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POZ n°34 Imprimer Envoyer
Dimanche, 13 Avril 2008 14:13

 


SOMMAIRE


 

  • Les nouvelles de l’OZ
    Compte-rendu de la conférence sur la manipulation
  • Actualités
    Rapport de la Miviludes
  • Dossier : Hasard et stratégies
  • Billet : De l’usage de l’homéopathie dans les lycées et collèges
  • Culture et zététique
    Parapsychologie : science ou magie ?, critique et interview de James Alcock
  • Agenda
    23 avril à Grenoble : Manipulation, du quotidien à la secte
    5 mai à Grenoble : Les créationnismes et le contour des sciences
  • Divertissement : Énigme et insolite

 


ÉDITO


 

C'est le printemps.

Ça devait arriver, me dira l'ami lecteur impitoyable. On constate en effet, depuis quelques siècles, une certaine régularité dans le retour des équinoxes. À se demander s'il n'y aurait pas quelque chose de systématique là-dedans ; il faudrait dire aux scientifiques de s'y intéresser.

Oui, c'était prévisible, bien sûr, mais l'éditorialiste bucolique que je suis s'est surpris à s'émerveiller un bon moment chaque matin devant les bourgeons qui éclosent sur le chemin de son lieu de labeur. Pourtant issu de la grande tradition de la formation scientifique française, peu réceptif en général au surnaturel et peu enclin à voir en toutes choses une manifestation d'un ordre qui nous échappe, l'éditorialiste en question se targue d'avoir les pieds sur terre, à l'instar d'un gendarme que l'on interroge au sujet d'une manifestation extraterrestre. Il paraît même que ledit éditorialiste serait président d'une association rationaliste, mince alors, tout fout le camp.

Ben oui, malgré tout ça, je fus ému, voire émerveillé, par ce qui n'est après tout qu'une manifestation, assez complexe il est vrai, de la physico-chimie du vivant. Je me fis même la réflexion suivante, d'une rare profondeur comme tu vas le voir : « ça tombe bien, quand même, c'est toujours au moment du printemps que tout éclot ».

Quelques temps après, l'éditorialiste s'est surpris à réfléchir à un poisson d'avril, cherchant par là à se conformer bêtement à une tradition aux origines insondables et à la justification incertaine ; absurde et irrationnelle, comme beaucoup de traditions.

Voilà qui devient inquiétant, si les éditorialistes de l'OZ se mettent à plonger dans l'irrationnel comme les premiers narvals venus. Y aurait-il de la dissonance cognitive dans l'air, et l'éditorialiste serait-il bon pour la poubelle ? Ma foi, probablement. Peut-être peut-on simplement dire que la robe austère du rationaliste n'est qu'un maigre paravent pour une pensée beaucoup plus complexe, pas forcément cohérente et en évolution ? Peut-être. En tout cas, c'est la version officielle. En vrai, c'est certainement abusif de parler de pensée... Comme tout un chacun, l'éditorialiste se dispense fréquemment de penser, d'où des réactions qui le surprennent lui-même.

« L'être humain est une machine formidable », clamait régulièrement d'un ton extatique une prof de bio de lycée, tentant de suppléer par sa conviction enthousiaste au dynamisme et à l'intérêt dont manquaient ses élèves. C'est peut-être une machine formidable, mais faudrait expliquer un peu comment elle marche.

Stanislas Antczak,
éditorialiste saisonnier


LES NOUVELLES DE L’OZ

 


 

 

Manipulation : du quotidien à la secte

 

Le 1er avril 2008, l’Observatoire zététique et l’Association de défense de la famille et de l’individu (ADFI 2 Savoie-Isère) ont organisé à Chambéry une conférence sur le thème de la manipulation mentale. L’objectif était de sensibiliser le public aux dangers des dérives sectaires en montrant que nous sommes tous potentiellement manipulables et donc bien, tous concernés.

En effet, comme l’a rappelé en introduction Franck Villard, président de l’ADFI 2 Savoie-Isère, le premier pas dans un mouvement sectaire n’éveille pas nécessairement notre vigilance. Les accroches utilisées sont toujours des thèmes très séduisants comme l’écologie, la paix, la spiritualité, la philosophie, le développement personnel, l’engagement humanitaire, ou encore l’ufologie ou la réincarnation. Le « recruté » n’adhère donc pas à une « secte » mais rejoint un groupe dont il croit partager les idéaux, les préoccupations ou les centres d’intérêt. Il ne s’agit donc pas nécessairement d’une personne psychologiquement faible. L’état de faiblesse que l’on attribue à l’adepte ne préexiste pas toujours à son entrée dans la « secte » mais résulte le plus souvent de son engagement dans celle-ci.

Au cours de cette conférence et en se partageant la parole, les intervenants ont essayé de répondre à ces deux questions : comment entre-t-on dans un mouvement sectaire ? et pourquoi est-il si difficile d’en sortir ?

Les techniques de manipulation sont nombreuses et seules quelques unes d’entre elles, les plus courantes et les plus efficaces, ont été décrites. Après des exemples du quotidien donnés par Richard Monvoisin, Virginie Bagneux, psychologue et doctorante en psychologie, explicitait théoriquement le procédé, puis Franck Villard l’illustrait avec des pratiques sectaires. Parmi les techniques et mécanismes psychologiques présentés : le pied dans la porte, l’étiquetage, la soumission à l’autorité, l'escalade d’engagement ou encore la dissonance cognitive.

Si connaître ces techniques ne nous immunise pas contre elles, cela augmente nos chances de les identifier et renforce donc notre vigilance.

Cette conférence a été filmée et sera prochainement disponible sur notre site. Elle sera également présentée à Antigone à Grenoble le 23 avril à 20h (voir notre agenda).

 

Peut-on étudier scientifiquement le paranormal ?

Le 7 avril 2008, invité par le cercle de zététique de l’association Aldéran, Nicolas Vivant, secrétaire de l’OZ, s’est rendu à Toulouse pour y donner une conférence intitulée « Peut-on étudier scientifiquement le paranormal ? ». Devant un public plutôt sceptique, il a présenté la démarche zététique, de ses principes empruntés à la méthode scientifique à ses spécificités dues à son objet d’étude, le « paranormal ». Pour illustrer l’importance, dans une expérimentation scientifique, de concepts théoriques tels que le double aveugle, la randomisation, mais aussi l’utilisation de critères de validation objectifs, il a décrit l’élaboration des protocoles et expliqué la réalisation des deux expériences menées par l’OZ : le test d’un magnétiseur et l’expérience d’Argenton-sur-Creuse.

Après une heure et demie de présentation, le public l’a assailli de questions sur la sourcellerie, la radiesthésie mais aussi les médecines dites alternatives et l’effet placebo.

Cette conférence a été enregistrée et devrait prochainement être disponible sur le site de l’Observatoire zététique.

Nicolas a dédié cette soirée à la mémoire de Michel Blavet, membre du cercle de zététique de Toulouse, inscrit sur notre liste publique dès novembre 2005, qu’il aurait certainement rencontré lors de cette soirée si malheureusement, il n’était pas décédé prématurément en septembre dernier.

 

Nouveauté sur le site de l'OZ


On pourrait presque en faire un slogan publicitaire :« Des stats, des stats ! oui mais de Florent Tourn... ». Ah, bah non... ça rime pas...

Après la publication de « Inconditionnel des probabilités conditionnelles », Florent Tournus, notre amateur de statistiques, récidive ce mois-ci avec « La nécessité du hasard ». Cet article vise à répondre à plusieurs interrogations autour de la question du hasard dans les expériences de parapsychologie et démontre en particulier l'importance de la randomisation dans un protocole scientifique.

Pour un exercice pratique en guise d'introduction, vous pouvez commencer par lire son dossier publié dans cette newsletter : « Hasard et stratégies »

 


ACTUALITÉS
Les actus du « paranormal »


 

Le deuxième repas ufologique grenoblois

Les Repas ufologiques forment un réseau chapeauté par l’ufologue parisien Gérard Lebat qui s'est fixé pour but d'organiser des rencontres régulières sur le thème de l'ufologie où les participants pourraient discuter de leurs expériences. L'idée a essaimé dans toute la France et même à l'étranger. À Grenoble, ces repas existent depuis février 2008 et se tiennent le premier jeudi de chaque mois « pair ». Le 3 avril, sa deuxième édition a été animée par François Haÿs et Luc Chastan. Cordialement invité à y assister, j’étais ce soir-là dès 18h30 au Casino de la galerie marchande de Grand’Place.

La promotion médiatique de l’événement (article dans le Dauphiné Libéré, GreNews, intervention sur TéléGrenoble) a attiré une trentaine de personnes, à la grande surprise des organisateurs. Dans une ambiance conviviale et détendue, la réunion a commencé par un petit commentaire sur l'actualité ufologique : retour sur l'affaire Gilles Lorant (que j'avais abordée dans la newsletter n°33), rapport d'observation en Isère (à la hauteur de Voreppe, une enquête difficile car l'affaire remonte à 1997), présentation des dernières sorties de la presse spécialisée et, finalement, du livre auquel j'ai contribué (Les OVNI du CNES, trente ans d’études officielles (1977-2007)), présenté gentiment comme un livre « polémique » ; ce dont je me suis tout aussi gentiment défendu en quelques mots.

À l’écoute des interventions des convives, racontant leurs propres observations d’ovnis (notamment celles de l’ufologue lyonnais Bruno Mazzocchi, principal invité de la soirée), ainsi que des conversations connexes, il m’a semblé que l'assistance était sinon intégralement, du moins majoritairement acquise à deux idées majeures : 1) il y a quelque chose d'a minima exotique (et probablement extraterrestre) derrière les ovnis, et 2) nos dirigeants le savent et s'efforcent de le dissimuler. Certains n’ont d’ailleurs pas caché leur conviction personnelle d'avoir été confrontés à des vaisseaux extraterrestres.

François Haÿs, un homme très aimable et conciliant sans pour autant être complaisant, est partisan d’une approche « raisonnable » qui (comme beaucoup) s'efforce de débarrasser l'ufologie de sa gangue de croyances et estime que toutes les opinions, même celles des sceptiques, ont voix au chapitre. Sans en partager l'optique, il estime que le livre que j'ai co-écrit avec Éric Mailot et David Rossoni est « important » et c'est lui qui m'a convié à participer à ce repas. Du reste, François Haÿs et Luc Chastan se félicitaient d'avoir échappé jusqu'ici aux « doux dingues » à l’approche tenant plus du mysticisme que d’un réel souci d’objectivité…

La réunion s’est terminée vers 22h. Les organisateurs ont exprimé le souhait de me voir revenir ultérieurement pour une présentation de mon approche sceptique de l'ufologie, ce à quoi j'ai répondu positivement. Cette intervention devrait probablement avoir lieu lors de la soirée d’octobre. Le prochain repas ufologique grenoblois se tiendra quant à lui le 5 juin.

Éric Déguillaume

 

« Pâques aux tisons » et c'est tout

Dans l’édition de février 2008, notre éditorialiste (en carton à l’époque) nous lançait un défi sur les dictons météorologiques liés à la Saint-Valentin. Le présent article n’a pas vocation à vous lancer de nouveaux défis mais simplement de vous raconter une anecdote personnelle récente au sujet d’un de ces dictons météo.

J’ai passé mon week-end de Pâques non loin de Vesoul. Nous avons eu le bonheur de le passer sous la neige ou presque. Quelle ne fut pas ma surprise en lisant dans l’édition du journal local (L’Est Républicain pour le nommer) un article intitulé « Noël au balcon, Pâques aux tisons ». Dans cet article, l’auteur(e) nous annonçait : « La neige et le vent sont venus rappeler ce dicton de sagesse populaire aux automobilistes du Haut-Doubs, hier. Sauf que Noël s’était agréablement passé en blanc, mais avec le soleil. ». Et ma belle maman de rajouter : « Ah bein oui, il a raison ! ».

D’une part les lecteurs avertis pourront remarquer que derrière le dicton se cache un bel effet paillasson car il y aura toujours des courageux pour passer le réveillon de Noël au balcon même par 0°C, voire même en sous-vêtements (surtout en fin de soirée, après l’absorption exagérée de substances alcoolisées). En fait, par ce dicton, il faut comprendre « Quand le temps est doux à Noël, à Pâques il fait froid de plus bel » (comparativement aux normales saisonnières).

D’autre part, ce proverbe ne s’appliquait tout simplement pas cette année, la première proposition du proverbe n’étant pas vérifiée.

Petit rappel des faits.

L’Est Républicain, édition du 20.12.2007 : un article au titre évocateur « L’hiver n’est pas mort ! » nous dressait un constat frileux : « hier matin […] il était mesuré : -9,5°C à Besançon, -10°C à Rioz et Port-sur-Saône. […] Il faut remonter à 1946 pour trouver plus froid un 19 décembre selon Météo France. ».

L’Est Républicain, édition du 27.12.2007 : l’article « Premières glisses bisontines » retranscrit les paroles de Brigitte Delsalle, prévisionniste à Météo France : « Mais les basses températures qui règnent en plaine depuis quelques jours ont fait que la pluie a congelé instantanément. » lorsqu’elle parle du verglas qui s’est abattu sur Besançon le 26 décembre.

Et trois mois plus tard, un journaliste du même quotidien ose nous dire qu’il a passé « Noël au balcon » ? J’espère qu’il l’a fait bien couvert.

Loin de moi l’idée de remettre en cause la véracité de ce dicton (on pourrait monter un protocole expérimental comme le suggérait notre éditorialiste dans l’édition de février 2008), en tout cas sa réciproque, elle, ne l’était pas cette année. Le titre « Pâques aux tisons » aurait donc suffi sans avoir besoin de faire appel à la sagesse populaire.

Alexis Aubry

 

 


 

En bref

 

La MIVILUDES a rendu son rapport 2007

Début avril, la mission interministérielle de vigilance et de luttes contre les dérives sectaires a remis au Premier ministre son rapport annuel. Rendu public, ce document est téléchargeable gratuitement sur le site de la Miviludes.

Après la polémique du mois dernier suite propos d’ Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, estimant que les sectes en France sont un « non problème », ce rapport fait le point sur la réalité du risque et l’évolution des dérives sectaires. Les faux souvenirs induits (par des psychothérapies telles que la psychogénéalogie par exemple), la vente multi-niveaux (qui consiste à vendre des produits ou services, le plus souvent liés au bien-être, et à convaincre les acheteurs de devenir vendeurs à leur tour) et certaines techniques de coaching en entreprise sont notamment analysés dans ce rapport.

 

Il ne l’a malheureusement pas vu venir

Lors de la « 10th International Conference on Science and Consciousness » qui a eu lieu du 29 mars au 1er avril 2008 au Nouveau-Mexique, Rupert Sheldrake a été poignardé par Hirano Kazuki, un japonais de 33 ans qui lui avait avoué plus tôt « entendre des voix et voir des démons ».

Lors de ce colloque, les interventions du parapsychologue, célèbre entre autres pour sa théorie des champs morphiques et ses expériences sur les pouvoirs des animaux, concernaient notamment ses recherches sur la résonance morphique, la télépathie et l’intuition. Ces facultés parapsychologiques, si elles existent, ne lui ont en tout cas pas permis d’éviter l’incident qui heureusement n’a pas mis ses jours en danger : l'assaillant qui visait sa poitrine a trébuché et l'a blessé à la jambe.

Nous souhaitons à Rupert Sheldrake un prompt rétablissement, après cet incident pour le moins traumatisant.

 

 


DOSSIER
Hasard et stratégies



Lors d'une récente réunion de l'Observatoire zététique, il a été question de la possibilité (ou non) d'obtenir volontairement (ou non) de moins bons résultats que le hasard lors d'une expérience de type « parapsychologique ». La discussion a porté sur la possibilité d'un « artefact » qui serait dû à une tendance, pour certains sujets, à donner de mauvaises réponses.

La question était la suivante. Imaginons une série de 4 expériences successives, identiques, où l'on doit prédire la « bonne réponse » parmi deux choix possibles pour chaque tirage : cela revient par exemple à essayer de deviner l'issue d'une série de 4 tirages à « pile » ou « face ». Pour chaque expérience réussie (c'est-à-dire lorsque la prédiction est identique au tirage obtenu), on marque un point. Notez qu'il ne s'agit pas là de prédire le nombre total de « pile » ou de « face » dans le tirage, mais bien de prédire une série complète.

Certains membres de l'assistance pensaient qu'il était possible, en appliquant une « mauvaise » stratégie, d'observer statistiquement de moins bons résultats que lorsqu'on essaye réellement d'obtenir un bon score, et ce, en l'absence d'un quelconque pouvoir psi. En particulier, sachant que pour 4 expériences, le cas le plus probable est de tirer 2 « pile » et 2 « face », est-ce que prédire une série de 4 « pile » ne revient pas à faire une « mauvaise » prédiction ? Appliquer de nombreuses fois cette « mauvaise » stratégie (par opposition, la « bonne » stratégie serait par exemple de prédire une série contenant 2 « pile » et 2 « face ») conduira-t-il à obtenir de « mauvais » résultats, c'est-à-dire des scores particulièrement bas ?

Cette question est justement abordée, parmi d'autres considérations sur le hasard, dans mon récent article intitulé « La nécessité du hasard ». Je vais juste donner ici quelques explications sur ce problème qui s'avère extrêmement peu intuitif, bien que facilement abordable. Le lecteur est par ailleurs invité à consulter l'article complet pour plus de détails.

La situation envisagée ici est en fait le cas particulier d'un problème plus général : lorsque les « bonnes réponses » d'une série d'expériences identiques sont tirées au sort, existe-t-il une stratégie permettant d'augmenter (ou au contraire, de diminuer) ses chances de réussite par hasard ? Intuitivement, vous ne savez peut-être pas quoi répondre à cette question posée de la sorte. Mais, comme en témoignent les réponses données par le public lors d'une expérience menée à la fête de la science, il faut croire qu'une majorité de gens pense en fait que la réponse est « oui » (certainement sans même s'en rendre compte). Cette expérience, qui est parfaitement similaire à celle décrite ci-dessus, consistait à deviner une combinaison de 10 croix ou rond tirée au sort. Alors que la distribution du nombre de croix et de ronds attendue par hasard est parfaitement connue (c'est la loi binomiale correspondant à une courbe en cloche centrée sur 5), les gens ont tendance à prédire bien plus fréquemment des combinaisons contenant 5 croix et 5 ronds (mais aussi 6 croix et 4 ronds, ou le contraire), que ce que donnerait un tirage au sort.

Autrement dit, il semble que de nombreuses personnes suivent ce type de raisonnement :
1) Pour chaque tirage il y a une chance sur 2 d'avoir une croix ou un rond : avec 10 tirages, l'issue la plus probable est donc d'avoir 5 croix et 5 ronds, c'est également ce qu'on attend en moyenne.
2) Ma prédiction, pour « ressembler » à quelque chose d'aléatoire doit donc comporter 5 croix et 5 ronds, ou du moins ne pas trop s'en écarter.
3) En prédisant une combinaison équilibrée (5 croix et 5 rond), j'augmente ainsi mes chances d'avoir un bon score ! À l'inverse, ce ne serait pas du tout judicieux de prédire 10 croix.

Les points 1 et 2 de ce raisonnement sont corrects, mais c'est le passage au point n°3 qui est faux. Regardons d'un peu plus près. L'hypothèse la plus raisonnable, a priori, est effectivement que chaque symbole a autant de chance d'être tiré : avec 10 tirages, on s'attend donc à obtenir en moyenne 5 croix, ce qui est également l'issue la plus probable. La distribution attendue par hasard du nombre de croix dans la combinaison est donnée par la loi binomiale (courbe en cloche déjà citée plus haut) : celle-ci nous permet par exemple de calculer qu'on a environ 25% de chances d'avoir 5 croix et 5 ronds, alors qu'on n'a environ que 0,1% de chances d'avoir 10 croix. Ainsi, il est exact qu'il est beaucoup moins probable pour la combinaison tirée au sort de comporter 10 croix que d'en comporter 5.

Mais chaque série, prise individuellement, a exactement autant de chances qu'une autre d'être tirée au sort. J'insiste là dessus : la série XXXXXXXXXX possède la même probabilité d'être tirée au hasard que XOOXXXOXOO (comme il y a 1024 séries différentes, qui sont toutes équiprobables, elles ont chacune une chance sur 1024 d'être tirée). Et pourtant, la deuxième série a l'air plus « aléatoire ». La grande majorité des gens aurait plutôt envie de parier sur celle-ci que sur la première.

Le fait qu'il soit moins probable d'obtenir 10 croix que 5 croix et 5 ronds provient simplement du fait qu'il y a beaucoup plus de possibilités de répartir 5 croix et 5 ronds sur 10 tirages que 10 croix ! Or, ce qui importe pour le calcul du score n'est pas le nombre total de croix et de ronds dans la combinaison tirée au sort, mais bien la combinaison elle-même, la façon exacte dont les symboles sont répartis. La conséquence est que, quelle que soit la combinaison prédite (en particulier qu'elle comporte 5 croix et 5 ronds ou 10 croix par exemple), la probabilité d'avoir tel ou tel score par hasard est strictement la même !

Si vous n'en êtes pas convaincu, ce qui est parfaitement légitime, je vous propose différentes façons de vérifier ce résultat non intuitif. Les deux premières sont empiriques : elles consistent à effectuer un grand nombre de tirages et à comptabiliser les scores obtenus pour se convaincre que deux stratégies très différentes, dont une qui pourrait paraître très peu judicieuse, donnent en fait la même distribution de scores (et en particulier le même score moyen). Une autre façon de le prouver est d'utiliser un raisonnement mathématique.

La première méthode est peut-être la plus convaincante pour certains, mais aussi la plus laborieuse ! Il vous suffit d'effectuer vous-même l'expérience avec un grand nombre de séries de lancers à « pile » ou « face » (100 séries de 10 lancers par exemple, mais vous pouvez le faire avec des plus petites séries, de 4 lancers par exemple). Vous vous fixez deux stratégies différentes à comparer (par exemple prédire une combinaison particulière « équilibrée », et une autre complètement déséquilibrée) et pour chaque série, vous déterminez le score correspondant à chacune de ces stratégies. Prenez soin de bien lancer votre pièce lors du tirage, afin de ne pas introduire de biais dû à un mauvais tirage aléatoire (qui pourrait par exemple favoriser l'un des côtés de la pièce). À la fin de l'expérience, comptez combien de fois vous avez obtenu un score donné, pour chacune des stratégies, et calculez le score moyen. Vous vous rendrez compte que la stratégie « déséquilibrée », qui peut sembler « mauvaise » à première vue, est aussi efficace qu'une autre !

La deuxième méthode consiste à utiliser un tableur pour effectuer de manière automatique un grand nombre de tirages au sort. Cela revient au même que la première méthode, sauf qu'on n'a pas besoin de pièce, que ça ne prend pas une demi-journée, qu'il y a moins de risque d'erreurs et de biais (le tirage aléatoire sera plus fiable), et qu'on peut effectuer un nombre beaucoup plus grand d'expériences. Bref, cette méthode présente beaucoup d'avantages, mais on perd le côté « matériel » qui peut aider certains à se convaincre de la véracité d'un résultat non-intuitif. Vous pouvez vous amuser à « programmer » vous-même une feuille de calcul avec votre tableur préféré, ou bien télécharger cette feuille de calcul Excel préparée par l'Observatoire zététique. Là encore, il s'agit de comparer la distribution des scores et le score moyen donné par différentes stratégies : on se rend compte qu'elles sont toutes identiques !

Enfin, un raisonnement mathématique permet d'arriver à la même conclusion : toutes les stratégies sont identiques ! En effet, lorsqu'on considère chaque tirage, indépendamment des autres, on a bien à chaque fois une chance sur deux d'avoir prédit la bonne réponse, donc de marquer un point. Et ce, quels que soient les prédictions et les tirages précédents, ou les suivants. On voit alors que la probabilité de « marquer un point » à chaque tirage ne dépend finalement pas de la combinaison prédite.

En conclusion, retenons ce résultat peu intuitif : pour des expériences telles que celles décrites ci-dessus, toutes les prédictions, et donc toutes les stratégies, se valent.
En particulier, prédire une combinaison qui « colle » à ce qu'on attend par hasard, notamment en ce qui concerne le nombre de « pile » ou « face » (ou de croix et rond), ne permet absolument pas d'optimiser ses chances d'avoir un bon score. Aussi, plutôt que de chercher à prédire une combinaison qui a l'air « aléatoire », autant ne pas se creuser la tête et aller au plus simple : le fait que dans l'expérience mentionnée ci-dessus un grand nombre de personnes (bien plus grand que ce qu'on attendrait si les prédictions étaient faites au hasard) aient prédit la série XXXXXXXXXX montre d'ailleurs que certains sont bien conscients de cela !

Mais attention, il existe des situations d'expériences où toutes les stratégies de réponse au hasard ne se valent pas. Pour en savoir plus, lisez donc l'article « La nécessité du hasard » !

Florent Tournus

 

 


BILLET
De l’usage de l’homéopathie dans les lycées et collèges



Je travaille dans l’éducation nationale depuis une dizaine d’années et depuis tout ce temps, il m’apparaît que l’homéopathie est toujours utilisée pour soigner nos chères petites têtes blondes. Dans un établissement scolaire, il y a évidemment une infirmière (je dis une car jusqu’à maintenant, je n’ai pas rencontré de Monsieur exerçant ce travail) qui a l’autorisation de soigner les élèves ; elle seule a le droit de délivrer des médicaments (du paracétamol pour les maux de tête, du Smecta® pour le ventre…). Mais depuis plusieurs années une infirmière est « partagée » par d’autres établissements et lorsqu’elle est absente, une trousse médicale est laissée aux bons soins du service de la vie scolaire, service dirigé par le conseiller principal d’éducation (moi !).
Les assistants d’éducation et moi-même ne sommes pas autorisés à donner des médicaments.
Que trouve-t-on dans cette trousse ? Des pansements, du désinfectant, du coton (les petits saignent du nez parfois) et surtout des petits tubes bleus remplis de petites granules blanches.

C’est là toute l’absurdité de l’affaire. Je m’explique : je n’ai pas le droit de délivrer le moindre médicament à un élève, par contre j’ai à disposition de multiples tubes d’homéopathie. Lorsque je pose la question : « Si je donne de l’homéopathie, cela veut dire que ce n’est pas un médicament, que c’est une poudre magique, un moyen pour rassurer mes élèves ? », on me rétorque : « Non, l’homéopathie, c’est un médicament qui marche. »
Je demande pourquoi j’ai le droit de donner ce « médicament » et pas un autre.
Je parle alors de l’effet placebo mais on me certifie que c’est un vrai médicament (il y en a donc des faux…) que je ne dois pas me tromper de tubes et bien compter les granules.
Je demande alors pourquoi je ne trouve pas dans la trousse vie scolaire du paracétamol par exemple. À chaque fois la réponse est la même : « L’homéopathie c’est moins dangereux, il y a moins de risques. »
Je pousse un peu plus loin en demandant si on peut considérer l’homéopathie comme un médicament light : « Non, ce n’est pas ça, mais tu comprends (ben non justement je ne comprends pas) tu ne verras jamais un élève faire une allergie à l’homéopathie, donc tu ne prends aucun risque. »
Ah ! C’est donc ça, je peux donner de l’homéopathie parce que je suis sure que cela ne va rien provoquer.
On me dit que je suis fatigante avec mes questions, je veux juste être honnête avec mes élèves et leurs familles.

Jules Ferry voulait que la vérité soit enseignée aux élèves pour qu’ils puissent avoir un esprit critique assez développé pour pouvoir devenir un jour de vrais citoyens.
Je ne donne jamais d’homéopathie à mes élèves.

Dame K

 


CULTURE ET ZÉTÉTIQUE



En librairie


Parapsychologie : Science ou magie ?
James Alcock
Éditions Flammarion
380 pages - 22,11 euros


Parapsychologie : Science ou magie ? est sorti en 1981 ; sa version française date de 1989. Malgré son âge « avancé », le livre de James Alcock semble étrangement récent et plonge alors le lecteur dans l’apparent débat immobile* de la parapsychologie, où depuis près d’un siècle les mêmes hypothèses, les (presque) mêmes expériences, les mêmes interprétations, les mêmes réfutations, les mêmes discussions et les mêmes controverses semblent sans cesse recommencer.
James Alcock est professeur de psychologie à l’université de York au Canada. Il s’est intéressé à la parapsychologie dans le cadre de ses recherches sur les croyances. Avant d’analyser dans ce livre les études parapsychologiques menées des années 60 et 70, il consacre de longs chapitres à la psychologie de la croyance et de l’expérience, mais aussi à la faillibilité du jugement humain. Dans cette introduction plus généraliste où il explicite ce qu’est la « science » et ce que recouvre la « magie », il aborde les biais de raisonnement, de perception et d’expérience qui souvent convainquent de la réalité de phénomènes paranormaux. Ses éléments peuvent selon lui expliquer en partie la persistance des polémiques sur la scientificité et la validité des résultats de la parapsychologie.
Sans faire d’amalgame, il analyse avec précision les études de différents parapsychologues et relèvent certaines caractéristiques récurrentes : des erreurs méthodologiques dans les protocoles expérimentaux et le traitement des données, des interprétations problématiques et des explications ad hoc aux échecs (comme l’effet expérimentateur qui expliquerait que les sceptiques ne réussissent pas à mettre en évidence le psi). Si de telles erreurs se retrouvent dans d’autres domaines de la recherche scientifique, elles sont particulièrement importantes à pointer en parapsychologie car les résultats de cette discipline, s’ils étaient avérés, remettraient en question des connaissances solidement établies en biologie, physique, etc. Pour cette remise en question (toujours possible en science), la preuve avancée doit être incontestable. Le problème majeur reste donc, selon James Alcock, le fait qu’il n’existe toujours pas d’expérience rigoureuse, reproductible qui mette en évidence un phénomène psi. Il partage ainsi la vision de Hansel (1971) : « C’est une croyance en quête de données plutôt que des données en quête d’explication ».
Je regrette de ne pas m’être plongée dans la lecture de cet ouvrage plus tôt dans ma vie de zététicienne. L’éclairage psychologique que James Alcock apporte sur les croyances est particulièrement fin et déborde largement du cas de la parapsychologie. J’ai également trouvé dans ce livre quelques éléments de réflexion concernant une interrogation que je garde toujours à l’esprit : « Les sceptiques refusent-ils de « voir », d’admettre une évidence « dérangeante » ? Sont-ils en dissonance cognitive, cherchant sans cesse à réfuter l’existence du psi qui mettrait en péril « leur science » ? ». Je n’imaginais pas que cette hypothèse puisse être étudiée en psychologie sociale et pourtant, ce fut le cas dès les années 70. Les résultats tentent à prouver que la sélectivité dans les informations et dans la perception soit en réalité du côté de ceux qui croient fortement au paranormal.

*référence au livre de Marianne Doury Le débat immobile : l’argumentation dans le débat médiatique sur les parasciences (Éditions Kimé, 1997).

Citations
« Une des racines de la recherche métapsychique est […] le désir de combattre la vision du monde matérialiste, mécaniste, athée, scientifique, de plus en plus répandue, en prouvant scientifiquement que l’âme survit au corps. » (p. 55)
« À ceux qui méprisent ainsi la science, la parapsychologie offre un monde de pouvoirs métapsychiques qui n’ont pas à subir la contraintes des « lois de la nature » que la science propose. » (p. 67)
« Le danger n’est pas tellement dans les croyances elles-mêmes que dans l’absence de jugement critique. » (p. 72)
« Un sceptique tentera en vain de suggérer une explication rationnelle à celui qui croit avoir eu une expérience paranormale, car la reconstitution de l’expérience dans la mémoire laissera probablement de côté les détails nécessaires à cette explication. » (p. 139)
« Après un siècle de recherches, la parapsychologie a échoué à développer tout théorie cohérente, à produire des hypothèses vérifiables, à établir des normes qui permettent de distinguer spéculation créative et pensée magique. » (p. 230).
« La leçon immédiate que l’on peut en tirer est que les effets psi observés à ce jour pourraient bien n’être que les manifestations des caprices du hasard. » (p. 285)
« s’il est impossible d’établir de quelle façon l’on peut provoquer l’intervention du psi, ni les conditions qu’elle exige, ni le moment où le psi ne peut pas être observé, s’il est impossible de prédire son apparition en fonction de conditions initiales, il ne peut y avoir de régularité. » (p. 305)

J'ai voulu prolonger le plaisir de cette lecture en posant quelques questions à James Alcock que j'avais eu le plaisir de le rencontrer à Bruxelles lors du congrès sceptique européen. Je le remercie encore de s'être si gentiment prêté au jeu de cette interview par mail, répondant dans un français impeccable.

Interview

OZ - Pourquoi vous êtes vous intéressé à la parapsychologie et dans quel but avez vous écrit ce livre ?
JA - Comme professeur de psychologie, je m'intéressais longtemps à la formation et à la maintenance de convictions, surtout faute de bonne preuve. Les croyances paranormales correspondent à cette catégorie et le fait qu'elles concernent beaucoup de personnes bien-instruites les rend d'autant plus intéressantes.

OZ - Dans une critique parue dans le Bulletin métapsychique de l’Institut métapsychique international (n°3, septembre 2007), tout en conseillant la lecture de votre livre, l’auteur rapporte que pour vous, les parapsychologues manquent d’esprit critique, manipulent les données et trouvent toujours une explication ad hoc en faveur du psi. Est-ce véritablement votre point de vue ?
JA - Non, pas complètement. Je connais des parapsychologues qui ont la compétence méthodologique excellente dans l'étude tant de la psychologie que de la parapsychologie, et ils sont très soigneux dans leurs recherches et dans leurs rapports. Malheureusement, il y a d'autres qui manquent clairement de cette expertise.
Quant à la manipulation de données, il y a un problème que j'observe plutôt souvent dans la littérature de parapsychologie : le chercheur commence par une hypothèse particulière, mais si cette hypothèse n'est pas soutenue par les données, il trouve d'autres aspects des données qui pourraient peut-être refléter des influences paranormales (mais peut-être, simplement les fluctuations statistiques, étant donné qu'elles n'ont pas été prédites) et ensuite, c'est pris comme la preuve que les influences paranormales ont été effectivement impliquées. C'est clairement inacceptable. L'approche correcte serait de former de nouvelles hypothèses basées sur ces données et les mettre à l'épreuve.
De nouveau, bien trop souvent on trouve des explications ad hoc pour expliquer pourquoi un effet prédit ne s'est pas produit. Il n'y a aucun problème avec l'offre des spéculations, mais il y a un problème si l'on prend cette absence d’effet en faveur d'une hypothèse comme la preuve de la présence d'un effet paranormal, l'effet d'expérimentateur par exemple.

OZ - À de nombreuses reprises, nous avons demandé à des parapsychologues de nous fournir une référence de publication d’une expérience mettant en évidence le psi. La réponse n’a jamais été claire. Nos interlocuteurs évoquent à la place d’une preuve probante, un faisceau de présomptions en faveur de l’existence du psi. Que pensez-vous de cet argument ?
JA - Il ne faut jamais compter sur les présomptions. Au départ, la plupart des physiciens n'ont pas accepté la théorie de relativité - ils ont rejeté les présomptions, parce qu’elles ont été trop impossibles pour croire ! À présent, chacun l'accepte parce que cette idée très radicale a été soutenue régulièrement par les données. Dans beaucoup d'autres cas dans la science, les présomptions se sont révélées être incorrectes. Les présomptions sont utiles pour guider notre recherche, mais si elles ne peuvent pas être confirmées empiriquement, elles ne sont plus utiles.

OZ - Pourquoi malgré l’absence de résultats probants et d’applications selon vous, la recherche en parapsychologie perdure-t-elle ?
JA - À mon avis, l'effort est fait pour justifier ce que les chercheurs croient déjà - c'est-à-dire qu'il y a un aspect à notre existence qui est plus que la chair et le sang, un aspect non-matériel. L'absence de données empiriques n'entame jamais l'enthousiasme d'atteindre ce but.

OZ - Finalement, la parapsychologie est-elle une science, une pseudo-science ou autre chose ?
JA - Bien que j'aie conclu dans mon livre que c'est une pseudo-science, je dirais maintenant qu'il y a certains parapsychologues qui prennent une approche plutôt scientifique, mais comme tous les scientifiques, se trompent quelquefois, et ils sont quelquefois désorientés (misguided). Il y a d'autres dont l'approche est clairement pseudoscientifique. Pourtant, dans mon esprit, il n'y a pas de « science » de parapsychologie, car chaque science doit avoir au moins quelques données incontestables. La parapsychologie n'a jamais produit d'expérience qui puisse être répétée par des scientifiques neutres avec fidélité. Les théories parapsychologiques n'ont pas de sens du point de vue de la science normale. En effet, si la parapsychologie est correcte, il y a des erreurs fondamentales dans la physique, la biologie, les neurosciences, etc. et donc on aurait besoin de bonnes données pour être capable d'accepter les théories parapsychologiques. (La théorie d'Einstein, évoquée ci-dessus, a été finalement soutenue par les données solides).

OZ - Si vous rééditiez ce livre aujourd’hui, que changeriez ou rajouteriez-vous ?
JA - Je changerais la discussion sur science/pseudo-science. Les critères de Bunge que j'ai utilisés sont trop ad hoc. Je développerais bien plus ce qui concerne la formation et la maintenance des croyances. Je ferais une meilleure discussion sur les origines de magie et de religion. Je complèterais mes critiques sur la méthodologie des recherche en parapsychologie (tel de que je l'ai écrit dans le livre récent, Psi Wars).

Propos recueillis par Géraldine Fabre


AGENDA


Conférences

Le mardi 22 avril, Richard Monvoisin sera à Chambéry pour parler de La zététique comme éducation à la pensée critique. Cette présentation ouverte à tous aura lieu à l’Université de Savoie Jacob-bellecombette dans l’amphithéâtre 1 et débutera à 17h30.

La zététique comme éducation à la pensée critique
Mardi 22 avril 2008 à 17h30
Université de Savoie
Site Jacob-bellecombette
Bâtiment 1 - Amphithéâtre 1
73000 Chambéry
Plan de l'université


Après Chambéry, le 23 avril, l’Observatoire zététique reprogramme à Grenoble la conférence sur le thème de la manipulation mentale, intitulée « Manipulation : du quotidien à la secte ».
Lors de cette soirée, les intervenants décriront quelques unes des techniques de manipulation utilisées dans les dérives sectaires qui permettent d'expliquer pourquoi il est si facile d'y entrer et s'y difficile de s'en extraire. Le public pourra ainsi se rendre compte à quel point nous sommes finalement tous manipulables.

Manipulation : du quotidien à la secte.
Sommes- nous tous manipulables ?
Mercredi 23 avril 2008 à 20h
Antigone
22 rue des Violettes 38000 Grenoble
Tram ligne C - arrêt Vallier-Catane
Entrée libre


Le mercredi 30 avril, dans le cycle Midis critiques animé par Richard Monvoisin, le professeur Claudine Schwartz, auteur du livre Pratiques de la statistique (Vuibert 2006) est invitée à parler, à travers quelques exemples, de Statistiques, mythes et débat social. Cette intervention débat, ouverte au public, aura lieu dans l'amphithéâtre E1 de la DLST (Direction des Licences Sciences et Techniques, ancien DSU) sur le domaine universitaire de St Martin d'Hères- Gières, à 11h45.

Statistiques, mythes et débat social
Mercredi 30 avril de 11h45 à 13h30
Direction des Licences Sciences et Techniques (DLST)
Amphithéâtre E1
Avenue centrale
Domaine universitaire St Martin d'Hères-Gières
Entrée libre


Le 28 avril, l’Union rationaliste vous invite à la conférence publique de Jean-Claude Pecker, astrophysicien, professeur honoraire au Collège de France : Le big-bang, mythe ou réalité ? qui aura lieu à dans l'amphithéâtre de l'observatoire de Strasbourg à 18h.

Le big-bang, mythe ou réalité ?
Lundi 28 avril à 18h
Amphithéâtre de l'observatoire
Bâtiment de la grande coupole
entrée par le 11 rue de l’Université
67000 Strasbourg


Le 5 mai 2008, l’Observatoire zététique aura le plaisir de recevoir Guillaume Lecointre, professeur au Muséum d’histoire naturelle, pour une conférence intitulée Les créationnismes et le contour des sciences. Spécialiste de la théorie de l’évolution et de la classification phylogénétique du vivant, Guillaume Lecointre expliquera les dangers que constituent les intrusions spiritualistes, telles que le courant Intelligent Design, qui remettent notamment en question la théorie darwinienne.

Les créationnismes et le contour des sciences
Lundi 5 mai 2008 à 20h30
Amphithéâtre Louis Weil
773, avenue Centrale
Domaine universitaire de St Martin d’Hères Gières
Tram B ou C : arrêt Gabriel Fauré
Entrée libre


Le mercredi 4 juin, Richard Monvoisin, membre de l'OZ, présentera au Muséum d'histoire naturelle de Grenoble une conférence intitulée : Animaux, plantes, dictons et prédictions : un regard zététique. Cette conférence est organisée dans le cadre de l'exposition temporaire « Vol d'hirondelles et pelures d'oignons » qui se tient à l'orangerie du Muséum jusqu'au 29 juin. Richard vous dira si l'hirondelle fait le printemps, si la grenouille anticipe la météo et si les éléphants avaient pressenti le tsumani... ou du moins comment on peut le vérifier scientifiquement.

Animaux, plantes, dictons et prédictions : un regard zététique
Mercredi 4 juin 2008 à 15h
Muséum d'histoire naturelle
Salle de conférence
1 rue Dolomieu 38 000 Grenoble
Tram A : arrêt Verdun Préfecture / Tram C : arrêt Grenoble Hôtel de Ville
Entrée gratuite



Café scientifique

Le 27 mai 2008, l’Observatoire zététique sera à Montbéliard. Invité par le Pavillon des Sciences, centre de culture scientifique, technique et industrielle de Franche-Comté, quelques uns de ses membres participeront à café science sur le thème : Le paranormal en éprouvette.

Le paranormal en éprouvette
Mardi 27 mai 2008 à 20h
Bar de l'Hôtel Bristol
2 rue Velotte 25200 Montbéliard
Entrée libre



Exposition

Depuis le 5 avril et jusqu'au 29 juin 2008, le Muséum d'histoire naturelle de Grenoble accueille l'exposition Vol d'hirondelles et pelures d'oignons. Les dictons météorologiques utilisant les animaux et les plantes pour prévoir le temps y sont décortiqués avec humour et confrontés à l'expérience pour tester leur véracité.

Vol d'hirondelles et pelures d'oignons
Jusqu'au 29 juin 2008
Orangerie du Muséum
1 rue Dolomieu 38 000 Grenoble
Tram A : arrêt Verdun Préfecture / Tram C : arrêt Grenoble Hôtel de Ville
Entrée gratuite


DIVERTISSEMENT


Énigme : In vino veritas

Le mois dernier, l'OZ vous soumettait cette énigme qui a suscité énormément de réactions de la part de nos lecteurs.

« On a deux verres de même volume : l'un rempli de vin et l'autre d'eau. On prélève une cuillère d'eau dans le verre d'eau et on la verse dans le verre de vin. On touille pour bien homogénéiser le mélange. On reprend alors une cuillère de ce mélange et on la verse dans le verre d'eau. On a donc à la fin un peu d'eau dans le vin et un peu de vin dans l'eau mais y a-t-il plus d'eau dans le vin ou de vin dans l'eau ? »

Voici la réponse :
Étonnamment, il y a autant de vin dans l'eau que d'eau dans le vin !

Démontrons ce résultat par un raisonnement mathématique.
Appelons V le volume initial de vin et d'eau, et v le volume d'une cuillère.
Lorsqu'on a ajouté un volume v d'eau dans le verre de vin, la proportion d'eau est alors x=v/(V+v) et celle de vin est de 1-x=V/(V+v). Quand on reprend ensuite une cuillère de ce mélange, cette proportion n'est pas modifiée. La cuillère, de volume v, que l'on va verser dans le verre d'eau (de volume V-v, puisqu'on avait prélevé une cuillère d'eau) est alors constituée d'un volume x*v d'eau et d'un volume (1-x)*v de vin. Dans le verre d'eau, on se retrouve finalement avec un volume de vin égal à (1-x)*v, pour un volume total de liquide égal à V. La proportion de vin dans l'eau est donc y=(1-x)*v/V, qui correspond à V/(V+v)*v/V, soit y=v/(V+v). On aboutit ainsi à y=x : la proportion d'eau dans le vin est strictement la même que celle de vin dans l'eau.

Une façon plus rapide et bien plus « élégante » (sans aucune écriture mathématique) de trouver la bonne réponse est la suivante : puisque le volume initial et final de chacun des deux verres est le même, l'eau qui a pris la place du vin dans le verre de vin a nécessairement été remplacée par un même volume de vin dans le verre d'eau.

L'erreur « classique » consiste à croire qu'il y a plus d'eau dans le vin puisqu'on a versé de l'eau « pure » dans le vin, tandis qu'on a versé un mélange vin+eau dans le verre d'eau... Mais l'intuition peut parfois nous induire en erreur.


Insolite : La photo du mois

L’OZ diversifie ses activités. Maintenant, il propose des consultations astrologiques gratuites ! Vous ne le saviez pas ? À vrai dire, nous non plus ! C’est en tout cas ce qu’affirme cet « annuaire web », résumant nos compétences ainsi : « l’astrologie gratuite et les phénomène paranormaux et l’ésotérisme » (faute d’orthographe comprise). Le laboratoire de zététique est mis dans le même paquet mais est moins écorché. Ce référencement est peut être dû au seul horoscope présent sur notre site, celui de notre astrologue Élise Diabète-Fessier paru dans la newsletter n°12 en janvier 2006. Allez savoir !
Bien que répertoriés dans « La meilleure astrologie gratuit du web » depuis novembre 2007, nous n’avons pas encore reçu de mails d’internautes déçus de ne pas trouver l’horoscope gratuit promis. On fera peut être une page pour les orienter spécialement vers nos dossiers zététiques : Astrologie, la preuve par deux et Astrologie : science, art ou imposture ?.



ANNONCES

 

SOS surnaturel
L'observatoire zététique dispose d’une ligne directe, SOS surnaturel. Si vous êtes témoin d'un phénomène paranormal, si vous avez une faculté extraordinaire, si vous avez entendu parler d'histoires étranges et que vous voulez en savoir plus, appelez-nous au : 08.731.731.96.
Les paranormal investigators de l'OZ mèneront l'enquête avec vous.
Vous pouvez également prendre contact avec l'Observatoire zététique par mail. Pour toute question ou remarque écrivez nous à : contact@zetetique.fr

 


Cette newsletter a été préparée par Stanislas Antczak, Alexis Aubry, Éric Déguillaume, Géraldine Fabre, Dame K, Florent Martin et Florent Tournus.