|
Cet article est paru dans notre newsletter n°35 en mai 2008.
Il y a quelques semaines est sorti un documentaire intitulé Expelled : no intelligence allowed. L’objet central, sur fond de complotite aiguë, est de montrer que la « Science » met tout en oeuvre pour interdire l’entrée du créationnisme scientifique et de l’Intelligent Design (ID ou Dessein Intelligent) dans les contenus d’enseignement à l’école – quitte à condamner au bûcher ceux qui s’y emploient. Vous pouvez aller voir les bandes-annonces sur le site www.expelledthemovie.com.
À grands moulinets de serpe, Ben Stein, le réalisateur, assène le quintuple effet cigogne le plus surprenant de l’Histoire : le darwinisme, fortement mis en cause dans le documentaire, serait directement responsable de la Shoah, du mur de Berlin, de l’athéisme, du communisme et du… Planning Familial. Comme dit Laurence Parisot, j’en suis tombé de l’armoire. Armoire haute, quand on apprend que le film oscille entre la 9e et la 13e place au Box Office US, avec une distribution spontanée dans plus de 1000 cinoches et une recette au 7 mai de plus de 6 millions de dollars.
Détail musical intéressant : on entend dans la bande-son un extrait de Imagine, de John Lennon. Les légataires de Lennon seraient-ils des pro-ID ? Rien n’est moins sûr, surtout si l’on regarde la réaction de Yoko Ono, Madame Lennon, assez fâchée, qui traîne en justice les producteurs du film. (Yoko Ono Sues Over Use of Song 'Imagine' in Movie Challenging Darwinian Evolution, The Associated Press, 24 avril 2008).
Alors effectivement, Lennon avait bien eu quelques crises mystiques, avec ses potes (voir Les Chroniques zétético-musicales dans la newsletter n°23 de mai 2007). Mais quand on lit le premier couplet d’Imagine : « Imagine there's no Heaven It's easy if you try No hell below us Above us only sky Imagine all the people Living for today »
On le prendrait volontiers pour un zététicien.
Vous trouverez une critique complète, point par point, en anglais, du documentaire sur le site www.expelledexposed.com Vous connaissez peut être Patti Page, la grande chanteuse US coutry-folk des 50’s. En 1953, elle a chanté ce qui a été le tube de l’année : How much is that doggy in the window ? dont vous pouvez voir le splendide play-back sur youtube. Écrite par Bob Merrill, cette chanson a tout de la comptine pour môme.
« (….) How much is that doggie in the window? (arf! arf!) The one with the waggley tail How much is that doggie in the window? (arf! arf!) I do hope that doggie's for sale (…) »
Pourquoi parler de ça ? Parce que Richard Wiseman, célèbre psychologue sceptique anglais, vient de pondre une critique d’une série d’expériences menées sur Jaytee, chien fort sympathique. Ces expériences étaient menées dans le but de mettre en évidence l’hypothèse des champs morphogénétiques, défendue par Rupert Sheldrake : le comportement des chiens, en l’occurrence de Jaytee, qui attendent leur maître ne pourrait s’expliquer par autre chose que par un « champ morphogénétique » englobant le duo.
Wiseman propose deux autres hypothèses, moins titillantes, certes : l'hypothèse des fuites sensorielles, et de l'hypothèse de l’anxiété. Ces deux hypothèses nécessitent d’être épuisées, pliées, avant qu’on se permette de passer à l’hypothèse de Sheldrake, plus coûteuse intellectuellement, ou à son avatar, celle de Tsakiris (voir prétention et vidéos dans l’article de Jean-Michel Abrassart du 8 mai 2008 sur son blog). À prétention, extraordinaire, il faut une sacrée bonne preuve.
Au fait, comment s’appelle l’article de Wiseman ? Je vous le donne en mille : How much is that doggy in the window ? Arf arf. Richard Monvoisin
|