Oui, police et justice font (parfois) appel à des « médiums » ! Imprimer
Écrit par Nicolas Vivant   
Lundi, 15 Mai 2006 14:11

Les radiesthésistes et autre voyant(e)s se vantent parfois des excellentes relations qu'ils entretiennent avec la police, la gendarmerie ou la justice. Ils racontent volontiers des affaires dans lesquelles ils/elles ont été mis(es) à contribution par les forces de l'ordre, notamment dans le cadre de recherches de personnes disparues. Ce fut, semble-t-il, le cas pour les tragiques faits divers concernant la disparition récente de deux enfants, Mathias et Madison. Mais c'est ainsi qu'a commencé la discussion sur notre liste :

EN nous fait passer ce message, précédé d'un commentaire qui dit simplement : « Tel quel ! » :

Sujet : sourcier
Date : Mercredi 10 mai 2006 12:13:50 +0200
De : M
Pour : EN

salut E.,
mon père qui est expert judiciaire (ancien architecte) est chargé d'un problème d'humidité dans un immeuble. Extrait du texte rédigé par le Juge : "décrire le réseau d'eau pluviales et éventuellement de tout autre réseau susceptible de s'écouler sous le bâtiment D de la copropriété ; entendre éventuellement à cette fin, en qualité de sachant, Madame XY, sourcière." Superbe non ? prochaine étape, un médium pour trouver les assassins.


Mais la prochaine étape est franchie depuis longtemps. Les échanges commencent :

ED : Justement, on entend parfois dire que les forces de police font appel à des mediums. Aussi, je lance la question à ceux qui peuvent éventuellement y répondre : qu'en est-il réellement ? Est-ce une légende ?

CR : Bonsoir. Un radiesthésiste pour aider la police : Jacques Aymar (bon, ça date un peu puisque les évènements eurent lieu en 1692 !) : originaire du Dauphiné, il a aidé la police à retrouver un des assassins d'un marchand de vin de Lyon et sa femme soit disant à l'aide de sa baguette divinatoire. Quelques temps plus tard, on a appris que les voisins des victimes qui ont mis Aymar sur le « coup » avaient vu les assassins. L'un portait un signe distinctif : il était bossu. Même en ces temps reculés les bossus n'etaient pas légion. Ce « détail » aurait sans aucun doute beaucoup influé sur le comportement de la baguette pendant l'exploration du radiesthésiste. En effet sur les 3 assassins, seul le bossu put être identifié par J. Aymar alors qu'il venait juste d'être arrêté pour un menu larcin. Le pauvre hère âgé de 19 ans avoua et fut rompu vif sur la place des Terreaux. Les 2 autres courent toujours, quoi que...
L'évènement est décrit avec beaucoup de détails dans le tome 2 de « Histoire du merveilleux dans les temps modernes » de Louis Figuier (1860) de même que la suite des aventures de J. Aymar devenu ainsi célèbre, en particulier un certains nombre d'expériences réalisées entre autre par l'académie des sciences. Il y a aussi un long passage sur l'épopée des époux de Beausoleil qui ne manque pas d'intérêt. Si ça vous intéresse, vous trouverez le texte intégral en ligne sur gallica.
Sinon, j'ai plutôt entendu dire dans des reportages TV que les forces de police auraient tendance à mettre en garde les personnes ayant subit une quelconque agression, contre d'éventuels mediums qui les contacteraient en prétendant qu'ils peuvent les aider.


NV : Nous avons pu vérifier, lors de notre visite chez Crozier, qu'il avait effectivement été mis à contribution par la gendarmerie et au moins une fois sur réquisition d'un juge d'instruction (nous avons une copie du document). De l'aveu même de Jean-Louis Crozier, c'est très dépendant de la gendarmerie en question (il semble avoir pas mal travaillé avec celle de St Marcellin) et surtout de son encadrement. Quand le gradé qui « croit » en la radiesthésie quitte les lieux, l'activité du radiesthésiste disparait avec lui. Ceci dit, il n'est pas facile d'évaluer le nombre des interventions directement liées à une requête d'un organisme d'état. Crozier n'a jamais fait le total, mais il estime que « facilement » la moitié ses interventions sont de ce type. Cf. l'extrait de la vidéo (inédite) tournée par l'OZ lors de notre rencontre et où je lui avais justement posé la question.

YL : Jean Louis Crozier, le radiesthésiste ardèchois, collabore régulièrement avec police ou justice. Si ces services publics font appel à lui c'est qu'ils ont la conviction que "ça peut marcher". Et j'écris "conviction" pas "preuve". Chapitre « Psy et police » dans "La fonction Psy" de Remy Chauvin (Robert Laffont, 1991).

DB : Le distinguo est d'importance. De la même manière, certains personnels hospitaliers ont la conviction qu'il y a plus d'accouchements les nuits de pleine lune ce que l'analyse des données contredit.

EG : Hier, dans un « C dans l'air » sur les deux récents assassinats de Mathias et Madison, on pouvait assister à des battues en partie dirigées par un radiesthésiste. Il n'y avait pas de précision sur l'avis des forces de l'ordre là-dessus.

Pour plus d'information sur la radiesthésie, son histoire et ceux qu'on peut en dire, lire l'excellent travail d'Emmanuel Riguet sur le site de l'OZ.