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Écrit par Brigitte Axelrad   
Mercredi, 25 Novembre 2009 20:27
Index de l'article
Faux souvenirs et personnalité multiple
Le phénomène de personnalité multiple
Le trouble de personnalité multiple
La fabrication de Sybil
Au-delà de Sybil et des souvenirs d'inceste
Les origines théoriques de la personnalité multiple
Le rôle des féministes
Conclusion
Références
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Les origines théoriques de la personnalité multiple : Janet et Freud



Trauma moral ou trauma sexuel ?

Janet et Freud étaient tous deux fascinés par le trauma, mais ils mirent en avant des traumas totalement différents.

Pierre Janet (1859-1947), psychologue français qui occupait la chaire de Psychologie Expérimentale et Comparée au Collège de France entre 1902 et 1934, identifia le phénomène de dissociation comme l’expression de traumatismes de jeunesse, créant à terme des dissociations ou des problèmes de multiples personnalités. Janet avait pris pour habitude de traiter ses patients par l’ « hypnose », considérant que la maladie n’était pas une maladie somatique, mais une maladie « psychique »,. Le trauma était pour lui un trauma moral, c’est-à-dire provoqué par un événement triste ou dramatique, tel que la perte d’un parent.

Freud (1856-1939), fondateur de la psychanalyse, s’opposa à l’idée de dissociation de Janet pour des raisons personnelles, plus que théoriques. Freud, considérant Janet comme une menace et un rival, mit toute son énergie à discréditer ses thèses. Hacking écrit : « Janet fut victime de la haute opinion que Freud avait de lui-même, et qu’il imprima à tout le mouvement psychanalytique. Janet était un érudit ; Freud, par comparaison était un entrepreneur qui ruina la réputation de Janet. »[42]  Freud vit dans la cause de l’hystérie un trauma sexuel refoulé, et il prétendit pouvoir le guérir en l’exhumant par l’hypnose, puis par l’imposition des mains, et enfin par la méthode des associations libres. Janet critiqua très sévèrement l’importance attribuée par Freud à la sexualité, car un grand nombre de traumas rencontrés chez ses propres patients n’étaient pas sexuels.

En 1888, l’hystérie et les autres névroses ne pouvaient être définies qu’à partir de leurs symptômes. En 1894, en élaborant la théorie de la séduction, Freud pensa qu’il pouvait définir les différentes névroses par leur cause psychique. Et ce fut l’inceste qu’il trouva. En Allemagne, la théorie des germes de la maladie, microbes, agents provocateurs, rencontrait un immense succès, Freud s’en inspira pour élaborer la théorie des causes de la névrose [43].  Mais la plus grande différence, aux yeux de Hacking, entre Janet et Freud vient de ce que Janet n’attribuait pas le trauma à une action humaine, « Il ne s’agit pas de quelqu’un faisant quelque chose à autrui. Il s’agit d’un événement, ou d’un état » [44], alors que Freud l’attribuait toujours à l’intention volontaire de quelqu’un d’autre. De ce fait, il devait être réinterprété par un travail de la mémoire.

Janet et Freud travaillèrent donc tous deux sur le traumatisme passé comme cause première. Alors que Janet expliquait le manque de souvenirs du traumatisme par l’oubli, qui est une fonction normale et indispensable à l’équilibre mental, mais qui dans l’amnésie relève d’une faiblesse psychique, Freud expliqua l’absence de souvenirs par le refoulement, processus inconscient destiné à protéger le sujet des tourments psychiques, dus au trauma. Si l’oubli concerne aussi bien les événements heureux ou malheureux de notre vie passée, le refoulement s’exerce sur les événements traumatiques. Si l’oubli témoigne de la faillibilité de la mémoire et de sa fragilité, laissant place à l’imagination pour combler ses lacunes, le refoulement est considéré par Freud comme le pouvoir de conserver intacts les événements passés, et de les récupérer inaltérés par la grâce de l’analyse. Freud ne changea pas d’avis sur ce sujet, même en passant de la théorie de la séduction à celle du complexe d’Œdipe. En effet, le refoulement, qui dans la théorie de la séduction s’exerce sur  les souvenirs d’événements traumatiques, intervient de la même manière sur les souvenirs des conflits oedipiens. Ces différences théoriques entre Janet et Freud ont entraîné deux méthodes thérapeutiques opposées.

Janet, en médecin intègre, s’occupait des névroses causées par des traumas, en suggérant au patient sous hypnose que le trauma n’avait jamais eu lieu. Il avait comme objectif d’aider ses patients à surmonter leurs troubles psychiques. Il ne considérait pas qu’il devait mener ses patients à la connaissance de soi, d’ailleurs pas nécessairement vraie. Freud, au contraire, pensait que ses patients devaient voir la vérité en face, comme il la voyait. Il ne supposait jamais qu’il pouvait se tromper : « Un demi-siècle de recherche freudienne nous a enseigné que Freud a fait croire à ses patients des choses sur eux-mêmes qui étaient fausses, des choses si bizarres que seul le théoricien le plus fanatique pouvait en avoir l’idée. » [45]. Les patients de Janet étaient souvent des femmes et des pauvres, ceux de Freud, en majorité des femmes aussi, faisaient partie de la haute-bourgeoisie viennoise. Parlant d’une malade guérie de Janet, Hacking écrit : « Elle a eu la chance, pouvons-nous penser, de ne pas être viennoise, ni assez riche pour aller consulter Freud. »

Janet pensait que les souvenirs de traumatismes étaient la cause des symptômes de dissociation, et ne fit jamais aucune tentative pour changer les souvenirs de ses patients. Il les prenait tels quels, sans chercher derrière un contenu sexuel, comme le fit Freud, et suggérait à la personnalité secondaire de ne plus avoir d’hallucinations. Dans le même esprit, les techniques comportementalistes actuelles ne se préoccupent pas de souvenirs cachés, mais aident le patient à surmonter ses symptômes. Freud au contraire, et les freudiens à sa suite, considèrent qu’il faut retrouver les souvenirs pour les mettre en mots, les analyser, et se libérer de leur charge affective. Si, comme il le dit dans Cinq leçons sur la psychanalyse en parlant de Anna O, « les hystériques souffrent de réminiscences. », la guérison impose de donner un contenu à ces réminiscences. Les féministes, plus tard, reprochant à Freud d’avoir abandonné la théorie de la séduction, admirent le trouble de personnalité multiple qu’il refusait, et rejetèrent l’hystérie, qui avait toujours eu une connotation péjorative à leur égard. Elles lui reprochèrent aussi sa misogynie, qui transparaissait dans toute son œuvre, et qui s’exprimait clairement dans des phrases telles que celle-ci : « L’infériorité intellectuelle de tant de femmes, qui est une réalité indiscutable, doit être attribuée à l’inhibition de la pensée, inhibition requise pour la répression sexuelle. » [46]

La psychanalyse contribua ainsi à faire chuter l’intérêt pour la « dissociation » et son avatar, la personnalité multiple, pendant la première moitié du 20e siècle. Mais l’idée d’étiologie sexuelle des névroses et du refoulement des traumas, que doit exhumer la psychanalyse, s’implanta dans l’esprit des thérapeutes de la mémoire retrouvée, tandis que les tenants de la théorie du complexe d’Œdipe niaient les allégations des femmes et des enfants, victimes d’abus sexuels. Les représentants du mouvement multiple vouèrent une haine sans égal à Freud. Colin Ross, un des plus grands défenseurs du mouvement, dira : « Freud a fait à l’inconscient avec ses théories ce que New York a fait à l’océan avec ses ordures. » [47]  Le courant féministe méprisa Freud pour avoir voulu cacher que Anna O était elle-même multiple, et non simplement hystérique.

Janet, après 1889, rejeta l’idée même de personnalité multiple comme cas à part, et en fit l’expression de la personnalité maniaco-dépressive ou bipolaire. Mais Ellenberger dans Histoire de la découverte de l’inconscient (1994, Paris Fayard) passa sous silence ce revirement de Janet, et contribua ainsi à faire de lui le théoricien de la multiplicité. Richard Kluft, un des membres fondateurs de l’ISSMP&D, et éditeur du journal Dissociation, reprit les idées de Janet, et fut l’initiateur du mouvement de la personnalité multiple, à partir des années 70. Ainsi s’amorça la rivalité entre les psychiatres pour être celui qui traiterait le plus grand nombre de cas de TPM.  Bernheim, quant à lui, ne fit jamais aucune tentative pour découvrir d’anciens souvenirs. Il faisait simplement des suggestions directes sous hypnose pour amener le patient à se délivrer de ses symptômes. Et il n’eut pas de patients « multiples ».

 

Les méthodes des thérapeutes des personnalités multiples

Les thérapeutes de la multiplicité firent un savant mélange des conceptions de Janet et de Freud. Spanos écrit : « Les chercheurs modernes, qui diagnostiquent fréquemment le TPM, empruntent à Janet des procédures d’interrogatoires hypnotiques suggestives et de régression en âge pour identifier et traiter le TPM, et à Freud, sa théorie de la séduction pour l’expliquer causalement. » [48]. On connaît maintenant les ravages [49] de ces thérapies lorsqu’elles aboutirent à déterrer des souvenirs d’abus à la pelle, parmi lesquels un bon nombre étaient des faux souvenirs.

Selon Spanos, les symptômes qui conduisent les psychiatres et thérapeutes au diagnostic du TPM sont très nombreux et comptent, entre autres, la dépression, les maux de tête, les « périodes de temps manquant », la fatigue, etc. Une fois le diagnostic pressenti, Putnam[50] décrit l’interrogatoire du patient comme devant être suggestif, voire directif : « Avez-vous parfois le sentiment de n’être pas seul, comme s’il y avait quelqu’un d’autre ou une autre partie de vous qui vous observe ? », puis les personnalités alternatives sont invitées à se manifester pour parler avec le thérapeute. Mayer, psychiatre, expose la méthode avec laquelle il interrogea sous hypnose Ken Bianchi, atteint de multiplicité et soupçonné de meurtre. Il s’adresse à Ken : « Et j’ai un peu parlé avec Ken, mais je crois que peut-être, il y a une autre partie de Ken avec laquelle je n’ai pas parlé…Et j’aimerais communiquer avec cette autre partie. Et j’aimerais que cette autre partie vienne me parler ? …  Partie, voulez-vous bien venir pour que je puisse vous parler ?... Partie, voulez-vous bien soulever la main gauche de Ken pour me signaler votre présence ?… Parlerez-vous avec moi, partie, en me disant « Je suis là. » ? » [51].  Spanos souligne la répétition de « et », qui est une technique hypnotique courante. Cette deuxième partie fut appelée « Steve », lorsque Ken de sa main gauche en affirma l’existence.

La description de ces interrogatoires destinés à établir le diagnostic de TPM est disponible sur Internet, dans le Manuel Merck, 3e édition française de 1999-2000. [52]

Poser le diagnostic de TPM nécessite donc d’aider le patient à dissocier et à renforcer ses symptômes par la suggestion, hypnotique ou non. N’encourage-t-on pas ainsi le patient à répondre aux attentes du professionnel, pendant et après l’établissement de ce diagnostic ?

On a pu constater que les relations interpersonnelles entre le patient et le thérapeute jouaient un rôle dans le maintien, et du même coup la disparition, des symptômes. Spanos rapporte, entre autres, le cas décrit par Goldblatt et Munitz (1976), d’un jeune homme atteint d’une hémiplégie hystérique (sans lésion organique). On ne tenta rien pour découvrir les causes inconscientes de sa paralysie. Au lieu de cela, on réarrangea son environnement pour que la persévération de son symptôme lui apporte des désagréments. On lui fournit la possibilité de renoncer à son symptôme, sans se déconsidérer lui-même. « Au bout d’une semaine, le patient était guéri. »

Spanos, Hacking  rappellent qu’après la mort de Charcot, les patients, qui manifestaient la Grande Hystérie de Charcot, n’ayant plus d’oreilles pour les entendre, cessèrent de le faire, et on n’entendit plus parler d’eux.

Ces interrogatoires cliniques ont été filmés pour que le patient puisse constater de visu ses changements de personnalité, mais aussi pour que, lors de procès, les juges acquittent les présumés coupables en les reconnaissant irresponsables. Des juges, après avoir vu le film, ont ainsi acquitté des criminels présumés multiples. [53]

Pour Hacking, le principal intérêt des enregistrements aurait dû être de s’assurer de ne pas faire du tort aux patients, ni à leurs familles, en évitant d’induire de faux souvenirs. Or, dit-il,  les discussions entre thérapeutes portaient le plus souvent sur la question de savoir comment prévenir des poursuites pénales, et non comment protéger le patient : « La sagesse qui est d’usage (en 1994) dans les mouvements de la personnalité multiple et de la mémoire retrouvée impose que les thérapeutes soient assurés de ne pas suggérer de souvenirs à leurs patients. Non seulement il ne doit pas y avoir de suggestion, mais il faut en être sûr. Si nécessaire, on doit utiliser des magnétophones, ou même faire appel à des témoins, comme garantie en cas de poursuites ultérieures. Hélas, les discussions publiques que j’ai entendues portent le plus souvent sur la question de savoir comment prévenir des poursuites pénales et non comment éviter de faire du tort à des patients et à leurs familles. » [54]
McHugh, chef du département de psychiatrie de la John Hopkins Teaching University à Baltimore, pense, quant à lui, que les cas de personnalité multiple renouent avec les paralysies hystérico-épileptiques de Charcot à la Salpêtrière, à la fin du 19e : « Nous nous trouvons en face d’une prétendue épidémie de désordre de la personnalité multiple, qui sème la zizanie à la fois chez les malades et les thérapeutes. Le TPM est un syndrome iatrogénique, mis en valeur par la suggestion, et entretenu par l’attention que lui accordent les praticiens. Le TPM, comme l’hystéro-épilepsie, est l’invention des thérapeutes. Ce diagnostic rarissime n’est devenu populaire qu’après un certain nombre de livres et de films. »  [55]
Spanos raconte comment les croyances de Charcot, ses méthodes, ses conférences ouvertes à la presse et au public, au cours desquelles il faisait des démonstrations d’hypnose et d’hystérie sur ses patients vedettes, jouant leur rôle de façon spectaculaire, avaient fabriqué les symptômes hystériques et l’engouement du public pour la « Grande Hystérie ». Charcot, en effet, croyait que les symptômes hystériques tels que des paralysies pouvaient être déplacés avec un aimant d’une partie du corps vers une autre, ou que la pression exercée sur les ovaires engendrait ou interrompait les attaques de « Grande Hystérie ». Parmi les cas de TPM, il y a eu des criminels qui voulaient prouver leur irresponsabilité, des malades mentaux de toutes sortes, des innocents victimes de psychiatres qui croyaient à la réalité du phénomène, des simulateurs qui voulaient être pris en considération par des auteurs en mal de copie, ou être sollicités pour un reality show télévisé, ou par des réalisateurs de films obnubilés par le nombre d’entrées.... Mais il y eut aussi la cupidité d’établissements privés. En effet, le Mondale Act [56] destiné à protéger au départ les enfants contre les abus en incitant à la dénonciation de tous les cas constatés, conduisit à un afflux de dénonciations dans tous les États, afin de bénéficier du maximum d’aide financière fédérale allouée pour les actions en justice et les thérapies. Ces nouveaux règlements administratifs ont fait du TPM une maladie officielle, très rentable pour des centaines d’établissements spécialisés qui ont vu le jour grâce aux compagnies d’assurance médicales, et ont contribué à l’extension du phénomène de trouble de la personnalité multiple.

 


Notes :

[42] Hacking, pp.72-73.

[43] Hacking écrit : « La doctrine freudienne de l’inconscient et de ses causes spécifiques, cachées et invisibles est en partie constituée en analogie avec la partie de la médecine de l’époque qui rencontra un immense succès. La psychanalyse devait être le microscope de la psyché. » p.305.

[44] Hacking, p.302.

[45] Hacking, p. 309.

[46] Sigmund Freud, 1908, Die ’’kulturelle’’ Sexualmoral und die moderne Nervosität. Trad. fr. in : Freud, La Vie Sexuelle. P.U.F. 1969, page 42, Cité par Jacques Van Rillaer, « Bénéfices et préjudices de la psychanalyse », conférence donnée à l’Observatoire Zététique de Grenoble, 23 mars 2007

[47] Cité par Hacking, p. 220.

[48] Spanos, p. 263.

[49] Voir note 61

[50] Putnam, F. W., (1989), Diagnosis and Treatment of Multiple Personality Disorder, New York, Guilford Press, cité par Spanos, p.90.

[51] Schwarz, 1981, p.138, rapporté par Spanos, 1998, p.270.

[52] Manuel Merck, 3e édition française de 1999-2000 : « Le diagnostic requiert une évaluation médicale et psychiatrique, comprenant des questions spécifiques sur les phénomènes dissociatifs. Dans certaines circonstances, un psychiatre peut utiliser des entretiens prolongés, l'hypnose ou des entretiens pharmaco-induits, et peut demander au patient de tenir un journal entre chaque visite. Toutes ces précautions favorisent le changement des états de personnalité pendant l'évaluation. Il existe des questionnaires spécifiques qui peuvent aider à identifier les patients souffrant de troubles dissociatifs de l'identité. Un psychiatre peut tenter d'entrer en relation et de mettre en évidence d'autres personnalités, en demandant de parler à la partie de l'esprit impliquée dans les comportements pour lesquels le patient est amnésique, ou qui ont été vécus avec dépersonnalisation ou déréalisation. »

[53] Le livre de Daniel Keyes et William Milligan, Les 1001 vies de Billy Milligan, rapporte le cas de William Milligan coupable de viols, et qui du fait de sa multiplicité fut innocenté, ce crime ayant été attribué à son alter Adalana, la femme fragile, victime des abus sexuels subis par Billy dans son enfance. Certaines de ses autres personnalités, au nombre de 24, révélèrent qu’il avait été abusé et maltraité dans son enfance par son père adoptif. Les psychiatres qui s’aidèrent de la compétence de Wilbur, la fameuse psychiatre de Sybil, et les avocats convaincus de la multiplicité de Billy, obtinrent son acquittement, ce qui  fut une première dans l’histoire judiciaire américaine.

[54] Hacking, p. 395.

[55] Paul R. McHugh, « Multiple Personnality Desorder ».

[56] The Mondale Act (1974) ou Child Abuse Prevention and Treatment Act (CAPTA), loi destinée à stopper l’abus sur enfants, elle punira de prison tout policier, assistante sociale, thérapeute qui ne signalerait pas des cas d’abus sexuels sur enfant à la police. Tout ce qui a trait à l’abus sexuel infantile ne sera plus à la charge financière des États mais de l’État fédéral. Bien intentionnée dans l’idée, elle donna lieu à une vague d’allégations d’abus sexuels et d’accusations fausses.