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la bête du Gévaudan signifie que ce forum est verrouillé; pas de nouveaux messages possibles.
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SUJET: la bête du Gévaudan
   19/08/11 à 08:51 #25781
Wimé
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 Re:la bête du Gévaudan
Bonjour à tous, bonjour estula

l'aspect que tu proposes de développer est prévu aussi (cf les autres "Bêtes")
C'est donc parti!


1. Le contexte géographique.

Il faut commencer par un constat très simple : la Bête ignore les frontières des hommes!

Des attaques attribuées à la Bête se sont produites dans les zones frontalières des provinces du Vivarais (grosso modo, l'Ardèche) et de l'Auvergne.
La Bête est dite du Gévaudan parce que la majorité des attaques y ont eu lieu et qu'à partir d'une époque (printemps 1765) la Bête semble s'être fixée dans une aire plus restreinte (les 3 Monts, voir plus bas), dont elle continua cependant à largement déborder, frappant parfois assez loin.

Pour information, et parce que nous aborderons ce sujet pour le Gévaudan, la structure administrative du Vivarais est unique en France puisque le Clergé est absent de son Parlement qui ne compte que la Noblesse et les Consuls.
Il est essentiel de noter que, tout comme le Gévaudan, le Vivarais est rattaché militairement au Languedoc.
Cela aura son importance!

le Gévaudan est une ancienne province française correspondant peu ou prou aux frontières de l'actuelle Lozère. Après 1790, le canton de Saugues fut attaché à la Haute-Loire et le nouveau département intégra les villes de Meyruis et Villefort.

C'est donc une région montagneuse, divisée en quatre massifs

Les Causses au Sud-Ouest
Les Cévennes au Sud-Est
L'Aubrac au Nord-Ouest
et celui qui va nous intéresser plus particulièrement la Margeride au Nord-Est.

La Margeride est une terre granitique, un des témoins de l'ancienne chaîne hercynienne, qui offre une barre centrale surélevée, orientée Nord-Sud, entourée de 2 plateaux. La barre centrale (ou horst), longue de 40 kilomètres, a une altitude moyenne de 1400 mètres tandis que les deux plateaux de part et d'autre sont approximativement à 1000 mètres.
La Margeride est limitée à l'Est par le massif basaltique du Déves et les gorges de l'Allier, à l'Ouest par la Truyère et au Sud par le Lot.
Les attaques de la Bête se produiront de part et d'autre du horst tant du côté de Saint-Chély d'Apcher à l'Ouest que de celui de Langogne à l'Est.

Le climat est froid et sec. Les événements qui nous occupent ont pour cadre climatique le mini âge glaciaire qui s'étendit de 1580 à 1860 en Europe du Nord. Les hivers sont donc en général très rudes mais globalement moins neigeux que dans l'Aubrac ou les Cévennes qui offrent une barrière aux précipitations.

La végétation est assez typique des terres acides (résineux, landes, genêts...) mais on trouve aussi du hêtre dans les zones plus humides, et la région de la Margeride est riche en tourbières (les molières) qui abritent des saules et des bouleaux.

La population est disséminée mais nombreuse. Plusieurs dizaines de milliers d'habitants mais c'est à préciser. Il y a de nombreux hameaux et beaucoup de fermes isolées.

Les villes principales autour de la zone qui nous intéresse sont Mende et son évêché au Sud (5000 habitants en 1793) , Langogne (noeud commercial sur une ancienne voie romaine, 2300 h en 1793) à l'Est et Saint-Chély d'Apcher (1400 h en 1793, à l'Ouest). A l'époque des attaques, la ville portait le nom de Saint-Hilaire du Chapouillet

Au Nord-Est de Saint Chély d'Apcher, sur le horst, se trouvent quelques unes des plus hautes terres du pays : le Mont Mouchet (au Nord, 1486m) , le Montgrand (à l'Ouest, 1417 m) et le Mont Chauvet (à l'Est, 1465 m). Ces trois sommets dessinent un triangle d'un dizaine de kilomètres de côté (soit environ une soixantaine de km²). Cette zone assez vaste et ses abords immédiats (soit une centaine de km²) vont être le théâtre d'environ 30% des attaques. Cette aire de prédilection de la Bête recouvre, entre autres, les paroisses de Paulhac, de la Besseyre et de Nozerolles (Mont Mouchet), Grèzes (Mont Chauvet) et Saugues (à l'Est de la zone des 3 Monts). Ces 5 paroisses concentrent 58 attaques sur les 164 recensées par Dubois.

En résumé, le Gévaudan est un pays élevé, dur d'accès, plissé, encore très boisé, où les communications sont difficiles.
Mende qui est le chef-lieu politique et religieux est très excentré au Sud (de 1 à 2 journées de cheval des lieux d'attaques).

Quant à Paris (Versailles, en fait), c'est le bout du monde!
 
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   19/08/11 à 10:57 #25783
dom..
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 Re:la bête du Gévaudan
Et que peut-on penser de tout cela?
Dans un contexte d'isolement montagnard n'est-il pas plus facile de tuer souvent et de se cacher?
 
j'aime jouer aux kaplas.
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   19/08/11 à 11:23 #25784
Michel Mipoivre
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 Re:la bête du Gévaudan
Et il est où le complot judéo-maçonnique impliquant les Etats-Unis et les hommes lézards ?

Remboursez !
 
Qui ne saute pas n'est pas un mustélidé forestier !!
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   19/08/11 à 11:24 #25785
Wimé
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 Re:la bête du Gévaudan
Patience Michel Mipoivre, il arrive :)

@ Dom
Peut-être bien...
mais il faut se rendre compte que les campagnes françaises de l'Ancien Régime ont une densité de population bien plus importante (3 à 4 fois plus importantes qu'aujourd'hui pour les régions non urbaines de Margeride). De jour, les chemins sont sillonnés par une foule de gens au travail. Les paysans vivent dehors du lever au coucher du soleil.

Suite du feuilleton samedi matin avec le contexte économique!
 
Dernière édition: 19/08/11 à 12:01 Par Wimé.
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   19/08/11 à 12:59 #25788
dom..
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 Re:la bête du Gévaudan
Michel Mipoivre, si tu veux être servi question complot par rapport à la bête du Gévaudan il faut que tu voies le film "le pacte des loups".
 
j'aime jouer aux kaplas.
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   19/08/11 à 14:34 #25792
waxx
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 Re:la bête du Gévaudan
Wimé écrit:

mais il faut se rendre compte que les campagnes françaises de l'Ancien Régime ont une densité de population bien plus importante (3 à 4 fois plus importantes qu'aujourd'hui pour les régions non urbaines de Margeride). De jour, les chemins sont sillonnés par une foule de gens au travail. Les paysans vivent dehors du lever au coucher du soleil.


Je trouve ça un poil exagéré. Vous vous basez sur quels chiffres (pour les densités) et quelles sources (pour les foules de gens sur les chemins)
 
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   19/08/11 à 15:37 #25794
Michel Mipoivre
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 Re:la bête du Gévaudan
dom.. écrit:
Michel Mipoivre, si tu veux être servi question complot par rapport à la bête du Gévaudan il faut que tu voies le film "le pacte des loups".
Ce film est a peu près l'intégralité de mes connaissances sur le sujet (jusqu'à ma récente consultation de la page wikipédia).
Film sympa au demeurant, bien que franchement too much par moment.
On dirait assez souvent une version filmée d'une partie de jeu de rôle.
(tu fais quoi comme perso, Marc ?
- Moi ? un moine karateka !
-Mais t'es con ou quoi ? Je t'ai dis que ça se passait en plein XVIIIe dans un trou paumé du massif central !
-Ouais, mais t'as pas lu mon background : en fait c'est un indien ramené d'Amérique par le rôdeur que fait Sam. Même que c'est pas vraiment du karaté qu'il fait, c'est du combat amérindien. Et du coup je suis super pote avec Sam et je mets des méga tatanes.)
.
La conspiration au ciné (ou en JdR), j'aime bien.

C'est pour ça que j'attends les comptes rendus de Wimé sur le sujet avec l'impatience de celui qui sait qu'il se couchera moins bête.
 
Dernière édition: 19/08/11 à 15:38 Par Michel Mipoivre.
Qui ne saute pas n'est pas un mustélidé forestier !!
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   19/08/11 à 16:35 #25796
Wimé
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 Re:la bête du Gévaudan
waxx écrit:
Wimé écrit:

mais il faut se rendre compte que les campagnes françaises de l'Ancien Régime ont une densité de population bien plus importante (3 à 4 fois plus importantes qu'aujourd'hui pour les régions non urbaines de Margeride). De jour, les chemins sont sillonnés par une foule de gens au travail. Les paysans vivent dehors du lever au coucher du soleil.


Je trouve ça un poil exagéré. Vous vous basez sur quels chiffres (pour les densités) et quelles sources (pour les foules de gens sur les chemins)


bonjour waxx,

un élément de réponse

Les villes ont vu leur population augmenter fortement à l'exception de Langogne.
Mende 5000 en 1793, 12000 en 2008
Saint Chely d'Apcher 1380 en 1793, 4462 en 2008
Langogne 2295 en 1793, 3129 en 2008

et c'est bien pour ça que je parle de la densité hors des villes, ce qui correspond aux lieux des attaques.

Car les paroisses étaient bien plus peuplées en 1793 (date du premier recensement, proche de la période de la Bête) qu'aujourd'hui les communes.
Paulhac 320 en 1793, 112 aujourd'hui
La Beyssière 604 en 1793, 137 aujourd'hui
Grèzes 704 en 1793, 225 aujourd'hui
etc
(source: archives municipales de ces communes, disponibles sur le net;
et wikipedia pour les villes)

cette population était répartie dans le village mais aussi dans de nombreux fermes et hameaux alentours. Les familles étaient nombreuses et presque tous s'affairaient dans les bois, les champs, les pâtures tant que le soleil le permettait.
Il faut voir les campagnes des pays pauvres pour se faire par l'expérience une idée de ce qu'étaient nos zones rurales il y a encore 1 siècle. Il y avait beaucoup d'activités.

Je recherche le texte qui fait référence à cette densité 3 à 4 fois supérieures.
En attendant j'espère que ces exemples pris au hasard sont suffisamment illustratifs.

Bon "foule de gens" c'est abuser, d'accord mais le pays n'est pas vide. On ne s'y cache pas facilement.
 
Dernière édition: 20/08/11 à 08:39 Par Wimé.
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   19/08/11 à 22:16 #25799
Wimé
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 Re:la bête du Gévaudan
Avec un peu d'avance, la suite!

2. contexte économique

Le Gévaudan est une terre de cultures vivrières et de petit élevage, pâturant à la garde essentiellement d'enfants et de jeunes filles, mais aussi de petit artisanat textile.
L'altitude élevée, l'aridité des sols et le contexte climatique du petit âge glaciaire rendent encore plus aléatoire cette économie de subsistance.
Bien souvent, le seigle, plus résistant, l'emporte sur le blé (c'est ce qui s'appelle « manger son pain noir »).
Le pays connait des famines et des périodes de disette à répétition: 1693, 1694, 1697-1699, 1710, 1748-1750, 1759 et 1763.
En 1751, une grave épizootie frappe et décime les troupeaux ovins.
Il y a des réponses politiques à ces événements catastrophiques, les pouvoirs locaux ne restent pas inactifs.
En 1750, l'Intendant du Languedoc envoie depuis Lunel 15.000 quintaux de blé (soit 600 tonnes), ce complément n'assure que deux mois de subsistance à la population.
Gabriel-Florent de Choiseul-Beaupré, évêque de Mende, s'attache durant cette même décennie à améliorer les voies de communication (routes, ponts) avec les provinces voisines (Auvergne et Languedoc) et à relancer l'artisanat textile. Cela fonctionne (10% de croissance des ventes d'étoffes entre 1760 et 1762) et les paysans peuvent reconstituer leur troupeaux ovins mais aussi introduire plus largement l'élevage bovin.
Ces faits sont mentionnés par l'Abbé Pourcher dans son « Histoire de la Bête du Gévaudan, véritable Fléau de Dieu » en 1889.
 
Dernière édition: 19/08/11 à 22:25 Par Wimé.
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   20/08/11 à 00:30 #25803
Cajypart
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 Re:la bête du Gévaudan
@ Wimé
Petite question comme ça...
Tu comptes mettre ta bibliographie à la fin de ton exposé?
Il vaudrait peut-etre mieux la mettre au fur et à mesure pour qu'on sache à quoi correspondent les références...
Parce que là, ça fait un peu sorti du chapeau... Et donc pas très sérieux.
 
Dernière édition: 20/08/11 à 00:30 Par Cajypart.
Ce n'est pas parce qu'ils sont nombreux à avoir tort qu'ils ont forcément raison.
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