Inscription à notre newsletter




POZ n°12 Imprimer Envoyer
Écrit par Nicolas Vivant   
Dimanche, 01 Janvier 2006 14:13

 


SOMMAIRE


 

  • Édito
  • Les ragots de MonVoisin
  • Votre horoscope 2006
  • Scepticisme et zététique
  • Agenda



ÉDITO


 

Au début de l'hiver, au moment où Janus commence à montrer l'un de ses nez, les agressions sont multiples. L'agression du froid, en premier lieu, qui ralentit la pensarde et gèle les oreilles que ça en devient piquant. Ensuite, l'agression hépatique des alcools capiteux, des tranches de poissons enfumées, des foies cirrhosés d'oiseaux même plus migrateurs et des bûches à la crème au beurre faisant vomir même les plus braves ramasseurs-de-galettes-d'Érika et à la génoise dont la consistance et le goût rappellent curieusement la garniture des sièges de Citroën BX (modèle avant 1987). Par la même occasion, l'agression geignarde et/ou braillarde des neveux et nièces crédules vis-à-vis des gros barbus vêtus de rouge et plus rapides que les tachyons.

Mais aussi l'agression des prédictions déguisées ou non, allant des horoscopes celtes, chinois, mandchous, modlo-volaques ou filekistanais aux institutionnels vœux de Nouvel-An des politiciens, fromagers, coiffeurs et garagistes, en passant par ceux de tante Yvonne et de cousin Luc. L'Observatoire zététique, lui, avoue sa crasse impuissance à prédire l'avenir. Tout au plus peut-il laisser la parole, en forme de clin d'œil, à la seule astrologue qui utilise l'Astronomic zodiac (www.book-e-book.com), mais qui raconte quand même n'importe quoi, j'ai nommé notre astrologue maison, Élise Diabète-Fessier. Tout au plus peut-il, un lendemain de cuite, faire une mise au point de vocabulaire : scept'hic ou zétét'hic, là est le hic. Tout au plus peut-il également, l'Observatoire zététique (faut suivre), prédire que l'année 2006 sera bien moins simple que ce qu'écrivent les marchands d'illusions, et souhaiter à tous ses lecteurs, ses supporteurs et ses détracteurs une année 2006 riche en phénomènes paranormaux et en protocoles expérimentaux rigoureux, une année 2006 prolifique, juste, droite, alternative, féconde, bizarre, probable, bonne, bref, une extraordinaire année 2006.

À bientôt pour de nouvelles aventures.



LES RAGOTS DE MONVOISIN


 

Fin d'année 2005 richissime en terme de ragotons. Je propose en plat principal le problème de l'Intelligent Design, assorti de quelques moukrènes zététiques du meilleur cépage.

 

ID : Méfiance quand la science devient un combat

Je ne regretterai jamais le jour où Manu Riguet m'a montré l'importance des débats sur les questions d'évolution, de créationnisme, d'intelligent Design (ID). De fait, de lecture en lecture, il me suffit de m'incliner devant cet immense cloaque et de touiller avec mon bâton pour en retirer un chapelet de filandreux éléments. Exemple.

À l'issue de deux mois de procès, le juge fédéral de Pennsylvanie, John Jones, a déclaré mardi 20 décembre 2005 qu'il était « inconstitutionnel d'enseigner le dessein intelligent[*] comme une alternative à l'évolution, dans une classe des sciences d'une école publique ». Une bonne chose, l'ID n'étant selon Jones « rien d'autre que la progéniture du créationnisme » et « une alternative religieuse déguisée en théorie scientifique ».C'est toutefois sur le travail désinformatif des médias dans les questions de science que je plonge mon regard noyé d'un scepticisme mélancolique.

Le Monde titre le 22 décembre 05 p. 7 sous la plume d'Alain Sallès « Darwin bat les néocréationnistes au tribunal ».Cinq remarques :

  1. Les questions de sciences ne sont pas des combats, des joutes dont on sort victorieux. Ce ne sont même pas des opinions : on ne peut pas être pour la gravitation, par exemple, ou contre l'évolution : ce sont simplement les meilleures descriptions du réel du moment.
    Par conséquent, si débattre sur la base de preuves, de faits, d'expérimentations fait émerger la théorie la plus exacte, débattre sur un plan rhétorique, en vue de remporter l'adhésion fait gagner la théorie non la plus exacte mais la plus démagogique/populiste. Qui plus est, attendre le verdict de Justicia et de son glaive féroce porte aux nues la théorie qui colle le mieux aux principes de justice du lieu du combat. De fait, une théorie scientifique ne gagne pas au tribunal. Le seul trébuchet auquel elle peut se soupeser est celui des fait, des faits et encore des faits.
  2. On nous dit que le lecteur moyen, considéré par les journalistes comme un crétin, n'est pas intéressé si les controverses scientifiques n'opposent pas des adversaires identifiables, faciles à cerner, si possible avec des gentils, des méchants et beaucoup d'images. Alors la scénarisation du combat ou du match (Darwin 1 : Dieu 0 par exemple) qu'on retrouve aussi lors des scrutins politiques, se révèle pratique pour créer une soif partisane. Le problème, c'est que la victoire d'une théorie ne se fait pas au prorata du nombre de coups portés, ou du nombre d'adhérents de chaque camp.
  3. Quand bien même combat il y aurait, encore faudrait-il deux adversaires de même catégorie. Pas besoin d'aimer les rongeurs pour trouver inique un catch entre Hulk Hogan et un hamster. Si l'évolution est une théorie, l'ID (tout comme le créationnisme) est un scénario. Pas la même cour, donc. L'un passe son temps à collecter des faits et des preuves, tandis que l'autre pérore du haut de son perchoir, assis entre le conte et le fabliau. Les opposer, c'est saper les fondements de l'un et légitimer l'autre.
  4. Allez, jouons le jeu, admettons que les deux parties soient de la même catégorie, que Hulk Hogan ait de grosses incisives et que le Hamster fasse 120 kg. Auquel cas il en va de la bienséance de décrire correctement chaque adversaire. Le journal Le Monde oppose les néocréationnistes, assez nombreux aux États-Unis et lourdement financés, à... Darwin, vraisemblablement un reste de squelette à l'heure qu'il est (et peu financé). D'abord, il ne s'agit pas du procès des néocréationnistes, ou du néocréationnisme mais de l'ID, contre non pas Darwin, ni le darwinisme ni même la théorie de l'évolution... simplement de l'ID comme alternative à l'évolution en classe de science. Quadruple effet paillasson dans un seul titre, c'est remarquable, Darwin applaudirait des cubitus.
  5. J'ai oublié.

 

Vite fait. Le Nouvel Obs du 21 décembre : Le «dessein intelligent» jugé contraire à la Constitution

Il y a pas mal de choses contraires à certaines constitutions, américaine, qatari, iranienne mais aussi française que je trouve valides. Il s'agit d'un jugement moral, émargeant de considérations morales personnelles. Si la science comme processus technopolitique peut s'évaluer moralement, et donc en termes de justice dans l'endroit où je me trouve, la science comme édiction de la meilleure description possible du monde au moment où l'on parle ne le peut pas. De la même façon que ce n'est pas à la loi d'écrire l'Histoire, ce n'est pas à la loi de faire la science et de définir les théories valides ou non.

Je rappelle qu'il n'y a pas si longtemps, il était moralement inacceptable de laisser vivantes des femmes soupçonnées de sorcellerie, et la justice dépêchait des Bernardo Gui pour alimenter les brasiers. Ce n'était pourtant déjà plus le Moyen-Âge. Dans certains lieux, certaines femmes n'ont pas ou peu de droits. Dans certaines villes du Nigéria, par exemple, ou encore à Roissy ou régulièrement des gens meurent dans les locaux de la Police Aérienne des Frontières, en accord avec sinon la constitution, du moins avec la bénédiction des cours de justice.

Que l'ID soit jugé en accord ou contraire à la Consitution namibienne, je m'en fous. Car les constitutions se forgent avec des éléments de morale et je crois que le problème avec la morale, c'est comme avec les yaourts : ça se périme très vite.

[*]résumé : ID, le monde est si beau/complexe/merveilleux, ou inspiré d'avoir créé l'ADN/l'oeil humain/le président de l'Observatoire zététique qu'il ne peut avoir été conçu que par une intelligence supérieure, animée d'un dessein, d'une volonté. Raisonnement panglossien typique, non que l'ADN ou le président de l'Observatoire zététique ne soient pas des réussites, mais parce que rien n'indique que le cosmos ait oeuvré des millénaires pour créer ces deux merveilles.

 

Homo sapiens vs Homo dambricourtus

L'ID prend des formes très diverses et se loge dans chaque anfractuosité. Dernier exemple en date, cette trajectoire de comète du film Homo sapiens, diffusé sur Arte, complété à la hâte par un débat contradictoire, puis repris dans les festivals de science. Fin de trajectoire au festival de Oullins ce mois-ci, où l'organisation du festival du documentaire scientifique a compris in extremis que ce documentaire scientifique n'en était pas vraiment un et décida courageusement de le déprogrammer.

Il y a quelques informations sur ce sujet dans cet article ainsi que dans un ragot précédent. Je soulignerai simplement deux conséquences intéressantes par ma petite lorgnette.

D'abord, Adrien Devos et Étienne Delay, étudiants de Licence du cours Zététique et approche du Paranormal ont fait leur dossier de fin de cours sur la question d'Anne Dambricourt-Malassé et de son scénario pseudo-théorique sur le sphénoïde. C'est le premier du genre, et c'est une chose importante au sens où le caractère pseudoscientifique d'une théorie est détéctable même sans une formation d'expert sur le sujet.

Ensuite, l'Université Interdisciplinaire de Paris, en la personne de Jean Staune, son secrétaire, m'a gentiment empaillé sur plusieurs forums, en particulier sur Sur-la-toile.com, où j'apprends que je suis « un obscurantiste, un vrai, qui fait annuler les débats qui lui plaisent pas ». (page 13). Obscurantiste, peut être, mais qui fait annuler les débats, ce n'est pas vrai, je n'ai pas ce pouvoir. J'ai donc proposé à Monsieur Staune une forme de débat possible, page 18. Je recommande chaudement les conversations de Pangolina, Ludwig, mais également Nikoteen, qui n'est autre que le pseudo de ce merveilleux produit de l'évolution qu'est notre président de l'Observatoire zététique, Nicolas Vivant.

www.sur-la-toile.com/viewTopicNum_5247_16_160_Dieu-et-la-science%2C-incompatible-.html



SETI - ID, même combat ?

Autre trouvaille, que je soumets à votre sagacité Quand un « designer » (un adhérent au scénario de l'ID) avance que l'ADN est une preuve solide pour lui, les scientifiques riffougnent, car selon eux et selon toute vraisemblance, la structure en double-hélice de l'ADN ne relève pas d'une ingénierie différente de celle qui entre autres a doté Jupiter d'une tâche rouge ou m'a affublé d'un grand menton. Mais alors, s'écrient d'autres designers, à partir du moment où le SETI (Search for Extraterrestrial Intelligence) recevra un signal radio complexe venu de l'espace, ne seront-ce ces mêmes scientifiques qui danseront en rond sur le pont d'Avignon et clameront qu'il s'agit là d'une preuve qu'une vie intelligente prospère quelque part ? Alors, disent-ils, la recherche du SETI est-elle vraiment différente de la ligne des tenants de l'ID ? Concours de commentaires sur contact@zetetique.fr.

J'arrête avec l'ID. Quelques moukrènes.



Une avancée médicale : vous mourez d'un cancer, mais en position du lotus

Lu sur MSNBC news le 4 décembre. Courant décembre, le Cancer Treatment Centers of America a ouvert un nouvel hôpital au nord-est de Philadelphie, qui combinera chirurgie high-tech et thérapies complémentaires centrées sur la nutrition, le soutien « spirituel », la médecine corps-esprit et la médecine naturopathique. D'ailleurs, les chercheurs du Thomas Jefferson University Hospital au centre ville ont reçu une bourse de deux millions de dollars du National Cancer Institute pour développer un programme de travail sur le « mindfulness » (voir http://www.umassmed.edu/cfm/). Et c'est tout jouasse que John George, le journaliste, liste les cliniques des environs qui embrayent, notamment le St. Mary Medical Center à Langhorne qui offre désormais une thérapie par le massage pour ses patients atteints de cancer, et le Kennedy Health System qui en début d'année a initié une classe de Yoga pour cancéreux au Gloucester County. Si la recherche sur le cancer répartit son argent ainsi, pas étonnant que ça n'avance pas vite. Mais me voilà rassuré : si je contracte un cancer, mes soins ne seront peut être pas optimaux, mais au moins je mourrai dans une félicité corps-esprit, flottant en paix vers une calvitie monastique et une mort aussi équilibrée que naturopathique, assis dans une embarcation en fleur de lotus, sur l'immense mer des biens publics dilapidés.

L'article n'est désormais plus accessible que , ou encore (witchvox, la voix de la sorcière ! brrrr).

 

L'ancien chef du KGB révèle la vérité sur le surnaturel

C'était dans la Komsomolskaya Pravda le 6 décembre ; Vladimir Kryuchkov a parlé. « Les autorités m'ont souvent demandé de prouver ou de réfuter des rapports sur tel ou tel événement inexplicable sur la planète. La plupart du temps, je traitais des requêtes concernant les OVNIs et les yétis, les hommes des neiges. Je commissionnais alors nos meilleurs agents et spécialistes pour dénicher d'où provenaient ces témoignages qui tourmentaient tant la société. Il s'avérait alors qu'immanquablement tout ne relevait que de la plus pure imagination. [...] Nous n'avons jamais collecté aucune preuve de quelque sorte que ce soit que des OVNIs d'origine ET ou autres phénomènes surnaturels existent véritablement. » (source : www.mosnews.com/interview/2005/12/06/kgbchief.shtml)

Est-ce pour se venger que, le surlendemain, Psychologies, l'un des magazines les plus gentiment New Age de ce début de siècle, s'est lancé en Russie ?

Le Monde du 8 décembre : « L'arrivée d'une revue s'attachant à analyser les sentiments et les comportements individuels se révèle une petite audace culturelle. « Le moment est venu de nous regarder nous-mêmes, au lieu de chercher une réponse globale », explique Iouna Kozyreva, la rédactrice en chef de l'édition russe [...] Au prix de 75 roubles (2,5 euros), le premier numéro est vendu en accompagnement des magazines Elle ou Marie-Claire. Le nouveau venu devrait ensuite être diffusé autour de 120 000 exemplaires par mois, soit le tirage moyen des autres féminins.

Lectorat visé : les diplômés de l'enseignement supérieur, « débarrassés des problèmes de logement ou de nourriture, qui peuvent s'intéresser à eux-mêmes, sans culpabilité », précise Jean-Louis Servan-Schreiber, propriétaire et éditeur du magazine. Le titre Psychologies inscrit en lettres latines et non en cyrillique, une première couverture montrant l'actrice française Juliette Binoche, inscrivent d'emblée la version russe du magazine sur un positionnement « occidental ».

[Note de Monvoisin : disons que Juliette Binoche n'est pas la dernière venue dans la mode Nouvel Âge discussions avec les anges, voir par exemple.]

[...] Dans le premier numéro, le dossier principal est consacré aux « secrets de famille : sida, inceste, prison, avortement ». « Mais il faut s'adapter et être didactique. Les mots frustration, refoulement, libido, qui sont connus des Français et ont longtemps été interdits ici, devront nécessairement être expliqués », note Mme Kozyreva. »

C'est ce qu'on appelle une inoculation psychanalytique en douceur - de quoi motiver des traductions en russe de Benesteau, Van Rillaer ou Borsch-Jakobsen.

Suite de l'article du Monde : « Jusqu'ici, le créneau psy n'est occupé que par de petites rubriques dans les magazines féminins, des ouvrages de vulgarisation ou des récits. « Les Russes ont grandi en lisant les romans de Dostoïevski, qui déjà sondait les tréfonds de l'âme russe. Mais aujourd'hui ils doivent accepter de comprendre ce qui se passe chez eux-mêmes », note Alexander Venger, docteur en psychologie, qui a commencé, comme ses collègues, ses premières consultations avec la perestroïka, au milieu des années 1980. »

[Note de Monvoisin : les italiques sont de moi, l'injonction autoritaire d'abord, ensuite l'emploi du verbe noter, qui m'a fait bien rire tant il n'a pas de sens. Je trouve par contre assez fourbe la récupération de Dostoïevski, qui aurait volontiers sondé la stratégie argumentative de Monsieur Venger.]

« ENCOURAGER L'INDIVIDUALISME

L'équipe de rédaction est consciente que lancer un titre encourageant l'individualisme dans un pays qui a longtemps été soumis au régime collectif ne va pas de soi. Surtout, « le terme psy est très mal connoté dans la population russe, souligne Mme Kozyreva. C'est un mot péjoratif et fui de tous parce qu'il renvoie aux maisons psychiatriques du régime soviétique, où les opposants au régime communiste étaient emprisonnés et torturés. » [...] »

Remercions Madeleine Vatel pour la facture de cet article inquiétant paru dans l'édition du 8 décembre 2005. Je prie je ne sais trop quoi qu'après les maffia, une présidence dévoyée, deux guerres épouvantables en Tchétchénie et une misère galopante, les russes éviteront d'un entrechat l'impasse psychanalytique. En attendant, antisexistes, zététicien-nes, même combat. Brûlons la presse féminine, et entamons des danses païennes mais presque.

 

Richard Monvoisin, obscurantiste illuminé (oxymorique, donc)




GRATUIT ! Votre horoscope 2006
par Élise Diabète-Fessier


 

Bélier

16 avril - 12 mai

Bonne forme générale, même si vous allez perdre un match de basket dans la journée du 15 avril. Il ne faut donc pas trop en abuser, et rester confiant dans vos relations avec les autres. Attention aux nommés Paul, Julien et Népomucène, ils vous en veulent. Nés avant le 2 mai, n'hésitez pas à commander des vêtements par correspondance.

 

Taureau

13 mai - 19 juin

Mars entre dans sa cinquième maison, celle qui a trois étages. Les mois d'été, en particulier, vont donc être funestes pour vous. Ne sortez pas sans vos suppositoires à la glycérine. Natifs du premier décan, vos chances de vous faire écraser par un camion-citerne Renault avoisinent les 99% aux alentours du 19 août à 11h37.

 

Gémeaux

20 juin - 18 juillet

Côté argent, ça va. Côté travail, ça va. Côté amour, ça va. Surveillez votre ligne et ne mangez pas trop de petits pois. Un événement imprévu en rapport avec l'ex-URSS va vous laisser blessé vers la fin du mois d'octobre : prévoyez de vendre des actions Alcatel. Lune énervante le 16 mai ; achetez un anti-moustique.

 

Cancer

19 juillet - 9 août

La vie vous sourit, tout est au beau fixe ! Vous allez réussir tout ce que vous entreprenez, à condition d'avoir un minimum de réflexion sur vos actions. Regarder McGyver ou Albert le cinquième mousquetaire devrait vous y aider. N'hésitez pas à tenter l'impossible, comme réussir l'agrégation interne de chinois ou gagner un concours de spaghetti au curry.

Lion

10 août - 15 septembre

Rien ne va plus ! Si décembre 2005 été enrichissant, le début de 2006 ne va vous apporter que malheurs. La cheminée va s'écrouler à cause du vent et votre belle-mère va vous offrir un sucrier en argent. Gare aux avalanches ! Les natifs du quatrième décan connaîtront une brève accalmie autour du 15 février dans les bras d'une écuyère polonaise.

 

Vierge

16 septembre - 30 octobre

Il va vous falloir beaucoup de repos, surtout à la fin de l'année. Passez-la à bouquiner et un peu à vous balader. Jupiter va vous soutenir dans le procès qui vous oppose à un nommé Charles, Sylvestre ou Clodomir. Surveillez votre régime, surtout si vous êtes autrichienne. Côté coeur, il y a l'aorte, les artères et les veines pulmonaires et les veines caves.

 

Balance

31 octobre - 22 novembre

Saturne conjuré avec Uranus va faire de l'automne un calvaire pour vous. Et c'est bien fait, vous vous serez laissé aller tout le printemps et tout l'été à plein de vacheries ignobles aux dépens de personnes âgées, il va falloir payer. Et vous allez morfler, c'est moi qui vous le dit. Saturne et Uranus, c'est pas des tendres, quand ils s'y mettent, ah non.

 

Scorpion

23 novembre - 29 novembre

Quel talent ! Décidément, rien ne vous arrête ! Jamais fatigué, toujours souriant, mince et svelte. Ne donnez à personne le secret de votre forme, et faites des jaloux, surtout avec des tresses. Au travail, vous rayonnez grâce à la conjonction entre Vénus et Adecco. Côté argent, ne surestimez pas l'héritage de tante Yvonne : risque de déceptions !

 

Serpentaire

30 novembre - 17 décembre

En janvier, une rencontre. En février, une deuxième rencontre. En mars, une rupture. En avril, pas un fil de découvert. En mai, un mariage. En juin, une retrouvaille. En juillet, des allées et venues suspectes. En août, trop de barbecues (sauf natifs du deuxième décan : trop de paellas). En septembre, un constat d'adultère. En octobre, un divorce. En novembre, une rupture. En décembre, une rencontre.

 

Sagittaire

18 décembre - 20 janvier

Vous allez avoir froid, très froid, sans rien pouvoir y faire. Cherchez le réconfort vers vos proches, mais pas Nathalie. Ne faites pas trop de gym sous peine d'un arrêt cardiaque. Natifs du troisième décan, montrez vos fesses à votre patron, c'est l'année ou jamais. Votre frère va vous réclamer ses aiguilles à tricoter.

 

Capricorne

21 janvier - 16 février

Les astres semblent vous avoir oublié cette année : il ne va rien se passer. Même Pluton s'en fout, et pourtant il n'a que ça à faire. Vous allez vous ennuyer ferme toute l'année, et à la fin vous demander ce que vous avez fait de vos journées. La perspective d'un avenir plus radieux vous paraîtra impossible et vos proches se détourneront de vous. Suicidez-vous tout de suite.

 

Verseau

17 février - 11 mars

Du sexe, du sexe, du sexe ! Vous allez exploser votre moyenne (entre autres) tout au long de l'année. Vous connaîtrez au minimum sept partenaires chaque jour, hommes ou femmes. Parmi toutes vos « victimes » il y aura trois morts et deux blessés graves, un archiviste de Haute-Saône, quatre égoutiers homosexuels de 49 ans habitant la campagne et une collectionneuse de figurines Panini.

 

Poissons

12 mars - 15 avril

Le 20 juillet, vous vous lèverez à 8h et vous vous coucherez à 23h30. La journée aura été ensoleillée, Mercure sera haut dans le thermomètre, et vous aurez pensé deux fois à Yves Montand. Vous vous absenterez l'après-midi pour aller au parc et il n'y aura pas de messages sur le répondeur en rentrant. Il faudra faire le ménage demain.



SCEPTICISME ET ZÉTÉTIQUE
Qu'est-ce qui différencie la seconde du premier ?


 

Au premier abord, la question peu sembler superflue à poser à des zététiciens. Pourtant, elle ne l'est pas. Tout comme il est toujours difficile de botter le derrière d'une idée sans fondement, il est toujours intéressant - et pas obligatoirement nauséabond - de se pencher sur le fondement d'une idée, surtout celle que l'on veut défendre.

À cette fin, posons d'abord quelques définitions.

Étymologiquement, le scepticisme est l'attitude du sceptique, « celui qui examine », c'est-à-dire qui suspend son jugement dans l'attente d'un complément d'information. De cette attitude, la Grèce antique, inventrice du mot, a fait une philosophie dont le zélateur le plus fréquemment cité est Pyrrhon. Le monde chrétien n'en a retenu le plus souvent que la célèbre caricature personnifiée par le non moins célèbre Saint-Thomas, celui-là même qui n'accordait de crédit qu'à la preuve autoscopique, celle que tout le monde peut voir.

L'ironie du sort a voulu, quelques siècles plus tard, que le credo d'un homme d'église allait servir de légitimation philosophique à la remise en cause de l'omnipotence du catholicisme dans la détention du savoir. Rejetant la croyance, positivistes, libres-penseurs, rationalistes et bien d'autres, allaient désormais placer la logique, la science, la liberté de pensée et la raison au-dessus de tous les autres concepts philosophiques.

Ce mouvement fut la marque du XIXe siècle sur le plan intellectuel comme la révolution industrielle le fut pour la vie économique. Il concerna l'ensemble de ce monde chrétien que nous appelons aujourd'hui improprement « occidental », mais ne fut nulle part aussi aigu qu'en France, où la laïcité militante de la IIIe

République, désireuse d'écarter du pouvoir un catholicisme assimilé à un conservatisme honni, érigea le positivisme en dogme d'État.

Cette France, du milieu des années 1880 à 1914, porta au pinacle le génie industriel et scientifique de ses savants, surtout s'ils contribuaient à créer les armes de l'inéluctable revanche sur l'Allemagne. Elle fit entrer des scientifiques au Panthéon et porter la dépouille mortelle de Pasteur sur un affût de canon lors de funérailles nationales. Elle affubla les plus beaux fleurons de sa marine de guerre de noms comme Auguste Comte ou Jules Michelet. Cette nouvelle religion d'Etat avait un nom : le scientisme. Et elle était exclusive : l'anticléricalisme l'accompagnait partout.

 

La posture philosophique sceptique, base intellectuelle du scientisme comme de tous les autres courants rationalistes rappelons-le, ne s'en remettrait jamais. Dans l'esprit du plus grand nombre, le sceptique allait demeurer à jamais un incrédule borné doublé d'un intolérant de tout premier ordre, impossible à convaincre de quoi que ce soit d'autre que ses propres certitudes parce que ne voulant pas être convaincu. Comme image auprès du public, on fait largement mieux. Surtout si on a un message à faire passer.

Quelques-uns le comprirent dès le lendemain de la Seconde Guerre mondiale, tout comme ils comprirent que le scepticisme était impuissant confronté aux croyances les plus irrationnelles. Certains étaient belges et fondèrent dès 1949 le célèbre « Comité Para ». La nouveauté consistait à doubler le scepticisme d'un « bras armé », d'une méthode d'investigation et d'expérimentation rigoureuse. L'idée, peu à peu, traversa les océans pour arriver aux États-Unis, où elle fut appelée « scepticisme moderne » pour la distinguer de la philosophie sceptique. Après un quart de siècle de gestation, elle allait aboutir à la fondation en 1976 du non moins fameux CSICOP par Paul Kurtz et ses amis. Et en France ?

 

En France, rien. Le mot sceptique gardait le sens que tout un chacun lui donnait, bien loin de son origine étymologique, et ce même affublé de l'épithète « moderne ». Rien de tout cela outre-Atlantique : les États-Unis n'avaient jamais été une république laïque et scientiste, et le mot skeptic ne contenait pas la moindre connotation péjorative à même de disqualifier ceux qui se désignaient ainsi. Pourtant, c'est d'Amérique qu'allait venir le salut.

Quelques années avant la naissance du CSICOP, le sceptique américain Marcello Truzzi avait ressuscité l'expression « zététique », elle aussi originaire de Grèce antique, pour désigner sa vision du scepticisme moderne, voulue plus modérée et plus respectueuse que la plupart de ses collègues du CSICOP. Truzzi quitta d'ailleurs ce dernier dès 1978 pour fonder son propre périodique, le Zetetic Scholar. Ce fut un échec, parce qu'il n'y avait aucune utilité à remplacer le mot skeptic, qui ne souffrait d'aucune ambiguïté en anglais.

 

En France, l'expression connut un destin parfaitement opposé. Lorsqu'Henri Broch reprit à son compte le mot zététique dans sa première édition de son livre « Le paranormal » (1985), il balaya d'un seul coup toutes les barrières linguistiques qui s'opposaient à la diffusion en France de la méthode prônée, entre autres, par l'emblématique CSICOP. La zététique, adaptation française - rendue nécessaire par l'histoire des idées dans notre pays - du scepticisme moderne, allait faire souche.

La distinction entre scepticisme et zététique est donc avant tout sémantique. Elle va pourtant bien au-delà de la simple différenciation linguistique. Cela n'a rien d'une quelconque volonté cocardière : il s'agit simplement d'employer les outils les plus efficaces possibles pour faire passer notre message. Si le fait n'est étayé par aucune étude statistique, les expériences respectives de chacun de nous montrent que bien souvent, le zététicien attise la curiosité alors que le sceptique s'attire les a priori.

Ceci non seulement par l'emploi d'un mot non connoté et souvent peu connu, mais également par un respect de ses interlocuteurs, quelles que soient leurs croyances, qui n'est malheureusement pas toujours de mise chez ceux qui se prétendent - souvent à tort - sceptiques, voire zététiciens.

Mais surtout, il faut garder à l'esprit que l'étude du paranormal, n'est pas une fin en soi. Il en va de même pour la zététique : elle n'est que le moyen d'une fin autrement importante pour la société, le développement de l'esprit critique. Car le but de la zététique, en fin de compte, est de promouvoir, à travers le support que constitue l'étude des phénomènes réputés paranormaux, cet esprit critique que le public pourra ensuite exercer dans tous les autres domaines de la vie courante.

C'est la raison pour laquelle la zététique a une vocation pédagogique qui n'est certes pas inexistante outre-Atlantique, mais est toutefois beaucoup moins marquée. Elle doit pouvoir mettre à la portée du premier venu la maxime : « le droit au rêve a pour pendant le devoir de vigilance ». C'est cela, plus que le reste, qui fait la distinction entre scepticisme et zététique.

 

Éric Déguillaume




AGENDA


 

L'Observatoire zététique donne chaque mois rendez-vous à qui veut au bar-restaurant le Terra-Nova, 31 rue Mortillet, 38000 Grenoble. Il y a deux rendez-vous, tous deux à 20h : le premier lundi du mois, le zinc zet', où l'on cause de tout et de rien, et surtout de tout, de manière informelle et conviviale ; le troisième lundi du mois, la réunion mensuelle, composée d'une partie publique (exposés, débats, causeries) et d'une partie plus associative.

En plus de ces rendez-vous périodiques, le sémillant Richard Monvoisin et Notre Président Nicolas Vivant (Son Nom soit en promotion) participeront au bar des Sciences « Sciences et paranormal » le vendredi 13 janvier 2006 à partir de 18h30, à la Maison des Jeunes et de la Culture d'Ermont. Vu la date, nul doute que l'extraordinaire soit aussi au rendez-vous.


Maison des Jeunes et de la Culture
2 rue Hoche - 95120 Ermont
Mail : mjcer2@wanadoo.fr
Tél : 01.34.15.73.31

Réseau « Bars des Sciences » : www.reseau-bds.com
MJC d'Ermont (plan, etc.) : www.chez.com/mjcermont

 


Mise à jour le Mercredi, 09 Septembre 2009 20:13