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Enregistrements audio de l'antiquité romaine ? Imprimer Envoyer
Écrit par Nicolas Vivant   
Vendredi, 15 Décembre 2006 15:25

MicrosillonDes échanges intéressants sur fr.sci.zetetique. C'est FG qui entame la discussion, fournit ce lien et demande :

Dans le principe, ça semble possible, mais en pratique, avec le temps et l'usure, il ne devrait plus rester grand'chose. C'est confirmé ? Ou est-ce une blague d'un 1er avril ? (rien lu dans les grands media à ce sujet).

Je reproduis les réponses obtenues ci-dessous :

RG : Même avis, je pencherais a priori pour une blague d'un *gros malin*

FG : Oui, d'ailleurs dans l'extrait audio, on n'entend pas du tout le bruit de fond de la poterie qui tourne, le chercheur s'exprime très maladroitement, et la dernière phrase du reportage est sans doute un indice : "credo quia absurdum" ("je crois parce que c'est absurde"). :-)
Mais bon, pas si absurde que ça, après tout.


RG : Il ne doit surtout pas rester grand chose au départ.
- la tige du potier est un très mauvais capteur acoustique
- elle est presque totalement amortie par la main du potier
- les vibrations restantes sont négligeables par rapport à celles engendrées par le tour


R : Charpak avait pensé jouer à un truc comme ça aussi :-)
Pour entendre une voix en « qualité » téléphonique, il faudrait que la plage de fréquences 300-3400 Hz soit sauve. Mais en fait même s'il n'y avait que jusqu'à 500 ou 1000, on aurait une chance d'entendre un truc identifiable comme de la voix. Si un pot en terre de 10cm de rayon tourne à 1 tour par seconde, alors un son pur correspondant à une sinusoïde de 1000Hz ferait vibrer l'outil et donc la trace sur le pot avec une longueur d'onde (1 bosse + 1 creux) de 1/1000 de tour, soit 2Pi*0.1/1000 m = 0.6 mm. A supposer que les chiffres ci-dessus soient réalistes (10cm de rayon, 1 tour par seconde, besoin d'avoir au moins les notes jusqu'a 1000Hz) alors il faut que les traces sur le pot aient conservé des modulations de motifs d'un demi-millimètre. Les obstacles: l'elasticité et la viscosité de la terre crue, l'usure du temps... Donc je ne crois pas trop a la conservation d'une modulation au demi-millimètre (à vérifier concrètement, bien sûr).

Par contre, je vois qu'on est quand même pas bien loin de la limite : s'il existe une chance d'avoir des traces sur des procédés où la vitesse de rotation est supérieure, par exemple, ou s'il s'avère qu'on peut encore reconnaitre de la voix (fut-elle monstrocaverneuse) avec juste 500Hz (au milieu d'un bruit aléatoire infernal), alors la taille du motif suffisante est plus large, et on augmente la vraisemblance physique qu'une telle trace ait pu théoriquement nous parvenir.


PLA : L'idée date de plusieurs années. Ca devait être S&V vers 2000, et c'était juste une idée. L'article finissait sur le ton de la plaisanterie, en mentionnant qu'on pourrait peut-être un jour entendre la voix de la femme du potier l'appelant pour diner. La vidéo fait penser à une blague sur le sujet.

J'ai cherché de mon côté : c'est un poisson d'avril. Voir cette page en anglais, pour confirmation, ou mieux encore le site du réalisateur de la vidéo... en affichant le code source de la page, vous y trouverez la mention « Poisson d'avril de journal télévisé, mars 2005 ».

 

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