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Les origines du « Syndrome des faux souvenirs » - Que faire ? Imprimer Envoyer
Écrit par Brigitte AXELRAD   
Dimanche, 31 Août 2008 01:00
Index de l'article
Les origines du « Syndrome des faux souvenirs »
Les théories de Freud
La rébellion féministe
La soumission librement consentie
Les victimes
Que faire ?
Conclusion
Références et liens
Toutes les pages

 


VI. Que faire ?



En 1992, aux États-Unis, à Philadelphie, de très nombreux parents se sont regroupés dans la False Memory Syndrome Foundation (FMSF), autour de Pamela Freyd, qui en est toujours la Présidente. [17] En 2007, l'UNADFI, (Union nationale des Associations de défense des familles et des individus victimes de sectes), retrace l'histoire de cette création.

Aux États-Unis, après Elizabeth Loftus, spécialiste de la mémoire, d'autres professeurs d'Université, psychologues cliniciens, chercheurs en laboratoire ont étudié ce phénomène et publié leurs recherches dans des revues spécialisées et dans des livres. Parmi eux, Richard Ofshe (1994), Mark Pendergrast (1995), C. Brooks Brenneis (1997), H. G. Pope Jr, (1997), N. P. Spanos (1998), R. J. McNally (2003).

En Grande-Bretagne, la British False Memory Society (BFMS) a été fondée en 1993. Des professeurs d'Université, psychologues cliniciens, chercheurs, tels que R. Webster (1995), R. Tallis (1996), C. J. Brainerd et V. F. Reyna (2005), L. Weiskrantz (2007), ont exposé leur analyse du problème. La BFMS, sous la direction de Madeline Greenhalgh, a publié récemment « Fractured Families – The untold anguish of the falsely accused » (2007), qui regroupe 16 témoignages de parents faussement accusés par leurs enfants. Selon N. Brand, éditeur de « Fractured Families », la BFMS recense, en 2007, 2000 familles qui ont adhéré à l'association et il en existe sans doute beaucoup plus, encore inconnues. (p. 84).

À la fin de cet ouvrage, Larry Weiskrantz, (Emeritus Professor of Psychology, University of Oxford), conclut : « Le refoulement est une théorie, pas un fait. La théorie mise de côté, il est amplement prouvé que, au contraire, ceux qui ont souffert un stress traumatique ont le problème opposé - ce n'est pas qu'ils ne peuvent pas se souvenir mais qu'ils ont du mal à oublier le trauma. » (2007, p. 82) [18]

En France, depuis une décennie, des parents se sont rencontrés et ont pu échanger le récit de leur histoire de parents injustement accusés. Un site Internet Francefms a été créé en 2000. En 2008, il a pris le nom de Psyfmfrance.

En 2005, l'association Alerte faux souvenirs induits (AFSI) regroupe maintenant les familles concernées qui se sont fait connaître. Le chiffre avancé est de 250, depuis sa création, il y a trois ans.

En 1998, R. Webster écrivait : « Les effets de ce type de thérapie ont été si massifs et déstabilisants que dans cent ans, sans aucun doute, historiens et sociologues y verront un des phénomènes les plus extraordinaires de l'histoire du XXe siècle, et débattront sur sa cause. » (Webster, 1998, p. 470)

En 2008, ce phénomène n'est pas éteint, au contraire. Au début de son Éditorial de la Newsletter de Mars 2008, consultable sur internet, la BFMS écrit : « L'année semble avoir démarré à un rythme trépidant. Jusqu'à Noël nous avons vécu une période pleine d'espoir avec très peu de nouveaux cas pour finalement voir notre optimisme suspendu par une avalanche de cas depuis la Nouvelle Année. »

 


Notes

[17] Voir note [3] ci-dessus.

[18] « Repression is a theory, not a fact. Theory aside, there is ample evidence that, on the contrary, those who have suffered traumatic stress have the opposite problem – it is not that they cannot remember but that they have trouble in forgetting the trauma. » (L. Weiskrantz, 2007, p. 82)