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SUJET: faut il en finir avec les oméga 3?
   13/02/14 à 14:32 #42462
Jerem
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 faut il en finir avec les oméga 3?
26 janvier 2014, par Pierre Barthélémy (Le Monde)

Faut-il en finir avec les oméga-3 ?




Il ne se passe pas un mois sans qu'une étude vienne nous vanter les mérites des oméga-3, ces célèbres acides gras que l'on retrouve dans certains poissons et huiles végétales. La dernière en date est parue le 22 janvier dans la revue Neurology et montre, à l'occasion du suivi de femmes ménopausées depuis plusieurs années (et donc d'un âge relativement avancé), la corrélation suivante : chez les personnes ayant un haut taux sanguin d'oméga-3, cerveau et hippocampe présentent un volume plus important que chez celles avec un taux bas. Précisons que l'atrophie cérébrale est une manifestation de l'âge souvent associée à des démences comme la maladie d'Alzheimer et à la détérioration des fonctions cognitives. Précisons aussi qu'une corrélation n'indique pas forcément une relation de cause à effet et, à ce sujet, je vous renvoie à mon billet sur le lien entre consommation de chocolat et tueurs en série... Quoi qu'il en soit, cette étude a provoqué la publication d'articles plus ou moins prudents dans la presse grand public, avec des titres comme "Le poisson aiderait le cerveau à mieux vieillir" (Top Santé) ou "Les effets du poisson sur le cerveau : en manger préserve-t-il de la maladie d'Alzheimer ?" (USA Today).

Tout ceci ne serait guère intéressant si, pour reprendre la formulation du début de ce billet, il ne se passait pas un mois sans qu'une étude vienne... mettre en doute les mérites des oméga-3. Le plus "amusant", dans le cas présent, c'est qu'il s'agit parfois des mêmes auteurs qui, à partir des mêmes suivis épidémiologiques, publient des études contradictoires et ce, bien sûr, dans les mêmes revues ! L'article du 22 janvier a ainsi été précédé, en septembre 2013 et déjà dans Neurology, d'un autre papier de la même équipe (certains noms diffèrent mais une grande partie des auteurs ont participé aux deux travaux) concluant à l'absence de lien entre le taux sanguin d'oméga-3 et le déclin des fonctions cognitives chez les femmes âgées. On pourrait croire que les données proviennent de deux sources différentes puisque l'une parle du projet Women's Health Initiative Memory Study (Whims) et l'autre du projet Women's Health Initiative Study of Cognitive Aging (Whisca). Mais en réalité, Whisca est une branche de Whims...

Au-delà de cette contradiction, qui n'est peut-être qu'une conséquence cocasse de la course à la publication, le fameux "publie ou péris !" que j'ai souvent évoqué dans ce blog, une question se pose : faut-il en finir avec les oméga-3 dont on entend parler depuis une trentaine d'années ? Avant d'aller plus loin, il faut expliquer brièvement comment ces acides gras ont débarqué sur le devant de la scène biomédicale, pour le plus grand bonheur des marchands de compléments alimentaires. Remontons donc aux années 1970 au cours desquelles des chercheurs danois, travaillant sur les populations inuites du Groenland, s'aperçurent que celles-ci étaient très peu sujettes aux maladies cardio-vasculaires, ce qui fut mis sur le compte des oméga-3 puisque leur régime alimentaire était riche en poissons gras. Le constat fut confirmé peu après avec une étude japonaise portant sur quelques dizaines d'habitants de l'île de Kohama, qui présentaient les mêmes caractéristiques que les Inuits groenlandais. Par la suite, de nombreux travaux ont commencé à identifier toutes sortes de bienfaits aux oméga-3, qui sur le système cardiovasculaire, qui sur le cerveau, qui sur le cancer. Ces acides gras prenaient un faux air de panacée.

Puis le vent a tourné. Et l'industrie de l'oméga-3, plus que par telle ou telle étude particulière ne parvenant pas à trouver de bénéfice à son produit, a surtout été ébranlée par les méta-analyses qui ont fini par sortir. Une méta-analyse est une technique qui permet de faire la synthèse des études publiées sur un sujet précis, ce avec une puissance statistique bien supérieure. En 2006 est ainsi paru un travail de ce type dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), qui regroupait 38 articles examinant les effets des oméga-3 sur l'incidence de différents types de cancer. Au total, la base de données comptait plus de 700 000 personnes. Conclusion : "Il n'y a pas grand chose qui suggère que les acides gras oméga-3 réduisent le risque d'un type particulier de cancer", disait l'étude qui jugeait donc inutile la prise de compléments alimentaires à base d'oméga-3 dans ce but.

Finalement, en septembre 2012, la science est revenue au point de départ de l'histoire, à l'influence de ces acides gras sur la survenue de pathologies cardiovasculaires. Une autre méta-analyse, elle aussi publiée par le JAMA, a synthétisé les résultats de 20 études regroupant plus de 68 000 individus. Sans voir le moindre impact d'une supplémentation en oméga-3 sur les morts subites cardiaques, les infarctus du myocarde ou les accidents vasculaires cérébraux (AVC)... Bien évidemment, les industriels du complément alimentaire et les vendeurs de livres sur le miracle oméga-3 ont sorti l'artillerie lourde (voir aussi là, ou là...) pour dénoncer une étude pleine de défauts selon eux, tout en ressortant opportunément les travaux scientifiques allant dans le "bon" sens, c'est-à-dire le leur.

Le plus grave dans l'histoire n'est sans doute pas là car, si les oméga-3 ne font pas de bien, ils ne font pas de mal non plus (jusqu'à preuve du contraire...). Le plus grave tient à deux choses : d'une part que nombre d'études voient des effets ou des corrélations non confirmés par la suite et, d'autre part, que nous chérissons l'idée, bien ancrée en nous, qu'il existe des "super-aliments", des molécules extraites de l'alimentation, lesquelles, prises en gélules, vont agir sur nous comme des élixirs sans que nous ne changions rien d'autre à notre mode de vie. Huile de foie de morue hier, oméga-3 aujourd'hui, resvératrol (dans le vin rouge...) ou encore extrait de getto, une plante japonaise... Cela fait vivre les firmes des compléments "nutritionnels" et vendre des magazines peu regardants sur la valeur véritable de ces molécules "miracles" (avec une mention spéciale pour Le Point qui semble avoir trouvé là un bon filon). Mais y a-t-il au fond tant de différences que cela entre notre croyance dans ces molécules soi-disant validées par la science et l'intérêt de la médecine traditionnelle chinoise pour la poudre de corne de rhinocéros ?

Pierre Barthélémy


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   13/02/14 à 19:49 #42480
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 Re:faut il en finir avec les oméga 3?
Si je me fie aux cas de mes enfants, j'aurais tendance à croire que les Oméga-3 ont bien un effet très positif. Le cas de ma fille est assez frappant. Sa moyenne en maths est passée d'un maigre 52% à un 92%! immédiatement après le début de la prise des Oméga-3. Idem pour mon garçon même si le saut est un peu moins spectaculaire.

Cordialement,

Julien
 
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