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Entre science et sensorialité, un lien conflictuel
(1 lecteur(s)) (1) Invité(s)
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SUJET: Entre science et sensorialité, un lien conflictuel
   17/07/09 à 13:32 #177
 Entre science et sensorialité, un lien conflictuel
Entre science et sensorialité, le lien est conflictuel.

Une grille classique de concassage, exercice fondamental en créativité, se compose en six grands titres :
Augmenter,
Diminuer,
Combiner,
Inverser,
Modifier,
Sensualiser.


Pour le détail et la mise en oeuvre, je renvoie le lecteur aux originaux, tels que Michel Fustier, Pratique de la créativité, éditeurs conjoints : E.S.F., E.M.E., E.T.
Ou à L'Inventique, de Michel Fustier, Arnold Kaufmann et Annick Drevet, chez E.M.E.

Personnellement, c'est le dernier grand titre que j'ai mis longtemps à saisir, malgré plusieurs exemples pratiques. Détails originaux, tous centrés sur l'innovation marketing :
Rendre plus excitant pour la vue,
Rendre plus excitant pour l'ouïe,
Rendre plus excitant pour l'odorat,
Rendre plus excitant pour la main,
ou l'inverse : rendre moins excitant...

Je pense qu'il vaut mieux le reformuler en "sensorialiser", pour les besoins de l'enseignement des sciences et des techniques.

C'est la méconnaissance par les savants et par les professeurs de sciences, de l'ancrage sensoriel pour nos élèves et pour le grand public, surtout le public féminin, qui me semblent à l'origine de tant d'incompréhensions et de mépris bilatéraux. Du coup, les processus d'abstraction (négliger volontairement de nombreuses particularités, pour ne retenir que quelques traits, jugés essentiels) semblent bien arbitraires et mystérieux à la majeure partie du public et des élèves. Il arrive de surcroit que le dit processus d'abstraction soit erroné, et se maintienne dans l'erreur grave durant des générations : les auteurs de manuels se recopient entre eux, et négligent de remettre à plat les fables héritées de l'enseignement scientifique précédent.

Pendant une dizaine d'années de ma vie professionnelle, nous avons beaucoup appris de céramistes d'une part, d'ingénieurs et de techniciens des ponts et chaussées d'autre part (géologues, géotechniciens, etc.). Un matheux ne soupçonne pas combien ils utilisent leur toucher, la langue, l'odorat, avant de confier quelque chose à un appareillage plus sophistiqué. C'est d'abord à l'aspect et au toucher que le technicien sondeur qualifie une couche de "limon argilo-sableux", ce qui sera confirmé, infirmé ou précisé plus tard par analyse granulométrique, sédimentométrie, mesure d'aire spécifique, examen à la loupe binoculaire, etc.

Un Laurent Nottale qui vend son histoire de "relativité d'échelle", n'a visiblement jamais pratiqué d'analyse granulométrique avec un jeu de tamis, et des sédimentométries. Quiconque a eu cette expérience concrète éclate de rire à lire les idéations de Nottale.

Je pense que le sujet est maintenant assez clair, et est prêt pour vos observations.
A vous !
 
Dernière édition: 17/07/09 à 13:38 Par .
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   18/07/09 à 01:50 #191
nikoteen
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 Re:Entre science et sensorialité, un lien conflictuel
La créativité ?

N'est-ce pas cette matière importante dont nous connaissons un célèbre catalyseur ?

Nicolas

PS : cette immonde technique de décrédibilisation se nomme "Le déshonneur par association". Cf. l'excellent "Recueil de moisissures argumentatives" remis à chaque participant au traditionnel concours de mauvaise foi de notre université d'été et qui précise :

8. Le déshonneur par association (cas particulier : reductio ad hitlerum)
Comparer l'interlocuteur ou ses positions à une situation servant de repoussoir.
Ex : « Tu ne crois pas à la télépathie ? Tiens, comme cet ivrogne de Nicolas Vivant. »
 
"La nature, lorsqu'elle s'égare, produit beaucoup d'imbéciles,quelques rares génies, mais aucun surhomme."
-- C. Navis, fr.sci.zetetique, Août 2009
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   18/07/09 à 11:23 #195
 Re:Entre science et sensorialité, un lien conflictuel
nvivant écrit:
La créativité ?

N'est-ce pas cette matière importante dont nous connaissons un célèbre catalyseur ?

Nicolas

PS : cette immonde technique de décrédibilisation se nomme "Le déshonneur par association". Cf. l'excellent "Recueil de moisissures argumentatives" remis à chaque participant au traditionnel concours de mauvaise foi de notre université d'été et qui précise :

8. Le déshonneur par association (cas particulier : reductio ad hitlerum)
Comparer l'interlocuteur ou ses positions à une situation servant de repoussoir.
Ex : « Tu ne crois pas à la télépathie ? Tiens, comme cet ivrogne de Nicolas Vivant. »

Pas sûr-sûr que tu aies bien compris... On va lui donner des synonymes : heuristique, art de trouver, méthodes du trouveur. Ça ira mieux ?
En tout cas, presque certain que ce n'est pas ton domaine professionnel.
Parmi beaucoup de malchances, j'ai eu la chance que mon évolution professionnelle m'amène à devenir trouveur professionnel. A l'époque, l'industrie française découvrait cela. Depuis, elle a perdu l'initiative sur le plan mondial, ne s'occupe plus guère que de baisser les coûts. L'ébauche de respect des minoritaires, indispensable à la créativité globale d'une entreprise, l'ébauche de respect des inférieurs hiérarchiques, indispensable à une démarche de qualité globale, n'y ont pas résisté : le management est (re)devenu toujours plus cynique, toujours plus parasitaire et compradore.

Jamais l'heuristique n'a été enseignée dans les universités, les futurs chercheurs et encore moins les futurs professeurs ni les futurs inspecteurs n'apprennent jamais à devenir trouveurs. Ça coûte cher, un tel niveau d'ignorance et de fatuité.
 
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   18/07/09 à 12:08 #199
nikoteen
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 Re:Entre science et sensorialité, un lien conflictuel
jlavau écrit:
En tout cas, presque certain que ce n'est pas ton domaine professionnel.
Effectivement.

Simplement, Mario Varvoglis (président de l'Institut Métapsychique International) s'est fait une spécialité de la créativité en entreprise. C'était une façon humoristique de le signaler, de pointer vers son site web professionnel, et d'aborder un biais (le déshonneur par association) pas forcément connu des contributeurs du forum.

Pour le reste, et pour ne pas rester complètement dans le hors sujet, il est clair que je n'ai pas compris grand chose.

Nicolas
 
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   18/07/09 à 12:17 #200
yquemener
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 Re:Entre science et sensorialité, un lien conflictuel
Je pense que Nicolas parlait de ce qu'il venait de faire quand il parlait d'une "immonde technique de décrédibilisation" en t'associant avec quelqu'un qui utilise un vocable identique mais (je suppose) dans un sens différent.

Après je te propose un autre synonyme à la mode pour créativité : innovation. Et je suis assez d'accord que dans le domaine, il y a de moins en moins d'audace en France !
 
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   18/07/09 à 12:39 #201
 Re:Entre science et sensorialité, un lien conflictuel
Je vais mettre une autre illustration, hélas celle dont je suis très familier : le bafouement systématique du sens kinesthésique de nos élèves, par l'idéation d'allure mathématique que nous leur enseignons par erreur depuis 1888 environ :
lavaujac.club.fr/Mystification_.htm
lavaujac.club.fr/Syntaxe0.pdf
lavaujac.club.fr/DEMELAGE.pdf
lavaujac.club.fr/SYNTAXV1_2000.pdf
lavaujac.club.fr/SYNTAXE2_.pdf
lavaujac.club.fr/syntaxe3.pdf
lavaujac.club.fr/Syntax4.pdf
et la suite.
Au lieu de les laisser dire "ça tourne" et mimer la rotation avec leurs mains, depuis Hamilton et ses quaternions de 1843 on leur enseigne "ça monte ou ça descend le long de l'axe". Quel axe ? Aucun, le plus souvent.

Or c'est bien le sens kinesthésique des élèves qui est dans le vrai, et l'idéation pseudo-mathématique que nous leur enseignons, qui est délirante, qui bafoue et les mathématiques, et la réalité physique.

Cet exemple de monstruosité perpétrée par l'enseignement, est au nombre des griefs que le populaire a accumulé contre "les savants" indistincts.

Et il y en a d'autres, hélas.

Ma proposition est bien connue : c'est à celui qui propose une abstraction qu'incombe le fardeau de la preuve. Il doit prouver que sa sélection est bien celle qui est judicieuse. Depuis toujours, le système d'enseignement s'est dispensé de prouver le bien fondé des abstractions qu'il impose. L'enseignement est par nature une relation inégale ; les possibilités d'abus de pouvoir et d'abus de confiance que cette inégalité favorise, méritent un encadrement et une supervision, lesquels demeurent nettement en dessous des besoins.

De plus, il doit respecter un droit contractuel, quant aux abstractions qu'il enseigne. J'ai depuis longtemps souligné que ce principe contractuel est bafoué tout au long du collège, par exemple sur les avanies successives de la notion d'angle en mathématiques : ça change à chaque classe, et chaque année l'acception précédente est méprisée et oubliée, sans davantage d'explication. Alors que chacune est utilisée avec succès par un ou plusieurs métiers, tous fort respectables.
Plus de détails à lavaujac.club.fr/je_fais2.htm#_Toc49830254
La persistance de schèmes infantiles dans l’enseignement des mathématiques et de la physique. Suite.

Un autre abus pratiqué en classes de mathématiques, niveau 4e ou 3e, est l'introduction du calcul littéral sans jamais introduire la notion d'identificateur. Les identificateurs pratiqués en maths héritent des pratiques des astronomes du 18e et du 19e siècle, or nos élèves viennent de bien autres horizons. En classes de mathématiques, les identificateurs sont tous réduits à une seule lettre, laquelle ne se rapporte jamais en clair à sa signification du moment, et ces symboles sont tous fugaces, détruits à la fin de l'exercice, réutilisables dans une toute autre utilisation. Aucun de ces implicites cachés n'est évident pour tous nos élèves. Beaucoup trop décrochent là.

Je ne prétends pas avoir listé toutes les sources des ressentiments populaires envers la scolarité et "les savants et les technocrates". J'invite à recenser d'autres sources, car le résultat est bien là, lui : nous somme globalement perçus comme arrogants et bouchés. Voilà qui contribue à ouvrir un marché en or aux charlatans.
 
Dernière édition: 18/07/09 à 12:54 Par .
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   18/07/09 à 23:01 #215
 Re:Entre science et sensorialité, un lien conflictuel
yquemener écrit:
... t'associant avec quelqu'un qui utilise un vocable identique mais (je suppose) dans un sens différent.

Non, le sens n'est pas différent.
En revanche le marché adressé par Varvoglis est différent, a priori très très très solvable.

Or il n'est nul besoin d'être riche ni élitiste pour utiliser des matrices de découverte, des arbres de pertinence, des tables de concassage, des circepts, etc.

Suis-je riche ou élitiste, moi ?

yquemener écrit:
Après je te propose un autre synonyme à la mode pour créativité : innovation.

Non. La créativité n'implique que l'activité intellectuelle.
L'innovation implique probablement un tout autre niveau de travail collectif organisé, et de prise de risque économique. Il s'en faut de loin que toutes les tentatives d'innovation aboutissent. La mortalité est très élevée. Mais bon, je raisonne par formation dans le domaine industriel, et non à l'échelle du prof isolé qui innove dans une progression pédagogique.

...
ou de prise de risques militaires. Je pense à Philippe-Marie de Hauteclocque, rebaptisé Leclerc, qui transforme sa faiblesse en armement lourd par la mobilité et la surprise totale, et va prendre aux Italiens l'oasis de Koufra, le 2 mars 1941. Aussi bien Hauteclocque qu'Erwin Rommel étaient des créatifs dans leur domaine, en plus de leur indiscutable audace.

Nous ne connaissons à distance que les créatifs qui ont réussi à imposer leurs innovations. Tel est le biais dans nos connaissances.
 
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   20/07/09 à 14:24 #236
 Re:Entre science et sensorialité, un lien conflictuel
Ce serait bien de revenir au sujet : le lien conflictuel entre sensorialité et discipline scientifique.
 
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   02/09/10 à 16:39 #14909
 Bourres de peuplier sur l'eau, et trompe-vue.
Circonstances à connaître pour saisir l'exemple qui suit : durant cette portion de descente de la Loire en kayak, entre La Charité et Nevers, la direction est Nord à Nord-Ouest, tandis que le vent, assez fort, soufflait du Nord-Ouest, plus ou moins ouesté. Nous l'avions donc généralement dans le nez, venant de gauche.

Deux choses m'ont surpris, au cours de cette descente de Loire en kayak :

1° - Au lieu de rester vers le milieu de rivière, pour profiter au maximum du courant, le groupe préférait longer les bords. En remontée de courant, oh que je comprendrais, mais en descente ? C'est vrai qu'on détaille mieux, mais on dérange aussi davantage la faune éventuelle.

2° - Et une apparence visuelle semblait leur donner raison : à lire le courant par les bourres de peuplier flottant sur l'eau, l'eau près des berges semblait descendre nettement plus vite que celle en plein courant. Mystère, cela violerait toutes les lois de l'hydrodynamique, et toutes les mesures apprises autrefois en Méca Flu.

Information complémentaire : on avait le vent de face par la gauche, donc les deux rives jouaient un rôle d'abri relatif, surtout la rive au vent à nous, bien sûr.
Or les bourres de peuplier flottantes remontaient le courant (enfin, relativement à l'eau, et pas relativement au fond), poussées par le vent. Et remontaient moins près des berges : moins de vent. Leur vitesse par rapport aux berges, était plus proche de la vitesse réelle de l'eau.

Voilà, fin du mystère.
C'est un nouvel exemple à ajouter au thème "Le contrat de désensorialisation en enseignement des sciences, abus et remèdes". Nos sens immédiats guidaient vers un meilleur courant de descente près des berges, et il fallait trouver le biais qui trompait notre vue. Le progrès scientifique passe très souvent par un détour désensorialisé, pour appréhender les trompe-sensorialité.
 
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   02/09/10 à 16:51 #14910
yquemener
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 Re:Bourres de peuplier sur l'eau, et trompe-vue.
Bonjour, bienvenue.

Ce fil a plus d'un an d'âge et ses intervenants de l'époque ne fréquentent plus il me semble le forum. Ne vous étonnez pas si vous n'avez pas de réponse...
 
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