Bienvenue, Invité
Merci de vous identifier ou de vous inscrire.    Mot de passe perdu?
signifie que ce forum est verrouillé; pas de nouveaux messages possibles.
Mammouths gelés signifie que ce forum est verrouillé; pas de nouveaux messages possibles.
(1 lecteur(s)) (1) Invité(s)
Aller en basPage: 1
SUJET: Mammouths gelés
   10/02/13 à 00:19 #35216
Irna
Contributeur fréquent
Messages: 68
Personne n'est hors ligne Cliquez ici pour voir le profil de cet utilisateur
Le site d'Irna
 Mammouths gelés
Bonjour,

je me permets de continuer ici la discussion entamée sur les mammouths gelés de Sibérie commencée sur ce fil www.zetetique.fr/index.php/forum/9-histo...amp;start=270#35002, afin d'éviter de continuer le hors sujet.

sananda écrit:
Je n’exclue pas du tout d’avoir tort sur ce coup, mais « frost mummification », c’est quoi ? C’est bien la momification naturelle par le froid, donc la congélation. Faut-il comprendre que la carcasse se momifiait lentement en été pour ensuite congeler et décongeler d’une manière saisonnière ? Quelles auraient été ces conditions particulièrement favorables à une momification naturelle sans congélation.

Guthrie (Frozen fauna of the mammoth steppe, page 22 et suivantes) fait la différence entre
"freeze drying" et "underground frost mummufication". Freeze drying, dessication par le froid, est le phénomène qui intervient sur un cadavre abandonné au froid à l'air libre : le corps perd une partie de son humidité par sublimation (évaporation de la glace), mais conserve globalement sa forme. C'est ce qui arriverait à un mammouth mort en surface en plein hiver. Par contre, ce qu'il a constaté sur les mammouths momifiés étudiés est assez différent : l'humidité du corps, au lieu de s'échapper dans l'atmosphère, s'est cristallisée sur place, en lentilles de glace tout autour du cadavre. Plus le séjour au froid est long, plus le corps se déssèche, l'humidité formant tout un réseau de cristaux de glace autour du cadavre. Le corps est donc réellement momifié, réduit en taille et desséché. C'est ce qu'on observe pour les mammouths retrouvés le plus récemment et en bonne condition, des tissus organiques mommifiés entourés d'une gangue de cristaux de glace mélangés à des matières minérales, argile, sable etc. Il interprète donc les cas de mammouths retrouvés avec des tissus organiques conservés comme des cas de "momification souterraine", où le processus de congélation est intervenu alors que le cadavre était déjà enfoui et non à l'air libre.

Le premier chapitre du livre de Guthrie, celui justement sur les mammouths congelés, peut être consulté en ligne ici : books.google.fr/books?id=cuQhsNQcKMYC&am...ge&q&f=false
On y trouve une étude détaillée de plusieurs cas de mammouths congelés et une description des nombreuses hypothèses avancées pour chaque cas. Une lecture essentielle pour comprendre la complexité du problème, et éviter les simplifications abusives que pratiquent souvent les tenants de la "congélation instantanée" des mammouths.

En principe, si le mammouth est mort en été, la carcasse avait largement le temps de se retrouver en décomposition bien entamée et de poursuivre la putréfaction dès l’apparition des saisons plus chaudes. A moins d’avoir des conditions de conservation bien particulières dont on ne fait pas mention ?

Les cas de mammouths momifiés les mieux connus, comme par exemple Dima découvert en 1977, semblent plutôt renvoyer à des décès à l'automne. Et surtout, tous ces cas semblent impliquer un enfouissement très rapide du mammouth dans des eaux ou boues très froides, suivi d'une congélation progressive. Deux exemples :
- Dima : pris au piège dans la boue d'une mare, il s'y est probablement débattu plusieurs jours comme en témoignent ses intestins vides et la perte de ses réserves de graisse, pendant lesquels l'absence de prédation peut s'expliquer par la proximité de la mère (Dima est un bébé mammouth de quelques mois). Il meurt lorsqu'il n'a plus la force de tenir la tête hors de l'eau : les bronches sont dilatées et on retrouve de la boue dans son système respiratoire. A ce moment-là il est déjà profondément enfoncé dans la boue, et s'y enfonce encore plus sous le poids de la tête plus lourde que l'abdomen. Le processus de décomposition est très ralenti par le froid (mais pas totalement absent quand même), puis dans les jours qui suivent c'est la congélation du mammouth et de la boue qui l'entoure. Au printemps suivant l'apport de sédiments depuis la pente qui domine l'emplacement du mammouth le recouvre d'une couche de plusieurs dizaines de centimètres d'épaisseur suffisante pour assurer son isolation et empêcher le dégel. (reconstitution d'après Guthrie)
- Lyuba, un tout jeune mammouth d'un mois découvert en 2006, semble lui plutôt mort au printemps. Là encore, les bronches et la trachée sont obstruées par un dépôt de vivianite (un sédiment lacustre), impliquant une asphyxie dans une boue lacustre épaisse. La présence d'un milieu très acide (avec la présence de bactéries produisant de l'acide lactique ayant colonisé tout le corps) explique la bonne conservation du corps pendant l'été avant sa congélation l'hiver suivant. (d'après Fisher et al, Anatomy, death, and preservation of a woolly mammoth (Mammuthus primigenius) calf, Yamal Peninsula, northwest Siberia, 2012)

(entre parenthèses : c'est aussi l'acidité et l'absence d'oxygène qui expliquent, dans les tourbières, les momifications comme celle de l'homme de Tollund ; il y a même un point commun important entre les hommes des tourbières et le mammouth Lyuba : c'est la dégradation importante du squelette, attaqué par l'acidité qui par contre protège la peau et les organes)

Ici, il n’était pas question pas question de bouses anciennes (à croire qu’ils devaient régurgiter leurs propres crottes ces vieux pachydermes), mais de plantes (de fleurs) non digérées. Je savais que certains animaux ont un cycle de digestion plus longue que d’autres, mais toute une saison me semble bien tiré par les cheveux.

Dans le cas du mammouth de la Berezovka, il s'agit de fleurs de fin d'été et d'automne, essentiellement des renonculacées. Et, oui, la coprophagie est un phénomène bien connu chez les éléphants comme chez les mammouths :)

Vous ne croyez pas aux catastrophes naturelles.

Où ai-je dit cela ?? Ce serait d'une absurdité sans nom ! Bien sûr qu'il y a des catastrophes naturelles, bien sûr qu'il y a eu dans le passé de la terre des cataclysmes, météorites, éruptions majeures, ayant entraîné des changements climatiques rapides. Mais à ma connaissance aucun élément ne permet d'affirmer qu'il y ait eu dans le passé un changement climatique assez brutal pour congeler instantanément d'innocents mammouths en train de brouter, ce qui est la thèse que vous avanciez au départ.

Faut tout de même se mettre à l’évidence que certains animaux ont disparu assez brutalement de la circulation. C'est un fait.

Qu'appelez-vous "brutalement" ? Dans le cas des mammouths, le fait qu'on retrouve des carcasses d'âge très variable, avec des dizaines de milliers d'années d'écart, ne me semble pas aller dans le sens d'une catastrophe climatique quasi-instantanée !

Si j’ai bien compris, certains avancent la théorie d’un glissement de l’écorce terrestre, qui pourrait avoir produit un déplacement brutal de la glace vers une autre région. Je ne pense pas que cette théorie soit à exclure.

??? Je serais curieuse de savoir qui avance cette théorie, qui me paraît pour le moins curieuse. Et de quelle glace parlez-vous ?

Je ne sais pas pourquoi on a tendance à nier en bloc la possibilité qu’il y ait eu quelques catastrophes naturelles à une certaine période, d’autant plus que beaucoup d’écrits anciens le mentionnent. La théorie du météorite qui aurait exterminé les dinosaures a bien fait fureur. Pourquoi un gros Tsunami ou un glissement de l’écorce terrestre paraitraient si débiles en comparaison ? C’est la crainte qu’un récit biblique puisse avoir une origine réelle ?

Vous me semblez un peu adepte du "strawman argument", du sophisme de l'homme de paille. Aucun géologue ou paléontologue sérieux ne nie ni l'existence de catastrophes naturelles, ni celle des changements climatiques, ni les phénomènes d'extinction massive du passé. Par contre l'image que vous semblez vous en faire (un cataclysme instantané quelque peu hollywoodien) me paraît effectivement bien éloignée de ce que nous apprennent les observations scientifiques. En tout cas, je ne pense pas que ce soit du côté des mammouths qu'on puisse trouver la preuve d'un tel type d'évènement.

Irna
 
Dernière édition: 10/02/13 à 16:19 Par Irna.Raison: rectification lien coupé
Le sujet a été verrouillé.
   10/02/13 à 00:58 #35220
sananda
Contributeur extraordinaire !
Messages: 1533
Personne n'est hors ligne Cliquez ici pour voir le profil de cet utilisateur
Sexe: Masculin Lieu: Allemagne Date anniversaire: 01/03
 Re:Mammouths gelés
Merci pour ces informations très intéressantes.

Dans le cas du mammouth de la Berezovka, il s'agit de fleurs de fin d'été et d'automne, essentiellement des renonculacées. Et, oui, la coprophagie est un phénomène bien connu chez les éléphants comme chez les mammouths :)
Il était question de fleurs non digérées, pas de coprophagie, si j'ai bien compris.
Je n'ai pas de notion de botanique, mais je pense qu'il faudrait connaitre la variété de ces renonculacées, car il y a des variété qui fleurissent de janvier jusqu'en mai, d'autres plus longtemps encore. Comme il y a dans les 1500 variétés, cela pourrait avoir de l'importance.

Concernant le glissement provocant un g lacement soudain, je vous invite à regarder le reportage qui en parle (archéologie interdite) ou la fin du documentaire "la révélation des pyramides".

Pour finir, la disparition de beaucoup d'espèces, surtout les plus grandes s'est fait dans un laps de temps particulièrement court dans l'évolution des espèces.
Il y a bien un évènement majeur qui a du interférer dans la survie de ces espèces. Quelque-chose qui ne laisse pas le temps de s'adapter à un environnement hostile.
Y a-il une explication simple et démontrée, ou bien cela ne repose que sur des théories ?
 
"Heureux les ignorants car s'ils cherchent ils trouveront. Quant à ceux qui croient tout savoir, en ne cherchant plus, ils se complaisent dans leur ignorance"
Le sujet a été verrouillé.
   10/02/13 à 14:06 #35232
Irna
Contributeur fréquent
Messages: 68
Personne n'est hors ligne Cliquez ici pour voir le profil de cet utilisateur
Le site d'Irna
 Re:Mammouths gelés
sananda écrit:
Merci pour ces informations très intéressantes.

Dans le cas du mammouth de la Berezovka, il s'agit de fleurs de fin d'été et d'automne, essentiellement des renonculacées. Et, oui, la coprophagie est un phénomène bien connu chez les éléphants comme chez les mammouths :)
Il était question de fleurs non digérées, pas de coprophagie, si j'ai bien compris.


Il y a bien deux phénomènes différents, que je ne crois pas avoir mélangés sauf erreur : 1° des débris végétaux non digérés dans la bouche de certains mammouths, qui prouvent simplement que l'animal s'était nourri dans les heures précédant sa mort ; 2° des graines et autres débris végétaux dans le tractus gastro-intestinal d'autres, où la présence, par exemple dans le cas de Lyuba, de débris correspondant à des saisons différentes s'explique par la consommation par l'animal et par sa mère de bouses plus ou moins anciennes.

Je n'ai pas de notion de botanique, mais je pense qu'il faudrait connaitre la variété de ces renonculacées, car il y a des variété qui fleurissent de janvier jusqu'en mai, d'autres plus longtemps encore. Comme il y a dans les 1500 variétés, cela pourrait avoir de l'importance.

Les sources que j'ai indiquées donnent aussi la liste des plantes identifiées. Dans le cas du mammouth de la Berezovka les fleurs trouvées entre les dents sont des renoncules âcres, Ranunculus acris, une variété de bouton d'or, qui fleurit actuellement jusqu'en octobre (fr.wikipedia.org/wiki/Renoncule_%C3%A2cre).


Concernant le glissement provocant un g lacement soudain, je vous invite à regarder le reportage qui en parle (archéologie interdite) ou la fin du documentaire "la révélation des pyramides".

Vous n'auriez pas une source plus scientifique ? Si cette "théorie" a une quelconque validité scientifique, elle doit être basée sur des observations et analyses dont on doit trouver trace dans la littérature scientifique. Que donnent ces vidéos comme sources ?

Pour finir, la disparition de beaucoup d'espèces, surtout les plus grandes s'est fait dans un laps de temps particulièrement court dans l'évolution des espèces.
Il y a bien un évènement majeur qui a du interférer dans la survie de ces espèces. Quelque-chose qui ne laisse pas le temps de s'adapter à un environnement hostile.
Y a-il une explication simple et démontrée, ou bien cela ne repose que sur des théories ?


Il n'y a pas une explication, tout simplement parce qu'il n'y a pas une disparition. Toute l'histoire de la vie sur terre est une succession d'apparition de nouvelles espèces et de disparitions, dont certaines semblent à la fois massives (un très grand nombre d'espèces qui disparaissent à la même période) et assez rapides (mais cette notion de "rapidité" est très relative : il s'agit de durées géologiques ; dans une stratigraphie, on ne retrouve plus tel ou tel fossile dans la couche supérieure alors qu'il était présent dans la couche inférieure, mais le temps réel correspondant à la succession des deux couches peut représenter des dizaines ou centaines de milliers d'années). De très nombreux paléontologues s'intéressent à ces questions, et, selon la période concernée, les hypothèses ne sont pas les mêmes, et elles sont très nombreuses (voir l'article de Wikipedia sur les extinctions massives, qui recense les principales théories, y compris les plus farfelues : fr.wikipedia.org/wiki/Extinction_massive, et celui sur les extinctions d'espèces : fr.wikipedia.org/wiki/Extinction_des_esp%C3%A8ces).
Votre demande d'une "explication simple et démontrée" me paraît un peu naïve : il s'agit d'un phénomène complexe, dont les explications sont elles-mêmes forcément complexes, il est rare de pouvoir identifier un seul facteur d'extinction. Par ailleurs la paléontologie, comme les autres sciences naturelles, ne fonctionne pas par "démonstration", mais par hypothèses appuyées sur des indices. Ces hypothèses évoluent, sont renforcées ou au contraire abandonnées lorsque de nouveaux indices apparaissent.
Dans le cas des mammouths, le consensus scientifique me semble assez bien établi : leur disparition s'explique pour l'essentiel par la conjugaison de deux facteurs, le facteur climatique, et le facteur humain (certains chercheurs y ajoutent l'hypothèse d'un virus). L'essentiel du débat scientifique actuellement, à ma connaissance, porte sur la part respective de ces deux facteurs.

Irna
 
Le sujet a été verrouillé.
   10/02/13 à 15:10 #35233
sananda
Contributeur extraordinaire !
Messages: 1533
Personne n'est hors ligne Cliquez ici pour voir le profil de cet utilisateur
Sexe: Masculin Lieu: Allemagne Date anniversaire: 01/03
 Re:Mammouths gelés
Les sources que j'ai indiquées donnent aussi la liste des plantes identifiées. Dans le cas du mammouth de la Berezovka les fleurs trouvées entre les dents sont des renoncules âcres, Ranunculus acris, une variété de bouton d'or, qui fleurit actuellement jusqu'en octobre (fr.wikipedia.org/wiki/Renoncule_%C3%A2cre).
Une floraison donc jusqu'à fin octobre. Parce qu'au départ, il était question d'une mort fin de l'automne. Cela nous limite déjà plus dans le temps. Mais pas suffisamment, je crains.

Vous n'auriez pas une source plus scientifique ? Si cette "théorie" a une quelconque validité scientifique, elle doit être basée sur des observations et analyses dont on doit trouver trace dans la littérature scientifique. Que donnent ces vidéos comme sources ?
Je n'ai pas source scientifique proprement dite, mais c'est la théorie de glissement de l'écorce terrestre de Charles Hapgood.

Dans le cas des mammouths, le consensus scientifique me semble assez bien établi : leur disparition s'explique pour l'essentiel par la conjugaison de deux facteurs, le facteur climatique, et le facteur humain (certains chercheurs y ajoutent l'hypothèse d'un virus). L'essentiel du débat scientifique actuellement, à ma connaissance, porte sur la part respective de ces deux facteurs.

Il faut tout de même admettre que quelques décennie, c'est très court dans un cycle d'évolution des espèces.
Pour le facteur climatique, c'est un peu difficile à croire, car les espèces ont toujours bougé en fonction de leurs besoins et caractères physiologiques avec une adaptation progressive aux nouvelles conditions.
Le facteur humain peut y avoir contribué, mais certainement pas à l'extinction totale d'une espèce (et il y en avait pas qu'une). Apparemment ce seraient les espèces les plus grandes qui auraient disparues en majorité. Mais l'homme chassait-il également ce fameux tigre pour se nourrir ? Attaquer un mammouth avec des lances n'était certainement pas sans danger non plus. Bon, vous me dirais que quand on a fin, on chasse ce qu'on trouve.
De nos jours je veux bien croire à une extinction d'espèces par l'Homme. Mais pendant la période préhistorique...
Quand au virus, il s'agit d'une spéculation gratuite. D'autant plus que la disparition d'espèces s'est produite sur plusieurs continents. On a retrouvé des cadavre congelés. Cela ne devrait pas causé de problème particulier à vérifier.
 
"Heureux les ignorants car s'ils cherchent ils trouveront. Quant à ceux qui croient tout savoir, en ne cherchant plus, ils se complaisent dans leur ignorance"
Le sujet a été verrouillé.
   10/02/13 à 16:53 #35242
Irna
Contributeur fréquent
Messages: 68
Personne n'est hors ligne Cliquez ici pour voir le profil de cet utilisateur
Le site d'Irna
 Re:Mammouths gelés
Pas facile discuter avec vous ; vous écrivez beaucoup et vite, mais vous ne semblez pas lire très attentivement ce qu'on vous répond, ni les sources qu'on vous indique.

sananda écrit:
Les sources que j'ai indiquées donnent aussi la liste des plantes identifiées. Dans le cas du mammouth de la Berezovka les fleurs trouvées entre les dents sont des renoncules âcres, Ranunculus acris, une variété de bouton d'or, qui fleurit actuellement jusqu'en octobre (fr.wikipedia.org/wiki/Renoncule_%C3%A2cre).
Une floraison donc jusqu'à fin octobre. Parce qu'au départ, il était question d'une mort fin de l'automne. Cela nous limite déjà plus dans le temps. Mais pas suffisamment, je crains.


???
C'est vous qui utilisiez la présence fleurs non digérées pour affirmer que ce mammouth était mort en été et ne pouvait donc avoir été congelé que par un quelconque cataclysme climatique. Je vous montre que la présence de fleurs n'est pas incompatible avec une mort en automne. Par ailleurs les scientifiques qui ont étudié ce mammouth ont d'autres arguments en faveur d'une mort à l'automne, par exemple la présence d'une importante couche de graisse.

Vous n'auriez pas une source plus scientifique ? Si cette "théorie" a une quelconque validité scientifique, elle doit être basée sur des observations et analyses dont on doit trouver trace dans la littérature scientifique. Que donnent ces vidéos comme sources ?
Je n'ai pas source scientifique proprement dite, mais c'est la théorie de glissement de l'écorce terrestre de Charles Hapgood.


Hum, je ne pense pas que vous trouverez une vraie source scientifique dans ce cas. Les théories de Hapgood (qui n'est ni géologue, ni paléontologue, et qui n'avait aucune formation en sciences de la Terre) sont depuis longtemps complètement discréditées. Cela n'empêche certes pas des gens comme Hancock et d'autres de continuer à l'utiliser, mais c'est là une caractéristique de la plupart des pseudoscientifiques, d'ignorer volontairement les acquis les plus récents des sciences pour se cramponner à des théories fausses ou dépassées qui leur permettent de maintenir leur archéofiction.


Dans le cas des mammouths, le consensus scientifique me semble assez bien établi : leur disparition s'explique pour l'essentiel par la conjugaison de deux facteurs, le facteur climatique, et le facteur humain (certains chercheurs y ajoutent l'hypothèse d'un virus). L'essentiel du débat scientifique actuellement, à ma connaissance, porte sur la part respective de ces deux facteurs.

Il faut tout de même admettre que quelques décennie, c'est très court dans un cycle d'évolution des espèces.


Qui a parlé de "quelques décennies" ?
Par ailleurs le mammouth laineux (Mammuthus primigenius) n'est pas une espèce qui a eu une durée de vie très longue (200 000 ans contre 1 million d'années en moyenne pour les mammifères). Il y avait deux sous-groupes, l'un s'est éteint aux alentours de 45 000 BP, l'autre de 10 000 BP, mais quelques petits groupes ont survécu jusque vers 4000 BP (île Wrangel dans l'Arctique et île Saint-Paul en Alaska). Encore une fois on est très loin d'une extinction quasi-instantanée.

Pour le facteur climatique, c'est un peu difficile à croire, car les espèces ont toujours bougé en fonction de leurs besoins et caractères physiologiques avec une adaptation progressive aux nouvelles conditions.
Le facteur humain peut y avoir contribué, mais certainement pas à l'extinction totale d'une espèce (et il y en avait pas qu'une). Apparemment ce seraient les espèces les plus grandes qui auraient disparues en majorité. Mais l'homme chassait-il également ce fameux tigre pour se nourrir ? Attaquer un mammouth avec des lances n'était certainement pas sans danger non plus. Bon, vous me dirais que quand on a fin, on chasse ce qu'on trouve.
De nos jours je veux bien croire à une extinction d'espèces par l'Homme. Mais pendant la période préhistorique...
Quand au virus, il s'agit d'une spéculation gratuite. D'autant plus que la disparition d'espèces s'est produite sur plusieurs continents. On a retrouvé des cadavre congelés. Cela ne devrait pas causé de problème particulier à vérifier.


Je vous suggère de lire quelques ouvrages de paléontologie avant de vous permettre d'affirmer ainsi ce qui est possible ou pas possible. Encore une fois ni le rôle de l'homme ni le rôle du climat ne sont remis en question par les spécialistes, qui ne se disputent, pour l'essentiel, que sur la part respective à attribuer à ces deux facteurs. Et il en est de même pour ce qui concerne la disparition d'autres gros mammifères à l'Holocène. Vous pouvez estimer que tous les spécialistes se trompent, mais en attendant que vous fournissiez des preuves un peu plus sérieuses de votre théorie d'une disparition "cataclysmique" des mammouths, vous me permettrez de préférer leur faire confiance plutôt qu'à vous :)

Irna
 
Le sujet a été verrouillé.
   13/02/13 à 11:07 #35381
Kalish
Contributeur fréquent
Messages: 67
Personne n'est hors ligne Cliquez ici pour voir le profil de cet utilisateur
 Re:Mammouths gelés
Merci Irna pour cette argumentation très détaillée et documentée. Cela m'a donné envie d'en lire plus sur le sujet. N'étant pas dans le domaine, y-a-t-il un ouvrage de "vulgarisation" que tu me conseillerais pour commencer?
 
Je me méfie moins de celui qui cherche la vérité que de celui qui prétend la détenir.
Le sujet a été verrouillé.
   13/02/13 à 22:06 #35416
Irna
Contributeur fréquent
Messages: 68
Personne n'est hors ligne Cliquez ici pour voir le profil de cet utilisateur
Le site d'Irna
 Re:Mammouths gelés
Bonjour,

accessible dans le commerce et à un prix raisonnable, il y a le livre de Bernard Buigues, "Sur la piste du mammouth" (paru chez Laffont en 2000, et réédité en Pocket), qui raconte l'histoire de l'expédition de Buigues qui a permis d'exhumer le mammouth Jarkov ; ça se lit comme un roman. Du même, "Carnet de Sibérie" de 2002 (Glénat). Il y a aussi "Des mammouths et des hommes, deux espèces face aux variations du climat" d'Alain Foucault (Vuibert, 2005), il n'est plus disponible en neuf, mais on doit pouvoir le trouver d'occasion. Alain Foucault est également celui qui est à l'origine de l'expo de la Grande Galerie du Museum à Paris, www.mnhn.fr/expo/mammouths/, expo dont on peut trouver le catalogue d'occasion www.amazon.fr/temps-mammouths-exposition...60775550&sr=1-8.

Puis "Le destin du mammouth", de Claudine Cohen, disponible en poche www.amazon.fr/Le-destin-mammouth-Claudine-Cohen/dp/2020629836. Celui-ci est plus consacré à l'histoire de la découverte et de la reconstitution des mammouths depuis le XVIème siècle, mais c'est passionnant pour comprendre comment est née et a évolué la paléontologie.

Enfin, il y a deux sommes qui n'ont pas été rééditées, mais qu'on doit pouvoir trouver dans une bonne bibliothèque avec un rayon paléontologie :
"Encyclopédie complète des mammouths" de Lister et Bahn, 1995, Delachaux et Niestle
"Les grands mammifères plio-pléistocènes d'Europe" de Guérin et Patou-Mathis, 1997, Dunod.

Sinon, pour faire suite à la discussion ci-dessus, un des tout derniers articles parus sur le sujet de l'extinction des mammouths, en anglais : Pattern of extinction of the woolly mammoth in Beringia, juin 2012, Nature Communications www.nature.com/ncomms/journal/v3/n6/full/ncomms1881.html, qui détaille les phases d'accroissement et de déclin des populations de mammouths selon les régions, et conclut : "L'extinction du mammouth n'est pas due à une seule cause, mais représente un long chemin, accompagné des changements climatiques et de l'habitat et de la présence humains".

Bonnes lectures :)
 
Le sujet a été verrouillé.
Revenir en hautPage: 1
Modérateur: Bobby, Jerem
Développé par KunenaObtenir les derniers messages directement sur votre PC - Version française:SFK