. Mais c'est aussi en cela qu'il est dangereux : il met dans le même bain des choses qui, de fait, n'ont rien à y faire. Qu'y a-t-il de commun entre les cristaux d'eau qui gèlent en musique de Masaru Emoto, la sorcière de la Boisse qui guérit tout par imposition des mains et les théories de Robert Charroux sur les extraterrestres et le continent de Mu ? À part que ça peut intéresser un zététicien, pas grand-chose. Et dans ce sac à malice, grouillant d'acteurs, de phénomènes et de théories si diverses, quelle place peut s'accorder l'honnête paysan du Vaucluse utilisant son pendule pour faire pousser sa vigne et à qui l'on propose un protocole de test pour étudier ses allégations ? Aucune : il préférera rester en-dehors de ce micmac et il aura bien raison. « Paranormal » est donc banni ; aucune hypocrisie là-derrière : il s'agit simplement de respecter les personnes à qui l'on s'adresse et ne pas les ranger un peu vite dans le même sac. À ce propos, comme l'écrivit Brassens à propos d'autre chose, si « un jour, dans un trait de génie, un poète inspiré que Pégase soutient donne en effaçant d'un coup des siècles d'avanie [...] un joli nom chrétien » à tout ça, ben ça s'ra pas du luxe.

Dans le dernier paragraphe de l'article, pourquoi préciser que l'OZ respecte « la liberté de croire » ? N'est-ce pas évident ? Ne sommes-nous pas en République démocratique laïque et obligatoire (euh, non, pas obligatoire) ? Cette phrase n'apporte rien, c'est vrai, du point de vue légal. Un Observatoire zététique qui ne respecterait pas la liberté de croire serait simplement hors-la-loi et ces statuts ne seraient pas recevables par la Préfecture de l'Isère, dont la magnanimité n'a d'égale que la probité (enfin j'espère). Cette phrase a pour but de souligner que notre action s'inscrit dans le respect d'autrui. Nous ne dénigrerons pas l'honnête paysan du Vaucluse en balayant d'un revers de la main ses croyances, même quand, à titre personnel, nous sommes intimement convaincus que sa démarche est mauvaise. Nous essayerons au contraire de faire progresser son savoir et le nôtre en réalisant une expérience scientifique et rigoureuse pour voir si sa démarche est bonne ou mauvaise. Si nous n'y arrivons pas, pour diverses raisons, ben bon tant pis, on en restera là avec l'honnête paysan du Vaucluse. Sauf si nous sommes convaincus que le vin qu'il produit pose un problème sanitaire, par exemple, auquel cas nous pouvons toujours alerter les autorités compétentes. Et si l'expérience est réalisée, quel que soit son résultat, nous pourrons dire que nous avons réussi quelque chose : faire progresser la connaissance. Si l'expérience montre que la pratique du paysan est effectivement inopérante, il en saura plus sur sa pratique, pourra l'adapter, l'abandonner ou la garder en connaissance de cause ou en toutes mauvaise foi ; de notre côté, nous en saurons plus sur la radiesthésie vinicole et nous en saurons plus aussi sur la manière de monter un protocole de test, puisque ce genre de choses s'apprend avec l'expérience et est différent à chaque fois. Si l'expérience montre au contraire de manière irréfutable que la pratique du bonhomme fonctionne, alors là le zététicien, tout heureux, aura du grain à moudre pour un bon moment et s'engouffrera dans cette voie d'exploration.

Un dernier mot sur ce respect de la liberté de croire. Cela ne signifie pas que l'OZ pratique le relativisme par devant, le rationalisme par derrière. L'OZ est une association sceptique, rationaliste, cela ne devrait faire aucune ambiguïté. Pourquoi certains trouvent-ils que c'est douteux ? Parce que nous nous interdisons d'envoyer balader l'honnête paysan du Vaucluse en lui disant que la science a déjà montré que la radiesthésie c'était de la merde ? D'ailleurs nous nous l'interdisons (statutairement, comme je viens de l'expliquer), mais en réalité nous n'avons pas beaucoup à nous forcer pour le faire. Au sein de l'OZ, il y a des gens de beaucoup d'horizons différents. D'anciens « croyants » (mettez tous les guillemets à votre disposition), dont l'esprit critique s'est aiguisé et qui se sont détachés de leurs « croyances paranormales » (j'espère que vous aviez encore un peu de guillemets). Ceux-là, on s'en doute, n'ont pas beaucoup à se forcer pour ne pas taper sur l'honnête paysan du Vaucluse : eux-mêmes, il n'y a pas si longtemps, croyaient à la radiesthésie. Et puis à l'autre extrémité de l'échelle, d'anciens « sceptiques bornés », qui ont commencé leur carrière de sceptiques en voulant casser de l'astrologue, dézinguer de l'homéopathe et écrabouiller de l'honnête-paysan-du-Vaucluse-radiesthésiste. Je fais partie de cette catégorie et je puis témoigner (mais un témoignage n'est pas une preuve, gnagnagna) que l'on arrive beaucoup plus loin en respectant autrui (ne serait-ce parce qu'on l'écoute plus, qu'on comprend sa position et qu'on apprend à parfois se taire). Il y a aussi à l'OZ les anciens-autre-chose, les honnêtes-êtres-humains qui cherchent à comprendre, qui n'ont pas trouvé dans l'annuaire l'Association-des-gens-qui-cherchent-à-comprendre et se sont rabattus sur l'Observatoire zététique parce que ça revient à peu près au même.

L'Observatoire zététique compte actuellement une quarantaine de membres, se réunit les premiers et troisièmes lundis de chaque mois à Grenoble et vous remercie d'avoir lu ce message publicitaire jusqu'au bout.

 

Stanislas Antczak
vice-président de l'Observatoire zététique

 


L'Afssaps et les médecines alternatives.


 

Entre le 1er janvier et 31 décembre 2005, 39 condamnations à l'encontre de 24 sociétés vendant divers articles de médecines « alternatives » ont été publiées dans le journal officiel. En l'absence de preuve scientifique soutenant les allégations revendiquées pour ces produits, l'Afssaps, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, en application des articles L. 5122-15, L. 5422-12, L. 5422-14 et R. 5122-23 à R. 5122-34 du code de la santé publique, a interdit, dans leurs publicités, l'évocation des allégations non justifiées.

Les produits visés par ces jugements sont principalement des méthodes d'amaigrissement (10 au total) et divers objets, du coussin aux semelles, censés soulager les douleurs ou favoriser la circulation sanguine.

Le détail des jugements reprend précisément pour chaque produit les allégations non prouvées et les termes interdits pour leur publicité. Ainsi, la société Serpie SA ne peut plus prétendre que son acupuncteur électronique est efficace pour « combattre la nervosité, améliorer la circulation sanguine, faciliter la digestion, écarter la fatigue » et Eurovanadium ne peut plus vendre l'appareil Air Maxx en affirmant qu'il « élimine les graisses sur les hanches et les cuisses ». Les témoignages enthousiastes de « M. B. » et « Mme S. T. ». en faveur des semelles Orthopic de l'Offre Exclusive ont également été interdits comme les chiffres avancés pour prouver l'efficacité des chaussures Dynastatic « réduction du tour de cuisse dans 85% des cas = -2 cm minimum, dans 15% des cas = -1,5 cm minimum (après 40 à 60 jours portées 3 heures par jour) ».

Les interdictions de l'Afssaps sont prononcées en l'absence ou face à l'insuffisance de preuves scientifiques soutenant l'efficacité thérapeutique alléguée dans une publicité. Dans certaines audiences, des études cliniques ont été présentées mais elles ne semblent pas avoir convaincu. Pour les chaussures Dynastatic, le jugement rapporte que « dans l'« étude du mécanisme d'action anticellulite » réalisée avec lesdites chaussures, l'anthropométrie se limite aux données de poids, taille et indice de masse corporelle sans mesure du tour de cuisse et les « études de cas cliniques avec Dynastatic » ne font état d'aucune mesure systématique de circonférence avec une méthodologie précise, ne constituant ainsi qu'un recueil de témoignages sans valeur scientifique. ».

Les faiblesses méthodologiques dans les protocoles de tests, dues principalement à l'absence de groupe de contrôle ou d'analyse statistique des résultats, à des critères d'évaluation non standardisés ou subjectifs, sont souvent reprochés. Parfois même, un doute sur le produit réellement testé subsiste : pour la bande magnético-active supposée soulager les douleurs aux genoux, vendue par l'Offre exclusive, « les études cliniques transmises [...] ont testé des bandes qu'il n'est pas possible d'assimiler de façon certaine à la bande magnético-active [...]. ». On devine également souvent une exagération de l'efficacité de certains produits : la brosse à dents Soladey vendue par Le Dos Agile censée « détruire les bactéries nocives de la bouche » n'a pas convaincu de son efficacité car « l'étude fournie évaluait l'élimination de la plaque dentaire mais ne comporte aucune analyse permettant de démontrer un effet bactéricide ».

L'Afssaps a interdit, dans la publicité de ces produits, la revendication de prétentions que les sociétés jugées n'ont pu justifier. Cependant, les jugements ne sont prononcés qu'à l'encontre de ces sociétés, et non de tous les revendeurs reprenant le même argumentaire, si bien que ces condamnations ne semblent pas avoir beaucoup d'impact.

Après le jugement du 25 octobre 2005, la société Naturazur a fermé son site de vente en ligne. Mais en vous y rendant, vous serez redirigé vers celui de airelle-boutique dont le catalogue reprend certains des articles déjà vendus par Naturazur. Les descriptifs de ces produits communs ne sont pourtant pas différents de ceux déjà évalués et condamnés par l'Afssaps. Le résumé de l'ouvrage « La santé de vos yeux » reprend l'exacte formulation interdite : « Améliorez votre vue par les méthodes naturelles [...] Réduction des problèmes : myopie, presbytie, strabisme, etc. Soin des yeux en cas de : taches, conjonctivite, cataracte, rétinite, etc. ». De la même manière, les chaussures Dynastatic sont vendues sur le site Beauté-test, édité par la société Dev Tribu, avec les arguments publicitaires pour lesquels Serpie SA a déjà été condamnée. Serpie SA, également revendeur du Bermuda Lanaform, n'a pas pu justifier son principal argument commercial : « Perdez vos centimètres en trop, sans effort [...] réelle diminution du tour de cuisse », allégation que l'on retrouve pourtant sur le site du fabricant, qui lui est belge. Sur son site, Le Dos Agile continue de vendre sa brosse à Dents Soladey « bactéricide » affirmant toujours plus péremptoirement et malgré l'interdiction de l'Afssaps que « Le corps de la brosse intègre un élément breveté : une tige en dioxyde de titane semi-conducteur et photosensible. La lumière est convertie en ions négatifs qui, mêlés à la salive, détruisent les bactéries nocives dans la bouche. »

Lorsque la décision de l'Afssaps est prise en compte, les termes incriminés peuvent simplement être détournés de leurs sens. Ainsi sur le site de SPIREA VERONICA SL, la publicité du Glycandyn fait toujours apparaître « réduire et stabiliser la glycémie, augmenter l'élimination des sucres » mais en gras au centre de la page sous le titre tout petit « le confort du patient réclame : ». Quant au descriptif du produit, même s'il ne reprend pas exactement une phrase interdite : « nous rééquilibrons les fonctions concernées dans la maladie diabétique grâce à l'information cellulaire », il n'en est maintenant que plus ésotérique : le Glycandyn permettrait de « restaurer l'énergétique cellulaire et l'équilibre des "humeurs" du corps (tous les liquides : sang, lymphe, eau extracellulaire...), grâce à un champ magnétique spécifique du système nerveux émotionnel et à un micro courant électronégatif comme celui des cellules. Le Glycandyn émet en plus de véritables informations (signaux électromagnétiques codés) aux fonctions concernées pour soutenir le bon métabolisme grâce à des "informations" de cellules saines. »

Cette dérive s'observe pour la plupart des produits : les arguments scientifiques non prouvés (donc interdits) sont généralement remplacés par des allégations pseudoscientifiques sans aucune signification et absolument irréfutables. Ainsi, les minéraux vendus sur le site de Minerales Do Brasil ne sont plus associés à une maladie précise contre laquelle ils étaient censés être efficaces. En effet, la liste de correspondance minéraux - actions thérapeutiques ayant été interdite par l'Afssaps - Minerales Do Brasil n'ayant pu la justifier - la diopside n'a plus une « action apaisante sur l'hyperactivité et l'anxiété » mais une « action apaisante sur le chakra du coeur ». La pétalite n'est plus « utile dans le traitement du sida et du cancer » mais « harmonise le corps éthérique, qui est le double énergétique de notre corps physique, ce qui conduit à l'harmonisation du système endocrinien »...

Le travail de l'Afssaps face aux pseudomédecines me fait penser au remplissage sans fin du tonneau sans fond des Danaïdes. Les interdictions ne sont en théorie sûrement pas vaines mais elles peuvent être si facilement contournées qu'elles semblent en pratique bien inutiles. Les sociétés condamnées peuvent disparaître, renaître sous d'autres noms et continuer à vendre les mêmes produits avec les mêmes discours fallacieux. Lorsque les arguments scientifiques mensongers ne sont pas repris à la lettre malgré l'interdiction, ils sont simplement détournés ou remplacés par des allégations ésotériques.

Les publicités pour ces produits miracles nous atteignent beaucoup plus facilement que les jugements et condamnations prononcés à l'encontre des sociétés les commercialisant, qui ne sont diffusés que par le Journal Officiel. Cette information révèle pourtant l'inefficacité de ces produits et les arnaques qui se cachent probablement derrière !

Le combat est inégal et la lutte sur le terrain juridique me semble perdue d'avance (à moins peut-être de rendre les condamnations beaucoup plus dissuasives). Une raison de plus sûrement pour promouvoir l'esprit critique auprès du grand public...

 

Géraldine Fabre



Nouveautés sur le site de l'Observatoire zététique


 

Que de nouveautés depuis la dernière Newsletter ! Ami lecteur, vous avez été mis au courant (tu permets que je te vouvoie ?) au fur et à mesure, mais voici de quoi vous mettre la pensarde à jour.

 

La Perception primaire des plantes, par Géraldine Fabre

Le ficus est jaloux de l'hibiscus parce que vous le binez plus ?
Le citronnier a peur du noir et le bégonia a des scrupules à mentir ?
... Géraldine Fabre vous apprend à jardiner avec émotions.


Le Dr Willner s'est-il inoculé du sang contaminé ? par Nicolas Vivant

Ouais, tu sais, le SIDA, ça n'existe pas, la preuve, y'a un médecin qui s'est injecté du sang contaminé en direct à la télé, ben ça ne l'empêche pas d'être pas malade et bien vivant.

... Nicolas Vivant l'est aussi, lui, et pourtant il ne s'inocule que de la bière.



L'Impression de déjà-vu, par Géraldine Fabre

Vous pensez avoir déjà lu un article de Géraldine Fabre ?
Prrrt, c'est une impression de déjà-vu, à n'en pas douter.
... Géraldine Fabre vous rafraîchit la mémoire.


Et celui-là, vous l'avez déjà lu, peut-être ? Astrologie : la preuve par deux ?, par Frédéric Lequèvre

C'est bizarre, j'ai élevé mes jumeaux pareil et ils sont très différents : l'un a une crinière, de grandes dents et ne sait que rugir, l'autre n'arrête pas de dire des bondieuseries et de se coiffer d'un frisbee.

C'est normal, ma fille, ils sont Lion et Vierge, c'est l'astrologie qui veut ça.

... Frédéric Lequèvre met son grain de sable dans les rouages de l'astrologie de Suzel Fuzeau-Braesch.



Erratum


 

Merci à François Grandemange, internaute assidu et sceptique connu comme le vin blanc, d'avoir signalé une erreur dans le précédent éditorial : il y était question de « foies cirrhosés d'oiseaux même plus migrateurs », périphrase que l'éditorialiste croyait habile pour parler de foies gras, mais qui n'était qu'une bêtise puisque le foie gras n'est pas un foie cirrhosé (voir sur le site de l'INRA).

Pour pénitence, l'éditorialiste devra être égorgé affreusement par une bête monstrueuse. Tiens, c'est déjà fait.

 

Mise à jour le Mercredi, 09 Septembre 2009 20:13