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POZ n°11 Imprimer Envoyer
Écrit par Nicolas Vivant   
Vendredi, 16 Septembre 2005 14:13

SOMMAIRE


 

  • Éditorial
  • Les ragots de MonVoisin
  • Veille médiatique
  • Le Livre noir de la psychanalyse
  • Conférences organisées par l'OZ en 2005
  • Événement

 


ÉDITORIAL


 

Lassé des chaleurs étouffantes, gavé de chipolatas grillées et de visites guidées trop remplies d'enfants braillards peu sensibles à l'histoire de Marie-Gabrielle de Rochechouart-Mortemart, l'estivant a été assurément content de rentrer. L'être humain n'est pas fait pour la paresse et la chaleur, mais pour le sain labeur quotidien que rien ne doit venir troubler.

Hélas, trois fois hélas, cette rentrée ne laisse aucun repos à l'humble travailleur aspirant à la tranquillité du jour qui vient, soucieux uniquement de confort douillet, de café pas trop corsé et de collection de Pollux en plastique. Deux nouvelles terrifiantes, ont bouleversé la grisaille rassurante de la fin de l'été. Deux informations bouleversantes, dont on ne sait laquelle éclipse l'autre au palmarès des grandes nouvelles qui font le siècle.

La première déferlante continue à faire saigner les plumes des journalistes qui créent et amplifient avec délectation des polémiques à côté de la plaque. L'objet du délit est un livre, un livre noir qui a l'outrecuidance de sous-titrer l'abandon de la nécessité d'un Freud. Jean-Louis Racca en dit plus ci-dessous.

La deuxième massue qui ébranle l'Univers tout entier, des Élohims au continent de Mu, est la constitution du nouveau Conseil d'administration de l'Observatoire zététique. Déjà tout auréolé de gloire, étoile parmi les étoiles, Nicolas Vivant, Président, ouvre le bal de ce cortège renaissant. Tels deux pâles parhélies exaltant le rayonnement du Maître, Fabrice Neyret et Stanislas Antczak vice-président sous son aile. La main crochue sur la cassette, le regard soupçonneux et les lèvres exsangues, le Trésorier Florent Martin ne se sépare jamais de sa perfide adjointe, Léa Cartier, qui assure ses arrières tout en guettant le moment où elle pourra mettre la main sur le magot. Ankylosés dans leur position inconfortable de scribes, des valises sous les yeux et des mots plein la tête, les secrétaires Richard Monvoisin et Nicolas Gaillard s'emploient à relater la saga du grand Timonier qui les emmène vers la Lumière. Autour de ce petit groupe, grelots au vent, rictus aux lèvres et coussin péteur en poche, les deux administrateurs Christel Routaboul et Jean-Louis Racca virevoltent et galipettent au son des fifres et des tambourins. Nul doute qu'aux commandes du navire OZ naviguant sur l'océan du paranormal, livide mais droite dans les tempêtes qui s'annoncent, cette croisière qui s'amuse mènera la zététique à bon port.

 


LES RAGOTS DE MONVOISIN


 

Sapristi, je suis un peu pris de court ! Cet été, j’ai moins ragoté que d’habitude ! Allez, en virant quelques araignées de mes tiroirs, et en dépoussiérant ma paperasse, je vais bien dénicher deux trois cancans.

 

Il ne faut pas prendre Achau à froid

Le 23 juillet, alors que vous bronzâtes, l’Independent Investigations Group (IIG) en collaboration avec le James Randi Educational Foundation (JREF), menait de manière très courtoise un test sur une prétention de capacité télépathique au Center for Inquiry-West (CFIW) à Hollywood. Le télépathe, Achau Nguyen, croyait dur comme fer pouvoir transmettre à son collègue Monsieur E. une série de mots sans transfert d’information autre que sa pensée. Test extrêmement simple, narré par James Underdown sur le site du CSICOP. Le résultat ? Un échec sans nom.

Ça me rend doublement triste à chaque fois car non seulement la télépathie ne semble pas exister — ce dont je rêve en douce, mais en outre parce qu’il m’en chaut qu’à chaud Achau achoppant s’échaude. En clair, j’ai de la peine pour le monsieur, qui, en toute bonne foi, vient se heurter de plein fouet à un protocole valide.

Mais rassurons-nous, il a trouvé depuis la raison de son échec : c’est à son récipiendaire, Monsieur E., qu’échoit l’échec d’Achau : « I know he didn't even try to put an effort to help me out, everything he wrote was straight out of his ass, I'm sorry to say. » (lettre envoyée après le test à l’équipe du IIG).

Je vous laisse le plaisir de traduire.

 

Après les livres bruns, un livre noir

Cet été, alors que vous vous prélassâtes, l’affaire du « Livre noir de la psychanalyse » a secoué quelques cocotiers lourds de noix. Je ne reviens pas sur le détail de cette affaire, traité dans cette lettre par Jean-Louis Racca, mais pour qui se passionne pour le sujet, rappelons que jusqu’à présent, la principale mise en garde contre la mainmise psychanalytique en France était l’œuvre de J. Benesteau, dans « Mensonges freudiens. Histoire d'une désinformation séculaire », publié en 2002. Or l’auteur semblait présenter certaines accointances fort douteuses sur le plan politique, et les médias, occultant la discussion sur le sujet, s’étaient plutôt consacrés à la «méthodologie conspirationniste » de Benesteau — comme l’écrit la stridente E. Roudinesco dans « Le Club de l'horloge et la psychanalyse : chronique d'un antisémitisme masqué » (Les Temps modernes, juin 2004).

Cette fois, il semble impossible de voir chez les auteurs du « livre noir » Borch-Jacobsen, Van Rillaer et les autres un quelconque conspirationnisme, quel qu’il soit. Espérons que les débats se hausseront d’un ton, et que le monde psychanalytique nous offrira un jour une véritable contre-critique argumentée.

 

Y-a-t-il des preuves de la venue d’extraterrestres sur les réseaux informatiques ?

Cette question, vous vous la posâtes. Jusqu’à présent, hélas, aucune preuve malheureusement. Mais Gary McKinann, entre deux joints bien tassés, y a tellement cru qu’il a pour le prouver réalisé le plus gros piratage de systèmes informatiques militaires jamais réalisé ! On pourrait en rire, mais le type, lui, risque de la prison longue durée. Or la prison ne guérissant pas grand monde de quoi que ce soit hormis de la jeunesse, il semble peu probable de penser qu’elle soulagera McKinnan de sa croyance. Alors j’ai une idée : depuis le temps qu’on y refuse l’accès aux zététiciens, mandatons-le pour examiner les secrètes archives du SEPRA !

OK, je plaisante (mais à peine).
En soutien au pauvre Gary, qui au point où il en est devrait arrêter les psychotropes :
le site: http://freegary.org.uk
Le blog: http://www.spy.org.uk/freegary/
Sur le scellé des archives du SEPRA


Un détecteur de fantôme USB

Vous en rêvâtes ? SolidAlliance le fit. La compagnie japonaise a mis en vente une clé USB baptisée GhostRadar, recommandée pour les couche-tard qui, seuls devant leur ordinateur à la nuit tombée, pensent qu’il se passe des phénomènes invisibles dans la pièce et que des fantômes viennent y effectuer quelques entrechats gris — puisque c’est bien connu, la nuit tous les entrechats sont gris.

Québec Micro nous indique que « Le gadget émettra un bip lorsqu’il détectera un champ magnétique anormal. Il réagira aussi au contact de la chaleur d’un corps et à la transpiration lorsque l’usager le placera entre ses pouces. Le vice-président de la compagnie, Yuichiro Sait, n’a pas voulu s'expliquer davantage sur le fonctionnement du détecteur. Il indique qu’il ne s’agit pas d’un jouet, mais bel et bien d’un outil de mesure. »

http://www.quebecmicro.com/insolite2_juin.php

Outil de mesure de la crédulité des acheteurs ? Peut être. Ca leur en coûtera 185 dollars US sur http://www.solidalliance.com

 

Spaghetti Monster et culte du Blloobb

Ce mois d'août, pendant que vous vous ensablâtes, l’éminent Patrick Masson, de l'Observatoire zététique, m'informait il y a quelques semaines de la naissance d’un culte nouveau, au Kansas : la First United Church of Flying Spaghetti Monster — traduisez la « première église unifiée du Monstre spaghetti volant ». Ce nouveau mouvement religieux est né en représailles à la décision du Kansas State Board of Education d'autoriser l'enseignement du créationnisme au même titre que la théorie de l'évolution. Dirigée par Bobby Hendersonn, l’Église travaille d’arrache–tentacule contre les intrusions spiritualistes comme le créationnisme, et en appelle à votre soutien.

Devant l’ampleur du phénomène du culte du Spaghetti Monster, le grand James Randi lui-même en touche un mot cette dans sa lettre. Tout sur http://www.venganza.org et Wikipedia. Vous pouvez même jouer à convertir le maximum de Pastafariens avec sa Sainteté le Spaghetti Monster sur http://www.venganza.org/games/. La panoplie est en vente ici, pour vous éviter de vous peler le culte cet hiver.

Dans la série des cultes alternatifs, il y a aussi The Invisible Pink Unicorn, ou IPU, c’est-à-dire la « Licorne invisible et rose ». L’IPU est de facture orthodoxe car « comme toutes les religions, la Foi en la Licorne Invisible et Rose est basée sur la logique et la foi. Nous avons foi en ce qu’elle est rose. Nous savons logiquement qu’elle est invisible puisque nous ne pouvons pas la voir ». http://www.palmyra.demon.co.uk/humour/ipu.htm

Alors pour ne pas rester en reste dans la lutte contre le créationnisme, j’avais proposé sur notre liste de discussion de créer un culte. L’Invisible Dragon Vert étant déjà pris, j’avais proposé ce qui est devenu grâce à quelques contributions le culte du Blloobb (Bébête Luminescente, Libidineuse et Onirique de l'Osmose Béate Bi-dimensionnelle) cosmo-planétaire. Pour l’instant, nous sommes quatre membres, et nous avons évidemment le pouvoir. Mais nous n’avons ni liturgie ni véhicule, - quoique nous nous passerons de ce dernier (puisque les vêtements sacerdotaux...)

 

Effet cigogne

Vous le savâtes. Broch appelle ainsi l’art répandu de la confusion entre corrélation et causalité (voir « Le paranormal », Points Science, 1989). La désormais célèbre First United Church of Flying Spaghetti Monster, soucieuse de notre développement intellectuel nous offre un sublime effet cigogne* tout neuf démontrant graphique à l’appui que ce sont bels et bien les tempêtes et le réchauffement climatique qui sont la cause de la disparition des pirates.



Moi qui croyais que le Capitaine Crochet était mort d’une mouche dans l’œil…

 

Houellebecq

Cet été, tandis que vous transpirâtes, Michel Houellebecq devint un sujet grandement zététique. Non que désormais sa prose atteigne des sommets extra-humains, ou que ses prises de positions soient encore plus réactionnaires, - ce serait difficile - , mais parce que :

- il peut prédire à l’avance qu’il aura le prix Goncourt ;

- il fréquente Raël ;

- son dernier livre La Possibilité d’une île est félicité par tout le culte raëlien – et pour cause, il utilise nombre de ressorts du message donné par les Extraterrestres, reçu par Raël - Claude Vorilhon le 1er décembre 1973 lors de son enlèvement ;

- il se laisse interviewer par Nouvelles Clés, entre le dernier livre de Jodorovski et un article plaidoyer pour l’entrée à l’école de la kinésiologie pédagogique :

Mais tout n’est que littérature, n’est-ce pas ? (Et réciproquement.)
Petit dossier sur la question dans Le Monde 2, 3 sept. 2005, p. 16-23.

Rendez-vous pour ragoter tout cet automne sur fr.groups.yahoo.com/group/zeteticiens

 

Richard Monvoisin

 


VEILLE MEDIATIQUE


Voulez-vous contribuer à la veille médiatique de l'Observatoire Zététique ?

Nous souhaitons exercer une vigilance critique vis-à-vis des approches médiatiques du paranormal, et nous réfléchissons à la forme que pourrait prendre une banque de données, d'articles et de sources bibliographiques.

Faîtes-nous parvenir vous coupures de presse, scans d'articles, émissions de radio, de télévision, ou les adresses électroniques où nous pouvons nous les procurer.

Par voie postale : Observatoire Zététique, 41 avenue Maréchal Randon, 38000 Grenoble.

Par voie électronique : contact@zetetique.fr, avec pour sujet Veille médiatique.

 


LE LIVRE NOIR DE LA PSYCHANALYSE


 

Cet ouvrage collectif de 832 pages a pour origine, selon les dires de sa «directrice» Catherine Meyer, un constat : la France est, avec l'Argentine, le pays le plus freudien du monde. Les idées de Freud y sont considérées comme des vérités incontestées aussi bien par la majorité des psychiatres que par celle des futurs bacheliers, des journalistes ou du grand public en général, alors qu'à l'étranger, la psychanalyse est devenue marginale.

www.arenes.fr/livres/fiche-livre.php?numero_livre=119

Considérant corrélativement que « la critique de la psychanalyse est encore largement taboue » en France, les auteurs, de formations et de nationalités très diverses, se proposent essentiellement de porter à la connaissance des lecteurs francophones quelques FAITS que le grand public cultivé étranger connaît déjà.

  • Les histoires réelles des principaux cas présentés par Freud comme des succès thérapeutiques (Anna O, l'homme aux rats, l'homme aux loups...) sont fort différentes des histoires telles que le Maître les a relatées. De patientes enquêtes montrent en effet aujourd'hui, notamment grâce à l'accès devenu possible à une partie de la correspondance de Freud, que contrairement à ce qu'affirme le fondateur de la psychanalyse, les guérisons annoncées n'ont pas eu lieu, qu'il y a eu «fabrications de données» et qu'il y a dès lors tout lieu de parler de mythes fondateurs de la psychanalyse.
  • L'alternative n'est pas «Freud ou le Prozac», comme le croient (ou feignent de le croire) la quasi totalité de ceux qui «font l'opinion» dans notre pays. La méconnaissance (parfois due à un aveuglement volontaire) d'autres formes de thérapies ou de théories et de pratiques éducatives conduit à cette situation, en apparence paradoxale : la France, pays qui compte le plus de psychanalystes par habitant est aussi celui où l'on consomme le plus de médicaments, alors que les Pays-Bas, où la psychanalyse est marginalisée, sont celui où l'on en consomme le moins !
  • Il est possible, comme l'indique le sous-titre de l'ouvrage, de «vivre, penser et aller mieux sans Freud». Les idées et les pratiques induites par la psychanalyse ont été, et sont encore parfois, très néfastes dans certains domaines:
    • éducation : voir le chapitre «Parents et enfants, premières victimes», p. 471-531;
    • traitement de l'autisme : ne pas manquer le paragraphe «Bettelheim l'imposteur» que les admirateurs présents ou passés du Dr B. (dont je suis) ne pourront que recevoir comme une énorme gifle... Mais les faits sont là. Bien loin de la légende.

Bref, des faits, encore des faits, toujours des faits, très largement ignorés du grand public. Les auteurs parviendront-ils à les faire mieux connaître?

Ce n'est pas gagné si l'on considère l'accueil fait au livre par quelques grands médias. Ceux-ci ont, le plus souvent, recouru à un artifice rhétorique bien connu : élargir la cible de l'adversaire de façon à le rendre ridicule.

Le contenu général de ces critiques consiste à ne voir que des intérêts affectifs ou stratégiques dans la démarche des auteurs : ainsi, le Monde des Livres titre «catalogue de la détestation antifreudienne» son compte rendu, signé Jean Birnbaum le 9 septembre, où l'on peut lire : «Guerre des "psys"? De fait, tout au long de ces dernières années, la concurrence entre les divers médecins de l'âme s'est muée en véritable combat de tranchées, et les tenants des thérapies dites "cognitivo-comportementales" (TCC), qui forment les gros bataillons (plusieurs dizaines d'auteurs) du présent assaut collectif, ont quelque raison de vouloir en découdre avec les partisans du freudisme»

Cette tendance, de plus en plus répandue parmi de nombreux journalistes, à présenter les débats en termes de «guerres de clans» et à renvoyer dos à dos les divers protagonistes, a un gros avantage : noyer le poisson, ne pas parler des faits, des éléments du dossier. Faire de grandes critiques sur la forme et le ton pour parler d'autant moins du contenu.

Ainsi, par exemple, pendant qu'il parle des intentions supposées des auteurs, Birnbaum ne dira pas un mot sur l'imposture Bettleheim. Comme si la révélation était sans importance. Comme si, après avoir tenu ses lecteurs dans l'illusion du Dr B. guérissant les autistes, Le Monde devait aujourd'hui leur cacher la vérité: drôle de façon de les respecter!

Il y a eu deux exceptions notables: Elle et Le Nouvel Observateur ; seuls ces deux titres ont (pour le moment?) donné la parole à des auteurs du Livre Noir.

Au grand dam des mandarins: http://www.siueerpp.org/article.php3?id_article=43.

On peut suivre la sortie du livre au jour le jour, vue avec les yeux de l'éditeur, sur le site de celui-ci.

Voilà pour les journalistes.

Deux responsables politiques, J. Ralite (PCF) et J.-P. Sueur (PS) ont cosigné un article du Monde s'indignant de la «campagne actuelle» contre la psychanalyse, alors qu'ils n'avaient, semble-t-il, pas encore lu le livre : il ne disaient rien à propos de son contenu.

On retrouve dans leur papier l'argument de la prétendue haine des auteurs contre la psychanalyse et les psychanalystes. Comme si cela suffisait à invalider a priori le contenu du livre et les faits rapportés. En somme, pour critiquer un concept ou une personne, il faudrait d'abord avoir des sentiments qui leur sont favorables! Ce qui me semble être ni plus ni moins qu'un chantage qui revient en pratique à nier tout droit à la critique, puisque ce dernier n'est alors reconnu qu'à ceux qui n'ont aucune envie de l'exercer. Sait-on quels étaient les sentiments de Voltaire vis à vis des religieux? Si l'on apprenait que ceux-ci (les sentiments) étaient mauvais, cela invaliderait-il les critiques de Voltaire sur la religion?

Beaucoup semble considérer que l'important n'est pas que les faits relatés se soit produits ou non. Seuls comptent les discours, les idées et les stratégies.

Quand aux psychanalystes, ils ont le plus souvent pour le moment refusé le débat, préférant l'anathème, voire la menace. Ainsi, Élisabeth Roudinesco a refusé de débattre avec l'un des auteurs dans le Nouvel Obs, mais s'est exprimée très longuement, sans opposition, dans l'Express et a même appelé ses collègues psychanalystes à déposer plainte pour diffamation!

Voici la réponse des auteurs à l'article de l'Express.

Rarement la remarque de Jean Bricmont ne se sera si bien appliquée : « Il semble que certaines personnes, lorsqu'elles apprennent qu'elles ont été mystifiées, semblent plus fâchées contre ceux qui le leur font découvrir que contre les charlatans eux-mêmes. »

 

Jean-Louis Racca

 


CONFÉRENCES ORGANISÉES PAR L'OBSERVATOIRE ZÉTÉTIQUE EN 2005


 

Comme vous le savez sans doute, notre association concentre l'essentiel de son activité à l'étude des phénomènes réputés paranormaux avec pour seul outil d'investigation la méthode scientifique. Au delà des résultats propres que peuvent apporter ces études (informations rigoureuses sur un certain nombre de phénomènes paranormaux, obtenues après enquêtes ou réalisations d'expériences scientifiquement contrôlées), notre objectif ultime est d'apporter auprès d'un public le plus large possible des éléments permettant de mieux comprendre la spécificité de la démarche scientifique.

Extrêmement enthousiasmés par nos rencontres avec le public (conférence générale sur la zététique, fêtes de la science, café science), nous avons choisi pour la seconde année d'existence de notre association de proposer en complément de nos activités propres, des conférences donnant une description des méthodes de la science en action dans des champs scientifiques établis.

La première de ces conférences s'est tenue le 5 mai et a porté sur la biologie évolutive, champ de la science qui suscite un grand intérêt de la part du grand public mais qui est soumis à un certain nombre d'attaques visant à saper ses bases theoriques[1]. Le Professeur Cyrille Barrette[2], à travers sa conférence intitulée « La théorie de l'évolution en péril : Le cas étrange du panda », nous a donné un brillant exposé des méthodes d'investigations scientifiques dans la recherche en biologie. Il nous a décrit en détails les différents défis que constitue l'étude de l'évolution de cet animal pour les théories et les méthodes de la biologie, en insistant plus particulièrement sur la nécessite d'être particulièrement rigoureux et méfiant envers préjugés conclusions hâtives.

Pour la deuxième conférence, le 17 mai, le Docteur Jean-Jacques Aulas[3] a illustré l'importance de l'effet placebo (titre de la conférence : « L'effet placebo ou la puissance thérapeutique de l'illusion ») dans le processus de guérison. Jean-Jacques Aulas a défendu la thèse selon laquelle les pratiques médicales irrationnelles dites « médecines douces », se développant en marge en marge de la médecine scientifique, comportaient un pouvoir de guérison qui, bien que très restreint, n'en demeure pas moins bien réel. En revanche ce pouvoir de guérison ne peut en aucun cas être expliqué par les concepts pseudoscientifique qui sous-tendent ces pratiques, alors qu'il peut largement être attribué à l'effet placebo. Afin de mieux comprendre comment la science médicale aborde l'étude de cet effet, le Docteur Aulas a, en particulier, montré comment, depuis la fin du XVIIIe siècle, des expériences scientifiques ont permis de mettre en évidence cet effet impressionnant ainsi que les hypothèses biologiques actuelles sur son mécanisme d'action.

Ces deux conférences ont été tenues en soirée afin de permettre au plus grand nombre d'y assister. Elles ont respectivement réuni une cinquantaine et une centaine de personnes. Nous avons été globalement satisfaits. Le brio des conférenciers mais également l'ardeur du public ont rendus ces exposés enrichissants et vivants. C'est pourquoi nous comptons renouveler l'expérience l'an prochain et espérons vous y rencontrer.

 

Christel Routaboul

 

Notes :

[1] Intrusions spiritualistes et impostures intellectuelles en sciences, Jean Dubessy, Guillaume Lecointre (déc. 2001).

[2] Cyrille Barrette est Professeur de Biologie à l'Université de Laval (Québec) et, entre autres, auteur de l'ouvrage : « Le miroir du Monde : Évolution par sélection naturelle et mystère de la nature humaine » (Québec, Éditions Multimondes, 2000).

[3] Jean-Jacques Aulas est neuropsychiatre et psychopharmacologue clinicien au Centre hospitalier de Saint Étienne et auteur de différents ouvrages dont « Les médecines douces. Des illusions qui guérissent » (Odile Jacob. 1993) et « Placebo. Chronique d'une mise sur le marché » (Science infuse. 2003).

 


ÉVÉNEMENT


 

Le douzième Congrès sceptique européen approche: il aura lieu du 13 au 16 octobre à Bruxelles. Intitulé « La pseudo-science, les médecines alternatives et les médias » (titre original « Pseudoscience, alternative medicine and the Media »), il regroupe une vingtaine d'intervenants d'horizons divers, dont certains noms prestigieux : Abgrall et Bricmont y voisinent avec Monvoisin.

Monvoisin, Monvoisin... mais oui, c'est bien Richard, le brillant secrétaire de l'OZ, qui présentera « Forewarned is forearmed - How to use examples of pseudoscientific gaps and insidious philosophical trends in science magazines to teach critical thinking ».

L'Observatiore zététique sera présent sur les stands et au bar : l'occasion de rencontres conviviales et zététiques.

Pour plus d'informations, http://alpha.uhasselt.be/~gjb/esc2005/

Mise à jour le Mercredi, 09 Septembre 2009 20:13